■■- 1 ■•■ ik-t/i: v.; :: '■ '^. :■ A • :' I'r -'f: i.v / J O URNAL D E PHYSIQUE, D E G^ii X*[ I E , D'HISTOIRE NATURELLE E T D E S A R T S, AVEC DES PLANCHES EN T AI LLE-DOU C E ; Par J.-Cl. DELAMETHERIE. N I V O S E AN A' I I. TOME XLVIII. A PARIS, Qiez J. -J. FUCHS, Libraire, rue des Machuriiis, n». 334, AN VII DE LA RE rU BL 1QU£, ( 1799 C, j;. } p,^q 6>. U Pi N A L DE PHYSIQUE, D E C H I M I E . D'HISTOIRE NATURELLE ETDES ARTS. DISCOURS PR ELI M I N A I R E ; Par J.-C. Uelajietherie. V-zETTB annee off're un noinbre considerable de travaux Inte- ressans. On y distingue particnlierement bi jHiblication de La de- couverte de quatre nouveaux satellites de Herschel , celle de deux coiiK^'tes ; line nouvelle terre, la glucine ; un nonveau metal, le tellurium ;\\ taut y ajouter la description de plnsieurs plantes iiouveLles , de quelques aniinaux, tie quek[iies inineraux. . . . et enfin la decouverte d'un grand nombre de falts importans, D E S M A T H E ai A T I Q U E S. Le^endre a donne un tres-bel onvrage , dont le titre est : Essal sur les nombres. II paroit qiie Diopliante, chez les Grecs, avoit traite cette matiere ; Bachet donna un commentaire sur I'ouvrage du philosophe grec : il dit qu'un nombre quelconque esttoujours ou un quarre^ ou la somme de deux quarres , on celle de ti^ois, ou enlin celle de quatre , aii plus. A 2 l\ 4 JOURNAL D E P II I S Y Q U E , D !■ C II 1 M I E Fermat avanqa « f|u'un nombre (jueloonque ne peut etre com- M pose fiiied'nn , deux , ou trois nombres triaiigiilaires , au plus; » que d un , deux , trois ou quatre qviaires, au phis; que d'un, M deux , trois, fpiatre ou cinq uombrcs pentnp^oiiaux , au phis , » et ainsi;d6 suite a I'iniini ». Mais ii n'avoir. pas doune la de- monstration de. ces propositions. Lagrange et Euler I'avoient donne'pour les quarres , et Legendre I'a donne pom- Ics nombres triangulaires; ce qtie n'avoient pas fait ses predecesseurs. Ln grange avoif public, dans les \Iemoires de Berlin, des meinoi- res snr la resolution des etpiations algel)ri les geometi'es avoient imagine diverses hypoiheses pour I'ex- » pli<[iier. IjC plus grand nonilire ratLriliuolt h. la resistance de 33 i'etlier. La transmission successive de la gravite me paroissoit » offrir une explication plus naturelle dc ce plienornenej mais 33 alors on n'avoit reconnu , par les observations, que I'accele- 33 ration du raoyen mouvement de la lune. Maintenant que le 33 rallentissement des mouvenieiis dunoeud et de I'apog^^eest bieii 33 constate par les observations anciennts et niodernes , il faut 33 que la ineme cause explique a-la-fbis , et ce r..licn:iss.iment , 33 et I'accel'iration du mouvement lunaire ; car j'ai trouve que 33 la resistance de I'ether accelere le moyeu mouv«;uient de la 33 lune , sat!S alterer ceux du nosud et de son apogee. L'an.ilyse 33 m'a conduit au meme resul'.at relativemcnt k la tr rsmission 33 successive de la gravite. L'equation seculaire de la kiae n'est 33 done point reflet de ces deux causes. Et quand ineaie ses vraies 33 causes seroient encore inconnucs , cela srui sufli; oit pour les 33 exclure. Mais les trois equations seculaires des moyeiis mou- 33 vemens de la lune , de ses noends et de son apogee , tiree 33 de la loi de la pesanteur nniverselle sntisfaisant exactement 33 aux Qbservations , il en resulte "que la resistance de I'efher et 3» la transmission successive de la gravite , n'ont produis jnsqu'ici 33 aucunc alteration sensible dans les mouvemens des corps 33 celestes 33. Les autres recherches de ce geometre ( dans un Memoire sur les Mouvemens des corps celestes autour de Itur centre de gra- vite, tome I. de rinsti ut national), lui out prouve (5galement que tous les mouvemens des astres corresjiondent parlaitement aux lois rigoureuses de I'attraction , en raison des masses et de rinverse des quaries de distance. La mati^re etheree n'oppose par consequent point de resistance sensible aux mouvemens des astres , et raction de la gravitation est instantanee. BES Satellites de Herschei,. Herschel a decouvert quatre nouveaux satellites a sa plan^te, ensorte qu'oii lui en connoit six maintenant. Nous en avions annonce huit , mais nous avions ete trouipes. C'est ce que nous apiiiend Pictet^ dans rexcellent recueil de la Biljliotheque bri- tannque . S JGURXAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Herschel oliservoit tle|)uis long-temps cos nouveaux satellites avant d'oser annoncer sa decouverte. Le premier satellite , le plus proclie ile la planete , fiit vti le i'8 Janvier 1790 Le second I'ut appergu par lui Ic n Janvier 1789. Le troisieine Int vu le 26 mars 1794- J e qnatrieine i'ut appergu le ii Janvier 1787. Le cinqnieme liit appercu le 9 fevrier 1790. Le sixieme , le plus eloigne de tous , f'lit appercu le 28 fevrier J794. Void le tcaips de leurs revolutions. Jours , lieu. niin. Le nouveau satellite interleur 5 21 i5. Le spcond ( un de ceux qui etoient connus ) 8 17 1, Le troisieine 10 20 Le quitrieme ( Ic second des connus ) i3 11 5. Le cinf[uieine 38 1 49- T-e sixieme , 107 \6 /^o. Mais une pariicularite qu'ont ces satellites , c'est que leur mou- vement est retrograde, tandis que cehu de toutes les autres pianetes est direct. On sait que pour expllquer le mouvenient retrograde , il suf'fit de supposer le changement du plan de I'orbite. Supposons que le plan de I'orljito soit cettc f'euille de papier, et flue le niouvementse f'asse dc droite a gauche. Supposons que Ic mouven^.ent se fasse au verso de cette meme leuille de papier, toujours de droite a. gauche ; on voit que ces deux mouvcmens seront retrogrades I'un par rapport a I'autre , c'est-k-dire , seront en sens contraire. II faut done S'lpposer que les plans des orbites des satellites de ITerschel sont dans un sens oppose aux jjlans des orbites des autres pianetes. Herschel avoit cru appcrcevoir , a sa planete, deux anneaux ; jnais ayant yerifie ses observations, il a cru reconnoitre qu'il s'etoit tiorape. II paroit que lesplanetes ont d'autant plus de satellites, qu'elles sont plus eloignees du soleil. On n'en connoit point a mercure ni ^ venus. La lerre en a un. Mars fait une exception k cette regie ; par on ne lui en connoit aucun. Jupiter en a quatre ; saturne en a sept etun anneau. On en connoit deja six i Herschel, ct 011 Jiii a soupconne deux anneaux. 87°. Comete , siuvant Lalandc , et 9'' , suivant Zacli). Messier, le 20 germinal (12 avril 1798, ancien style), a decou- ET D'HISTOIRE NATURELLE. „ vert une comete qui paroissoit tres-petite et sans queue. La duree tie son apparition a etc de 4-3 jours, pendant lesquelsclle a par- couru 102 dej^res en ascension droite , suivant I'ordre des signes , et 45" i en declinaison boreale. Burkand en a calcule Jcs elemens de la maniere suivante. Longiuide du perihelie 3' 14 59 o Longitude du nceud ascendant 4 2, 9 o Inclinalson de I'orljite 4^ ^a 16 Passage an perilielic, le 3avril, 11 lacur. 41' 4^" » tem])snioyen. Saplus petite distance k la terra a ete le 3o avril , de 32 millions \ de Jieues environ. C'est la vingi - unleme comete que Messier dccouvre depuis 1758, et la 87=. dont on ait calcule I'orlnte. Bouvard a apper(ju , le 16 I'rimaire , a 6 heures du soir , dans la constellation d'hercule , une nouvelle comete : elle est petite, ronde el sans queue. On ne la voit point a la vue simple : son mouvement est tr6s-rapide du nord vers le svid. Ce seru la 88% si ce n'est j-yas une de celles que I'on connoissoit deja. Daiigos .T. oi. serve une comete, qui a passe sur Ic soleil, le 10 Janvier 1798 (v. st ). Etoilcs. Francois Lalande continue son grand travail sur les etoiles de riiemispliere Loreal. 11 a deja determine la position d'environ quaranle-huit millo. Le grand travail de la mesure des arrs du meridicn , depuis Dunkerque jusqu'a Barcelone, est acliev^ ; Uelambreet Mechain ont lini toutes les operations sur le terrain. Les plus grands soins y ont ete apportes ; chaque operation a ete verifi.ie un grand jiomlire defbis. Dans la construction des triangles, on se contente ordinairenientde prendre deux angles; mais dans celte mesure, on a mesure Ic plus souvent les trois angh s , pour corrlgcr ainsi les plus petites errcurs ; cnsorte que l^errcur totale de Dunkerque a B.ircelone n'etoit que de cinf| pouces. On a ensuile mesure deux bases , une entre Melun et Lieu- saint, qui est do ii838,5 metres, ou six mllle toises f^nviron , et I'dutre, de Perpignan a Narjjonne , est de 11702,6 me'.res. Le metre qn'on avoit d'abord fixe a 3 ])ieds 1 1 lign( s o,44 > sera pcut-etreun pen plus long On soupQonne qu'il sera a-peu-pres de 3 pieds 11 ligucs o,5o. Les mestires de capacite seront ensuite evaluees en Cuban t le metre, ou quelrpies-unes de ses portions , et le remplissant d'eau ^ une temperature donnee. Dcluc , ct ensuite Blagdcn , ont prouve que la pbis grnnde condensation de I'eau n'cst pas a zero, mais a 4° au-dcssus de «5 JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C II I M I E zero. II faudra clone, comme je I'ai dit, se servir de I'eau^ 4' pour determiner la capacite des mesnres ponr les lif^uides. Tciites les aiitres mesures sc tireront en general du mStre. DELAPHYSIQUE. Les physiclens snpposent ordinairement les fluides composes dc pelites molecules solides, d'une grande tenidle , n'iiyant aiicnne ailheslon eiitr elles ainsique les geometres supposent la ligne composce de points. Kant, qui admet la divlsibilite de la matiere a Tinfini , sup- pose que les fluides sont fluides oj'iginah-ement , f[u'oii re pent supposer en eiix aucune molecule soUde ; parre qn'inie molecule lluide qnelconcpie est; composee de molecules toujours Jluides. 11 sii]i])ose que les parties de matiere sont toujours anif ees de deux forces , ratlractive ct ia repulsive ; que d e ces deux forces en naissent d'autrcs , la force calorique , la force lumineuse , la force eiectritpie , Ja force niagneti([ue auxquels doivent etre attribues tous les phenomenes de la chaleur, de la lumiere , de rdectricitc , du magnetisme et que , par consequent , il li'existe point de lluide ca!oric|uo, de lluide lumineux, de fluide maguetifjue, de fluide electrique Huiuboldt admet egalement w\\q force galv unique , ensort* qu'il se peut cpi il n'existe point de fluide giilvaniqtie. Blumenbacli a aussi parle \}^\\r\e force formative. , nisus for- niadvus , pour expliquer I'orgine des corps organises. Mais fieil a fort bien observe que ce nisus formativiis etoit , ainsi que je i'ai dit, vne force de cristcdlisation , qiiifait prendre il la matiere organifjue, des formes approjuiees ^ comrae la prend la matiere inorganique , qui cristillise toujours dans les circonstances con- venables. En general , rn adopte aujourd'Iuii toutes mes idees sur la cristallisation generale dc I'univers , sur celle du globe , et sur celle des elres organises : et c'est sans doute ramener a une meme cause les plus errands phenomenes de la nature Or nous Savons que la cristallisation est un effet, i°. dela force il'affinite qui rapproche les molocuks lesunesdes autres ; 2°. de la figure ds ces molecules , c|ui s'arrangent suivant des lois constanies. Bar the z a dit que dans une bonne mf'thode de philosopher , ilfaut admet t re des causes gSnSrales occultcs, J'ai fait voir que ces expressions , ainsi que le systeme des forces , ne devoient point nous ramener aux idees cpie la phy- sique, moderne a eu tant de peine k bannir. Sans doute il est beaucoup E T D ' II I S T O I R E N A T U R E L L E, 4 beniiconp tie ];!ii>iiomt'iie.s dont !es causes nous sont encore incon- nues , et par conse([uent nous sont cachSes , occuJtes. Le geo- jnetre en pent calculer les eftcts , en se servant du mot deforce , qiii signifi.3 la cause de ce phenomene, quelle qu'elle soil ; mais il doit ensuite rendre <\ ce ternie sa valeur, lorsqu'il veut avoir dns resultats : de meme qu'il donneaux lettres als^ebriqvies leur valenr, lorsqu'api es avoir fini ses calculs , il veut en avoir dos residtats. ainsi /a force sonore est certainemcnt le residiat des niouve- jnens iiniirlmes au corps sonore et u I'air ambiant; mouvement que le phys'cien clierche a determiner. 11 en est de meme de la force gravifique ou attractive , de la force repuhive , de la calorique , de I'electrlque , de Li mognedque , de la gaha- nique Tons ces phenomenes sont les elVets de fliiides , dont le physicien cherche toiq"ours les lois Ses ellorts n'ont pas tlte heureux ; mais il doit les continuer. Toricelli, en decouvrant la pesantcur de I'air , rcsoUit tontes les difncu'tessur Mhorreurdu vide ,(\\\\q\.o\1 une Ibi-ce occulte. Que le gJometre roniinue ses calculs en se servant du mot force ; et que le physicien n'abandonne pas ses recherches sur la nature de ces forces. Cavendish, a cherche a. determiner , par des experiences di- rectes , la force de I'attraction. II a pris un tres-petit globe m^- talllipie qu'il a attache a une balance tres-sensible , semblable a celle de Conlonib , pour mesurer la force de I'elecLricite. II a approclie de ce petit glol^e , de tres - gros globes mevilliques : il a vu que le petit a ete attire. Calculant ensuite le rapport de densite de ces globes, et leur attraction comparee avec celle que la terre devoit exercer sur eux , il a trouve que la densite de la jnasse de la terre etoit a celle de I'eau, dans le rapport de 5 j a i, par consequent plus forte que celle qu'on assignoit , savoir de 4t a 1. Hassenfratz a donne un travail sur les areomdtres et sur la gravite specifique des corps peses dans I'eau. II pretend qu'un corps, par exemp'le, une substance metallique divisee en lames tres-minces, perdoit plus de son poids dans I'eau, que lorsqu'elle est reunie en une seule masse. II adhci-e , dit-il , a toutes ces lames , des couches d'air qui en diaiinuentla pesanteur speciiiqae , lors- qu'on les plonge dans I'eau Silvestre a fait voir que les areometres etoient connus par les anciens. Archimede lui-meme paroit les avoir connus. Girard a fait des recherches tres-interessantes sur la resistance des solides , et les solides d'egale resistance. II y a joint de nou Tome V. NIVOSE an-j. B lo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I xAI I E velles experiences siir la force et relastloite specifiqiies des bois tie chene ct de sajiiti. Falire s'est occnpe de la theoric des toirens et des rivieres II a develop]ie Ics tiioyenslesplns simples d'eii em peclierles ravages, d'en retrecir les lits , el d'en f'aciliter la navig.itl n , le liallage et la flottaison. 11 a accompagnd ses refU'xions d'une dissertatioa sur la navigation interienre de la France; et il les a termines jiar un projet de rendre Paris, |iort mariiime, en I'nisynt renionter k la voile, par la Stine , les navires (pii s'anetent a Rouen. M E C A N I Q U E. I-a mecaniqne a acquis nno nonvelle macliine liydranliqne , qni est extreniement ingenieuse. On I'a noramee belier hydrau- lique. I.es freres Montgolfier et Argnnt en ont fait voir, a I'aris, un modele , qui elcvoit I'eau a plus de trente pieds,, et ils ont prorais d'en faire des applications utiles jionr les arts et I'agii- culture. Viallon a donne un cxtrait de son ouvrage , traitnnt d'nn nou- yeaii moyen d'elever les eaux par un double serpenteau, et niie pompe a helice , et par le simple courant des rivieres , en vertu d'impulsions et coxips de belier hydraulique. II a fait voir ces ingenieuses macliines. liiboud a imagine une nouvellc pompe , dont le principe est la rarefaction de fair par la combustion de matieres tres-inflam- m;il)les. Cette combustion chasse fair de la macliine, et la pression exterieure de I'atmosphere y fait monter i'eau. DELAMUSIQUE. Chladni et Jacquin fils, ont fait des experiences tr^s-curieuses sur la qualite sonore de differens gaz. Ils ont fait passer, dans une fliite d'etain de six pottces , 3°. Du gaz oxigene. lis ont vu qu'il donnoit un demi - ton plus bas que fair atraospheiique. 2°, Le gaz azote prepare do diverses manieree, donne aussi demi-ton plus bas que fair atmospherique. 3°. Le gaz hidrogene donne neuf ou onze tons plus hauts que J'air atmospherique. 4°. Le gaz acide carbonique donne une tierce plus bas. 5". Le gaz nitreux donne aussi a-peu-pres une tierce plus bas. 6'. Un msicien II a calcide la clialeur qui etoit pro- duite par iin foret qui perroit un f anon. Cette qiiantite a ete, en deux licnres et demie , cipjble d'tltjver a. la thaleur de I'eau bouillante, vingt-six livres d'eau i inquante-six centiemes. II a ensuite calcide la quantite de combustible qu'il f'audrolt pour prodnire le meine et'f'etj et il a trouve qu il f'audroit neuf Ijougies de cire de | de pouces de diametre , cliacune brulant ensemble d'une flamme claire et brillante. L'auteur passe ensiilte a d'autres experiences , et prouvc que les lluides Kont des non-conducteurs de la clialeur. On savoit deja que I'alr conduisoit mal la chaleiu' ; niais les experiences de l'auteur lui ont appris qu'il en etpit de n.eitie de tons les autres fluides , I'eau , I'huile , le uiercure.... « Si done , ajoute-t-il, toute 3> communication de clialeur de molecule a moL^cule, oudeproclie >• en proche, est absolument impossible dans ces divers fluides , " soit elastiques, soit non clastic[iif s , et d'alUeurs si essBDtielle- 3J ment difterens les ims des auties , n'est-on pas fonde a con- » clure que cette propriete est commiine ^ tous les fluides , :» et qu'elle est merae essentielle a la fluidite » f B2 52 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE II hint relire toutes les consdquences inttiressantcs que I'auteiir tire lie toutes ces exper'enccs. Nous ajouteroiis seiilenierit qn'il penche jioiir I'Dpinion qui ne rcgirde point le feu on le ciilorique coinine une substance particuliere on fluicle subtil ; il le regarde plutot comme ^^na force des corps chauds. I'. F., Portu^ais, a donnc ini memoire, dans lequel il pretend que dans la pulverisation des corps, il y a dcgagement de calo- riquo , comme dans la solidification. I''evaporation prompte , produit un froid proportionne ^ la rapidite de cette evaporation. Lorsqu'on comprimo lortement de 1 air dans un vase ou il y a un peu d'eau , et qu'on ouvre ensuite le robinet pour laisser echapper cet air , on volt I'eau se con- geler au bout de ce robinet. ' • DU FXUIDE LUIIINEUX Les sciences physiques, arrivees au point ou clles sont , doivent beaucoup travailler sur le fiuide kiinineux, ainsi que sur tons les autres lluides. Prevot donna, il y a quelque temps , un travail , par lequel il chcrclioit a prouver le poids du lluide lumineux. Tingry nous a donne une suite d'obseivations I'aites pendant plusieurs anneos , qui lui ont I'ourni les niemes resultats. 11 a renl'ermo des Jiuiles dans des vaisseaux bicn f'ermes. tiles ont ete exposeesa. la lumiere : et au bout d'un certain temps, leur coi^leur , leur consistence ont ete alterees , et leur poids a beau- coup au^mente. . .11 pensequeccs efl'ets sontdus au lluide lumi- neux: qui s'est combine avec ces huile's : done ce fiuide pese. Mais les combinaisons de ce fiuide avec d'autrcs corps, doit donner de nouveaux produits. 11 pense que le fluide lumineux , combine avec I'oxig^ne et le calorique , lorme le gaz hidrogene ou inflammable. II distijigue la lumiere du lluide solaire ; celul-cl lui paroit luie combinaison de la lumiere et du calorique , ou du feu ; car il pcnse comme Deluc,que la lumiere est nccessaire pour donner 'an feu la pro]iriet6 d'ecliaull(?r. Toutes ces experiences , sur le poids de la lumiere , sont si delicates, qu'elles doivent etre repetees avec le plus grand soin. Le docteur Bonvoisin avoit dit que le turbith mineral ou sulfate de mercnre, expose ^1a lumiere , augmentoit de poids. Humboldt ayant repete , avec beaucoup de soin , ces experiences , ])retend avoir reconnii Ic contraire. 11 suppose que I'erreur du docteur Bonvoiain vient de la decomposition du verre, et de sa qualite ET D'HISTOIRE NATURELLE. ]3 liycroscopique , qui le rend capable d'attirer rJiuuiidite de I'at- mosphere , it par consetpient Is rend ])luspesant. Tingry a aussi fait des I'echerclies sur la phosphorescence des corps. II ra])pelle les corps phosphorescens a deux points iixes. Le premier comprend les cas oii la luiuiere , priiuitivemont engagee dans un corps doue d'orgariisation , se libere des en- traves de la condiinaison, par rel'f'et d'un niouveuieiit spontane , tel que la piUref'action , ou par celui d'une force coinaiuniquee. Le second point cojiqjieiid les cas,OLi la lumierc lilire , la lu- miere I'aisant partie du fluide solaire , cede a une allinito parti- culiere avec les corps en contact , et a la faveur desquels elle abandonne la mobilite qvi'on lid reconnoit dans le fluide solaire. DU FLUIDE EiECTRlQUIi, Tingry a examine la mture du flui 1 e electrique. II briile , il detonne Ce qixi lui fait penser que c'est un melange d'liidro- gene et d'oxigene , unis par la chaleur. Ce fluide , di^-il , se de- compose et se recompose, comnie Tout avance Sa assure et olu- sieurs autres physiciens. L'huinidile jiaroit contrihuer u I'odeur partiouliere qu'a lo fluide electrique. C'est ce que prouve une experienc;' de Pictet. -Si on diriee le courant du fluide electrique sur des cartes parf'ai- tement scenes , on n'a point d'odeur ; mais si elles sont humidcs , on a I'odeur phosphoree du fluide elcctiique. Vassal! , prof'esseur ii Turin , a oljscr'/e que le sang qui sort d'une artere ou d'une veine , a iiue eieci.ricite positive, tandis que les excretions ont une electricite negative. II a fait construire un vase mecallique qui communique avec un electroniotre do Bennet ; il reroit dans ce vase , (ju il isole, le sang q:u sort de la veine ou de I'artere ; et aussitut les deux j etites tcuiiles raetal- liques s'ecartent. Si, au contraire, on luiue dans le vase, Felcc- tricite est negative. Ces experiences deviennent interessanres par les rapports que Volta, et plusieurs autres physiciens, croi ;nt avoir apper^u entre le fhude electrique et le fluide galvanique. Plusieurs physiciens , et Piiestley particulierenient , pen- soient que I'electricite avolt toujours besoin d'un corps qtiel- conque pour se communiqiier. « II fatit necessaireuient, dit - il , >• quelque substance pour conduire I'electricite , et elle n'est pas « ca^l)le , par son propre pouvoir expansif , de s'etendre dans » des espaces vides de toutes ma ieres ^■>. .... On avolt ete <'on- dnlt a ces resultats par des experiences qu'avoient faites WalsJi. i4 JOURNxVL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE et Deluc, avec des Ijaioiuetres paii'aitement purges d'air. L'elec- triullo kuravoit paru ii'y pas jjeii trer. Treinery vient de fuire des experiences qui lui ont prouve le coutraire II a paii'aitenicnt purge d'air uu barometre ; il a fait cominuniquer , par une tige nietallique , le inercure avec un cou- ducleur eltctrique ; et dans I'liistam la parlie vide du barometre devint luiiiiueuso. Ceci s'opere par la quallte expansive du ilulde electrique , c'est-a-dire yax I' action repulsive de ses molecules. Dii l'air atmospherique. Cet air, sur lequel on a tant travaille, est encore peu connu. On I'a cru un melange de 0,37 d'air pur, et 0,7s d'azote. J'avcis dit , avec plusleurs autres physiciens, qii'il contenoit toujours de I'acide carbanrque. I,es nouvelles experiences de Humboldt nc laissent aucun doute a cet egard. II a prouve qu'il y avoit ordinairenient jus([u'a 0,014 d'acide carbonique dansl'air jUmospherit|ue 5 que le niaxiiaum alloit jusqu'a 0,018 , et \q mi- ninium a o,oo5. Cette (puntlte d'acide carbonique est slf'ortement liee a I'azote ot i i'ox'gene, c[ue la plus graiide quantite d'eau contenue dans ratmospiierc ne pent Ten separer. On avoit aussi cru que cet acide , par son poids , retomboit toujours vers la tcrre, et ne pouvoit s^elever a une certaine hau- teur'; mais Ilumljoldt a iait voir le contraii'e. De I'air , que Garnerin avoit pris £l 670 toises d'elevation aerostatique , con- tenoit encore beaucoup d'acide carbonique. Humboldt a prouve encore que ce n etoit pas la seule quantilo d'oxigene, ou air pur, contenue dans I'air atmospherique , qui le rendoit pro]ire 5 la respiration ; car ila trouve d ms des mines, des moffetes qui eteignoient les linnieres , tuoient les animaux, et qui neanuioins contenoient jusqu'a 0,27 d'oxigene. Ce n'est done point le dei'aut d'oxigene qui rendoit ces moiietes si nior- tellcs, mais c'est la maniere dont cet oxigene est combine. L'air atmospherique n'est done pas un melange simple de 0^27 d'oxi- gene , de 0,72 d'azote, tt de o^oi d'acide carlionique. Mais il y a une veritable combinaison de tons ces principesunis a I'eau.... Le meme savant a fait construire un petit instrument, qu'il nomme antracom^tre ( mesure de charbon ), pour evaluer avec plus d'exaclitude la quantite d''acide carbonique contenu dans l'air atmospherique. Cet instrument indique jusqu a o,oo3 d'acide carbonique . II a aussi examine les differentes nianieres conr.ucs pour eprouver la purcte de Pair atmorpherique. II a fait voir que le ETD'HISTOIRENATURELLF. i5 pliospliora etoit lui luoyen tres-lnliclele, piiisqne , dans iin air oii le pliospliore re brule plus , le s,az nitreux lui a encore decoii- A'l-rt do'.uis 0,07 jns![u'a 0,13 il'oxigene. D'ailleurs, le gaz azote qui tient du phosiiiore en dissoliuion sans bridcr , pent contenir j:;S(j'.i'a o,i3 d'ox-iaene t\ne le fz "z nitreux ne sauroit denionlrer. Euiin , le pliospliore se oissout dans les gaz azote et oxigene , et y forme des oxides a double Ijase de pliospliore et d'a/,ote , les- qTiels ii appelle phnsphores d'azota oxides , que le gaz nitreux ne ilecouipose (ju'en partie. Le gaz lutreux n'est pas non plus unbon inoyen euclio;rietrique, parce cpi'il contient toujours una porticm d'azote , quil est diffi- cile de determiner. Pour y parvenir , Humb ddt a ])rofite d'une experience de Priestley, lequel a fait voir que la dissolution dc sulfate de fer absorbe enllerement le gaz nitreux. On.peut done savolr par le res'idu quidemeure, laporiion d'azote f[ue contient un gaz nitreux ([u'on veut employer. Humboldt a fait un grand iiombve d'experieices , d'apres ces dernieres . pour consta er , avec la i)lus grande precision , la quantite d'oxigenc contenu dans I'air atuiosplierique. 11 a trouve que cette qnantito varioit -depuis 0,1?) jusqu'a 0,29. DE LA METEOROLOGIE. Conte a donne la description d'un nnuveau barometre tresiii- genieux II consiste a adapter a I'extremile inferieure recourbde du tube, qui est en fer, unrobinet lateral , qu'on peutlermcr a volonte. On vide pour lors la portion de uisrcure qui est abaissee, et on la pese. On salt le rapport qu'il y a cntre le dlametre du tube et le poids de niercuresorti : on porta, pnr exemple , I'instrument au haut d'un edifice; on le descend en bas , et on voit la quan- tite de mercure qui est sortie. Humboldt a fait construire, pour ses -voyages mineralogiques , iin barometre portatif , qui est tres-commode. Nous en avons donne la description dans le dernier cahier. Les observateurs soupconnoient depnis long -temps des mou- vemens diurnes dans le I)arometre, 1-e Due - Lachapelle vient dc les confirmer. II a constate , 1°. Que le barometre est constamnient ascendant a sept Iieures du matin, 2°. Qu'il est descendant a deux Iiaures et demi aprcs raidi. 3'. Qu'il est ascend:int k dix lieures ct demi du soir. 4°- Qu'il est descendant apres minuit. L'auteur attribue les causes de ces variations avix differens l6 ,TCrn>TAL DE PHYSIQUE, DF CIIIMIE (legres liysjiomelriqucs de I'air , a Taction de la clialeur , ii I'at- traction dn solcil. \ Cottea donne la description d'un iiouveau thermometre,cons- truit ]iar Leiuaistre. II pent indiqiier en Tabscnre de Tobservatenr, le ]ilns liant point de dilatation. 11 est compose d'un tube coude en trois portions. I^a portion interieuro qui a une boule , est reniplie d'alcool. Au-dessns de cet alcool on a vei-se du nieicuj'e qui remplit un tiers des tubes. Sur la surface de ce raercure est un flotteur de f'er qui a de pelites Ijranclies , lesquelles s'ecartent , de maniere que lorsqu'il est monte a una certaine hauteur , pousse par le mcrcure , il dcmeui'e fixe , si le mercure redescend. Saussure pere a fait voir ([ue la. temperature d'une riviere , telle que I'Arve, qui sort des glaciers, souifre de grandes va- riations diurnes. A I'anrore d'une journee d'ete , par un beau temps, la temperature de ses caux sera k ii , k la degres. EUe se relioiuit ensuite jusqu'a 9 i )o heures, oii elle se fixe cntre a cj , k lo'. Apres avoir ete statlonnaire pendant quelque temps , elle s'cchaufl'e jus()u'a 11 Jienres du soir , que sa tem])e- rature monte a i3 , a 14^. Le ref'roidissement recommence cnsnite. Ii cah.ide la masse de cabirique necessalre pour londre les Cjlaces qui doivetit alimenter line riviere comme I'Arve, dont les t!aiix , pour un jour d'ete , sont estimees iin million de toises (■ul)cs. II laut une masse de oalorique egale a celle qui eleverolt 11 n million de toises culjes d'eau k une temperature de 60°. Lainark a public ses olwervatlons sur I'infiuence qu'a la Inne sur I'atmosphere terrestre. On savoit qu'elle y produisoit des cliargemens , lorsqu'elle etoit jierigee ou apogee ; lorsqu'elle eroit en opposition ou en conjunction Mais I'auteur a cru ]emarquer une autre cause de son iniluence ; c'est pendant fju'elle ("St en deca , ov on-dela de I'equateur pour nos contrees : il a]ipe]le constitution boreale , lorsqu'elle est au nord de Tequateiir, et constitution amtrale , lorscpi'elle est au sud de I'equateur. cc L'observalion m'a convaincu , dit-il , que dans ce climat , pendant une constitution boreale , les vents qui regnent princi- palement sont dt-s vents de sud , de sud-ouest et d'ouest. Le plus ordinaireincntle temosest pluvieux ou huinide, et Pair est charge de beaucoiip de nuages : enflu c'est particulierement dans cette constitution qu'on voit naitre les tempetes, les orages , lorsque les causes qui peuvent y donuer lieu viennent a agir. » Au cotitraire, pendant une constitution aiis^rale , les vents qui regnent ]n-incipalement sont de nord, de nord-ouest , et dans I'ete des vents de nord-est, et meme des vents A' est. Le temps est ET D'H ISTO IRE NATtTRELLE. j_ est commiinement clair, I'roid et sec en etej c'cst rarcment , et pevit-etro jamais qii'il se I'ornio des orates 5j. On avoit des doutes sur la veriLable hauteur du barometre sur les hords de la raer. Fleui-iau-BcUevue, qui avoit fait des obser- Taiions suivies pendant jdusieurs annees a la Rochelle , les a coin- parees avec celles des auires observateurs : il en conclut , fiue la hauteur moyenne du barometre, sur les bords de la mer , devoit Stre fixee a 38 pouces 2 lii'^nes -f-". Et selon les nouvelles nicsures , a y6 centimetres 44- D'oii il resulte qu'on doit fixer le niveau des eaux de la mef a 211 pieds plus bas qu'on no I'evaluoit ordinairement , ou sup- poser lelevation des montajrnes de 211 pieds plus considerable qu'on ne le lait en partant de i'ancienne appreciation de 28 pouces. On sait qu'il y a un thennometre place dans les caves de I'ob- «ervaroire de Paris , k 84 pieds de prolbndeur. Sa temperature Tarie pen Eile est un peu plus grande en hirer qu'en ete. Maximum p . 58^ en hiver. Minimum 9 . 56 5 en ete. H seroit bicn a desirer que les physiciens cjui se tronvcnt proche de souterrains , fissent de semblables observations. Maurice , a Geneve , fait des observations therraometriques , a differentes profondeurs en terre ; et la tenq^erature varie d'autaiit moins que la protondeur est plus grande. Je ra'e:ois apper^u qu'il s'ctoit glisse quelques inexactitudes dans les observations faiies a Paris , sur la declinaison de Taigiiille aiinantee. Nous avons recherche les causes de ces petites inexac- titudes ; et apres un grand norabre d'epreuves faites par Rouvard , Cotte , Humbolt, Fleuriau et raoi . il nous a paru qu'on ponvoit fixer celte annee, aux environs du solstice d'ete , cette declinaison, a rObserva'ioire de Paris , a 22^ i5' 27'' ; Et rinclinaison a environ 70" 35'. De nouvelles observatloTis faites en brumaire ont fixe la decli- naison a 22" i3'. Ce qui confirme les precedentes ; car, h. cette epoque , la declinaison est toujours raoindre. La propriete magnetique du cobalt est aujourd'hui Ijien re- connue , et on en fait des aiguilles de boussoles. 11 s!agit de consiater si le cobalt ne contient pas toujours quel- ques poriions de fer. On Yoit souvent eclater des globes de feu qui se precipitent du ham de I'atmospheie. Le docteiir Chiadni a recueilli beaucoup de faits ^ d'apieS losquels il pretend que la chue de ces globes ro/7^er. NIV0SE«/z7. C j8 journal de physique, de chimie de feu est accorapagn^e souvent de masses de fer assez yoIu- mineuses. Humboldt, supposant la vdrite de ces fails , en a chcrclie la cause physique. On salt, dit-il, que le gaz liidrogenc jieut vola- tiliser du fer. Ce gaz liidrogenc Ibrnie des nusges de plusieurs lieues au haut de i'atmosphere : une 6leincelle electrique I'en- flammant , le fer qui y est dissent se reunit en une seide masse , et tombe sous forme de globes enllanimes. Je crois que ces fails meritent d'etre blen constates , avant d'en recherclier I'explication, DU FI,UIDE CAI, VANIQUE. Nous avons eu cette annee un grand nombre de travaux sur le fluide galvanique. Sue a fait plusieurs exp^-rlences interessantes sur cet objet et Sur la vltalite. flalle , au nom d'une commission , a fait un beau rapport sur ce fluide , et stir las effets qu'il procluit. Huniljoldt nous a fait connoitre tout son travail sur cet objet, et a fait quelques nouvelles experiences. Quoique les faits se multiplient , nos connoissances sont encore pen avancees sur la nature de ce fluide. Galvani, Volta , et beaucoup de pliysiclens, croient que ce lluide est de la nature du fluide electrique. Fontana , Fouwles, Humboldt pensentque le fluide gal- vanique est (.Uiierent du fluide electrique; et ce dernier pliysicien Ibnde son opinion sur ce que le fluide galvanique n'a pas le* raemes conducteurs que le fluide electrique. A ,\a flamme ; ^, la fumee; c, le vide de torricelli ; ^ , les OS humains J e, le verre incandescent, sont isolateurs du fluide galvanique , c'est-a-dire , qu'ils ne le conduisent pas , et qu'on jie peut galvaniser par leur moyen ; tandis que ces memes subs- tances sont de tres-bons conducteurs du fluide electrique. Z,e fluide galvanique Jorme une atmosphere autour des corps des animaux . Car si ou plonge dans I'eau une greiiouille pre- paree , et qu'on en approciie un metal , la contraction a lieii avant que le metal touche la grenouille. On a egalement contrac- tion , en employant les seuls metaux avant qu'il y ait coaitact. Ces faits supposent I'existence d'une atmosphere de fluide gal- vanique, Le Jluide galvanique ne paroit se trouver iii dans les vdge- taux , ni dans les mindraux, Cependant il est des vegetaux. ET D'HISTOIRC NATURELLE. ^g tels que le cliarbon , et des mineraux , tels que les metaiix quL en sont conducteurs. La chaleur augmente dans les metaux leur capacite pour etre conducteurs du liuide galvanique. Humboldt n'a jamais observe aucun eft'etdu galvanisme sur les plantes les plus sensibles, tels que I'hedisarum girans , la mimosa fudica Cependant Rata vient d'avancer le conlraire dans sa Flore danoise , publiee a Copenhague. Le Jluide galvanique d'un animal paroit avoir une action plus marqude sur les autres animaux de son espece que surceux d'esp^ces differentes. Humboldt s'etant fait appliquer des vessi- catoires sur le dos , et un fll metallique passant sur ses plaies , et communiquant ensuite sur les gencives d'auires personnes, elles eurent un gout acide a la bouclie , et eprouverent une espece de lueur qui ressemblolt en quelque fa^on a un eclair. La merae experience , repetee en faisant comrauniquer le £1 de metal k une grenouille preparee et aux gencives dunhomme, ne produit plus les memes effets. On eprouve le meme gout icide et la lueur phoS])1iorique , en armant le dessous de la langue d'une lame d'argent, eL le dessui d'tme lame de zinc, et en faisant communiquer ensemble cesdeux lames. A I'instant du contact, on ale gout acide etla lueur phos- phoriqvie. Si on ariue la langue de zinc , et I'anus d'une lame d'argent , et qvi'on fasse communiquer cesdeux metaux par le moyen d'un fil d'archal,on eprouve au meme instant le gout acide, des eclairs devant les yeux , un malaise , des crampes , des douleurs dans le bas-ventre , et souvent on est purge. Ce gout acide ne paroit pas indiquer a. Humboldt que le liuide galvanique soit acide ; mais il croit que cet acide est produit par des combinaisons que lavorise le fluide galvanique. Cet acide pent etre ou de I'acide carbonique , ou de I'acide phosphorique. Quand k la lueur phosphorique , la cause Vie.TO. est point connuc Humboldt pense que les phenomenes que produisent la torpllle, le gviimotus electricus sont dus an galvanisme. il pense aussi que le fluide galvanique est produit par le cer- veau, par les ganglions , et meme par les nerf's C'est leur secre- tion , ou ce qu'on appelle comraunement esprit nerveux, esprit animal. Ce fluide est ensuite porte dans tout le corps par ces memes nerl's jMais il ne coule pas dans le nerf , comnie le sang , par exemple, Ca ao JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE dans les arteies : raais il'est phitot transrais, comme Test le fliiule electrif[ue, le long d'un coiniuctem" inetalli(|i]e. l.e ilulJe gaWa- niqne ne pent etre considere , ni conime tin flulde nf|iieiix , ni comme uii llulde spiritueux, ni comme iin fiukle Iniiltjux II seroit done plutot d'une nature analogue k celle du fluidc electrique. II se pent qu'il ne soitque la modilication d'un autre flnide , qui se trouveroit dans les plantcs comme dans les anlmaux,et qui auroit plus ou moins de rajjport avec le fluide electrique. DE LA ZOOLOLOGIE. De I' Homme. Blumenbacli , dans ses observations siir qvel- qiies mondes t'gyptidnnes , ouvcrtes a Loitdres , adressees a Jos ph Bancks le lo avr'tl 1794 > adopte , avec plusieurs natura- listcs , cinq varieles de I'espece humaine. II a trace une care uu globe , sur laquelle il marque , par des couleurs dil'f^rentes , ces diverses races d'liommes (1). IJnne et plusieurs naturalistes , n'avaient admis que quatre grandes races Immaines , habitant les quatre continens , savoir : les europeens , les asiatiques , les alricains et les americains. Blumenbach en conipte unc cin- qui^ine , qui est la malaise, ll a doime aux autres races des noms dili'erens de ceux de Linne , parce qii'il ne les confine pas aux memes localites. ( Voyez la planche ci-jointe). !"■ Race caucasienne. C'est I'europeen de I,inne. Elle se trouve , suivant Blumenbacli , au Caucase , en Perse , dans rindostan J en Arable , dans toutc les parties septentrionales de I'Afrique , jusqu^'en Abissinie , dans toute I'Europe , et s'^tend tout le long de la chaine de FOural jusqu'a la nouvelle Zemble. Le caractere de cette race est d'avoir le visage ovale , le nez lin et alonge , plus ou moins ; les levres minces , les yeux a line moyenne distance , les cheveux longs ... Les hindoux ont les oreilles placees tres-haut. II. Race mongole. C'est I'asiatique de Linne , ou le tartare. II se trouve , suivant Blumenbach, dans tout le nord de I'Asie , occupe la Chine , le Japon , s'etend jusqu'i la presqu'ile de Malaca , et a la cote du Pegu. On la retrouvc i la partie orien- tale et boreale de la Laponie, en Greenland et dans tout le nord de I'Amerique. II y en a une peuplade h. la partie orientale de la mcr Caspienne.' On en trouve aussi jusque sur les bords du Danube , en Hongrie. 4*) EUe m'it cle communiquee par un voyageur. ET D'lTISTOIRE NATURELLE, ^^ Lcs caracteres principanx de cette race sont v.n Front plat et large sur les coles , pnintii a la partie siiperieure , un nez tres- pelit. Leurs yeux sont letits et enfoncos , leurs levies grosses ; leurs joiics sont saillaiiies, le nienton termij'e en poiiite , Jeurs cheveux plats et noirs ; leur teint est plus nu nioins jaunalre III. Race dtliiopienne Cette troisienie race est ralVicaine de Linne , oi les negres. Elle occupe toute rAfriijiie , jusqii'aiix Can;iries el ii la-Barbaiie , et s'elend en Ethiopie et en Egypte , a la partie occidentale de la mer Ronge ; car il pense , avec Volney , que lcs anciens f gyptiens ctoient de cette race. On lcs retroiive a. la partie occidentale de Madagascar , dans la NoiiTelle-Hollande , la Nouvelle-Guinee. Les caracteres principanx de cette race sont le nez epate j lenr front est plat , leurs joues proeminentes , leurs levres grosses. Leur nius-au est saillant, leur inacliolre inf'erieure fait meme une relraite en arriere j leurs clieveux sont crepiis.... IV. Race malaise. La quatrietne race est la malaise , ainsi nominee parce cpi'dle se trouve dans la presqii'ilc de Malacca. Elle occupe toutes les lies de rArchipul indien, la partie orieji- tale de Madagascar , la Caledonie , la Nouvelle - Zelande , et toutes les lies de la nier du Sud, Les caracteres principaux de cette race sont, un teint olivatre , approchant plus ou moins du noir ; leur visage est long, les yeux sont noirs , ie nez d'une grandeur mediocre, les levres minces, les dents noircies par le Letel ; leurs cheveux sont longs.... V. Les amertcains. C'est I'americain de Linne. Cette race occupe depuis la Californie , d'un cote , et les Etats - Unis de I'autre , jnsqu'a I'extremite meridioiiale de 1' Amerique.... Les caracteres principaux de cette race sont , le teint d'une coultur cuivreuse , plus ou moins f'once ; le front grand , les yeux petits , les narines ouvertes , les levres grosses , les che- veux longs ; ils ne paroissent pas avoir de polls , mais c'est qu'ils se les arrachent, ainsi que la barbe. Cette enumeration des differentes races d'liommes n'est peut- fc'tre pas assez elendiie. II estplusieurs peuples qu'onne pourroity faire entrer qiie difficilement. Les lapons , par exemple , pourroient bien etre regardes comme race primitive. Buffon les regarde comme tels , ainsi que les samoiedcs , les groenlandois , les habitans du nord de r Amerique.... Les patagons , si tons les rapports des voyageurs , a leur egard , sont exacts , different beaucoup des autres americains... II faut observer d'ailleurs que toutes ces races se meUngent / zi JOURNAL DE PHYSIQUE , DE CHIMIN sans cesse, ce qui procluit des races de metis qui reinplacent les races primitives. Prenons I'EgYpte pour exemple. Nous ignorons qiiels ont ete ses premiers liabitaris. Mais voila ce trj^ui nous paroit de plus certain , d'apres les i'aits historiques. 1°. Feuple hlanc. Nous pouvons supposer qu't\ une epoque tres-ancieime, I'Egypte etoit habitue par des Wanes j car Platen, clans soir lameux passage du Timee , on le pretre de Sa'is ra- coaite h. Solon la submersion de I'ile Atlantique , dit : « Le :» peuple de Sa'is aims beancoup les atlieniens, parce qu'il se » croit de nienie origine. Aussi Solon , dans le voyage qvi'il » iit en Egypte , y iiit - il accueilli avec la plus grande dis- j' tinction «, Or , les athenlens etoient certainement de la race lilanche : 31 f'alloit done que le peuple de Sais f'ut aussi de la meme race. II est vraiseinblable que les pelasges , peuple blanc , avolent Iiabite I'frgypte. 2°. Negres. Diodore de Siclle rapporte que « les etiiloplens y> disaient que les <5gyptiens etaient une de leurs colonies , qui 3> fut menee en Egypte par Osiris ». ( Diodore de Siclle, liv. 3, chap. 2}. Blumenbach dit que , d'apres les cranes des momies d' Egypte, on pent adopter au molns trois differences principales dans le caractere national des phisionomies des anciens egyptiens , a ,\a. premiere , est celle des ^thiopiens , qui rapproche beancoup des negres ; car 11 pense , avec Volney , que les anciens egyjjtiens etaient de cette race , comme I'annonce la figure du sphinx, b , la seconde race des anciens egyptiens , rapprochoit beaucoup des hindoux , et etait par consequent de race blanche, c , la troi- sieme paroiC une I'ace melee , qui tient des deux autres. II se pcut done que les premiers habitans de I'Egypte aient ete des blancs , soit atheniens , pelasges , ou hindoux. La seconde race aura ete negre. Le conquerant Osiris , descen- dant des montagnes de I'Ethiopie , aura conquis I'l gypte , et i.'y sera fixe avec son peuple negre : ce sont peut - etre ses suc- cessenrs qui ont regne avec tant d'eclat en Egypte, sous les noms de Pharaons , et qui eji auront chasse les atheniens , les pelasges... auront fait le sphinx a leur image.... 3°. Les perses. L'empire des Pharaons fut detruit par Cambyse , fils de Cyrus , et L-s perses s'y etalilirent. 4^ Les grecs. Alexandre s'emp.ira de I'Egypte sur les perses ; ET D'HISTOI RE NAT URELLE. aS et les Ptolemees, ses successeurs, y amenerent une grande quan- tite de grecs. 5°. Les romains. La mort de Cleopatre livra I'Egypte i Octave et h. ses successems. 6". Les arabes. Omar , Talcoran d'une main et le sabre de I'autre , fit detruire , par Ainrou , I'empire des romains en Egypte , pour '\i porter , disoit-il , la v^ritd et le bonheur ; mais , dans la reatite , pour s'emparer des richesses du pa^s , en tuant et egorgeant , comme tous les conquerans. Les arabes y introdul- sirent des raiUces elrangeres, venant du Caucase et des envi- rons , lesquelles s'emparerent souvent c!e I'autorite. 7^. Les tares. Selira , en i532 , detniislt I'empire des arabes en Egypte , et y etablit celui des turcs. II y laissa subpister les jnilices etrangeres. On voit que , d'apres nos fastes historiqiies . voila sept grands peuples qni se sont empares tour-k-tour de I'Egypte , et vraisenj- blablement il y en a eu d'autres. Le pretre de Sa'is parioit d'une epoque qni remontait a huit mille ans. En supposant que ce soient des annees semblables aux notres, ou au moins des an-t iiees de 36o jours, cela dateroit de plus de dix mille ans , car Solon vivoit environ cinq cents ans avant I'ere vulgaire. ■ Or , tous ces divers peuples qui ont occupe I'Egypte s'y sont etablis , y ont attire des negocians de differentes nations. Tous ont contracts des alliances , soit avec les naturels du pays , soil entr'eux. II a du en naitre des races melees. Comment done re- connoitre le peuple primitif? Si c'etoit ici la place , il ne seroit pas difficile de faire voir que les memes evenemens ont eu lieu tbez tous, les peujiles de la terre. .,<_ -r, i , ':,^,.".;' Quelquefbis meme les peuples vainciis ont ete cxtcrmlnes ou deportes. Cest ce qu'ont fait souvent les nations enropeennes modernes, qui sont beaucoup plus lt3roces que les anciennes. Dans t6ut larchipel du golfe du Mexique , il ne reste pas un seul americain. II n'y a que des blancs , des rioirs et lenrs m^fcls. Dans les etats-unis d'Amerique , il n'y a pas un seul des pre- miers habitans. La belle race d'hommcs est celle des blancs , ou europeens , ou caucasiens. EUe reunit les beaules des proportions du corps , la force, I'agilite , aux brillantes qualites de I'esprit et du cgeur ; savoir , les grandes conceptions du genie , les afiections fortes , le courage , la fermete. Camper avoit observe que , dans cctte belle race , la 4gne fasciale , qu'on tire de I'originc du front, a la commissure des 24 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I M I E levres , est !\-pen-pres perpendlculaire k line autre l!e,ne tiroe du tiou auriculaireu I'oiivertnrc des narities. Ces deux iignes , dans la race hlauche , tant anrioiine que inoderne , font un angle d'eii- vlron 80 degres, tandis qii'il est de 90° dans le beau ideal des figures roinaines antiques , et va jusqu'a 95" dans le beavt ideal des figures antiques grecques. Dans les autres races d'liomnies, Tangle que font ces deux Iignes est bcaucoup plus aigu. II n'cst que de 70 degres cliez les negres et les kalnioucs. I^a [;roeuiinence des niaclioires , chez eux, fait disparoitro la saillie du ncz. On sent qu'il y a une grande quantite de nuances entre le beau ideal ani-i([ue, et le visage des negres , par exemple. Camper fait voir que celte regie pourroit s'appli(|uer meme aux aniniaux. Chez les oiseaux, par exemple , la ligne fasciale fait un angle tres-aigu avoc la ligne qui >ient du trou occi- pital. . . . On pent conrlure , en general , que I'aninial ad'au^ant plus de perfections ef d'intelligence , que Tangle que font les deux Iignes fasciale et palatine , ajiproche plus de Tangle droit. Sing^es. Cuvier et Gcoffroi ont fait un beau travail sur les singes. Pour dcjterniiner d'une ijianiere precise les caracteres propres a ces animaux , ils leur ont applique los jegles de Camper pour Thomnie. Ils ont suppose un plan horisontal , qu'iis n'ppellentj?alatm, forme d'un cote par une ligne qui passeroit d'un trou auriculaire k Taiitre , et qui , de ces deux trous , se rendroit ati traiicliant des dents incisives. lis tirent ensuite une ligne du milieu de ce iranchant des dents incisives ii la srnllie C|ue fait Tos frontal, entre les sourcils. lis appellent cette ligne fasciale , et angle fascial celui qu'elle fait avec le plan palatin. Chez Thomrae, cet angle peut etre , comme nous venons de le voir , de fjo" k 70°. Chez les singes, il varie depuis 6a'' jusqu'a 20". Chez Torang , le premier des singes , cet angle est de 63* kS6\ ^ Chez Tallouatte , le dernier des singes , cet angle n'est que de 23\ Cet angle est encore moindre dans la plupart des autres animaux. Vurnib avoit donne la description d'une espece de singe de Batavia , sans queue , qu'il avoit appele le grand orang- outang , on pan go , et qu'il croyoit le pren:iier des singes appro- ehant le plus de Thomine. Geoffroy a examine avec soin le sque- Ictte ET D'H ISTOIRE NATURELLE. a5 lette de cet animal , et il a reconnu qu'il n'etoit poiiit dela famille des orarigs , mais qu'il devoit fairc une espece particnliere. II est reni'irqaable en ce qu'il a le pied construit a-peu-pres corame celiii de I'homtne. Son. bras est tres-alonge , er toiiche pres- qu'a. terra , lorsqu'il est debout. Son bassin approclie beaucoup de celui de rhnaune ; mais sa tete , cette partie essentielle , dit- iere beaucoup de celle de I'hoinme. Le museau est tres-alonge , et presqu'autant que celui de lallouatte, car I'angle fascial n'est ?ue de 2.5^. Le trou occipital se trouve en arriere, en sorte qu'il aut de forts muscles pour soutenir la tete. A.ussi Tocciput a- t-il pour I'insertion des muscles releveurs de la tete , des cretes osseuses corame dans le lion. Lcs dents canines sont aussi fortes que celles da lion, en sorte que le corps de cet animal est celui de tous les animaux qui se rapproche le plus de celui de I'homiiie ; mais sa tete Ten eloigne beaucoup. Tout annonce que cet animal doit etre bipede comrae I'liomme , c'est-^-dire, marcher sur ses deux pieds. Sommering a donne un nouveau caraclere pour s'assurer du degre d'intelllgence des animaux II a constate , par un grand nombre de faits , que I'animal est , en general , d'autant plus intelligent , que Ic volume de son cerveau est plus considerable relativement a celui des nerfs qui en sortent. Le volume du cerveau de I'homme , compare a celui de chaque nerf qui en sort , est plus considerable que cliez aucun animal. Aussi est-il le plus intelligent. Chez I'ane , par exemple , les nerfs sont tres- gros et le cerveau tres-petit. II en est de m^rae chez le boeuf , le clieval Le meme savant a cherce a determiner le siege du sens in- terne , ou sensorium commune. II le place dans les ventricules du cerveaii. Ces ventricules sont toujours pleins d'un liquide , et tous les nerfs aboutlssent aui parois de ces ventricules. L'agi- tation quelconque de ce liquide pent done se communiquer aux nerfs, suivant lui. Cuvier a public sa Methode zoologique. II y distribue tous les animaux en sept grandes divisions ; 1°. Les mamraiteres. a°. Les oiseaux. 3°. Les reptiles. 4°. Les poissons. 5°. Les raoUusques. 6°. Les insectes et les vers. 7°. Lcs zoophites. Tome r. N I V O S E fl/2 7. D %6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Les deiix premieres classes , les jiiauuiiii'eres et les olseaiix ^ sont a sans^ ronge (?tchaud , ont deux ventricidcs au ccsnr. Les reptiles et les poissons sont a. sang rouj^e , froid ; c'cst-a- dlrc , dont la temperature n'est jms elevee avi-dessns dd celle du nulieai oii ils vivent. lis n'ont qu'un ventricule au coeur. Les autres especes sont a sing blanc. Cuvi^r a fait voir que les moUusquos ont un coeur. II croit que les insectes ont tine organisation toirle particullere , dont nous parlcrons bientot. Oiseavx. II y a quelques Meinoires particuliers sur les oiseaux. Poissons. I^acepede a public le premier volume de son His- toire dcs Poissons. II a d'abord donnii sa metliode nenerale de les classtr. II est entre ensuite dans la description de scs pre- miers genres. Reptiles. II y a des memolres particuliers sur quelques reptiles. Mollusques. Lamarck va publier une Concliiob^gie com- plette. Le nombre considerable de nouvelles coquillcs decou- vertes depuis quelques annees , rendoit insuffisans tous les ou- •yrages q'l'on avoit sur les coquilles. Insectes. Latreille a doime une Histoire des fourrais de la France , et celle de plusieurs autros insectes Un naturaliste a pviblie dcs observations curieuses sur I'arai- gnee tendeuse. II a fait voir que cet insecte tend ses fJls aveq beaucoup d art , qu'eUe va les attacher ^ des corps qu'elle ne peut voir. II eti tire la conclusion que ces aniuiaux ns sont pas conduits ici par la vue. II pense que ces auiraaux, ainsi que tous les animaux ii sang blanc, excepte peut-^tre les crnstaces, ont quelqu'antre organe. « II est vraisemblaljle , dir-il , qua les » antennes et autrfes tentacules , rem-placent chez les insectes et » les vers, I'organe de la vision 35. Le docteur Fischer a decrit une nouvelle espece d'insecte , qiri sont des petits vers , qu'il a trouve vivans dans la vessie natatoire d'une truite. lis vivoient par consequent dans un air qui contenoit peu d'oxigene , et qui etoit un melange d' azote et d'acide carboni([ue. II ne paroit pas f[u'on puisse douter qu'ils provenoient d'une generation spontanee. • _ ' Virev a donne I'liistoire des vers des intestins. II rapporte beaucoup de f'aits interessans. Jurine a trouve un nouveau caractere pour la distribution methodiquo des insectes. II le tire des cellules de I'aile ante- rieure, ou des nervures qui les fonnent , en prenant depuis le ET D'HISTOIRE NATUR EL LE. 27 point de Taile jusqu'a son extretnile. I) va blentot donner la description des hynienopteres , d'apres ces caracteres. BB i-'anatomie des animaux. Ecil a public un oiivrage sur les nerfs , dans lequel il proi:ve que ce qii'on nonime nerf n'est qu'uii compose de pkxsleurs- filamens enlrelasscis en differens sens. Chacun de ses filainens est compose d'une tuniqus nerveuse , tunica nervosa , qii'il appelle neurUcmc , rempile de la substance medullaire, II est pai'venu k scfarer ces deu:; substances par des moyers clii- miques. I.orsc-u'il vent avoir la tiiuique nerveuse > il fait tremper les nerlb dans une dissolution tie potasse , qui dissout la subs- tance medullaire. S'il veiTt avoir, au contralre , la partie medullaire , il emjiloie les acides , qui dissolvent la tunique nerveuse , et donnent de la consistance a la partie medullaire. Ces faits cletruisent I'hypoJiese que les nerfs puissent ag^ir comma des coi-des. La meme luethode a fliit appcrcevoir a Reil les fibres du cris- tallin , et qull etoit compose de dlfFerentes couclios. II a prouve que ces fibres se contractent on se relachent ; ce qui fait les vues longues ou courtcs , presuites ou myopes. Adains est parvenu , par le moyen d'un micrometre, a deter- miner les degres de convexite qu'acquiert le cristaliin. Humboldt , pour rendre tres - sensible la partie cendree dm cerveau dans les differentes coupes qu'on y fait , se sertdu sulfure de potasse , qui la colore fortement en brun-noir. L'anatomie comparee fait des progres coiisideral^les. Cuvier a donne plusieurs beaux Memoires sur cette partie. II a trouve neuf vertebres cervlcales a une espece de pa- resseux. C'est le seul exemple ^connu qui fasse exception a la regie generale , que les raammeaux n'ont que sept vertebres cervicales. II a aussi prouve que la sang-sue , qn'on avoit place'e parmi les animaux ti sang blanc , a du sang rouge. DELABOTANIQUE. Cette annee nous offre plusieurs travaux interessans sur la botaniqne. Uesfontaines puljlie sa Flore du mont Atlas , a laquelle il travaille depuis plus de quin;?e ans. Ce bel ouvrtge coutiendra la description d'environ seize cents plantes , dont trois cents Da 28 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIiailE nouvellfs , et deux cent cinquante a deux cent soixanie plan- clies environ , tres-bien dessinees et trcs-hien gravees ; six genres noiiveanx , et quelques-uns de reformes. La description , la syno- njmie ne laissent rien adesirer. Cette Flore donne la connoissance exacte de la plus grande partie des plantes des cotes d'Afrique sur la Mediterranee, depuis Tripoli jusqii'aux confins de Maroc. Parmi ces seize cents plantes , il y en a six h sept cents de com- munes ^I'Espagne, auLanguedoc et an midi de la France et de ritalie. Lamarck continue son bel ouvrage sur les illustrations des genres. Les gravures en sont totalement aclievees. II y aura en- viron dix-liuit cents genres , dont cinq k six cents nouveaux. Andre Michaut qui , apres avoir voyage en Perse et dans I'Asie mineure , a ete auxEtat-Unis dans I'Amerique septentrionale,en a apporte une grande quantite de plantes. il va publier un pro- drome de la Flore des Etats-Unis. II donnera aussi une dissertation sur les chenes de ces con- trees , dont il y a un grand nombre d'especes et de varietes. lis pourroient s'acclimater en France. Redoute a dessine avec tout Tart qu'on lui connoit , les plantes grasses. Candolle en fait la description , et il en va paroitre inces- samment un fascicule. Le capitaine Baudin , le botaniste Ledru , le naturaliste Mange, et le jardinier Riedley , ont rapporte plus de trois cents especes de plantes vivantes , et dont la plupart sont des arbres et arbrisseaux , f[ui n'etoient point an Jardin des Plantes de Paris. II y en a meme plusieurs de n(jnvelles. lis ont aussi apporte une collection considerable d'oiseaux , d'in- sectes , de plantes seches , et plusieurs autres objets d'histoire naturelle. Jacquin pere a public a Vienne son grand ouvrage , contenant la description des plantes du jardin de Scliconbrun, en 2 volumes in-fol., contenant 260 planches enluminees. Get ouvrage repond ^ la reputation de I'auteur. ^ Il a aussi public une Monographic du genre oxalls , avec des figures de g5 especes, dont 76 enluminees. Host a public a Vienne une Flore d'Autriche , qui est des plus riches. 11 travaille a I'histoire des graminees. Rafn public une Flore danoise. Bruguieres et Olivier ont parcouru la Perse , I'Asie mineure , la Grece , et rapportoient en France vuie multitude d'objets d'histoire ET D'HISTOIRE NATURELLE. ^g naturelle. La mort a enleve Brugnieres a Ancone', mais Olivier a apporte la coUectiun complette. Bosc Dantic apporte des Etats-Unis beaucoup d'objets nouveaux. Beauvoir a aussi apporte d'Amerlque beaucoup de choses. Broussonet recueille A Mogador , dans le royaume do Maroc ce qu'il y a de plus precieux en histoire naturelle. ' Les anglais oontinuent leurs recherches savantes dans les Indes Orientales. Swartz a commence h publier sa Flore des Indes Occidentales. Le premier volume renferme depuis la Monandrie jusqu a I'Hexan- drie Trigynie. Dans ses nombreux voyages , il a deconvert Sfio plantes nouvelles , qu'il a fait connoitre dans un prodrome qu'il publia en 1788, a Stockholm. Maintenant il donne son ouvrace en grand. ' ° II y a long-temps que je dis i nos voyageurs boianisles fran- cais de faire connoitre dans des prodromes les nouveautes qu'ils nous apportent, pour s'en assurer la propriete, et imiter en ccla les savans etrangers. Je ne cesserai de repeter qu'il y a plus d'un siecle que les herbiers du P. Plumier sent pleins de nouveauu's dont la plupart ont ete publiees par les etrangers , et lui en out enleve la gloire. II y a cependant encore un certain nombre de plantes qui ne le sont pas , et qui meriteroient de I'etre. Quand serons-nous done bien persuades de cette terrible verite : Le mieux est I'cnnenii du bien. Carradori a prouve que la tremella verrucosa , le lichen rii- pestris , le lichen fascicularis , et quelques autres cryptogames regardes comme des especes , ou meme comma des genres dis- tincts , ne sont que des differentes manieres d'etre de la tre- mella nostoch , dont il a suivi avec beaucoup de soin les differens etats de la vegetation. Hoffman , professeur de botanique ^ Gottingue , continue avec zele son bel ouvrage sur les lichens , intitule : Plantce Lichenosae. II vient de faire paroitre deux fascicules du troisieme volume. Esper a donne deux fascicules de son bel ouvrage sur les cham- pignons , intitule : Icones Fucorum. II y en a deja 65 planches. Person donne aussi un ouvrage sur les champignons. Cavanilles a public, a Madrid , le tome quatrieme de son Icones Plantarum , avec de belles gravures. II contient la description des plantes des iles de la mer du Sud et de la Nouvelle- HoUande, 3o JOURNAL DE PIIYSIQUE, DE CHIM,IE Pavon a publie a Madrid un prodrome de ia Flore du Perou et du Gliih. Vahl vii'iit de faire pnroitre :.a lascizule d; son Eglogait FlantariiDi. * Hedwig conthuie son bcl oiivrr.ge sur ies xrio^isses. Thiinberg a donne un prodrome da la^lci;j du G:)p de Bonne- Espi'rance. Sclirader public un ouviage interessant sr.r Ies criplogames. Kiinse donne aussi un ouvrage sur Ies criptogames. ■ Springel a public un ouvrage intitule : ylnUcj uitates Botanicae. II est rentpli d'erudition. ' Lc nomljrc considerable de savazis francai's qui se' tr.oijvenc en Egypte,nous assiir^ des coniioissaiices r-ouYellesit interessantes. lis y uiu nnc. societe savante qui a deja fait plusiears travaiix. . Monge y a la unmemoire surle niirc-gs des marijis. II arri'^e souvent sur n;er quVn vaisseau , vu de loin , paro't ar.-dessus des eaux dessinc dans I'atmosphere. Deo villa^is situei dans le desert, Yus de loin , paroissent egalement detaches de la terre. Dolomieu a rcconnu que \i niveau de la Ivli':aiten"?.n.;e , sur ces cotes , s'etoit eieve d'un pied depuis Ies Ptoieniees. Monge a present^ un r.icrceau dc rocher, sur leqviel est bati le chateau du Caire. C'est une pierre calcaire remplie de petites co- quilles dites niimismales. Bertholet a lu un nicnioire snr la formation de rammoniac en plusieurs circonstances , oii on ne I'avoit pu soup Conner. PHISIOLOGIE AN I MALE. La phisiologie a fait de brillantes decouvertes depuis qu'on y a applique Ies connoissances que fournit la chimie ; car il faut bien distinguer cette application de la chimie a la phisiologie, de la simple analyse des parties animales. Le chimiste tache , par ses analyses , de decouvrir Ies principes constituans des matieres animales. Le phisiologiste - chiniiste recherche quels sont Ies principes que la nature vivante emploie dans leconomie animale , pour en former Ies diverses parties : et c'est une nouvelle maniere d'envi- sager la phisiologie. La plus gvande partie des phisiologistes ont cru pouvoir expli- quer Ies principaux phenomenes des corps organises par un ]>rincipe vital quelconque , auquel on a donne differens noms. Hyppocrate Fappeloit '■» r«£<« , to t/ieion , ces,t-c[- dire , {jme/rj/ue ET D'HISTOIRE NATURiELLE. 31 chose cle divin , ce qui veut dire quelque chose de tres-releve. Vanhelraont , Arcliee , Stahl , Varne ; c'est dire qu'on ne con- noit pas ce principe. Plusieurs phisiologistes regaideut Ics nerfs comme des vais- seaux composes d'une suite de vesicnles encore plus lapproches que dans les vaisseaux lymphatiques. L'esprit nerveux coide dans CCS vesicules , les gonfle , et raccourcit ainsi V's nerfs , et par consequent le muscle dans lequel il se distribue , ainsi qu'on le voit dans v.riie n:.aciiine de phya^ciue ri>.mee de plusieurs \essjes jointes bout a bout , et pei'cees a lenrs deux extremites. Ensouf- flant dans ia premiere avec une assez petite foice , on souleve un , poids consicerabie attache a la den>i'!;rB , qui nest percee que dans rendroJ.L oil elle communique ftvec I'avant-derniere. Haller regardoit le niouvenient musciilaire conune une suite de Virritabilite II comparoit im nerf a une corde tt ndue , et qu'oii fait vibrer. L'irritabilite n'appartient qu'a la fibre niusculaire. D'autres phisiologistes ont eu recours a une force \iiale , qu'ils avouent ne point connoitre. Hufeland , professeur & Jena , pense que tons los phenomenes vitaux 'sont dus a une force iiiconnue repahdue danS la matiere organlsee , et analogue anx forces elactrique , inagnelique , gravi- fique de la niatitre non/organisee. Brownes a avance une autre opinion , qui a beaucoup de par- tisans. Franck , celebre professeur de Vienne, la sentient avec beaucoup d'art. \^iiicif.ahilite , ou exci tahilite est , suivant Erowms,le caractere essentit>l de tons les etres vivans. C'est la proprictc quont tous les etres vii'ans orp;nnises , d'exercer les mon-veinens qui leiir sont propres ,par suite de limpressioji r/ue les ohjcts e.xterieiirs ont faite sur eux. Cette excitabilite appartient a toutes les parii^^s sensibles' de I'animal , en quoi elle dilfere de l'irritabilite de HaHer , qui n'appartient qu'a la fibre niusculaire. Ainsi , re:^* itabilite e.^t propre aux parties qui ont de I'irrilaljili'e , et a celhs qui ont de la sensibilite , lels que les visceres , et elle est une et la meme dans toutes les parties du corps. Mais elle est a nn degre plus con- siderable dans I'une que dans I'antre , par exemple dans I'estomac que dans le poumon. File varie egalemeat pour le degre d'intensite dans les difleicns individus. Cette excitabilite n'est jamais mise en action que par des stimulans. II en resulte un excitement , qui est la vie. 32 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE Lorsque ces stimulans n'ont que I'activite ou la duree neces-' saires, ils pTOduisent un excitement modere , qui est I'etat de sante. Si ces stimulans ont trop d'activite, I'excitement devient irop fort; ce qui constitue les maladies steniques (i). Si les stimulans ne sont pas assez actifs , ils produisent un exci- tement trop foible ; ce qui constitue les maladies asteniques (2}. Cependant Brownes a ete oblige d'admettre deux especes d'as- tenie. Uast.enie directs est produite par I'absence des stimulus ou puissances excitantes. Telle est la foiblesse qui provient du defaut de nourriture. Uastenie inclirecte a lieu lorsque les forces excitantes ont agi trop long-tems ou avec trop de violence , et ont d'abord produit un grand excitement. G'est ainsi que le vin , apres avoir donne de la force , produit de la foiblesse , lorsqu'on le prend en trop grande quantite. Brownes ne considere par consequent tons les remedes que sous un seul point de vue , c'est-c'i-dire , comme des corps capables de mettre IVxcitabilite en jeu, comme des stimulans ou excitans. Mais quel est le principe de cette excitabilite ? Voici A-peu-pres la maniere doiit Brovs'nes I'envisage. Un homme cease de vivre ; les stimulus qui agissoient sur son corps un instant avant sa raort , n'y font plus aucune impression. C'est la cessation de Taction de ces stimulus qui constitue la mort. La vie , ou le principe vital , n'est done que la farulte qu'a le corps vivant de recevoir les impressions des stimulus , et de re- pondre k cette action. Cette faculte peut etre regardee comme une force particuliere , qui est la force intale. La phisiologie a ete envisagee dune maniere differente par d'autres physiciens. Ils cherchent a expliquer les phenomenes de Feconomie atiimale par les combinaisons des differens principes t'ont sont composes ces corps , et ils demontrent la formation des solides et des fluides par un petit nombre de premiers prin^ cipcs , tels que I'oxigene , I'hidrogene , I'azote , le carbone , le pliosphore GaJlini , celeljre professeur h. Padoue , donna les premieres fi) Snxi't , Steno'! , force. (3) a Privalif , aslcniijuus , defaulde force. idees ET D'HISTOIRE NATURELLE, 33 idees de oette marclie il y a plus de quinze ans , dans un ou- vrage interessant sur les inoiivemens musculaires. Il dit qu'oii pounoit les expliquer par les principes de la chimie ; mais il ne tenta aucuiie experience pour appuyer son opinion. Reil , professeur a Hall , a suivi les memes principes ; mais il n'a egalemeut fair aucune experience. Gauthier , Batiner , Aladni , Vait . . . , ont marches sur les memes traces. Fontana , dans .son excellent ouvrage sur le venin de la vipcire , a fait bcaucoup d'experieuces qui ont prouvees ce que peuvent dif- ferens virus sur la fibre aniniale. Girtanner dit ensuite( dans ce Journal de 1788) , que Voxigene titoit le prill cipe de I'irrltabiUtti ^ et juuoit , par ses combinai- sons , le plus grand role dans I'economie animale. Gaillard pretend , au contraire, que c'est le phosphore ou radi- cal pliosphorique , qui est le principe de I'irritabiliie. Goodwin croit que c'est le calorique qui est le principe de I'irritabilite. II est certain qu'une pirtie tres-irriiable, telle que le coeur d'une greuouille , la jambe d'une araignce faucheur dont I'irritabilite et les mouvemens ont cesses, lesrecouvre parla simple chaleur , sans le secours de Toxigene ; au lieu que I'oxigene ne pourroit agir sans le concours du calorique. Humboldt a embrasse la doctrine des phisiologistes-chimistes. Il a fait un grand nombre d'experiences pour decouvrir les combi- naisons differentes qui s'operent dans le corps de Tanimal. II a profite de la decouverte du fUiide galvanique , sur lequel il a fait un beau travail , et qui lui a presente des residtats tres-interessans. li s'est principalement occupe de I'irritabilite de la fibre nerveuse et de la fibre musculaire. « Je crois , dit-il, pouvoir demontrer « que I'irritabilite de la matiere animale ne depend pas de la » quantite d'oxigene que le corps contient , mais que Tazote et » I'hidrogene y jouent un role tout aussi important , et que le « degre de vitalite ne depend que de la balance reciproque des » affinites chimiques de tous les elemens dont la matiere animale » et vegetale est composee. 11 a ensuite recherche par I'experience , quels etaient les corps qui augmentoient ou diminuoient cette irritabilite. 11 a vu que I'irritabilite des nerfs etoit augmentee par I'acide muriatique uxigene , par I'oxide d'arsenic et par tous les corps qui contiennent de I'oxigene. Cette meme irritabilite est diminuee pai les corps qui absorbent Tome F. N I YO S E a« 7. E 34 JOURNAL D E P H I S Y Q U E , D K C H I M I E roxigeue , tels que les sulfures de potasse, le gaz nitreiix, Ja disso- lution de potasse Si on decouvre ungros nerf , tel que le crural, et qu'on le toiielie avec des suljstances qui contiennent de I'oxigene , tel que des acides, il niontre de I'irritabilite. Les raemes experiences reussissent avec des muscles tres - irrl- tables , tels que le coeur d'une grenouille , lorsque ses mouvemens commencent i diminuer, on les ranime en le plongeant dans urie liqueur acide, tel que lacide muriatique oxigene. Mais si ce coeur denieure irop long - temps dans I'acide , son irritabilite est trop augmentee, et les mouvemens cessent. Pour les faire reparoitre , il faut employer des substances qui puissent absorber cet exces d'oxigene. G'est ce que font les sulRires de po- tasse , les alcalis Aiusi, en irempant ce coeur dans du sulfure de potasse, ses mouvemens recommencent , si son irritabilite n'a pas ete epuisee. Mais I'absorbtion de I'oxigene ote bientot toute irritabilite. Le mouvement cesse done de nouveau. Pour le faire reparoitre , il faut lui redonner de I'oxigene, en le trempant de nouveau dans I'acide muriatique oxigene. La chaleur , I'alcool raniment egalement les mouvemens du coeur. Le sang arteriel produit les memes effets, parce qu'il contient de I'oxigene ; ce que ne fait pas le sang veineux. Si on lie Ic nerf d'une partie , elle perd son irritabilite. . Elle cesse egalement si on liel'artere qui lui porte le sang, comme I'a fait voir Haller. Void la maniere dont Humboldt explique ces faits. II y a trois principes , dit-il , qui paroissent necessaires pour exciter I'irritabilite. 1°. \J oxigene , qui forme des combinaisons avec differentes bases acidifiables. a". Les bases aciclifiahles de la fibre avec lesquelles I'oxigene fieut se combiner. Ges bases acidifiables sont a , le carbone avec equel il forme I'acide carbonique , ou des oxides de carbone ; b , rhidrogeneaveclequel il forme dereau,ou des oxides d'hidrogene; c , V azote avec lequel il forme des oxides d'azote; d , le phgspore avec lequel il forme des oxides de phosphore 3". Le fliiide galvanique. Mais ces combinaisons de I'oxigene avec ces bases acidifiables ne peuvent se iaire seules : de meme que I'azote et I'oxigene melange*. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 35 seuls ne produisent point de I'acide nitrique. Mais si on fait passer a travers ce melange leteincelle electrique , il y a combinaison d'azote et de I'oxigene, et production d'acide nitrique. Le lliiide galvaniqne prodult dans I'economie anjmale , suivant Humboldt , les memes effets que prodult le fluide electrique dans le melange d'azote et d'oxig<';ne. Le liuide galvanique favorise ega- ment les combin^isons de I'oxigene avec les differentes bases aci- difiables de la fibre. Le fluide galvanique est apporte par les nerfs : voila la raison pour laquelle line partie dont le nerf est lie n'a plus d'irritalDilite. L'oxigene est apporte par le sang arteriel. G'est la raison pour laquelle la ligature de I'artere detruit I'iiTitabilite. Enfin les bases acidifiables telles que le carbone, I'azote , I'hidro- gene , le phosphore se trouvent dans la fibre. Tout ce qui augmente trop la quantite de ces bases acidifiables diminue lirritabilite. Tout ce qui augmente trop la quantite de I'oxigene , la diminue egalement. Il en doit etre vraisemblablement de meme du fluide galvanique. Ce n'est que dans vui juste equilibre de ces principes que con- sJste I'irritabilite necessaire des parties. "V'oici la maniere dont on peut concevolr qu'elle s'opere. Supposons , clit Humboldt, ime fibre composee des molecules suivantes , o . o . o . o. o . o .... qui sont des bases acidifiables , azote , hidrogene, carbone , phosphore.. . . Le sang arteriel apporte de I'oxigene. Le fluide galvanique , apporte par les nerfs , fait une decharge dans les muscles. Les bases acidifiables se combinent avec I'oxigene par le moyen du fluide galvanique ; elles se rapprochent , parce que leur affinite devient plui forte. La fibre est done racourcie et eontractee. Mais comment concevoir la decharge du fluide galvanique dans I'interieurducorps? Rappelons d'abord la maniere dont elle s'opere a I'exterieur. Soit le nerf rt p in^ qui se distribue dans le muscle o o. La por- tion m du nerf qui se distribue dans le muscle o o ,lui communique une portion de son fluide galvanique ; tandis que la portion p a, supposee detachee du muscle , et environnee d'air qui n'est pas con- ducteur de ce fluide , le conserve tout entier. Cette portion/^ a eon- tient done plus de fluide galvanique que le muscle o. Si on met en contact ces deux portions dUcriement en les faisant toucher il y aura decharge du fluide galvanique , qui passera du nerf « dans E -2. 36 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CTIIMIE le muscle o. G'est une des belles experiences de Humboldt. On voit qu'ici on n'a pas besoin de conducteur meiallique. On peut encore excirer I'irritabilite en ctablissant la communica- tion du nerf aux muscles , par des substances animales , telles que des raorceaux de chair, on de nerf. — En mettant un metal homo- gene enduit d'un cote d'un fluide evaporable , telle que I'eau La meme chose doit avoir lieu a I'interieur pour les mouvemens musculaires. « Dans I'etat de repos, dit-il , le nerf etant insere dans » les muscles, le fluide galvanique se met en equililore dans les )' organes qui se touchent. Ge mouvement spontane se fait par >> une surcharge de fluide galvanique dans le nerf. II paroit que » dans Finstant que nous voulons faire un mouvement, le fluide >> galvanique , produit dans le cerveau, se porte en masse vers la » partie qui doit se mouvoir , et surcharge les fibres nerveuses. II se » fait une decharge du nerf dans les muscles. Les molecules de ce » dernier , animees par des afilnites exhaussees , se rapprochent : « et c'est ce rapprochement que preseute le phenomene de la con- » traction. Les elemens acidifiables ( I'azote , I'hidrogene , le phos- » phore, le carbone . . . .) dont la fdjre musculaire est composee, » se combinent entr'eux et Toxigene du sang arteriel. Le mouve- » ment musculaire produit par consequent de I'eau (lasueur), » de I'acide carbonique , souvent de I'acide nitrique , de I'oxide " de phosphore , de I'ammoniaque , de la soude Lt fluide » galvanique etant decompose ou rendu latent par contraction , >' et les phenomenes chimiques qui I'accompagnent , les molecules » du muscle s'ecartent de nouveau , c'est-&-dire , ils rentrent dans la « sphere de leur attraction primitive Si dans les maladies le » fluide galvanique se porte, sans notre volonte, en trop grande » quantite dans une partie , il y a spasme et convulsion » On a fiftit cesser des convulsions par rattouchement de subs- • tances metalliques qui sont conductrices du fluide galvanique et le dissipent. Cest sur ce principe qu'est fonde le perldnisme , ou la maniere de guerir quelques maladies par des pointes metalliques. Le docteur Radje , de Gopenhague,a donne un ouvrage sur cette matiere. II fait coustruii-e des pointes metalliques , qui sont ordinairement d'acier , d'argent On presente ces pointes de differentes ma- hieres k la partie malade , et on croit avoir du soulagement. Si reellement le malade a ete soulage, et s'il I'a ete par Feffet des pointes , on peut supposer que c'est en diminuant ou en augmen- tant le fluide galvanique dans telle partie ou dans telle autre. Peut-etre les plaques magnetiques , qu'on a cru egalement pro- E-T D'HISTOIRE NATURELLE. 3/ duire de bons effets en les appliquant sur des parties malades , n'agissent-elles que de la meme maniere. Le haqiiet mesincrique etoii aussi arme de pointes. iS"/7 n prodiiit des effet.s , et que ces effets fussent iiidepeudans do rimaginadon , le galvanisme en pourroit etre la cause. On voit que le mouvement musculaire suppose toujours un abon- dant envoi du Huide galvaniqne. II en est de meme de routes les autres fonctions. La digestion ne s'opere que par du fluide galva- niqne qui active les forces gastriques. La pensee exige egalement dii Huide galvanique , qui se porte au lieu ou elle s'execute. G'est pour- quoi , dans le temps de la digestion, on ne sauroit penser , ou au moins la pensee detourneroit ailleurs le fluide galvanique, et la digestion seroit troubliie. De meme que la pensee exigeant beaucoup de fluide galvanique dans I'organe pensant , il faut , pour que la pensee se fiisse libre- ment, que tous les autres mouvemens ( excepte les vitaux ) soient suspendus. Les differentes fonctions animates, dans cettehypolliese, sont done line suite de combinaisons continuelles qui se font dans le corps. Les differentes bases acidifiables , telles que I'azote, le carbone , riiidrogene, le phosphore,le soufre se combinent avec I'oxi- gene par I'intermede du Huide galvanique, et formcnt de I'acide carbonique , de I'eau , de I'acide phosphorique , de I'acide sulfu- rique s'il y a une assez grande quantite d'oxigene. Mais lors- qu'il n'y a pas assez d'oxigene , on n'a que des oxides d'azotc , de carbone, d'hidrogene, de phosphore, de soufre Le carbone et Ihidrogene , combines par I'intermede du fluide galvanique , forment des liuiles ou des oxides. L'hidrogene , combine avec I'azote, forme I'ammoniac, la sonde ou des oxides. Le carbone et l'hidrogene combines avec I'oxigene , forment les acides animaux , ou des oxides. Quant aux terres et aux substances metalliques qu'on trouve chez les animaux, Humboldt suppose qu'elles ne sont pas des pro- duits nouveaux, et qu'elles sont fournies par les alimens. Ceux-ci, dans cette hypothese, fourniront done, i'. la terre calcaire; 2°. la silice; 3'. la magnesie; 4". le fer; b". le manganese &. le [car- bone; 7' le soufre; 8^ le phosphore; 9°. I'azote; 10'. l'hidrogene ; 11°. I'oxigene. L'eau , en se decomposant , fournit de I'oxigene et de l'hidrogene. 38 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Enfiu , la respiration de I'air atmospherique fouriiit de loxigiine , de I'azote , do I'aride carboniqne. Mais plusieuis autres pliysifit'ns pensent , ainsi que moi , que les forces vitales ,chez les etres organises , peuvent pruduire des terres, (lu carbone , du fer Le phosphore agit puissamment sur leconomie animale : aussi 'jaillord a-t-ilavance que le radical del'acide phosphorii|iie etoit le principe de I'irritabilite : qnoiqu'il en soil de cette idee qui n'est pas pronvee , Alphonse Leroi a fait un grand nombre d'experiences qui constatpnt toute Taction du phosphore dans le corps des ani- maux. II prit lui-meme deux k trois grains de phosphore , rneles avec de la tiierinque. Ilfuthorribleraenttourmente toute la journee. Le lendemain il se developpa , par toute I'liabitude du corps , une force musculaire etonnante , accompagnee de jjriapisme II a donne ,avec sucees, de petjtes quantites de phosphore aux personnes epuisees parlesplaisirsderamour. I'elletier a observe que del'eau qui avoit sejourne dans un vaisseau de cuivre dans lequel avoit etc du phos- jthore , jetee dans un endroit oii alloient des canards , ces animaux en rirent tons , mais que le male cocha les femelles jusqu'au dernier moment. Un autre particulier, a} ant jete , dans une basse - cour , de I'eau ou avoit ete du phosphore, toute la volaille qui en but , perit dans des convulsions vicjlentes. Le phosphore se dissout dans I'azote et dans I'oxigene, et forme des phosphures d'azoie oxides , qui doivent se retrouver dans leconomie animate , et y exercer beaucoup d'action. Les matieres animates conticnnent une grande quantite de phos- jiliore, on acide phosphorique, ainsi que la mariere glutineusedu fromentct autres plantes cereales , et quelques cruciferes G'est s;ms douleune de ces raisons qui rend ces substances si nutritives. VAXes donncnt beaucoup plus de force a lanimal que les autres substances nutritives qui ne contiennent ni phosphore , ni acide phos- phorique. Le poisson contient beaucoup de phosphore , les peuples qui s'en nourrissent ,multiplient beaucoup. On voit quelle influence le fluidegnlvanique doit avoir dans leco- nomie animale , suivant Humboldt ; mais nous ignorons sa nature. Il pense que c'est le fluide nerveux. Il oljserve que le quart de tout le sang se rend au cerveau : qu'il y arrive floride et qu'il en sort tres-noir , qu'il y depose, par consequent , beaucoup de son oxieene. II deuumde «si cet oxi"ene contribueroit k la formation du iluide galvanique ». Le sang veineux est noiraire, tandis f[ue le sang arteriel est floride. 11 parol t que I'oxig.'iue de celui-ciqui luiest fourni par la respiration, ET D'HISTOIRE NATUREL LE. 89 se combine clans le torrent de la circulation , comme nous Tavons vu. Le carbone y pt edomine done : ce qui donne la couleur noire au sang veineux. G'est encore la raison qui fait que les hommes , ainsi que les animaux , qui font laeaucoup d'exercice, ont la chair noire. L'oxi- gene du sang arteriel se combine dans les moiivemens musculaires; et le carbone demeure predominant. La chaleur c ms les climats chauds, et la kimiere, en donnant de I'energie aux forces vitales , produiseut les memes effets. Dans les climats froids, au contraire, et a Fobsrurite , dans des cachots , meme dans des appartemens feimes, on il n'y a point de lumiere, ou peu, la chair est blancJie et decoloree par la sura- bondance d'oxigune. Barthez a donne des explications des divers mouvemens des animaux. Le docteur Chiarenti a fait un grand nombre d'experiences qui lui ont prouve qii'on pouvoit faire penetier, dans le cor[)S humain, les remedes les plus actifs par la simple friction exterieure. 11 triture ces remedes avec le sue gastrique d'animaux , et melange le tout avec de la graisse ; il en forme une pommade dont il frotte I'abdomen , la region de I'estomac Les docteurs Brera, Guilo et Rossi , ont repeie ces experiences avec le meme succes. Ces experiences prouvent qu'il existe , a la surface du corps , des vaisseaux absorbans , qui font passer a I'iiiterieur tous ces remedes , lesquels produisent les memes effets que si on les eut porte directe- nient dans I'estomac. DE l' A NATO M IE DES PLANTES. Desfontaines a donne un beaumemoire s\u I'anatomie des mono- cotyledons, ou plantes qui n'ont qu'une scale feuille seminale ; mais pour I'entendre , il faut rapporter les notions qu'on a dans ce moment sur la structure vegetale. On distingue dans les plantes, ainsi que dans les animaux, les solides et les liquides. Parmi les solides on observe specialement, i". les vaisseaux seveux ; 2°. les vaisseaux de sue propre ; 3^ la moelle; 4^- les vaisseaux excretoires;6'. les vaisseaux aeriens; 6". les glandes ; 7°. les poils. 1°. Les vaisseaux seveux sont appeles par Hedwig, cliimiferes , vasa chimifera. Suivant lui il y en a d'arteriels , et d'autres sont veineux. On connoit les arteriels, en faisant une ligature a pne 4o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tendre branclie ; on voit se former un bourrelet au-dessous de la liiianu'e; ce qui aiinonce que la seve raonte desracines, etsetrouve arreiee par la ligature. Si la li"ature se fait aux vaisseaux veinenx, le bourrelet se forme au-dessus^'de la ligature ; te qui prouve que la seve , qui redescend du sommet de la'plante aux racines , est arn- tee par la ligature. Ces arteres et ces veines se trouveut egalement dans la tige de Ja plante. 1°. Les vaisseaitx du sue propre sont ceux qui renferment le sue propre de la plante, tel est le sue laiteux des euphorbes 2°. La inoiillc ou les vnisseaux inediillaires se trouveut tou- jours au centre de la plante. Elle est compose d'un grand nombfe de vaisseaux spougieux. Dans les dieoiiledons, la moelle est en assez petite quantite , excepte dans quelques espi'-ees telles que le .sureau. . . . . Elle est renfermee dans un canal , et paroit fbrmee d'un grand nombre de vaisseaux qui se portent a angle droite du centre de la plante a sa circonference en raj ons divergents , comme les lignes horaires d'un cadrau. On lesappercoit facilement dans la trancFie dun-arbre, faite perpendiculairement a I'axe. Mais dans les monocotiledons , tels quo les joncs , les asperges , les palmiers, les foiigeres , les gramens, les liliacees Desfontaines a fait voir que la moelle est tres-abondante dans toute la plante ; tout I'interieur est spongieux , compose de fibres ligneuses , placees sans ordre les unes a cote des autres , sans former de couches con- centriques distinctes , et enveloppees par la moelle qui en remplic tous les intervalles, et qui ne jette jamais de rayons divergens. Elles se rapprochent en allant du centre a la circonference •, en- sorte que la tige a beaucoup plus de force et de solidite aupres de sa surface que dans I'interieur. Cette organisation est differente de celles des plantes decotile- dones , dont le centre de la tige a plus de solidite que la surface ; de sorte que sur la coupe d'une tige ligneuse,on peut savoir a iaquelle des deux divisions precedentes la plante appartient. L'usage de ces vaisseaux medullaires est encore inconnu. 3". Les vaisseaux excretoires. Brugmanns a prouve que le lollium (ray-grass) et la plupart des plantes avoient des excretions par les racines. Ce qui suppose des vaisseaux excretoires. La' surface des plantes est encore remplie de vaisseaux excre- toires , ET D'HISTOIRE NATURE LLE, 41 toires , qui exsudent differentes liqueurs. On sail combien les j)lantes perdent par la transpiration. D'autres vaisseaux de la surfoce de la plante absorbent des sues propres a la nourrir. C est ce qua fait voir Gandolles , qui a prouve que plusieurs plantes ne se nourrissoient que par la surface. 5'. Un autre ordre considerable de vaisseaux chez les plantes , sent les vaisseaux aeriens. Hedwig les appelle pneumato - cliimi- feres , -vasa pneumato -chiniifera. Les trachees , ou vaisseaux spi- i-aux (^vasa spiralia , vel cocfdnata de Malpiglii ), sont com- poses de lames spirales contournees eti tirreboiirres. II suppose que la seve coule dans ces spires : tandis que I'interieur de cette spire , ou son axe , est aussi un vaisseau dans lequel circulc I'air. Par consequent ces trachees serviroient a la circulation de I'air et du chime ; c'est pourquoi il les appelle vaisseaux pneumato-chi- miferes. Les trachees se trouvent dans le bois et I'ecorce ; mais elles ne se deroulent que dans la premiere couche ligneuse de I'annee. Ces vaisseaux s'appercoivent facilement dans les feuilles , dans les tendre- raraeaux ;. . . .et on a lieu de croire qu'ils se trouvent egalement dans toutes les parties de la plante. On les voit distinc- tement dans les tiges des cucurbitacees. Daubenton est le premier qui les ait appercu dans I'ecorce. 6^ Les glandes paroissent assez nombreuses dans les vegetaux. On distingue pareillement les suivantes. Les glandes milliaires qui sont sous I'epiderme. Elles sont tres- visibles dans le bouleau , le noisetier. Les nectaires sont des glandes qui filtrent une liqueur sucree et mielleuse , laquelle les abeilles recoltent pour en faire le miel. Les glandes qui filtrent la propolis. Les antheres peuvent etre regardees comme des glandes qui fdtrent la liqueur reproductive 7°. Les poils sont tres-abondans sur un grand nombre deplantes. lis paroissent contenir , a leur origine , des glandes , lesquelles filtrent des liqueurs particulieres. Deyeux a prouve que ceux du lois chiche filtrent I'acide oxalique , lequel iln'a pas retrouve dans e reste de la plante. La glaciale , le rossolis ont des poils qui filtrent aussi des liqueurs particulieres. Boucher a fait voir que les plantes glauques sont enduites d'une Tome F.^IYOS^ any. V I 4^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE liqueur particiiliere , qui les empoche d'etre mouillees. Sans cloute celie liqueur est Jiltree par ties glandes particulieres. Les parties de la fructilicatiou paroissent, cliez le vegetal comme cliez I'aniinal , etre le principal objet que la nature a eu en vue. Linrie a dit ( gcmm. arb. ) « que le calice etoit le piolongeim'nt de » recorce; les petales le prolongement dii liljer ; les antlieres le » prolongement du bois ; le pistille et le germe le prolongement » de la subjtanoe meduUaire ». Call-: Jit e.v corrice , corolla ex llhrQ , stamina ex snbstancla llgnea , plstllbiin c.v propria substaticia meclitll'cni Hedwig croit que cette opinion n'est pas fondee. Springel , qui a donne , sur la construction des corollies , iin ouvrage aussi interessant que celui de Gartner sur les fruits, sou- tientquelaplupart des plaiitessont fecondeespar lemoyen desinsec- tes ,■ et que le pollen d'urie plante ne feconde point le germe qui est le plus voisin. Mais rinsecte , en passant sur I'anthere , se charge du pollen ; allant ensuite vers le stile , ce pollen se detaclie des pattes et du corps de I'iusecte , et penetre jusqu'au stile. L'au- tcur s'est assure que chez la plupart des plantes, les antheres sont plao^es de maniere que le pollen ne sauroit penetrer jusqu'au stile. 11 faut done qu'il y soit porte par una cause etrangere. Ces suppositions de Springel doivent etre restreintes k des limites assez etroites. On sait que dans les plantes dioiques , une plante femelle se trouvant a vuie grande distance du male , quelquefois i» plusieurs lieues , a ete fecondee, parce r[uele pollen du male est arrive jusqu'a elle , transporte par les vents. A plus forte raison cela doit-il avoir lieu dans les fleurs hermaphrodites, et dans les mohbi'ques. De la Phisioiogie Vegetal e. . On s'occupe beaucoup de cette phisiologie , qui eclairera celle des animaux. Irrltahllite. Plusieurs experiences nouvelles prouvent que les plantes ont , comme les animaux , une veritable irritabilite. Humboldt a fait voir que des graines mises dans I'acide niuria- tique oxigene , et ensuite mises en terre , germoient tres-promp- tement. II est meme parvenu , par ce moyen , a faire germer des graines qui avoient cent vingt ans , celles de I'herbier de Boccone,' lesquelles on ne pouvoit faire germer par aucune autre moyen. L'oxide de manganese produit le jiieme effec , par la meme raison. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 43 Differcns sels , tels que rammoniaque , sont aussi des preuves de riiritabilite dcs plantes. Si on met dans dc I'eau pjure et cdloree par line infusion vrgetale, une jeune tige , on voit I'eau y nionter a une certaine hauteur. Mais si dans un vaisseau , h cote, on ajoute un peu d'ammoniaquc k la pareiile eau , et qu'on y mette une autre tige semblable , on verra I'eau y monter a une hauteur double que dans la premiere experienee. Ces faits supposent que Tenergie des forces vitales est excitee par ces diverses substances. Les plantes ont done une veritable irriiahUiLe on excitabiliCe ^ dont les excitemens sont I'oxjqene, le- substance.', qui coniiennent I'oxigene , les substances salines , la clialeur , Fcleclricite. Van Marum avojt deja prouve (dans re Journal, 1792), que les j^lantes avoient une veritable irritabilite , et que leurs vais- seau.x se contractoient et se dilatoient alternativement par une espece de sistole et de diastole. G'est ce qui produit les mouvemens vitaux. Humboldt a adopte cette opinion , quil appuie par une mul- titude d'experienccs. II regarde les parois des differens vaisseaux que nous venons de decrire comme composes de fibres circu- laires musculaires , tres -irritables ; peut- etre meme contiennent- elles des nerfs. Cependant il n'ose I'assurer. II faut done chercher la cause de ces mouvemens , on dans des causes externes , ou dans des causes internes. II distingue ensuite les mouvemens particuliers des plantes en trois classes. Les uns , tels que ceux de Vhcdisarinn gyrans , ne peuvent etre suspendus par aucuns stimulus , mais ils s'arretent souvent d'eux-memes a midi. Les autres naissent et sont provoqu(!;3 par un stimulus. Tels sont les mouvemens des organes sexuels d'un grand nombre de plantes lors de la fecondation , comme I'a prouve Desfontaines. Les troiPiemes sont provoques par des stimulus exterieurs. Tels sont ceux de la sensilive, de la dionee Tons ces mouvemens , ainsi que les mouvemens vitaux , sont produits par I'irritabilite des solides, et cette irritabiliilite est exci- tee , soit par des causes internes, suit par des causes externes. 1°. Les causes externes sont les stimulus dont nous avons parle. L'oxigene , les acides , les sels , la clialeur Mais si ces stimulus ont trop de force , ils detruisent Tirritabilite. G'est ce que font a , ■ une trop grande chaleur ; l> , une trop forte electricite ; c , des acides Fa 44 JOU'RNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE trop concentres ; d , des oxides meialliques trop actifs , tels que celiii d'arsenic; e , de I'opiinn. , 2'. Une partie de ces memes stimulus pent agir a rinteriour, et ce sont les causes internes de Tirritabilite de la fibre vegetale , et qui la font contracter. Les liqueurs des plantes ont beaucoup de rapport avec les li- queurs des animaux a sang blanc. Ceriains licliens , tels que la morille , donnent les memes produits cliiniiques que les animaux. Elles peiivent done produire sur la fibre vegetale la meme irri- tabilite que les liqueurs animales produisent sur la fibre animale. ■ Nourritures. Les plantes prennent de la nourriture comme les animaux. Elles ont egalemont deux manieres de se nourrir. a , elles prennent des alimens par les racines , comme les animaux par la bouche; h ,ipar absorbtion. Les principes qui nourrissent les plantes sont ; a , I'eau ; h , I'oxi- gene; c , I'hidrogene ; d , I'azote ; e , le carbone; /', le soufre ; g , le phospbore ; /« , la terre ; i , des parties metalliques et les alkalis. L'eau leur est fournie, soit par les racines , soit par I'absorbtion. L'oxigene est apporte avec la seve , et il s'en introduit par le& feuilles. L'liidrogene est fourni par les engrais. La decomposition de l'eau fournit egalement de I'hidrogene et de l'oxigene. L'azote est fourni par I'air atniospherique. Le carbone est fourni par les engrais , et par la decomposition de I'acide carbonique. Les soufres , les pliosphores , les terres , les parties metalliques , les alkalis , sent fournies par les terres , suivant les uns , et suivans les autres , ils sont des produits des forces vegetales Humboldt pense que l'eau est plutot decompoosee dans i'hu- mus , oil se trouve la plante, que dans la plante elle-meme. Toutes ces differentes substances se combinent par Taction des forces vitales , et formenf les divers produits , tels qu'acides , huiles , parties colorantes , . . . qui se trouvent chez les vegetaux. La plus grande partie des animaux prend sa nourriture par la bouche , soit en mangeant , soit par succion ; tels sont les in- sectes qui ont une trompe. La plus grande partie des plantes se nourrit par la succion que font les racines. Les autres se nourrissent par I'absorbtion des feuilles. Quelques animaux peuvent se nourrir par absorbtion. On tient des serpents , par exemple , enfermes des mois entiers dans des tonneaux. Les polypes qu'on a coupes par morceaux , ne sauroien* plus se nourrir que par absorbtion. LT D'H ISTOIRE NATURELLE. 4J II y a egalement des plantes , telles que des lichens , qui no se nourrissent que par absorbtion. Excretions. Les animaux se debarrassent par des excretions du snrperflu "de leurs alimens. Les plantes en font autant. Respiration. Les plantes respirent de loxigene ainsi que les animaux. C'est Priestley qui le premier a demontre celte verite, entrevue par Bonnet. Ingenhousz, Senebier , Tont mis hors de tout doute. Saussure fils a prouve que les plantes, ainsi que les animaux exposes au soleil , expirent constammeni; de I'acide carboninue ; inais elles I'absorbent promptement pour le decomposer. L'acide carbonique paroit meme leur etre nece.'^saire , car elles perissent si on les place sur I'eau de chaux qui absorbe cet acide. Mais les plantes qui ne sont pas au soleil, expirent de I'azote et de l'acide carbonique. Les corolles des plantes n'expirent que de I'azote et de Tacide carbonique, et elles retiennent I'oxigene. II faut done en regarder les couleurs vives et variees comme celles des oxides metalliques, qui donnent toutes les couleurs les plus varices , suivant qu'elles contiennent plus ou moins d'oxigene. Les feuilles et les tiges , au contraire , sont vertes , paree qu'elles expirent I'oxigene , et qu'elles conservent dii carbone et de I'hi- drogene , qui forment la couleur verte. II est quelques plantes , telles que les champignons , qui expirent de I'hidrogene. Humboldt croit qu'on a ete trop loin , lorsqu'on a dit que les plantes purifioient beaucoup I'air de I'atmosphere. 11 pense que c'est plutot parce qu'elles decomposent I'eau , dont elles versent I'oxi- gene dans I'atmosphere. Etiolement. L'etiolement des plantes paroit un effet de leur respiration. Plusieurs pensent C|ue la coideur des plantes provient de ce que la lumiere se combinant reelleraent dans les plantes , augmente I'energie de leurs forces vitales , et y forme par con- sequent, une plus grande quantite de parties colorantes. C'est en- core I'opinion de Tingry. Mais si la plante ne recoit pas les rayons solaires , la lumiere ne s'y combinant plus , il y a etiolement ; la plante languit et devient blanche, Humboldt explique l'etiolement d'une autre maniere. II pense qu'il est du a une surabondance d'oxigene retenu dans la plante , iequella blanchit, comme le fait l'acide muriatique oxigene. Les> 4^ JOrPiNAL DE PHYSIQUE, DE CHIIMIE ]>lantes exposees i la lumiere, expirent de I'oxigene ; exposees k I'oinbre , tiles expirent de I'azote , de I'acide carboaique et peu d'oxigene. 11 demeure done dans la plante beaucoup d'oxigene qui lu blaiichit ; et ce qui le prouve , c'est que si una plante a rombie se trouve dans vine nioffctc qui ne contienne point , on peu d'oxi- gene , elie ne blanehira pas , parce que ceite molfcte la soliicite ^i \ LTser d(? I'oxigene , qui se conibinera avec ces bases acidifiables , lazote , I'iiidrogene. 11 arrive menie qu'une portion de I'oxigene se rnelangeant avee FJiidrogene, la moffete devient fulminante , si on en approche une bougie allumee. La lumiere, dans cette liypothese, n'agit done que comme sti- mulus en soliicitant ractiou des forces vitales , et elle ne se com- Ijjne point elle-meme ; la lumiere des lampes produit des effets analogues a ceux de la lumiere solaire. Sojjiineil. Le sommeil des plantesest encore nne de leurs fonc- lions analogues 'a une des fonctions des animaux. La plupart des plantes paroissent dormir I'hiver , comme certains animaux dor- ment. Mais on appelle plus particulierementio/«7?^e^7 des plaiites, cette espece d'engourdisscment de certaines plantes qui leur fajt fermer leurs feuilles pendant la nuit , telles que les accacias , les pseudo-accacia , ou leurs corolles , comme les convolvulus , le jalap. Himiboldt croit que ce sommeil h beaucoup de rapport avec la respiration. II est des plantes qui dans leur jeunesse n'ont point la force d'expirer de I'oxigene, telles que la broivuea graiidiceps. lilies demeurent toujours fermees ; mais aussitut que les forces vitales sont assez considerables pour expirer de I'oxigene , elle sort de son sommeil, et les feuilles s'ouvrent dans le jour, et de rouge qu'elles etoient , elles verdissent. G'est dans le jeu de toutes ces fonctions des plantes que nous trouverons les causes internes de leur irritabilite , car I'oxigene s'y combine avec differentes bases acidifiables ; i". le carbone , pour former I'acide carbonique ; a", avec le carbone et I'hidro- gene , pour fonner tous les acides vegetaux ; 3 . avec fhidrogene , pour former de I'eau. . . . L'hidrogene se combine , i°. avec le carbone , pour former les huiles , le principe colorant. ... 2°. Avec I'azote , pour former les alkalis. L'oxigene est fourni, i". par les trachees des vaisseaux aeriens; 9P par la seve ; ?)°. par la decomposition de I'eau ou des acides Les bases acidiliables sont dans la fibre vegetale. 11 doit done arriver , a la fibre vegetale , la ineme chose qu'ci la ET D'HISTO IRE NATUR ELLE. ^j fil)re atiiinale. Suiiiiosoiis-la egalement forinee iles molecules o o o o o clans I'iiistant f[iie I'oxigene se comljirie avec f|viel(iues - uiies cle ces molectiles , la fibre est racourcie , et par coiiSL'fjuent , elle se contracte. Elle se relaclie riristant suivant , pour recominencor a. se contractcr uii troisieine moment. II est vrai qu'on ne connoit point cliez les plantes tie llulde analogue au galvanicpie qui se trouve chez les aniniaux pour favoriser ces coniijinaisons. Mais il est vraisemblablc qu'elles en coutiennent rpielques-iins , etpeut-etre le fluide galvanique lui- meme est-il une modilication d'un autre lluide qui se trouve chez les vegetaux et cliez les animaux. DE LA CIIALEUR DES VeCETADX ET DES AxiiMAUX. Tous les faits que nous venons de rapporter notjs donnent de nouveaux- eclaircissemens sur la chaleur des corps organises. On avoit soutenu , contre mon opinion , que la chaleur des animaux venoit uni(piement du calorit[ue degage de Toxi- gene dans la respiration ; mais ilest bien reconnn aujourd'liui , comme je I'avois dit , qu'il y a plusieurs autres causes de cette chaleur. 1°. Celle qui se degage de I'oxigene dans I'acte de la respi- ration. 2°. Celle qui se degage de la fermentation de toutes les liqueurs animales , parce qu'il y a decomposition et reconiposition conti- uuelles.Or, dans toutes ces operations, il y adegageuiontdecalo- rique , et tpielquelois absorbtion. 3". La forraalion d'un grand noinljre de substances, tels que les acides animaux , le ]3hosphorique , les liuiles , ramnioniaque , la soude , I'eau Tous ces nouveaux composes se fonnent par la combinaison de I'oxigene , de I'hldrogene , de i 'azote , du carlione , du phosphore. ... Or , dans toutes ces conibinaisons , il y a une cpianlite plus on nioins considerable de calorique , de- gage de ces dii'l'erentes substances. 4". Le mouvement musculaire prodult toujours de la chaleur, ainsi que je I'ai dit : il est presque toujours accompagne de nou- velles combinaisons , savoir , de la combinaison de I'oxigene avec I'hidrogene , le carbone ce (jui produit la sueur On expliquera de meme la chaleur des vegetiux. 1°. lis aspirent de i'oxigene : et cet oxigene se combine avec dif'ferentes substances , I'hidrogene , I'azote , le carbone pour former tous les produits vegetaux. II y a done une grande q^uantite de calorique degage. a°. Les vegetaux contiennent aussi de I'hidrogene , soit 48 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE qu'ils ralciit ahsorte , soit qu'il proviennc do la decomposition de I'eau. Orcet hidro^ene se coniljinesans cesse ;a:,avecroxigene pour Ibrnicr de I'eau; h , avec le carljone pour f'oiiner les hiiiles ; c ,\\ se coinliine avec le carbone et avec I'oxigene poiu- former des acides vegetaux. o". Les vegctaux contiennent aussi de I'azote qui se combine avec riiidrogenc pour I'orraer les alcalis. . . . Toutcs knirs liqueurs sent dans un etat continuel de fermen- tation comme chez les aiiiniaux. Toutes ces comljinaisons doiventetreaccompagneesde produc- tions de calori(pie. Pour concevoir plus facilement la quantlte de caloriqtie qui doit se degiger dans toutes ces combinaisons des diflerens prin- cijies des etres organises , rappelons des faits bien connns. Un canon de vingt -quatre, charge de liuit livres de poudre , cliasse le boulet de 24 livres de pesanteur avec una Vitesse de douze \ treize cents pieds par secondes, et telles qu'il parcour- roit huit lieues perperdiculairement sans la resistance de I'air. Dans le moment de I'explosion , qui ii'estpasle ~ d'une seconde, le canon est ecliaulfe d'une maniere tres-sensible. Or, qu'on cal- cule la quantlte de calorique qu'il faut pour echauff'er cette masse. On la rempliroit de melal fondu , on I'exposerolt au bra- sier le plus ardent qu'ellene.seroit pas ecliauffee au meme point en aussi peu de temps. Cette clialeur iui est done communiquee par la masse immense de calorique qui se degage de la poudre; savoir: de I'oxigene du nitre , du charljon , da souire , de 1 liidrogene contenu dans le charbon ; pent - etrc de celui degage de Ja decomposition de I'eau. Les memes combinaisons out lieu sans cesse dans les corps organises. Qu'on juge par-la de la quantite de calorique qu'ils doivent en recevoir, et dont ils doivent ^tre pen^tres. Mais le calorique paroit produire , dans les corps organises, d'autres elf'ets qui meritent toute 1' attention du philosophe. Le degagement du calorique , dans la poudre a canon , est accompagne d'une violente explosion, produite par la combustion de I'hidrogeiie, de I'oxigene , du carbone La meme chose a lieu dans les corps organises. II y a reelle- ment comlnnaisoii d'oxigenc..., d'hidrogene, d'azote , de car- bone, de souf're Pourrolt-on dire que cette combinaisony est aussi accompagnee d' explosion , ct que cette explosion prodiiit le mouvement niusculaiie ? Un ET D'HIS TOIRE NATU RELLF. 49 Un honiine est fatigue et epiiise ; un malade est accable dans son lit, ils sont liors d'etat de faire aucun rnouvement : le feu se metil a leur appartement , ils recoirvrent assez de force pour se sawver. Dans tons ccs cas, le sentiment snbit et inopine est si vif, qu'il cause un envoi prompt de I'esprit moteur ; que ce soit le fluide galvanique ou tout autre il se forme des coinbinaisons nouvelles ; il y a grand degagement de calorique , accorapagne d'explosion : ce qui raniine les forces et produit ces mnuvemeiis violens et inattendus, une sueur abondaiite Mais il s'en- sult un tel epuiseraent, que quelques momens apres le malade toinbe le plus souvent en foiblesse et perd connoissance. On volt que ces gi'ands degagetnens de caloricjue doiventinfluer Leaucoup sur I'irritabilite et 1 excitabilite , si meme ils n'en sont pas la cause principale. I.a chaleur augmente la capacite des metaux pour conduire le fluide gal vanique. Ilendoitetre de meme dans les corps organises. Ainsi , en supposant qu'il soit le principe moteur , on voit toute I'influence que doit avoir le calorique. Nous avons deji vu qu'une parrie irritable, telle que le cceur d'une grenouille , qui a cessee de battre, est ranimeepar la seule chaleur. Lorsque I'animal est tres-fatigue et qu'il s'approche du feu , la chaleur le delasse. La chaleur appaise et modere , si elle re calme les grandes douleurs, telles qvxe les maux de dents, les coliques Mais examinoiis plus particulierement les forces motriccs de* C'tres organises. Les grands anlmaux,tels queceuxa sang ronge, ont des forces motrices tres- actives : un cceur musculeux , des arteres et des veines, impriment un rnouvement general au sang et a toutes les liqueurs. Le rnouvement de la respiration , celui des intestins , et enfin le rnouvement general des muscles cooperent avec celui du coeur. BoerliaavG rapporte une experience qui n'cst pent - etr3 pas assez connue. Ce celebre physiclen remplit d'eau tiede I'estomac d'un chicn nouvellement mort. II pressa doucenient les visceres ; I'eau lutaljsorbee par les veines, passa dans la grande veins gastrl- que, de-la dans la veine porte et traversa le foie, elle arriva a la veine cave , a I'oreillette gauche et an ventricule droit du cceur. II lia la veine cave pres du cceur, il y lit une petite inci- sion ;il en sortit d'aljord une eau un peu teinte, ensuife de I'eau Tome V. NIVOSE an-j. G - •5o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE pure. En continuant d'introduire de I'eau dans I'estomac et de le coinpruner, il y eut assez d'eau absorbee poiir faire palir tous les visceres du bas-veiitre. . . On sent que ce qu'operoit icl la pression , le mouvement du diaphragme par la respiration, lemouvement poriestliquedes intes- tliis,celnldes muscles dubas-ventre... en font autant dans Tanimal vivant , et aiden t slngidierement la circtdation de toutes les licpieurs. Chez les aniniaux a sang blanc , il n'y a que les nioiluscjues qui aient un coRur et un systeme de vaisseaux saiiouins bien carac- terises. C'est une decouverte de Cuvier. Les niemes causes y doivent done faire circuler les liqueurs. Mais dans les autres animaux de cette classe , on ne peut pas assurer qu'ils aient de coeur. On ayoit cru voir cliez eixs. , le long du dos , un gros vaisseau que Ton regardoit comme une artere faisant fonction de coeur ; inais c'est une simple conjecture. Cuvier ne regarde point ces vaisseaux , cliez les insectes , m comme un coeur , ni comme une artere ; il pense que I'organi- sation de ces animaux est absolument differente de celle des autres especes. . L'insecte prend ses allmens par la bouche , soit qu'il y ait vraie mastication, ou seulement succion : ils arrivent dans i'estomac et les intestins. Le chime en est absorbe par un systeme quelconque. Les intestins contiennent un ties-grand norabre de caecum ou appendices coeciformes, dans lesquels les alimens sejouriient, ce qui favorise I'absorbtion du chime. Le foie est tres-volumineux et contient beaucoup de vaisseaux d^lies. Le cerveau est divise en plusieurs parties ; ou plutot ce sont des ganglions qui tiennent lieu de cerveau. Le systeme nerveux part de ces ganglions, pour se disti'ibuer dans tout le corps. On distingue les parties de la generation dont les vaisseaux sont tres-delies. On n'appercoit point de glandes , proprement elites , cliez les insectes. On n'y decouvre ni cosur , ni vaisseaux sangulns. Mais , ce qu'on distingue plus particulierement chez l'insecte , ce sont les trachecs ou vaisseaux aeriens, f[ui sont tres-inultiplies et tres-considerables. lis font la plus grande partie dvi corps de ranimal. C'est dans ces trachees que I'auteur crolt trouver particuliere- ment le principe actif , ou la cause de la circtdation des liqueurs thez l'insecte. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 5i II pense que le cliinie est absorbe par des vaisseaux particu- liers (]iii accompagnent les tracliees. L'action de I'alr cjvii doit ej)roiiver un mouvement continuel de dilatation et de coiidcu- sation , sollicile le nioiiveinent de ce chime. On pent ajouter cpie la portion de I'oxigene de cet air se com- bine avec dilFerentes bases acidifiables , pour former les dif'ferens principes de I'animal. Cos combinaisons produisent de I'irrita- bilite dans les vaisseaux aeriens. lis se contracteront et dilatcront alteniativement , ce qui donnera du mouvement a toutes les liqueurs. Les vers jjaroissseiit avoir une organisation semblable a celle des insectes. L'organisation des plantcs paroit se rapjiroclier beaucoup de celle que nous venoiis de voir cliez les insectes. Elles n'ont, comme eux, aucun organe qiu reponde au cceur *les grands animaux. Mais elles ont, comme eux, des tracliees qui paroissent repan- dues dans toute la plante. Les vaisseaux seveux accompagnent par - tout les vaisseaux aeriens ou tracliees , comuie les vaisseaux cliimiferes chez rinsecte. Neanmoins il y aune difference entre les trachees des vcgetaux et celles des insectes ; elles sont placees , clicz le vegetal , longi- tudinalement , au lieu que cliez rinsecte elles le sont transver- salement. II est encore un autre point commun entre les plantes et quel- ques. insectes. Les plantes ne paroissent jioint avoir de centre d'unite d'ac- tion. Cnaque partie de la plante peutdeveiiir une plante parfaite par la grelfe, ou par la Ijouture , ou par provins. Plusieurs insectes , tels que les polypes , ne paroissent e<^ale-. ment pas avoir de centre d'action. On pent les couper en ])lu- sieurs luorceaux , et chaque partie devient un animal complet. Dauhenton regarde les champignons comme des especes inter- mediaires enlre i'animal et le vegetal On sait que Humboldt a retire , de quelques champignons ,, la meme matiere grasse qu'on retire des substances aniniaies. Tel est a-peu-pies le precis de nos connoissances actuelles sur l'organisation des vegetaux et des animaux. Onvoittout ce qu'ellcs laissent a desirer. Gx Si JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE MEDECINE. La nomelle maniei-e d'envisager les principes des corps orga- nises et leurs fonctioiis vitales , devoit faire iiaitre de novivelles Tues siir la cause des maladies, et siir la methodc de les traitor. Aussi la theorie des maladies a-t-elle cliangee eiitierement. Le corps Iminain ( aiiisi <|ne celiu des autres animaux ) n'etant compose que d'oxigene , d'hidrogene , d' azote , de carbone , de pliosphore , de fluide galvanique et la sante iie consistant mxe dans le juste equilibre de ces diverses substances , il y aura done lesion , si une ovi plusieurs de ces substances se trouvent en trop grande quantite ; si une ou plusieurs se trouvent en trop petite quantite. C'est a ces principes qu'on rapporte toutes les maladies et leurs traitemens. Baumes a propose de notivelles vues generales sur la mede- cine, d'apres ces id(^es. II y a, dit-il, cinq substances principales tjiii se trouvent dans r«5conomie animale. Ce sera leur exces en plus , ou leur defaut en mains , qui seront les causes de toutes les maladies. 1^''''. Classe. l^es ox'rsSndses. Ce sont les maladies oil I'oxio-ene se trouve en plus ou eu mouis. 2'". Classe. Les calorindses. Ce sont les maladies ou le calo- rique se trouve en plus ou en moins. 3«. Classe. Les hidrogeneses. Ce sont les maladies ou I'Mdro- £ene se trouve en plus ou en moins. 4^ . Classe. Les azoteneses. Ce sont les maladies oil I'azote se trouve en plus ou en moins. 5<^. Classe. Les phosphoreneses. Ce sont les maladies oii le phosphore se trouve en plus oix en moins. II auroit encore pu aj outer, d'apres ces principes : Les carbonenkses. Les maladies oil le carbone est en trop grande ou en trop petite quantite. Les galvaneneses. Les maladies oii le fluide galvanique est en trop grande ou en trop petite quantite. Les sulfuren^ses , les calconkses, les magnen^ses Les maladies oil il se tfouve trop ou trop peu de soulre, de terre (jalcaire , de magnesle, de ler, d'ammoniaque. . . . Girtanner , regardant I'oxigene comme le principe de I'irri- tabilite , a ciii que ])lusleurs maladies venoient d'un defaut d'oxigene. 11 a avance qu'on pouri'oit , par exemple, traiter les uialadies veneriennes par I'oxigene. II supposoit que le mezxure ET D'HISTOIRE NATURELLE. 53 n'aglssolt qii'en s'oxidant , et que c'etoit en lalssant degager son oxigene qii'il guerissoit. C'est d'ou venoit I'acrion si vive du Bublime corrosii' , ou muriate suroxigene du mercure. L'acide nitrique (et les autrcs acides ) qu'oiit employe Scott E-ollo , Ciiiskrank n'agissent qu'en founiissaiit de I'oxi- gene par leur decomposition. Une pommade faite avec la graisse et l'acide nitrique , guerit ces maladies ; parce que l'acide , en se decomposant , fournit de I'oxigene. Des bains , ou on a fait dissoudre du sublime , out paru pro- duii'e de bons efYets. Beddoes , d'apres ces notions , a recherche les principes qui f)Ouvoient se trouver trop abondamment dans telles ou telles ma- adies; il pense , par exemple , que I'oxigene est trop abondant chez les phtisiques , parce que le sang est trop floride II fait, en consequence , respirer a ces malades , un air qui con- tient moins d'oxigene que I'air atraospherique , mais plus d'azote et un pen d'hidrogene. II a observe qu'en melant beaucoup d'oxigene a I'air atmos- pheri(|iie qu'on respire , les forces \itales sont augmentees iunsi que la chaleur , le sang devlent plus floride. De I'eau, impregnee d'oxigene , produit de tres-bons effets dans les maladies astemques , ou la fibre est relacliee , comma le cachexies , les chloroses , les paralysies. . . , L'hidrogene , mele au meme air atmospherique , calme, et meme assoupit. I^es eaux suLfiireuses agissentde mdme par l'hidrogene qu'elles contieniient. Monch donnoit le carbone dans les fievres putrides ; c'est que sans doute , il y a trop d'azote ou d'hidrogene. Coindet a donne un Memoire sur I'obesite , ou un trop grand embonpoint. II croit que cette surabondance de graisse est pro- duite par un exces d'hidrogene et de carbone. Le sang est noi- ratre dans ces personnes. Pour gueiir cette maladie, iffaut don- ner des remedes qui puissent fournir de I'oxigene , tels que les acides vegetaux , les legumes Le scorbut est du a un defaut d'oxigene : le sang est noiratre Sar la surabondance de carbone , d'hidrogene II faut one donner des acides vegetaux , qui , en se decomposant dans I'economie animale , fournissent de I'oxigene Toutes les maladies putrides sont egaiement dues au defaut d'oxigene 54 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Lafievre jaime, qui fait taut de ravages en Araerique , est uno fievre nialigne tie inauvais genre. Dans les maladies inflammatoircs , il y a, an contraire ,exces d'oxigenc C'est d'apres ces principes qu'on calcide I'effet de tons les re- medes , svuvant qu'ils augmentent I'irritabiiite de laflbre ,ou qu'ils la diniinuent ; car ils rentrent dans une des classes suivantes: 1°. les acides ; 2.°. les alcalis; 3°. les sels neiitres ; 4°- les muci- lages ; 5". les luiiles donees ; 6°. les huiles acres on essentielles ; 7". ralcool ; 8''. les sulfures ; 9". les oxides metalliques ; 10°. les difl'erens gaz Nous a^ ons vu les effets que produisent ces diverses substances sur les nerf's mis a nud , on snr le cosur de la grenouille. On suppose qu'ils agissent de meme dans le corps de I'animal vivant. Les oxides metalliques , les acides vegetaux agissent par I'oxigene qu'ils Iburnissent. Les alcalis sont aussi stimulans. Les sels neutres sont egalement stimulans. L'alcool , les huiles acres sont tres-ii-ritans. Les huiles donees , les mucilages , les gelees animales. . . . ; sont caimans , parce qu'ils fournissent de I'azote , de I'hidro- gene , du carbone qui absorbent I'oxigene surabondant , en se combinant avec lui. Les suli'ures , les hidrogenes sulfures , agissent par I'hidrogene qu'ils fournissent , et cet hidrogene est astenique ou deprimant, Aussi sont-ils caimans Michaclis est parvenu a. gu^rir les convulsions des enfans par les alcalis donnes a une certaine quantite. Ils agissent dans ces cas comnie astdniques , en produisant une ddbilitd indirecte s c'est-a-dire qu'ils augmentent trop letoii de la fibre , et la privent ainsi de son excitabiTite. Car, lorsqtuls sont pris en petite quantite , ils sont sidniques. Le vin , l'alcool , I'opium produisent les memes effets. Pris en petite quantite , ils sont stenic[ues , mais ils deviennent asteiiiques lorsque I'on en prend une trop grande quantite. Les acides vegetaux , tels que le vinaigre, la limonade . . . pris en jietite quantite , sont steniques , parcc qu'en se decoraposant jls fournissent de I'oxigene. Mais les acides qui se forment dans les premieres voies ne pa^ roissent pas se decomposer avec la meme iacilite j c'est pourquoi ils sont asteniques ou deprimans. Le fiiiide seminal est stenique et donne beaucoup de force ^ ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 55 la fibre. On salt combien les animanx mntiles ont la filjrc lache. Peiit-etre cette (|tialite stenicjue est-elle due a I'alcali do. la sonde qu'ou salt etre contemi dans ce flnide : peut-etre aglt - il aussi comme les liuiles volatiles ct I'alcool. L'ecoiilement des larnies , dans les ^randes doulenrs , soidage beauconp et dimliiue le spasme qui se fait ressentir particidiex-t- ment dans le plexus du lias-ventre , et dans ceux de I'viterus elles contiennent aussi du natron. Pent - ^tre agissent - elles en evacuant une partie de ce natron qui stimule trop les nerls. . . Telles sont les nouvelles vues qu'on projiose actuelleinent sur I'art de guerir. On sent f(ue le praticien ne sauroit etre trop circonspect en voulant regler sa pratique d'apres ces notions. Mais il ne doit pas les negliger. Pinela donne une nouvelle distribution methodique des mala- dies. II a suivi la niethode des naturalistes. DE LA MINERALOGIE. La mineralo£iie a fidt de brillantes decouvertes cette annoe. 1°. Le tellurluin ou tellure. Muller de Reichensteiii , dans I'analyse de la mine de Nagyag , qui contient de I'or , avoitdit y avoir reconnu une nouvelle sul)s- tance metallique ; mais il ne donna pas de suite u cette expe- rience qui demeura dans I'oubli. Klaproth vient de la repeter , et il I'a trouvee parfaitment exacte. II a retire une substance metallique a laquelle il a donne le nom de tellariuni. Sa couleur est d'lm blanc d'etain , approchant du plomb. 11 est aigre , cassant. Sa pesanteur specilique est 6.ii5. La mine d'or gris de Nagyag contient. Tellariuni o,33. Plomlj 8,.5o. Or ; ; . ; . O,o8.5. Soufre o,o7.5. Argent ct cuivre. oo.i. Le tellurium est la vingt-nnieme substance metallique connUe. On a, 1°. le platine ; 2". i'or ; 3". I'argent ; \°. le mercure ; 5°. le cuivre ; 60. le I'er ; 7°. le plomb; 8". i'etain ; 9°. le zinc; 10. le bismuth ; ii". I'arsenic ; 12". I'antimoine ; iS". le cobalt; i4". le nickel; 15°. le manganese; 16°. le molydene; 17°. le tunstene ; 18°. I'urane ; irjo. Jq titane ; 20°. le chrome; 21". le telluriuin. 56 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 2°. La glucine. Vaiiqtielui , dans I'analyse du beril ou aigiiemarine de Siberie, a reconnu uiie noiivelle terre qui , combiiiee avec les acides , donne des sels doiix et siicres. Cette terre est blanche , legere , dissoluble dans les alcalis. Dissoute dans I'acide sulfurique , elle cristallise seule , au lieu que ralumine ne cristallise pas sans une addition de potasse. . . Vauquelln a retire du beril ou aiguemarine , Silice 0.64. Alumine 0.30. Glucine o.i5. Fer oxide 0.01. L'eraeraude lui a donne , Silice 64.60. Alumine \^. Glucine , . . . i3. Cliaux %.S6. Chrome oxide 3.5o. Humidite 2. L'eraeraude cristallise d'ailleurs comme le beril. Haiiy a rd- connu qu'elles avoient les memes lois de decroisseraent. On doit done regarder ces deux pierres comme des varietcs ds la m6me espece. La glucine est la huitieme terre connue; on a i". la calcaire ; a", la magnesie; 3°. I'alumine ; i°. la silice ; 5". la baryte j 6". la circonienne ; 7°. la strontiane ; 8°. la glucine, 3°. Le chrome. Vauquelin a etendu ses experiences sur le chrome ; il a fait voir quil se trouvoit dans un grand nombre de min^raux , et qu'il les coloroit taiitot en rouge , tantot en.verd. Nous venons de voir qu'il I'a retiree de I'emeraude. Rubls. Le vrai rubis , celui qui cristallise en octaedre , analysi par Vauquelin, lui a donne du chrome. II en a retire , Alumine. . . . , , . 0,94.8. Chrome 0,0,4.7. Smaragdlne , ou smaragdite , a donne k Vauquelin huit ccn- tlemes de chrome. Zeolites. La Mineralogie est obligee aujourd'hnl de faire plu- sieurs sous-divisions de ce qu'on a appele jusqu'ici zdolite. Zeolite , proprement dite , est celle de Faroe , qui cristallise en rayons divergens. Ces rayons , examines avec soin , sont des petits prismes rectriangulaires tres - allonges , termines par une pyramid* ET D'HISTOIRE NATURELLE, 5/ jjyramlde tetraedre k faces triangulaires , dont les deux angles iateraux sont isoceles. Vaiiquelin a retire de cette zeolite , Silice 50.24. Aluiuine 29.00. Chaux . 9.46. Eau . 10. Stilbite est la zeolite nacree. Sa durete est moins grande que ceUe de-la zeolite de Ferroe" qui la raie. Sa dureto est 2,5oo. EUe n'est pas pyro-electriquc , comme celle de Ferroe. EUe ne icut pas gelee avec les acides. . . Vauquelin a retire de la stilbite , Silice 5-2.. Alumine 17.5. Chaux. 9. Eau 18.5. Perte. .-.....-.. 3. Analcime. On appelle analcime la zeolite qu'atrouve Dolomieit dans les laves de I'Etna. C'est un cube dont chacun des huit angles est tronque par trois facettes triangulaires qui naissent sur les i'aces du cube. II y en a une seconde variete, nommee trapezo'idale , dont la cristailisatlon est comme cellc du leucite,, a 34 facettes trupe- zo'idales. C'est la precedente dont les vingt - quatre faces trian- guhures ont fait disparoitre les faces du cube. Lepidolite. On I'avoit tou jours regardee. comme une especo tie zeolite. Klaprotli en a retire , Silice 54.50. Alumine » 38.25. Potasse 4- Oxide de fer et de manganese. . 0.75. Chlorite. La chlorite verte pulverulente a donne aVauquelin, Silice c 26. Alumine iS.5o. Magnesie 8. Oxide de fer i^i. Muriate ds souJe ou de potasse. 2. Eau 2. Cette analyse diftere de celles qu'ont donne les autres cliimistes| Tome F. NIV0SEa«7. ■ H h ,58 JOURNAL DE.PHYSIQVE, DE CHIMIE mais Vauqueliii regai'de cette terre cojuiue un suiij^)la uwilaiige , qui par coiise(|iicjit peut yaiuer. P>yroj:enedc Haiiy, on vqlcanite tie Lamotlierie. Ci tte substance' paroissoit jjarticuMere aux.vylcuiis ; juais Doloiuieu I'a relroiivee aux Pyrenees. ^ . . Vauiiuelin. a a.nalyse cehu dps volcans, qui lui a donne, Silice. '. ....... 52,. Cliaux '. • • 3. Alumine 3.33, Magnesie lo. Oxicle de f'er. 14.66. . Oxide, deiamiigf)4ies,e. 2. Sulfate de strontiane. Mathieu de Nauci tronva cette subs- tance cristallisee confnscment en prisxnes eoinprimes; ii la prit potir du sulfate de bai-yte. M"ais Lelievre et Vautjuelhi I'ayant examine , recoimurent que c'etoitde la strontiauc. Vaiiqxiellu en a retire , Srtlfate de strontiane. ...... o.83. Chaux carbonatee. ........ 0.10. Eau. r o.o5. Le sulfate de strontiane est compose Terre strontiane • . . : . 0.54. Acide sulfurique 0.46. Gillet-Laiunont avoit deja vu cette substance depuis long-teflips, il I'a exainiae , et y a vu de petits cristaux semblables i cenx du pretendu spath pesant , ou sulfate de baryte de Sicile. On a exa» tnin^ pour lors ces beaux spatlis , qu'on trouve avec le soufre h Mazzara en Sicile ; et I'analyse afait voir qu'ils etoientvraiiaeii£ du suliate de strontiane. On sait qu'ils se presentent comrae des prismes rliomboi- daux , termines par des sommets diedres. Haiiy en a mesure les angles ; il les a troiive de \oS° , tandis que dans le suliate de baryte ils sont de 101" 2.8'. On cormoissoit , aupres de Paris , une pierre grlsatre , pe- ' sante, qu'on regardolt comrae un suliate de baryte. Vauquelin I'a analyse , et il a reconnu que c'etoit en cffet du sulfate de stron- tiane compoe(^. Grunstein de fferner (1). Cette pierre paroit composee de hornblende verte et de petrosilex. \\) Grun , «n alUmand , Terd. Stein , pierre j piwxt TWU. Sa coiileur est ardmairement verte. Sa durcte est comnie celle de la comcenire. Elle donne I'odeur terreuse en soufflant dessus. Elle fond i!i un degre de chaleur ^-peu-pres egal k celui dcs corneennes. Son verre est noir, comnie rbbsidienne. Forphire h base de n-runsieiti. :' ,.'l' <^ • ■; - > Qudquefois cette pierre contient de "bqaux cristaux de feld- *patli. Elle forme pour lors des porphires a base de grunstein. Aus;its de Werner , des terreins volcaniques. Cest une subs- tance qui se trouvc le plus souveut avec i'olivine dcAWQlcans, , VoicJ les caracleres qui les distin^ent. .; .f'^iOirtoliafiH Oi'.ribo 1'. L'olivine est d'un jaune verdatie,seinblable ^ Is cl?rys<^te dee AUemanus , ou ce que les mineralogistes fran<>ais ont; appeM jus- qviicl peridot. ■uiaan a: , a-tunai rr. L'augite est d'un vert beaucoup plus fonc^ ; et se presehte ordinairement en laiiies. Napione nous a fait connoitre les dernief s' travaux de Klaprotlt 9ur I'analyse d€S sM'bstances mindrales . La pJupart ayoient deji-.ete publiees en franc ais, mais avec quelque inexactitude. PagoditS. Cest la pierre dont les Chinoi's font leurs pagodes ; c'est pourquoi Napione I'appelle pagodite. Klaproth eix a retire d'une espece. -,. ^ S•^• ~ , • - 1 "Tfjiiio'efr; _ r-/ - ; ' ■ .■ Aluinme,, » ..^^,.r* .t,. i ..[P^, ,. 6.36. '"" "f^*^ J ., ,v . Oxide defer. .^.,. . .i- . .■. . 000.75. • ' ■ ^^"'^'"^Eau. . . . i V'[^:^•;■:"^7^if'/f'-do5.5^l■ Une seconde lui a donne , Silice. . . '. 62. Alumine 24. , Ch^ux. .'. . . . .' . . .'..'. . . 1.,"' Oxide de fer 6.5b> Eau. . . .' .'.".. 10. '._ On ne peut voir sans surprise que , cette pierre, qui est si grasse a.ii toucher , n'ait point donue de magnesie. Pierre ponce, KUprotli ^i retire de; la pierre;B*',fl'ce de I^pari, Silice. »,aj,:;ii(..;piL,ii*''St^- • . !77-4?'-!:., Alumine. . «->:.* -^r ^ •■if-'-^'.Aa'.h j-PiZ-^P- o Oxide de fer. ... .■'* •I«^^p;^'?;^Jf^li•^o/ Un peu de maiiganese. .3. -. Ha 66 JOURNAL DE PHYSIQUE, DECHIMIE Terra australe. Klaprotli n reconnii qii'dlc ii'etoit point nne terre particiiliore. C'est un merAiigc dc 66 Je silicc , de :j.8 d'aJu- mine ct de 3 de fer. ,. , .<", ' i x Melanite. "Klapro'th a donne ce nom an grenat noir qui se troiive dans les terreins volcajiiqixes^de Frescati, II est a 36 I'a- cettcs , c'est-a-dire , que c'est ledpdecaedre du grenat ti'onque sur ses vingt-quatre aretes. Sa pesanteurspecifirpie ,. pnse pa^ Chezi , est 36,5oo. Celle du grenat ordinaire: est de /^o a 4?->ooo- . " Sa duret^ me pai"oit un pen nioins graiide que celle du grenat ordiriaire. • • II casse f'acilement. Sa cassure est.'tres-YiSreuse. Ses eclats sent transparens , e,X de COuJeur de bouteille I'oncee. lAu clialuiiieau 11. ;loi)d un peu plus difficilenieiit que le s,renat ordinaire , mais sans aucuiie eouiition. Soil verre est noir. ^ , ; II u'y a que I'analyse qui puisse prononcer si cette, substance est dii'lerente d,u gren^.;,,.,jj, ,,j .,.-jj,jjjjj, , : ■ ,. Gj'enat noir des Pyrenees. 'Picot'-rl/apey rouse m'a envoye dejg- puis long - temps des igren^ts- pairs , trouves au Pic de Drelitz , >iux Pyrenees , iqui par9;i,l!roi<:nt avoir quelques rapports avec le melanite; mais ceux - ci ■ ,sont tou jours a douze facetteSj rhoia?- boidales. Leur pesaii^eur specLfique , prise par Cliezi , est^6,25o. Leur durefl lie s'eldigne pas de delle du melanite. Dans sa ca'At^ affaissement , quoique je ne penso pas qu'une masse, telle que le Mont-Blanc, I'ait jamais pu etre d'unede ces deuxdernieresmanieres.... Mais il me paroit que la majeure partie des montagnes de nos continens a ete I'ormee telles que nous les voyons ; il laut en excepter les degradations qu'elles ont eprouvees posterieurement. Les terrains primitil's , tels ijue granits , gneis , scliistes micaces , serpentines , Iremolites , hornblendes , asbestes , sont cris- tallises distinctement ; ce qui annoncc une dissolution complette et une cristallisation a-peu-pr^s tranqviUle. Les calcaires primitits et les secondaires ( mittelkalkestein ) , sont egalement assez bien cristallises , ont une certaine regularite dans la cristallisation. Mais les calcaires tertiaires ne sont assez souvent que des especes de tul's, ainsi que la craie ; plusieurs de ces pierrcs sont memes porreuses Ce sont des cristallisations tres-confuses. Mais qui est-ce qui a pu f'aire incliner aussi generalement les couches primitives au nor-nord-ouest , et les secondaires au sud-sud-est ? Klugel pretend que la terre est plus applatie au nord-ouest ; mais cette supposition n'est pas prouvee ; d'ailleurs elle n'auroit aucune influence sur I'inclinaison des couches primitives. L' aiguille aimantee decline aussi au nord-ouest ; mais cette inclinaison ne pent avoir aucun rapport avec celle des couches primitives : d'ailleurs , la direction de TaigiuUe varie j elle 66 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ^toit au norcl , ii y a deux siecles ; nous igiiorons quelle auroit ete sa declinaisou lors des cristallisations primitives. En supposant que cette inclinaison des couches primitives au nord-ouest soit bien constatee, ne pouri'oit-on pas plutot I'attri- buer h la cause suivante? J'ai fait voir qu'il y a des centres gineraux d' attraction pour les cristallisations geologiques. Toutes les couches , par exemple , des moiitagnes qui avoisi- nent le Mont-Blanc , tendent vers cette masse principale , comme centre. II en est de meme dans toutes les grandes chaines de montagnes. Je pense que la partle sphero'idale de la terre qui se releve sous requateur de plus de dix raille toises, doit etre regardee comme lormant un grand centre prolonge tout le long de I'equateur. Toutes les cotiches piimitives des deux hemispheres pourroient tcndre vers ce centre , comme les couches des terrains primitil's qui environnent le Mont-Blanc , tendent vers ce point central ; ainsi toutes les couches des terrains primitil's de cliaque hemisphere se releveroient done vers I'equateur depuis chaqtie r)61e , comme vers un grand centre d'attraction pour les cristal- isations geologiijues. Quant a la cristallisatlon des montagnes secondaires , clle a ete posterieure h. celle des terrains primilils ; les memes causes n'ont pu agir ; leur inclinaison a done du etre dillerente ; mals il me paroit difficile d'assigner la cause qui a fait incliner leuis cou- ches au sud-est. Sans doute on la trouvera. > Deluc, dans son nouvel ouvrage geologiqtie , insiste sur la cristallisatlon des granits en couches. Cest une question de fait qui divise les geologues, et que cepeatlant la vue seule doit decider. La cristallisation des vrais grathts presente-elle des couches'? Personne ne doute qvie les granits vcinds, les kneis , les sc/iistes micacds , ne soient par couches ; mais les vrais granits f'or- ment-ils des couches ? C'cst ce qui est un objet de discussion. Je puis assurer que ceux de la Bourgogne, du Beaujolois , du Foret , de I'Auvergne ne m'orit point paru former de couches ; j'en dis autant de ceux des Alpes de la Savoie... Pini pense egalement que ceux des Alpes Pi^montaises ne forment point de couches. J'ai recherche I'avis , a cet egard , de jeunes mlneraloglstes tres-instruits , mais n'ayant point encore d'opinion arretee sur cesobjets, et qui out voyage dans les Alpes, dans les Pyrenees, ... et je leur ai demande leur maniere de voir. Plusieurs in'ont dit : Nous n'vvons point vu de couches dans les vrais granits j ET D'H ISTOIRE NATUREL LE. 67 d'autres m'oiit dit : Nous avons cru voir des couches dans quel- ques granits. . . . II me paroit qu'oii pent en conclure que les vrais granits ne forment point de couches ; car personne n'a de doute , par exemple , sur les couches dcs pierres calcaires, sur celles des gypses, sur celles des scliistes , pourquol y en auroit-il davan- tage sur celles des vrais granits ? Je persiste done a croire que dans la cristallisation des vrais granits , 11 n'y a point da vraies couches , mais seulement des rentes plus ou moins irre- gulieres , plus oii moins considerables Au reste , cette question me paroit d'un assez foible interet. pour la geologie ; car, que la cristallisation des vrais granits ait ete faite en grandes masses, comme je le pense, ouen couches , comma les granits veines ,leskneis, les scliistes micaces c'est toujours una cristallisation reguliere. DES FILONS METALLIQCES. J'al fait voir que plusleurs lilons metalliques acqueroiant de la puissance , c'est-a-dire, devenoient plus ^pais en s'eloignant de la surface de la terre , et s'cnfon^ant vers le centre du globe j tels sent ceux Kuhcaclit k Freyberg , de Goldcronach en Franconie On appelle en general ^/o/j une veine quelconque , differente du terrain ou elle se trouve. II y a des filons pierraux, des filons bitumineux, des filons metalliques. Deux opinions principales partagent les geologues sur cette question. 1°, L'une, qui a ete embrassee par Werner, suppose que tout filon a d'abordeteproduit par une fente faite dans un terrain quelconque , et que cette fente a ete remplie posterieurement , scit par d'autres substances pierreuses , solt par des bitumes , soit par des substances metalliques. Ce celebre mineralogiste a rapporte Tin grand nombre de raits a I'appui de son sentiment. 2°. La seconde opinion que ja soutiens, est differente de cella-ci. C'est iin fait que la plupart des filons sont plus ou moins inclines. Si on supposoit qu'il ait exlste des fentes ant^- rieures aux filons, le toit ( c'est-il-dire la partie superieiire) , seroit retombe sur le mur (ou la partie inferieure, ).... Je pense done qu'il n'a point existe de parellles fentes , et qua la plupart des filons ont ete produits en mema-tems que la montagne. Je suppose que les substances iiititalliques ^toient inelangees avec las autres portions qui out forme les montagnas : les premieres se sont separees des autres par les lois des afEnites , et ont I a ^8 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE ete ionner les lilons par cristallisation. Dans la masse des filons , la ciistalllsailon a ete confuse, mais elle a ete regiillere dans les geodesoii vides , dans lesquelles outiovive de beaux cristeaiix de dillerentcs suljstances Werner, pour appnyer son opinion, dit que les lilons ont toujouis ]j1us de puissance a la surface de la terre qu'a I'inte- rieur ; mais les faits que j'ai rapporte prouvent le contraire. Je ne pretends pas nier (jue quelques lilons n'aient pu etre formes de la maniere dont le pause Weruer j mais je crois qu'ils sent en tres-petlt nombre. BES BITUMES. Faujas a donne un Memoire interessant sur la terre d'orabre qui se trouve aupres d'Andernack. Cet auias immense occupe plusienrs lieues de surf ace j il forme des coviclies qvu ont douze pieds d'epaisseurs du cote de Bruhl ; mais du cole de Liblan , elles sont beaucoup plus epaisses ; car on y a creuse des puits lie plus de quarante pieds de profondeur , sans s'appercevoir de la plus les^ere interruption de cette terre. L'on n'est pas alle plus avant , parce que I'eau {^agnoit. Cette terre est recouverte de cailloux roules , dont plusleurs ont meme penetres dans des I'entes faites entre ces couches de terre. Cette terre brule, et tous les habitans des environs s'en ser- vant k cet usage. Elle est, suivant Faujas, le jiroduit de la decomposition d'un immense an:as d'arbres : on y en trouve encore qui ont jxiS(pra ([uinz.e pieds de longueur , et plus de deux pieds de diametre ; il y aussi des fruits qui paroissent avoir beaucoup de rapport avec cehii du palmier areca « La disposition locale , dit-il, la masse enorme de ces bols qui ne sont ])as melangt^s d'aucune terre etrangere , et la coticJie horizontale de cailloux , annoncent que ce depot immense de bois est I'effet d'un torrent de mer y^. On ne pent plus gueresdouter que les vraisbitumes,les charbons n'aient ete dans un veritable etat de fluidite, comme je I'ai dit... lis se sont ensuite deposes , suivant les lois des afiinites , pour former les couches de charbon mineral ; ils ont un tissu parti- culier, qu'on pent regarder corame une veritable cristallisation. DES VOLCANS. Breislak a donn^un ouvrage interessant sur les volcans de la Campanie. II est accompagne de deux belles cartes. On y voit ET D'HISTOI RE NATU REL LF; 69 tons les volcans ou crateres aiiciens des volcans qui y ont ete si aboiidans. Ccs cojitrees fameiises parolssent avoir ete le berceau de la mytliologie des ancieus , puisqu'on y retrouve tous les lieux qu'elle a celebre. On voit a. I'ouest de la solfature , du cote de Pouzzol et de Cume , I'entree de la grotte de la sybille de Cuine , qui est une caverne par laquelle on descendoit aiix enfers. On trouve ensuite I'Aclieron , le lac Averne-, qui est un lac suliu- reux, le lac Agnano II sortoit autrefois des flammes de tous ces cndroits...; c'etoit le Tartare ; eniin plus loin , sur les bords de la mer , on trouve les Champs-Elysees , qui sont de superbes jardins , et un des lieux les plus delicieux qu'on puisse imaginer. Vaiseniblablement dans ces temps on ne pouvoit y aborder qu'apres avoir traverse tous ces lieux volcaniques , ces pays enflaranies, ces lacs de souf're On disoit qu'on descendoit aux enfers , ad inferos locos , ou lieux inf erieurs , parce qu'on entroit par la grotte de la sybille, qui etoit une caverne. Ces lieux infe- rieurs , ou enfer, iitfera loca , etoient en opposition avec les hauts lieux , les lieux superieurs , siipera loca , ou montagnes , sur lesquels on s'assembloit pour le culte....j telle paroit avoir ete rorigine de cette mythologie si fameuse qui a fait tant de bruit. Dolomieu , en parcourant la ci-devant Auvergne et le Viva- xais , a vu que la. plupari des volcans de ces regions se trou- vent dans les pays granitlques.,.. Cependant , dit-il , les laves qu'ils ont rejetes , ne sont pas composees de granits : de ces deux faits generaux , il tire les consequences suivantes : 1". Les produits volcaniques de ces contrees appartiennent h. un ainas de matikres qui different des granits , et qui reposent au-dessous d'eux. 2°. Les agens volcanic[ues ont ici reside sous le granit 5 leurs £oyers etoient a. des profondeurs au-dessous de lui. 3". Le granit n'est pas ici la roche primordiale , puisqu'il est n^cessairenient posterieur aux matieres qui supportent ses masses, quoiqu'il ait lui-meme I'anteriorite de situation sur tout ce qui est venu ensuite le recouvrir. 4°. Dans cet amas de substances ant^rieures au granit, doivent se trouver les matieres qui produisent imm^diatement , ou qui concourent pour une part quelconque aux ph6nomenes volcaniques. 5°. Ces substances , que nous n'avoiis poiat encore atteint par uos travaux , peuvent ressembler 4 quelques-unes de celles 70 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE que nous connolssons ; mais elles peuvent aussi en dii'fercr , et leur nature doit demeurer long-terns conjecturale. 6°. Enfiu , la base des laves appartenant k des masses les plus ancicnnes de toutes celles dont nous pouvons avoir rjtiel- ques notions, elles conserveront pour nous le genre de dignite aue donne la priinordialite , jusqu'^ ce que nous ayons occasion e savoir ce qui repose au-dessons d'elles , et aussi long-teins que nous admettrons la supposition quec'est surun noyau solide que se sont successivement placees les couches de roches ( pri- mitives ) comme les couches coqnillieres. Ces faits me paroissent prouver, ajoute I'auteur, une opinion, que je sovitiens depuis long-temps, que les foyers volcaniques ne sont point dans les couches seconclaires , et qu'ils ne resident point dans les couches de houillieres ou autres matieres combus- tibles , yegetales ou animales. tc Je presenterai de nouveau , dit-il, mes doutes sur I'exis- tence d'une vraie inflammation dans le§^ prof'ondeurs d'ou sortent les laves , et ou I'air necessaire pour entretenir une com- bustion aussi active , ne pent avoir aucun acces , ainsi que mon oj)inion sur I'effet pyrophorique que produit cette inflammation , senlement lorsque les laves soulevees par des fluides elastiques jusipi'au contact de I'air atmospherique , sont pretes i etre vomies , et qne des gerbes de fumee se changeant en gerbes de feu , annoncent au milieu d'uii fracas epouvantable I'approche d'une erruption.... n cc J'ajouterai m^rae que si je ne puis pas douter que notre glolje ait et(^ fluide , rien ne peut me prouver qu'll ait autre .chose de consolidd qu'une dcorce plus ou mains epaisse. ■Rien ne' peut m'apprendre si la consolidation , laquelle a du necessairement etre progressive , a dejk atteint le centre de ce sphero'ide. » cc Je regarde I'opinion generale qui admet un noyau solide k notre globe, ccinme une hypothese gratulte , et I'hypothese opposee me paroit beaucoup plus vi'aisemblable — ; en I'admet- tant ,| tons les {)henomenes relatifs aux volcans deviennent de I'explicatlon fa plus simple, Les agens volcaniques se redtd- roient a n'etre que des fliudes elastiques ; ils ne f'eroient que ■soulever cette matiere de tout temps pateuse et visqueuse , sur laquelle reposent nos continens , et qui les supporte sans cesse , parce qii'elle a ]ikis de densite que cette croiite cxterieure j alors il ne seroit plus besoin de chercher le genre et I'inimen- site des matieres qui peiivent aliraentcr les feux souterrains vpendant des milliers d'ann^es.... » ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E. 71 On voit que I'autexir suppose : 1°. Que le centre duglolae est compose d'une matiere pateuse , visqueuse , qui a un grand degre de clialeur ; 2°. Que dans les erruptions volcaniqvies , des fluides elastiques soulevent cette pate qxii fait la matiere des laves , et qui prend feu aussi-tot qu'elle ale contact de I'air atmospherique... 3°. Que cette matiere pateuse differe des granits ; 4°. Que les granits se trouvent au-dessus de cette matiere pateuse... Deluc , dans ses lettres geologiques , donne aussi son opinion sur la nature des laves. « J'assigne ces laves , dit-il , k la vase qui , ainsi que je I'ai dit, se deposa d'abord sur les pulvicules au fond du liquide primordial , et sur laquelle se deposerent nos couches a partir du granit Differentes operations dans cette vase ou bouillie epaisse , produisirent le degagement de divers lluides.... EUe \int a s'echauffer par le degagement d'une grande quantite de feu , suite d'operations cliimiques dans sa masse , qui I'amenerent h. I'etat d'incandescence en meme- temps qu'elle prodiusoit differens fluides expansibles C'est Taction de ces fluides expansibles qui projeta ensulte ces laves incandescentes au dehors. " Je vais presenter quelques reflexions sur les opinions que nous venons de voir. 1°. Un grand nombre de laves est de granit et de porphyrc j ainsi il n'est point exact de dire que la matiere des laves est toujours au-dessous des granits , ni qu'elles soient d'une nature differente des pierres que nous connoissons. 2°. II n'est j)as non plus exactde dire que les volcansd'Auvergne et du Vivarais soient toujours dans les pays primitifs. J'ai vu ceux dvi Coiron qui sont dans le calcaire.... Le Puy-de-D6me lui-meme ne pent etre dit se trouver dans le primltif. II est entre le primitif et le calcaire ; car , Clermont qui est precisement au pied de cette montagne, est dans le calcaire. La grande quantite de pisaphalte qui sort de tons les terrains qui sont aux environs de Clermont , doit meme faire presumer qu'ilssontun reste des bitumes qui ont autrefois servi a alimenter les volcans. Car , stipposons que les couches dece bitume fussent contigues au granit, comme nous voyons au Creuzot, pres Mont- Cenis , des masses immenses de bitumes appuyees contre le granit, et que ces bitumes se fussent enflammes , le volcan se sera eleve , comme il est, entre le calcaire et le primitif.... II n'est done pas prouve que le volcan du Puy-de-Dume n'ait pas pu etre entreteuu par des bitumes ou pisaphaltes. 7^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIJVIIE La meme cliose a pii avoir lieu dans plusieurs aiitres volcans. Quant k ropiiiion qui suppose que le centre du globe ou une portion, sont composes d'une matierepateuse, incandescente..., elle a deja ete avancee par Descartes, Leibnitz , Beccher et plu- sieurs autres savans, qui out suppose qu'il n'y avoit que la croiite du glolie consolidee a une profondeur plus ou nioins grande , et que le centre etoit encore dans un ^tat de fluidite ou de mollesse.... On sent toute la dlfficulte qvic pr^sentent ces sortes de questions. Le globe a ete liqtiide. C'est une \erite rcconnue. La jiartie que nous connoissons est toute cristallisee par le moyen de I'eau , comine je I'ai prouve, k I'exception des por- tions Yolcaniqucs. C'est encore une verite avotiee. Mais la liqvudite du globe entier a-t-elle ete aqueuse , comme je le pense ? ou ignee, comme on I'avance ici ? Si on la suppose aqueuse , la consolidation a du se falre par- tiellement dans le principe. II se sera forme dans ce liqulde des masses immenscs de cristaux ; ils se seront precipites au centre qui , par consequent , a du le premier atqu^rir de la solidite. On pourroit objecter que lorsqu'on fait evaporer des dissolu- tions salines, il se forme a la surface des pellicules, des croutes : mais elles sont legercs , et elles se precipitent aussi-tot qu'elles out acquises une certaine epaisseur. Si la liquidite du globe a ete ignee, et qu'on le consldere comme vine masse viti'ifiee , ou seulcment en fusion , sa croute exterieure a du etre consolidee la premiere , et le centre a dA demeurcrliquide long-tems apres ,en conservant une tres-grande chaleur ; mais le plus grand n ombre des plienomenes jirouve que la liquidite du globe a ete aqueuse , et rieu ne pent porter k croire qu'elle a ete ignee d'ailleurs. Le centre du globe terrestre ne pent etre actuellement incan- descent. Car , si un pareil globe avoit encore son centre dans une liqui- dite ignee , la densite de cette partie centrale etant prouvee ^tre cinq a six fois plus grande que celle de I'eau , d n'est pas douteux que la chaleur de la surface du globe et de celle des lleux oti nous avons penetre , seroit , dans cette hypothese , beaucoup plus considerable qu'elles ne sont.... : c'est ce qu'il seroit facile de prouver par le calcul. Car , supposons ce centre liqiiide encore de chaleur , ou la croute consolidee k I'exterieur aura beaucoup d'epaisseur , ou elle en aura peu. Si on suppose k la croute exterieure peu d'epais- seur , ET D'HISTOIRE NATUUELLE. 70 seiir , par exemple , ciiiquante ou meme ceiitlieues, le noyau Ijrulant auroit aeiix iiiille six ou sept cents lieues de diamctre , des-lors la surface du globe sei'oit brulante. Si on suppose a la croute uiie epaisseur de mille lieues , par exemple , le noyau brulant et liquide auroit encore uu diametre de huit cents trcnte-deux lieues et demie , et (jui conimiini(pie- roit k la croute une chaleur beaucoup plus graude que celle qui est k la surface du glolje. Mais en admettaut cpie cette croute eut mlllo lieues d'epais- seur , comment concevoir ])our-lors que des fluides cxpansils pussent projeter d'une aussi grande profondeur la matiere des laves ? Quelle force Immense ne faudroit-il pas supposer a de pareils fliudes ? Comment de ])areils efforts ne briseroient-ils pas eu mlUe endroits cette croi\te ? Comment y auroit-il si peu de volcans en activite? Car, dans toute I'Europe, ilii'y en a ])lus que cpiatre , I'Etna , le Stroraboli et les lies- Ponces , le Vesuve, et I'liecla , tandis qu'il y en a des milliersd'eteints.... II en estde meme sur le reste du globe... II faudroit done dire que ce sont seulement les chcininees ou Sou]uraux qid se sont fermes , tandis fju'au contraire des efforts aussi violens auroient du en faire ouvrir par-tout.... II me semble done plus conforme aux analogies de dire que le centre duglolie est solide , et que les f'eux volcaniques sont de la meme nature que ceux des pyrites, des niine|Mde iiouille que nous voyons s'enflammer cliaque jour. J'ai attribue ces feux souterrains a quatre causes princij)ales : 1°. A des matieres sulfureuses , telles que des pyrites ; 2°. A du soufre. La quantite etonnante d'acide sulf'ureux qui se degage des crateres, et le soufre qui y est volatilise , deposent en favour de ces deux opinions ; 3°. A de I'antracite ; 40. A des bitumes. Spallanzani atrouve a Lipari des laves qui contenoient beaiiconp de liitumes. Les volcans projettent aussi du sel ammoniaque. 50. Peut-etre la decomposition de I'eau peut-elle contribiier a ces feux — II reste une aiitre question a examiner. La nature des pierres volcaniques est-elle rtiellenient d'tffe- rente des pierres que nous retrouvons ailleurs ? Je ne le crois Y>^s. Tome r. NIVOSE an 7. K 7A JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 1°. Nous avons vii qu'il y a un grand iiombre de laves grani- tiqiies et de porphyriques. 20. Des scnistes rnicaces , tels qu'on en troiive souvent sur les bitiimes,donnai]t an fen des produits analogues ;i plusleurs laves. 3°. Lcs v\'akes , les corneeunes , les trapps , les grnnsleins I'oiidns donnent des prodnits absolunient analogues h. ceux des volcans. Pictet ni'a fait voir des prodnits de grunsteins fondus. Une bonne fusion a donne nn verre noir, tel ([ue les picrres obsidiennes. Ce verre demeurant plus long-temps aii feu , donne une lave porreuse , sendolable k celle des volcans. Quant aux svibstances particuHeres a certaines laves , on les a presque tontesretrouveesdanslcs terrains que nousconnoissons. a. Le leucite a ete trouve dans des terrains priniitifs aux Pyrenees, aix Perou.,.. b. Le volcanite ou pyroxene a ete trouve par Dolomieu aux Pyrenees. c. L'ampliibole ou hornblende se trouve par-tout. d. La zeolite , la stilbite.... se trouvent dans les terrains non volcaniqnes. e. L'olivine paroit etre notre peridot ou clirysolite des Alle- mands ; qui se trouve dans les terrains non volcaniques.... J". L'angite paroit une variete de rolivine. g. La m61anite paroit avoir beaucoup de rapports avec le granit noir des Pyrenees. Quant ;i riiyacintbine ou idocrase, a la sommlte , fi la melilite et (juelques amres substances qu'on n'a encore trouve que dans les matieres volcaniqnes , il est vraisemblable qu'on les rencon- trera ailleurs. Rien ne peiit done nous fiire supposer fine les matieres , qui ont forme les laves , sont d'une matiere diiferente des pierres que nous connolssons. Les granits sont-i/s lapierre la plus ancirnne ? La plus grande partie des geologues I'avoit toujours suppose , parce qiie nous les retrouvons dans les lieux les plus prolbnds ou on ait penetre. lis supposent en consequence que le centre du globe est compose de granit et autros matieres primitives , melantrets avec les substances nietalllques , ce qui donne la grande density qu'a I'interieur du globe.. .. Rien ne prouve que cette opinion ne soit pas la veritable. La pierre calca'ire est elle due uniqueiricnt au travail des etres organises ? aux coqullles , aux madrepores.... , comme le prdtendent Buff on , Hutton ?... Les analyses ont fait retrouver la terre calcaire dans toutes ET D'HISTOIRE NATUREL LE. jS les suljstances des terrains primitifs bien anterieurs a la forma- tion (les etres organises. DES FOSSILES. Spallanzani pense qne les os fossilcs qui se trouvent en abon- dance a Cerigo , ou Cithere , sont dcs os humains. Fortis a anssi trouve en Dalmatic beaucoup d'os fossiles qu'il a cru etre des os humains ; niais il convient aujourd'hni nu'il iaudroit qu'il revit les lieux. Cuvier a examine Ijeaucoup d'os fossiles. II pense que la plupart appartiennent a des especes qui n'exitent plus. 1°. L'animal dont on troiive les debris en Siberie , et qu'on nomme ni'ammonth , est, suivantlui, voisin de I'elephant d'Asie ; mais il en differe ; son veritable analogue n'existe plus. o?. L'animal dont on trouve les deijris a I'Oliio et dans differentes parties del'Europe, lui paroit une espece d'elepliant qui n'existe plus. 3°. L'animal dont on trouve les ddpouilles a Simore en Lan- guedoc et dans d'aiitres parties de la France , lui paroit se rap- procher de celui de I'Ohio , et ne plus exister. 4". L'hippopotame fossile ne lui paroit pas differer de celui que nous connoissons. 5°. Les depoullies fossUes des rhinoceros lui paroissent Indi- quer des animaux difl'erens des animaux vlvans. 6". On a trouve au Paraguai le squelette d'un animal de douze pieds de longueur sur six de hauteur , enfoui ^ une certaine profondeur. II lui paroit etre du genre des paresseux , et nous n'en connoissons point I'analogue vivant. 7°. On trouve dans les cavernes de Gailenreuth et de Mug- gendorf les depouUles d'un animal qu'on a cru etre I'ours blanc. Cuvier pretend que ce n'est point I'ours Ijlanc. 8°. L'animal dont la maclioire a ete trouvee pres de Verone, et qu'on a cru une portion du crane de la vache marine , paroit a Cuvier se rapproclier du mammouth , quoiqu'd en differe reellement. 9°. L'animal, du genre des cerfs , dont on trouve les depouilles en Angleterre , en Irlande... lui pcroit differer reellement de nos cerfs et de nos elans. lo. Les boeufs dont on trouve les os fossiles en Siberie et ailleurs , liu paroissent differer de nos boeufs connus. 11°. Dree a , dans sa belle collection de fossiles , la maclioire inferieure d'un quadrupede , trouvee en Languedoc. Cuvier pense que c'estcelle d'un tapir qui , gomme I'ou sait , ne vitaujourd'hui tiu'au Perou. K a 7*5 JOURNAL D E P H I S Y Q U E , D E, C 11 1 M I E 12,". Les OS fosslcs do Moiitinartie , (jni so tiouvoient dans la colleclion de Dree ct ailleurs , paroissent indujuer a Cuvier trois esp^ces d'aiiinianx qui out beaucoiip de rapports avcc le tapir ; I'un est de la grossciir d'un cheval , I'aiitre est de la grossenr tl'^ui) coclion , ie troisieine est de la grosscnr d'un lievre. II Suit de cet cx[)ose que les os lossiles exanilues par Cuvier , liii paroissent indicpier : a, des aiiimaux doiit les analogues sont exlstans , tels que riiippopotame , le ta])ir ; I) , d'autres qui different tres-peu des animaiix existans , tels que le mammouth , le rliinoceros, I'ours l)lanc... c , de troisienies qui en different beaucoiip , tel que I'animal du Paraguai. On trouve beaucoup de reptiles fossUcs , principalement des ■crocodQes , des tortues ; i°. les uiis sont alisolumout semblables a. ceux qui existent ; tel est le gavial ou crocodile du Gauge , cabinet de Lamarck. c, Murex lanipas, Lin. , trouve ^ Grignon , pres Versailles , cabinet de Faujas. dy Murex trlpteris , liln. , de Courtagnon, cabinet de Lamarck et de Faujas. e , jSIurex hrundaris y Lin. du Pleniont , ca1)inet de Faujas. f, Bula ficus , Lin., Lamarck , Faujas , coininun a Courtagnon. g, Nautl/us pomp'dhis , Lin., le grand iiaulllle nacre des InJes trouve a Courtagnon , avec son email, cabinet de Faujas. ET D'HISTOIRE NATURELLE. rjj On en voit aiissi plnsieurs exem])laires a Rhelms , cliez Drouet qui a acquis le cabinet de niatlanie de Courtngnon. h, Tatidlafornicata, Lin. , Courtagnon, Lamarck et Fanjas. j , Stromlius pespelecani , Lin. , Pieniont , cabinet de Favijas. k , Trocus ngluthians , Viilgo la Frippiere , chargee encore de coquilles adiierentes , Courtagnon , cabinet de Faujas. /, Solen cultelhis , Lin. , Vuigo , le nianche de couteau , Courtagnon , cabinet de Faujas. Nous pourrions en citer d'autres ; niais coinme Fanjas s'occupe ji les f'aire graver , on les trouvera dans ses le(^ons elementaires d'Histoire Naturelle, apjijj^aljlos a la theorie de la terre. Fabroni m'a assure que dans le beau cabinet de Florence il y a un grand nombre de coquilles Ibssiles absolument sem- blables a. dcs analogues vivans. 2,°. D'autres coquilles f'ossiles different plus ou raoins des ana- logues vivans. 3". Eniin , il en est qui n'ont aucun rapport avec les analogues vivans ; mais lorsqu'on connoitra inieux les coquilles , et s^r-tout celles dcs hautes uiers , il n'est pas douteux qu'on y en reti'ouvera plusieurs d'analogues aux fossiles. On doit dire ia menie chose des autrcs especes d'aniinaux fossiles ; les uns ont leurs analogues vivans, les autres en different peu , et de troisi^mes en different beauconp. II y a line espece de madrepore fossilc qu'on appelle figue de mer. Desfontaines a vu pecher I'analogue dans la MtJditerranee sur les cotes de Barbarie. Parmi les vegetaux fossiles , les botanistes en reconnoissent 1". plusieurs dont les analogues sont vivans ; 2°. d'autres different tres-peu des analogues vivans 5 '6°. enfinde troisiemes en different beaucoup. Nous devons conclure de tous ces falts que parnil les fossiles soit animaux , soit vegetaux , 1". quelques-uns sont semblables k des analogues vivans • 2°. Quelques autres en different legerement , et j'observerai que ces differences sont souvent assez foibles pour qu'on puisse les regarder comnie nullcs 5 car nous Savons comljien nos ani- maux et nos vegetaux peuvent varier , par le climat , la nourri- ture, la domesiicitCj le croissement des races II y a plus de difference de la tete d'un dogue angloisa celle d'un petit levrier que de celle de tel animal ou vegetal fossile a tel autre qu'on ue lui croit pas analogue. Je ne serai done pas eloigue de regarder ces fossiles , tels que j8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ceux cTes cerfs , des booufs , des elephans , des rhinoceros comme analofines aux rivans. 3°. Enfin , ii y a des fossiles qui n'ont aiicun rapport avec les aniniaux ou vegetaux qne nous connoissons. Mais en general les os fossiles sont d'un plus grand volume que ceux des animaux analogues. On avoit cru qiie tons les poissons fossiles se trouvoient parti- culi^rement dans les pays volcaniqnes. On supposoit done qu'un volcan ayant fait une grande explosion , avoit ciillnite des ter- rains partiellement, et que des poissons s'y etoient trouves en- f'ermes et avoient peri — jl^ Mais on a dorine trop d'extenslon a cette idee j car on trouve beaucoup de poissons fossiles dans des pays qui ne sont nulle- luent volcaniques. Dans le pays de Mansfeld en Saxe , il y a des schlstes cui- vreux qui contiennent du calcaire , et qui sont reconverts de couches de gypse. Ces schistes contiennent des quantites im- menses de poissons fossiles, et cependant le pays n'offre rien de volcanique. On trouve h Pampenheini en Franconie , les memes poissons qu'a Verone , et cependant Panipenheim n'est point region volcanique. Du cute de Suez en Egypte , il y a aussl beaucoup de poissons fossiles , quoique ce pays ne soit point volcanique. A Glariz on trouve dans des ardoises egalement beaucoup de poissons. Aupres de Cadix , il y a aussi beaucoup de poissons fossiles dans des schistes qui se trouvent avec les gypses et le soufre de Conilla. Cette question de la nature des debris fossiles des vegetaux et aniniaux qn'on trouve par-tout , inerite toute I'attention des voyageurs geologues , et va devenir un objet de recherches cu- rieus.ts et inepuisables pour toutes les classes de naturalistes. Mais il en est une autre qui tient peut-etre k celle-ci, et qui n'est pas moins interessante. Les couches de la surface du globe sont-elles trds-anciennes , ou sont-elles nouvelles ? C'est une question que Deluc traile dans ses Lettrcs geologi- cjues. II croit , avec Saussure , Dolomieu... , que I'etat present ae notre globe n'est pas fort ancien ; mais plusieurs faits ne paroissent pas d'accord avec cette hypothcse. i», II est certain que les terrains que nous appelons primitils , ET D'HISTOIR E NATU RELLE. -9 sont anterieurs a la f'orraation cles etres organises : on en convient. 2". Lcs terrains secondaires ( meltelkalkestein ) , sont anterien.rs a la formation des animanx des continens ; car on n'y trouve que des coqniUes , et en tres-pptit nombre. 3°. Les terrains tertiaires sont posterieurs a la formation des animaux et des vegetaux des continens ; car ils sont remplis de leurs debris. Or , nous ne pouvons pas douter que la formation des etres organises des continens ne remontent 11 une tres-haute antiquite. Car, quelle prodigieuse quantite de vegetaux n'a-t-il pas fallu pour former les Intumes ? Les pierres calcaires contieivient une enorme quantite de coquilles ^ d'os fbssiles Les schistes sont remplis de poissons — Quelle longue periode n'a-t-il pas lallu pour faire vivre ces vegetaiix , ces animaux.... ? Jugeons-en par ce qui se passe sous nos yeux. Calculoiis maintenant le temps qui a etc necessaire pour former toutes ces couches schisteuses, bitumineuses , calcaires — , qui recouvrent la plus grande partie de la surface du globe , et sou- vent de plusieurs centaines de toises d'epalsseur , nous verrons k quelle haute antiquite ces dpoques remontent. Mais puisque le granit et les autres terrains prlmitifs sont encore bien anterieurs u toutes ces epoques , quelle doit done etre leur anciennete ! Quant a I'opinion de ceux qui pretendent quo la formation de I'homme n'est point aussi ancienne que celle des autres mammaux , parce qu'on ne trouve pas des os humains fossiles , elle ne me ])aroit pas Ibndee. 1°. Nous venous de voir que Spal- lansani , Foi tis pretendent en avoir observe ; 2°. et qiiand ineme on n'en trouveroit pas, on n'en pourroit rien conclure. On seroit done egalement aurorise k dire que toutes les plantes, tous les animaux, dont on ne trouve pas de debris fossiles, sont des productions nouvelles C'est une consequence qu'on ne sauroit tirer des faits. II me paroit done bien etabli q\ie la plupart des terrains qui lorment la surface du globe, remontent a une tres-haute anti- quite. II seroit difficile sans doute d'en fixer la date. Nous n'avons aucune donnee relativement aux terrains pri- mitils; mais quant aux secondaires, nous pouriions avoir quel- ques approximations. II est certain que ces couches sont poste- rieures aux etres organises. Or, ces etres n'ont pti exister que 8o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE lorsque la surface de la terre a eu la temperature necessaire. D'un autre cote , la clialeur centrale diininue continuellemeiit. II f'atulroit pouvoir , i". apprecier cette diminution de clialeur ; 2". determiner le de<^re de chaleur a la surface de la terre , ou les etres ore;aiiises ont pu commeiicer il exister.... Avecces donnees, qu'il ne seroit pas impossiljle d'olitcnir, on poiirroit supposer , par approximation , I'epocpie de la formation de nos couches secondalres. II sc presente iine troisieme question , dont la solution n'cst pas moins difficile que celle des (juestions precedeiites. La 7'etiaite des eaux s'est elle opdree lentement ou succes- sivcnient ? Ou sont-ce de grandes catastrophes qui ont operd cette retraite ? Deluc , Dolomieu, Bertrand , soutiennent que ]a mcr s'est retiree sulntement par plusicurs grandes catastrophes ; et que dcpuis la derni(^re catastrophe qui I'a araeiiee au point o\x elle est , le niveau de scs eaux n'a pas change sensiblemejit. II est yrai- que le niveau actuel des eaux ne jiaroit pas changer senslblement de])ui#^ environ deux mille aiis ; et s'il se trouve dans les continens quelques terrains que I'Histoire nous assure avoir ete sous les eaux , il y a peu de siecles , tout prouve que ce ne sont point les eaux qui se sent retirees ; mais les fleuves ou d'autres causes ont amoncele des saljles sur les bords de la mer , et en ont refbide les eaiix ; c'est ce qu'on voit aux embouchures duRhin, duPo , du Nil .. , dont les atterrissemens ont etendu les continens en refoulant les eaux des mers , sans que leur niveau paroisse s'etre abaisse senslblement Je dis sensiblenLcnt ; car j'ai presente dans la theorie de la terre , plusieurs laits qui ]iaroissent prouver que les eaux de la Moditerran^e se sont un peu elevees ; et Dolomieu , qui se refu- soit a CCS faits , vient de reconnoitre qu'a Alexandrie , les eaux de la mer se sont elevees d'un pied depuis les Ptolemees. Pallas , Saussure.... , ont suppose' trois grandes catastropli^s principales , dont chacune avoit abbaisse d'une grande quantite le niveau des mers. Des cavitcs immenses', dans le globe, se sont aflaissecs subitement , et les eaux s'y sont precipitees. On s'appuie toujours , pour soutenir cette opinion , de I'affais- setiient de la graude ile Ailantique , dont parle Platon ; mais j'ai fait voir dans ma T.'iieoric de la Terre , « qu'en supposant r> que cette ile eut deux cents soixante mille liemes quarrees , » c'est-a-dlre , un centieme de la surface de la terre, ou dix ibis ■y> plus d'etendue que la France , et qu'elle se fut affaissee de >» trois ET D'PIISTOIRE NATUK.ELLE. 81 >» trois cents pieds, elle n'auroit produitj dans les eaux des " mers , qii'un aliaiss^nient de six pieds « : et cependant , quelle caverne n'eiit-il pas fallu supposer pour un pareil aflaissenient ! Quand on supposeroit un affaissetnent merue de trois cents toises, il n'opereroit, dans le niveau des eaux. des mers, qu'une diminution de trente-six pieds. ' ' Mais supposoiis ces grandcs catastrophes dont on parle , el ces abaissemens subits et considerables des eaux, et calculous quelle caverne il I'audroit faire affiilsser pour que le niveau des eaux diminuat, par exemple , suhitement de quatre cents cin- quante toises, c'est-a-dire , d'un cinquieme d'une lieue.La sur- face de la terre a plus devingt-cinq millions de lieues quarrees, ( 25,773,900 ); Si on supposoit qne les eaux couvroient a-peu- pres toute la terre , et qu'elles se soient abaissees subitement d'un cinquieme de lieue, il laudroit une ou des cavernes de cinq millions de lieues cubiques pour les recevoir. On sent qu'il est contraire a toutes les probabilites que de pareilles cavernes se fussent al'faissees subitement II me paroitdonc plus vraisemblable que les eaux ^e sont retirees successivement, 1". paries fentes particulieres ; 2°. par les scis- sures occasionnees a la surface du globe pjr son relroidissemeui ; 3". par I'affaissement de quelques terrains, tels que 1 lie Atlantique.-..i Car , je ne nie point qu'il n'y ait eu , a la surfixce de notre globe, plusieurs affaisseinens assez etendus , de grandes montagnes , par exemple. Les treml)lemens de terre... en off'rent des exemples f'requens ; mais ces affaissemens ne me paroIsseHt point aussi considerables qu'on le suppose ici. Les eaux des mers abandonnent-elles un continent pour en envahir d'autres ? qulttent-elles les rdi^ions polaires pour se porter a I'equateur ? Par quels moyens la Nature a-t-elle pu enfouir dans les cou- ches mindrales une si grande qiutntite de debris d'etres organises ? Comment les debris d'animaux analogues a I'eL'phant , au rhinoceros {si cs ne sont pas des dldphans eux-menies , des rhinoceros ), se trouvent-ils en Siberie , en Languedoc , k I'Oh'io, au Perou ? Comment les debris du tapir , qui habite aujourd'hui le Perou , se trouve-t- il en France ? Pourquoi ne trouvet on pas parmi les Jbssiles , les debris de Tome F.'NIYOSE any. L 82 JOTlRNAr, DE I'lIYSIQIir, DE CHIMIE tons nos grands aniniaux ? Enpeut-ori conclure qu'iLs n'exis- toient pas a cftte epoque ? Comment a t-il dhparii line si grande quantite de v^gt^taux et d' aniniaux dont nous ictrouvons les debris Joassiles ? Toutes ces questions et plusieurs avitrcs jie peuvent etre eclairr cies que par de nouveaux laits , par do uouveaux travaux. . '. . " Nous Savons que les mers du Nord sont couvertes en certains endroits idc Iiois , lesquels sont charries par les grands ileuves (|ui y ahoutissent des difierens continens. Ces liois peuvent cnsuite etre portes a de graudes distanj^es par les vents , les cottrans.... ' ' ■"^' Les cocos qu'on trouve snuvent anx" Maldives, paroissent y etre apportes des lies Secliellos , a plus do quatre cents lieues de distance. On y retrouve les arbres qui portent ces Iruits — Ce sont des fairs qu'il ne liiut pas negliger dans la recherche des causes de ces grands phenouienes. La dernierc question que nous- allons examiner , est de §avoir , ■ ,,^, , ..,^,^;,,';( ' • Comment se sont operJes les cristaUi sa tions geoJogiques ? Comment les ddbris des animaux et des vi'gdtaux se trouvent enfermSs dans ces cristallisations geologiqves ? Runifbrd rapporfe vine experience qui pent jeter hea.ucoup de ^'our sur cct objet. II prit un l^ocal de 4 i polices de diametre , ^t de I de haut , et le logea dans nn autre bocal im pen plus grand. 1-es deux bocaux f'urent jilaces an milieu d'un grand bassln de terre cuite plein d'eau et de glace pilee. La tempera- ture de I'appartement etoit i |. II prit une forte solution de sel transparente , et dont la temperature etoit a zero. On prit a la Illume temperature de I'eau co!or<'.e en rouge , et de I'huile d'olive. On versa, dans le bocal interieur , de I'eau rougie , a la hauteur de deux ponces ; puis, au moyen d'un entonoir h long col , qui plongeoit jusqu'au fonddu vase , on versa la dissolution de sel qui occnpa le fond dii vase , sans se meler a I'eau rougie , laquelle surnageolt j et au-dessns de cette eau, on mit de I'huile. On versa dans le bocal exterieur de Iciu a la glace avcc de la glace pilee. L'appareil deraeura ainsi pendant quatre jours , sans que les liqueurs se melangeassent. Mais ay.int enk-ve le bocal interieur, et mis dans un apparte- ment echauffe par un poele , I'eau s ilea se inela bientot avec I'eau rougie. ETD'HISTOIRENATURELLE. 83 II en conclut que," tlans les lacs ou mers profondes, I'eau de la surface peut elre douce et le fond sale. Pictet , en rapportaut cette exiierierice dans la Bibllotlieriue Eritanniqiie (fructidor, pag. 234 )j observe qu'un hoiiime insiruit et employe dans Its salines , lui avoit assure que le fond du lac de Geneve , vers son extreuiite oiienraleou il est tres- pro- fond, etoit sal^ , quoique ses eaiix soient absolument donees a. sa surface. II se ])ri)pose de faire constater ce fait. 11 peut done se faire tous les jours des cristallisations geolo- glques dans les liautes ruers , quoique leurs eaux, a la suriace, paroissen; limpides. Les lleuves et les autres courans entrainent dans les bassins des mers, les bois etles debris des animaux morts Toutes ces sulistdnces se trouvent enfermees dans ces couches minerales qui se foinient. Dans toutes ces cristallisations , les lois des affinites y exercent leur empire ordinaire. La , se forinent des couches calcaires j ici J des gypseuses; alUuurs , des schisteuses L'expose des fails que nous venons de rapporter, prouve que nous pouvons regirder corame certain, quelques-uns des points de geologic que j'ai assignes , tels sont la cristaliisation aqueuse du globe , la Ibrmation de la plus grande partie des montagnes' primitives dans la place qu'elles occupent DE LA CnilM'lE DES MINERAITX. Nous avons dcja vu les brillantes decouvertes dont la cliiinie a enrichi la mineralogie. BerthoUet a donne des observations sitr I'liidrogene sulfure , travail qu'il a fait avec Welter. Pour obtenir cet hidrogene sul- fure , ils ont employe ordinaircment le sulfure de fer, qu'ils out decompose par I'acide sulfurique. II s'en degage beaucoup de gaz , dont une partie est de I'liidrogene pur , et le reste est de riudrogene srdfure , c'est-a-dire de I'hidrogene qui est combine avec du soufre. « L'liidrogene sulfure , dit-il , dissout dans I'eau , rougit la tein- ture de tournesol , le papier qui en est teint et la teiiiture de raves. II se combine avec les alcalis , la baryte , la cliaux , la magnesie. II forme, avec ces substances , des combiualsons qui, melees avec les dissolutions laetalliques, cliangent de bases , et on a des coni- binaisons des metaux avec I'liidrogene sulfure. II decompose lo savon, et prend la place de I'huile aujnes des alcalis. II precipite - en grande partie le souire des dissolutions des suifures de potassc La 84 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIIMIE ou de clianx,etil tend a former , avec le reste,uiie comljintdson triple J3. \j'h\ 'il^ ^^^ planches fixes avec des caracteres moljiles. Non typis mobUlbiis ut fieri soJet , sed tabeUis sen laminis fusis. Ce sont ses propres paroles. 11 impriina un Salluste par ce precede. Firmln Didot a allie egalement les deux metlxode^ II a com- ET D'H ISTO IR E NATU RELLE. c)i) mence par composer a rordinaire en caracleres metalliques mo- biles ; il les soudoit ensuite tons dans le derrriere de la planche. II a imagine posterieurement un autre precede. II compose line premiere planche en caracteres mobiles a I'ordinaire. Ces caractercs sont d'une matiere assez dure. Cette planche lui sort alrapper d'antres planches comj>oseesderalliage ordinaire d'anti- moine et dc plomlj , comme le coin sert a f'rapper une medaille. Ces secondes planches sont celles qui servental'impression. C'est ce qu'on appelle edition sU'reutypes (i). On a, par ce mo\en , des planches fixes , et qu'ou pent renouveller u volonte , avec les- quelles onpeuj: tirer un grand nombre d'exeitiplaires , sans craindre que des kttres se deplacent, et produiseut des fautes typogra- phiques. ERRATA. Page 7 , ligne 38. La longueur du metre n'est pas encore determiiiee exacte- ment. II paroit qiie sa longueur sera au-dessous de 36 pouces 11 ligucs 44 centiemes. Pag. 38, jig. i9 a 7 tS •+ 1,1 + 5.!' a 7him- i7.io,j a 9'\is.. . 17- 9,1 17. 10, 1 a midi. . -f- a midi. . + 7.8 6^6 a 8 m..+ a 9 i S.+ <,7 4,9 + 7,8 6,6 a 8h. m. . 17. 6.1 a 17. 6, J 17- 4,9 1 8 a 9h.{ s... 17. 5,8 a Sh.i m.. • 17. ;.5' a midi.. -\- a ih.i s. 4- 7.3 8,7 + + 7j1 a midi. . . 7,8 a io'\ s.. • 17- 7,5 17.. 8,1 a 8h,i m. 17. 7.4 7,9 17- 7,5 lo a lo 5..-f- ),3 a 7''.-fin.. 17- 17- 7,4 1 1 a ih. s.. + 7,S a 7 m..+ 3,« + 6,7 a 7''. m. . 17.10,1 a I oh, is. 17- 7,4| 17. 9,9 if a yh.^in. -f- a ill 7 s. -f a midi. . -j- 9. J 7.8 4J + 8 J. u Ih, s. . . . 17. 6,4 17. 7,8 17. i 1,1 17- 7,8 17- <^,5 a 7h,| m. a7".is.. 17. *,5 7.7 17- 4,4 1 ■ I? 16 a 7 im.-l- 3,9 + + 7,'' 4,5 |a 8 .i m. a. 8l;.i m. a yli.i 111,. a midi, . . 17- 17- 7,8 17-",1 17- 6,3 \ a 7 {m.-f- a 7 + 3,9 5,5 a Sh.i s. . a 9''.'m.. 17- 17- 6.5 6,0 9,8 I', 7 10,8 a i'\ s. . 4- 0,4 + 9,3 k £-7 a midi... + 8,1 a 8 + 3,5 + 8,1 a Si^ \ m. a 9i„i m. i7.I>-,8 a Sh. m . 17- 17- 'o,i| !8 a i'\ s. . + '•,7 a 8 + 1,5 + i,<; 17. 10,8 17.10,71 '9 a ih. s.. + If a S i — 0,5 + iji a midi.... iS. 0,1 a 6h.im. 17. 18. 0,1 " ^0 a midi. . -f- K^ a i,is.- o,o + 3,1 a midi.. . 17. 10,3 a 7^im.. 17. 17.10,8 j 1- - 1 a midi.. + 0,6 a 7 im. - 1,3 + Oj; a 8h.i m.. 17. 10,0 a 8'\is.. 17- 9.6 17,10,5 . 11 1 ; a midi... + a midi.. + 3 7 4 — i7i - 4,0 ',3 Ojj a lo''. m.. iji a Sh. m.. 17. 7,8 17. 4,6 17. 6,9 17- 4,5 1,1 + a 8h. s.. . 17- 4,0 5,0 '■4 a 9".! s. + 1,5^ 3 7 5 — o,6 + 0,4 a 9". s. .. 17. h-.O a l'^\ra.. • 17- 17- 5,5 If .1 midi... -\- 9.1 a 7 i + 5,1 + 9_i a midi.. . . •Li. 6,6 a 8Km. . 17- 6,0 17, (-.6 16 3 iKi s. + 8,7 a 8 -H 6,5 + 8j5 a midi.. . . 17- 7.4 a 8\m,. 17- 7,5 17- 7.4 a ih. s.. + .a midi... -\- S 1 + + 17. 5,5 17- 5,4 17- 5,3 , 17- 4,5 18 6,8 a S + 5,' 6,8 a ?'\ s a 8h. m. . 17- 4,0 1^^ 19 a midi... + «,i a 1 f S..+ 5,91 + 6,1 a ih.ls. .. 17- 7,9 a 8I1. m. . 17. 6,5 17. lA " -1° i ih.s.. + 3.7 a lo — 0/, + S,*^ a loii. s . i8. 3,7 a 8l\im. 18. 1,0 18. i,o| ' RECAPITULATION. Plus grande elevation dii mcrcure 18. 3,7 le 30 Moindre elevation du merciiie 17. 1,8 le ; Elevation raoyenne 27 .8,8j P!ii5 grand dtgre dc clialeur + 9,5 le ii Moindre dcgrii de cha'.eur — 4.0 ^'^ n Cluleur moyenns 4~ i,7 Nombre dc jours beaux 8 de cniivcits 11 de pliiie ,. 9 ! . L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, ,.\riniaire mi rii. r ^ Hyg. 7!, I so,? So, 7 78,0 84,1 loS.o Vents. s 9 97, )■ lOf.O 94,6 !- IOJ,0 I \ 94,^ '4 94,5 16 91,5 ■- 88, y 88, J 70,5 " 51. y f4,o ; - 48,0 «9,o 101,0 - 1=4,0 -" ic+,o , N ■05,5 -9 185,0 y-\ 76,0 Calme. S. N-E. fort. N. Calme. s-s-o. S. fort. S. S-S.O.foit. S-S-O. o. Calme. S-O. Calme. S. S-E. Calme. Cdlrac. N. N-E. N-E. E-N-E. E. Calme. S. S. s. o. Calme. N. POINTS LL'NAIRES. Pleiae Lune. Lunc perigee. Equin.iicsccnd Dcrn. Quart. A'ARIATIONS DE I ATMOSPHERE Noav. Lunc. Equin. ascend. Lune apogej. Prcra. Quart. Beaucoup d'eclaircis; ncigecntre 7 et lo heures du soir. Eclaircis vers miJi ; brouillard cpais le matin. Cici couvert ec brumeux. Couvert ct brouillard; nei^e par intervalle ilepuis midi. Beau avaot midi ; ciel legeiemeiit couvert le soir. Ciel couvert ; pluie le soir. I'luie presc]ue continuelle. Pluie avant midi et le soir. Ciel convert; quelques eclaircis par iiite.rvalles. I'luie une paitie du jour. •■ Eclaircis avant midi; pluie le soir. Pluie presque continuelle ; brouillard Ic matin. Ciel a demi-couvert. Brouillard epais le matin ; beau ciel. Ciel couvert. Cic! a demi-couvert; supctbe route la soiree. Superbe ; Ic'gcr brouillard le matin. Ciel couvcit , brouillard epais toute la journee. Superbe ; legcr brouillard le soir. Ciclnuageux par intervallcs; forte gelee. Ciel trouble ; quclcjues nuages vers a\\.\\. Ciel nuageux- avant midi ; couvert dcpuis 4 heutes du soir. Quelqucs eclaircis vers midi. Brume; la rcrre couverte de glace. Pluie presque continuelle avant midi ; beaucoup d'eclaircis Ic soir. Quelques eclaircis. Ciel couverr. Brouillard epais; pline presque continuelle. Temps pluvieux et brouillard toute la journee. Ciel a demi-couvert ; beau le soir. Pi E C A P I T U L A T I O N. de vent 11 de gtcle o de tonnerre o de brouillard 9 de neige 2. Le vent a fojffli du N 5 fois N-E 4 E I S-E I S 9 S-O 1 1 N-O o io:i JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE "'■'■ = 't NOUVELLES LITTERAIRES. Dictlonn aire elSmrntairc de Botanique , par Bulltjrd , revii. et prcsque enttt'rement rejbndu par L,ouis-Claude Kl c H A RD , projhsseur de Botanique a I'Ecole de JSIedecine. Outrage ou toutcs les parties des planlcs , leurs diverses affec- tions , les tef'mes usitfJs , et ceux qii'oii pent introduire dans les descriptions botanujnes, sont definis, interpretes avec plus de precision qn'ils nc font ete jusqn'a ce Jour ; Suivi d'une exposition inethodique de ces raeraes terraes , au moyen de laquelle, et a I'aide du Dictionnaire , I'etudiant peat prendre une lecjon suivie sin- cliaque partie de la plante ; Precede d'un Dictionnaire botanique latin-franrais ; Orne de vingt planches, gravees en taille-donce avec le plus grand soin : i vol. in'&'. A Paris , cliez A, J. Dugour et Durand , Libraires , rue et h6tel Serpente. On voit , par le tltre de cet ouvr;t-ge , qu'il n'est pas un simple Dictionnaire de quelques terines de botanique ; uiais c'est im Precis tres-bien fait, dos notions les plus elenientaires des ternies de liotanique , des differcntes jnethodes pour etudier cette science, et des principales fonctions pliysiologiques des vegetaux, Les belles planches , dont il est orne , ea angmentent le raerite , parce qu'elles repr^sentent les princpaux objets qui y sont traites. Les Merveilles du corps humain., ou notions familidres d' Anatomie , a I' usage des enfans et des adolescens , par L. F. Jadffret. a Paris , chez A. J Dugour et Durand , Libraires , rue et liotel Serpente. i vol. in-\6. L' Anatomie devroit entrer essentiellement dans les plans de I'education : qui est ce qui int^resse plus Thonune que de se connoitre soi-meine. r»»Ti ,-«j-o». Connois-toitoi-ineme, disoit I'lns- cription dn Temple de Delphes ! ( Dlogene-Laerce attribue cette sentence a. Solon ). La connoissance de I'hoinme renierme deux objets princlpaux ; celle de son coi'ps , ou Tanatoniie ; et celle de son coeur , ou Yhomme moral. ET DHISTOIRE NATURELLE. io3 Histolre Naturelle ahrdgee du Ciel , de t Air et de La Terre , on notion, de Physique gdnerale , contenant ce qu'il n'est pas perinis d'ignorer sur le systeme du moiide , ]es astres , I'air, I'eau , le feu et la lumiere ; I'electricite et le magnetistne ; les meteores , la geoCTraphie physitjvie de I'air, et les cpir.ions des philosophes et des savans sur sa formation ; onvrage mis a la porlee des gens du monde , et traite d'apres I'eiat actiiel des connoissauces, avcc onze plauches, dont une carte du ciel, par Philiekrt. a Paris, de I'lmprimerie de Digeot , grande rue Verte , faul^ourg Ilonore , n". 1126 ; et se trouve , i Paris , chez Debcjhe I'aine , rue Serpente , n°. 6 ; Plassan , rue du Cimetiere- Andre-des-ArtS; ii°. 10; Deterville , rue du Eattoir ; Fuchs , rue des Mathurins , hotel de Cluny , n^. 3345 Villiebs j rue des Mathurins , n'. jp6. 1 vol. grand i«-8°. Cet Duvrage, d'une belle execution typographique , paroit remplir le but de I'auleur. II off re un precis de la physique generalr- , de rastroiiomie et de la gdologie. C'est \m service que de mettre ces sciences h. la portee de la plupart des lecteurs. Reflexions sur la Sculpture , laPeinture, laGravure, /'Archi- tecture , suivies des Institutions projires a les f aire Jleurir en France , et d'un Stat des objets d'art dont ses JMusees ont ete enrichis depuis I'an, 2 , par le gdneral Pomereuil , seconde ddition. A Paris , chez Bernard , libraire pour les mathemati- ques , sciences et arts , quai des Augustiiis , n°. oj. Le d^bit rapide de la premiere edition de ces ouvrage , jjrouve qu'il a interesse le public. Cette seconde edition est encore plus digne de lui plaire par les additions qu'y a faites I'auteur. io4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ' ■■•"■ "■"■■■ ■■■"' TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE CAHIER. IVl ATHEMATIQUES. Pag- I \Astronoinie. 2 Physique. 8 Mecanique. 10 Musique. Ibid. Calorique. 11. Fluide luniineux. "j^ 12 Fliiide electrique. ■ i5 y^//- atmosplieriqiie. i4 Meteorologie. i5 Fluide galvanique. 18 Zoologie. 20 Anatomie des animaux. zj Botanique. Ibid. Phisiologie animale. 3o yiiia torn ie des plajites. 3g P/iisiologie vegetale. 4^ Chaleur des vegetaux ct des animaux. 47 Medecine. 5 a Tvlineralogie. 55 Cristallographie. 63 Geologic. Ibid. Filons metalliques. 67 Bitumes. 68 Volcans. Ibid. Fossiles. ^ 75 Chimie des miiieraux. * 85 Chimie des vegetaux. 87 Chimie des animaux. 88 ./^ri^. 97 Observations metSorologiques. loo^ioi NouDelles litteraires. 102 ^me,rtcan,i/cne- 'JlacQi eJuiZayv/cAe. ^jlace I I CcLucasiscL. J^cLce, aMongadifcio. ,f^ac& cAjAio/jtJ^cht JicLce viim^rtcMiifcL 'Acu:& cJCala^jifiAa ,%x:e A^ii^i>Jt' ijn 7 - m. •%">- ^ JOURNAL DEPHYSIQUE, D E C H I M I E ET D'HISTOIRE NATURELLE. P LU V J O S E an 7. "TTTl^CS'=^tV" EXPERIENCES Fakes stir I'lildrogene carLone pour decider si le carbone est un element on line substance composee ; Far le D. Goillannie H e n r t , memhr/i de la societi rojyale des sciences de Londi'es , de la societS philosophique Litteraire de Manchester , etc. J-Jes consequences que le docteur Austin tiroit de ses expe- riences sur le j^az hldrogene pesant (1) par rapport au melange du carbone, occasionnoient un si grand changeraent dans I'ex- plication d'une suite indelinie des phenomenes les ])lus impor- tans , qu'elles ne poiivoient plus etre ado|itees sans un examen severe de la mctliode que ce iiaturaliste avoit suivie, et la rdpS- tition la plus soignee de ses experiences. Je me ilatte de montrer aussi aiscment la source de I'erreur dans la premiere, que la pegligence des accessoires dans la seconde. Le docteur Austin trouva qu'au moven des commotions elec- triques sur le nierrure , le gnz hidrogene carbone augmentoit precisenicnt du double son volume primitit'. Cette ex!ension snrprenante ne lui parut avoir d'autre cause connue , que celle du degagement dii gnz hidrogene. Le gaz electrise , mis en combusrion par le gaz oxigene, exi- gooit plus d'oxigene pour en etre sature avant , qu'apres I'elfet ■ i~ ' [\) ^ oyez. les cxprrionces d'Austin , sur cc giz , frans, Phil. vol. 80 , pi. 1 , pag. 5i a 73 , et dansle Jourii. de PhysiijtieicGienf 3 vol. p. 247 a 253. Tome r. P LU V 10 S E c/i 7. O io« JOUR NAT, DE PHYSIQUE, DE CH IMl'E do reuncciloolcciri(jue ;. ainsi la quanritd oxulabls ang;;.\cnte par' cette operation. Le gaz hidroSi^ne^ qiu se degnge en electiisant , scmMe prn- Tenir de la decouiiiosition de ceri^iuies sulistaiic.es par re!ccii-i- cite , et non pas soulfiineni do rexpansion de rehii que contient le gaz liidrogcne c.ai'luiiie ; car, si la quaiitite d'liidrogene ne sottil'roit aiicune alteration , el; que le rntode d'aggregation Itlt senlement change, il ne pourrolt se conomiier iine plus grande quantite d'oxigene npres i'electi-isation. Outre riiydrogeiie du gaz hidrogcnio carbone, il n'y avoit , dans celte experience en contact avec les tnhes de verre et le- inercin-e , que dn carbone ot de lean , dont la derniei'e , quoique non partie constituaiite desgaz, s'y trouve souvcnt meliie. Si le gaz Imlroa^eiie qu'on bbtient , provenoit de la decompo- sition de la ])reiTiiere de ces substances , il sei-6lt evident qu'une quantite determlnee de gaz lildrogeiie carbone, electrise, don- neroit nioins d'aclde cai boniqiie , par la combustion avec I'oxi- gene , que pareille quantite de gaz non electrise. D'apres.ce qni a ete dit ci-dessns , qn'ii. y a nne phis grande •absorption de gaz oxigene, en eraployant du gaz electrise, il resulte que , pour determiner le contenn du carbone pur la com- Lustion , on ajoute au gaz , avant I'eff'etde I'etiiicelle electrique, nne phis grande portion fl'oxigene qu'il n'en i'aut pour saturer rhi(lroe,e e qui se degnge. L'on doit s'attendre, en negligeant cette precaution, ([ue le produit en acide earbonique sera moin- dre, puisqu'une partie du gaz hidrogene carbone , echappera k la coiulinstion. Le carbone ayant line grande ailinite avec I'oxi- gene, ctliu que contient le gaz hidrogene carbone, sera sature- et converti en acide earbonique , avant que I'attraction de I'lii- drngene pour I'oxigene alt ]iu produire de I'eau. J'ai trouve cependant que le resldu de la comliustion dn gaz- liidrogcne carbone avec nne petite quantite d'oxigene , n''ctoit priS siiiqjlemeut du gaa hidrogene , inals encoie du gaz hidrogene ear bone. Dans les deuxieme , cinquienie et sixieme experiences du D. Avjstln, oil la quantite de giz electrise fut examinee en I'em- brasant avec I'oxigene, la combustion ne fut qu'imparlaite , parce qu'il n'y avoit point assez d'oxigene. II est ariEsi tres-reitiarqualile que plus la comlmstion etoit par- fftite, plus le gaz electrise produisoitd'acidecarbonifpie. II seroit done tres-proliahlc que si elle s'etoit fiiite pbis par'aitement , non-seu!ement il n'y auroit point Vjnanque de gaz acide carbo- ET D'HISTOIRE N A T U R E L L F. ioy Clique , mais aussi on n'auroit pu supposer que le carbonc se ful decompose. 11 y a une tres-^rande objection h. I'aire , tant sur cette expe- rience , que snr piesque toutes ccllesdii D. Austin , c'esf que les rcsiJus nc f'lirent jamais examines avec assez de soin. Cette ol;jection devient encore plus valable contre les Imiiieme ct neu- ■vieine experiences, ou au lieu d'augmenter la tpiantite cl'oxic,e'ie pour embraser le gaz electrise, il I'avoit au contraire dimiuuee. Ainsi , par exemple , dans la liuitieme experience , il mit en com- bustion 2,83 pintes de g!Z hidroi^ene cirbone , avec ^,5'& j^intes de gaz oxigene; et dans la neuvieme experience, la ([uaniite de gaz oxigene n'etoit que de /\,oc) pintes , qnoique les 2,83 pintes eussent ete dilatees jusqu'a 5, i 6 , et avolent, par co!is6quen[ , beaucoup anginenie leur masse oxjdalilo On pent faire la nieme objection k I'egard des autres exjSeriences du D. Austin. Le point principal et decisif'i determiner, en repetant ces expe- riences, est doncde savoir, si le carbone qneconrient le gaz hidro- ;gene carlione , soidiVe nne diuiinivtion pur les commotions ele(?- Tiiques. Si cela ne se confirnioit pas, cela jetteroit un grand jour sui- rorigine dn gT/S liidrogene qu''il a obtenu. Les experiences suivantes ont ele f'aites pour -y parvenir, et on a eu grand soin de ne pas tomber dans la I'aute du D. Austin, en eraployant trop peu d'oxig^ue (i). PREMIERE EXPERIENCE. On mit dans nne corntia et d ms I'appareil du mercure, 94,5 pintes do gaz liidrogene carboiK^ ( extrait de I'acetite de potasse), avec 107,5 pintes de gaz oxigene. Ces 202 pintes ihrent rjduites, par une explosion, a 128,5, et par I'eau de cliaux, k 5/{ : la disso- lution de suU'ure de potasse les diminua jusqu'a 23 pintes 5 la (j ; Je me servis , dans ces experiences , de rapp.iieil d^'crit par Caveri'lish, dars le 75=. volume des Trunsuctions plulosnpliiqnes. I'lmr ['expansion du i.'aE .,. je fis usage d'lin condi;cteur an-anpe suivant ta methoJe de Piiesiley. f Sar les Gaz , tome 10'. , planche 1 ". , fiijuie 16 '. i e volume dcs gaz (|ii'on j avcit inti'oduit fut determine, apres" plu^i'urs experiences, lant par une crlielle niouvante qu'eii pesant clia(|iie fois le mercure tjui remplissoit le tubs, jn3(|u'a la marrjue de I'echel'e; par ce moyen , je ra'evitoi.s la peine de prajluer le Inbe. Un grain d« mercure rcinplissoit, precis nient une pine. QuoLju^on puisse objsclcr conire 1* petite qua mile (pi'on em pi ova dans ces eKperiericc!, j'avoiscej;end\nt I'avantage de, pouvoir cmbiuser Ic ^na ^lecirise par une explosion , corunie cela a eu lien dans If s 4 , 6 et 3'J. experl'TtcPS. Totitos les erreurs(juc les cb&ngemens de tempera- ture , ou le poids de^i'atEiospIicrc , auroient pu o'jcasionnar, furcnt evilees avec Ic ]j1:i> ^''^i^'^ soin. O3 lo8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE dimlnulion de 74j5i piiites c[u'occasionna I'eau de chaux , rous indiqiie la quantiie de I'acide carlionique qu'on obtliit par la: eombvistion de 94,5 pinles .d'liidrogene car bone ; les ?3 pintes restanies, apres I'efTct dii sull'ure de potasse , nous indiqiient Li quantii^ d'iizote que contenoit le gaz liidrogene carbone. Le giz oxig^ne , employe dans cette experience , etoit extrait dii niuate de potasse , et si pur , qu'il est impossible qne la pelitc qnantil^. dont on s'etolt servi, eiit pu contenir autant d'azotc. DEUXIEME EXPERIENCE. c)4,5 pintes de gaz liidrogene carbone furent, par des commo- tions repelees, reduites a ib8 pintes. L'augmentation du gaz hidro- gejie etoit done de 90,5 pintes ;ce gaz ainsiangjnente lutenibnlsea jjlusieurs reprises par 892,5 ])intes degaz oxigene. Le residu , a]iies ces diiierentes explosions , lut de 2o3 pintes ; I'eau de chaux les di- juinupc jnsqu'a 128,5, et le sulfure de potasse, jusqu'a 19,5; la qiiantite d'acide carbonlqiie fut done la rneme que dans ['expe- rience precedente, c'est-a-dire, de 7416 pintes. Ayant trouve jc Irouvai que I'expansion. n'alloit pas au-clclii cUi 7^(1) du voluine pruuitif; et cela n'eut lieu (lu'apres 160 commotions ties-forles , et 80 aiitres apres ji'eii pro- duisirent pas davantage, rjxioique les premieres commotions 'aiiroient certain emeiit snfli pour dilator le gaz dans son premier etat au double de son volume j^rimitifv Mais des <[iie j'eus ajoute au gaz tine ou ,dcux gouttes d'eau , rcx:)ai!sion, aiiguienta comiiie i i'ordiuaire. Jedois oljscrver i<;i que s'il s'insiimej par hasard, quelque ]icit d'eau daiis .le tube ( ce qui m'est souvent arrive avant d'etre cxerce dans la mauiere de mettre le gaz hors de I'eau pour le transporter dans I'appareil au nierciire), la dilatation, augmente bcaucoup. D'a])res la decouverte de Monge, les commotions ^lectriques produissnt les raemes eflets sur le gaz acide carbonique , que coux que nous vcuons de voir sur le gaz hidrogene carbone. Landrlani et Van Marum ont attribue de m^me cette expan- sion au deaag-ement du H;az liidrooeue ; et Moiijie a parfaitenient demontre que cette expansion provenoit de la decomposition de I'eau qiii se trouve en dissolution dans tous les g;iz , dont Toxi- gene, ainsi qu'il le rapporte dans ses experien'ces , s'etoit reuiii au me re are J mais ce ipii rend tres-vraiseniljlable que j dans iiies experiences , ce menstrue de I'eau n'est pas un corps metal- lique , c'est la presence de -la substance qui -oxide ie carbone , outre qu'il a plus d'affliiite avec I'oxigene qu'avec les metatix. Les experiences suivantes prouveronC encore inieux , que le mercure qui etoit reni'erme avec le gaz, ne ponvoit avoir aucuiie part h. la Droductlon de ce plienomene. N E U V I E M E EXPERIENCE. Une partie de gaz hidrogene carbone fut mise dans un tube de verre, I'erme a une de sesextremiies , au travcrsduquelpassoit un ill d'or , de sorte qu'une partie tie ce fil etoit eudedaiis, et I'autre en-dehors. L'autre extremite , qui etoit ouverte , i'ut ferinee avec nn bou- clion, au travels duqucl passoit pareUleraent un lil d'or, de nia- niere a poiivolr donuer f'acilementune commotion electrique au gaz (pii> etoit rcnf'erme , sans qu'il lut eu contact avec uu met:il capaljle do decomposer I'eau ; eii ouvraiit le tube sous I'eaa , il eii sortit aiissi-tot une quaiUiie de gaz. (j) Dans la i-ccapitii!alion , il porte cette expansion a J. E T D • ni S T O I U F. N A T U R E L L E. 1 3 1 D I -\ I E j\l E E X P E R 1 E N C E. Comme j'ayois remarrpe cjne I'expansion du gaz aiigmentoit BoaiTcoiip, quand il se troiivoit expose sur I'ean a riiiflticnce de relcctricite introduite par les couducteurs d'or , j'avois mis , dans Ics deux experiences fpii precedent , tin corps en contact a\ec le giz (pi a la propr.'ete de decomposer I'ean ; savoir, le carbone. Le melange de ce dernier , avec I'oxigene , est tres-sensILlc dans la formation de I'acide carbonicjue. Le D. Austin ne rcmarqua pas qu'on oijtieiit un precinite en' remnant le gaz electrise avec lean do cinux. La coulenr du syrop de yioleites ne I'lit pas changes ( comme je m'y attendois ,-■ d'apres les experiences duD. Austin ),de maniere ;i indiquer la presence de I'auimonlaque , quoicju'il f ut tres-pur et tres-st ns'blc.- Voulant examiner s il se feroit un changement dans le volume du gaz, tn I'exposant plus longtemps a i'infhiencs de ce liquidc,.. je trouvai que , snr 739 pintes, il en absorboit loo. J'imaginai que cette absorption devoit etre attribute a la ])resence de I'acide carboni([ue : je mis, a cet el't'et, de l''eau cla cliaux dans 556 pintes de gaz ([ui etoit dilate ; ce qui le reduisit k Sii.- Cette absorption auroit ete encore plus f'rappante , si le gaz e\it ete plus dilate avant cette operation. L'eau de chaux n'etoit que fort peu troublee ; cependant mon ami , M. Rupp, qui assista h ces experiences et a plusieurs autres , et qui est tres- exerce dans les recherches chimiipies , I'ut satisfait, lorsqii'il vit tomber, quelques instans aprcs , de petits flocons^i la siqierficie' du mercure. Cette contraction da gaz ne pent £'tre attribuee qu'a' I'alisorption de I'acide carbonique ; car ,. outre qtie la couleur du" syrop de violettes et d' la racine de curcuma dont je me ser\i? anssi, ne f'ut nidlement char^geepar Ic giz electrise, je crois pou- voir alleguer contre I'opinion, que le gaz absorbe fut de rammo- niaque J qu'on ne remarqua aucune diminution de volume, iii cpielc gaz electrise se Kit tronble , lorsqu'on ymSla du gaz aciile laurlatique qui auroit dA i'ormer un sel ami!ioniac':en rijout,i; t de l'eau aux deux saz, non-seniement elle absorboit le eaz acide muriatique, mais queifpierois plus.- LcD. Austin convr.incu que rentiere decomposition du carbone ctoit prouvee , p-ir ses experiences , d'une maniere irrevocable, donne I'hidrogene qiii s'est dogage comme ure de ses parties,, et i'azote pnur I'nutrc. Mais cette conclusion repose entierc- !ncnt sur luie f'auts d'otservatlon qui I'a cntratne dans les:- plus grandes erreurs. Le gaz liidrogcne quo le D. Aiistin cm-- iia JOURNAL D E P H Y S I Q TJ E, DE CHIMIE ploya dans ses'cxperiences , etoit,aiusl qu'il ravouc lui-niume, niele avec beauctjup d'azote : il en indique lui-meaie la raison , eu disant que ce gaz avoit sejoiinie long-teuips sur Veiiu ; et ainsi qucle D. Higgiiis la pi ouve , il adu donner, lorsdela coinb.istion , line plus gi-uiule quaiuite d'azote, que si on i'cui employe des iiu'il nil iniipuie. 1 y X Il paroit done tres-vraisemljlable que le rapport de 1' azote aug.- uieute eu raiion du teznps qu'il a sejourue sur I'eau : ceci fait coiinoitrela cause principale de I'erreur qui paroit avoir ccliappe a I'attention du D. Austin. Je tacliai done, en repetant ses expe- iieuces, d'eri i'aire deux comparatives eutre une egale portion de gnz electrise et non electrise , en mettaut si pen d'intervalle tntr'ellesj que la proportion de I'azote iie put avoir cliange dans aucune des deux. Quant a. la 9''. experience oil 1^ azote semLloIt s'etre angmente par Tolectrisation , je repete Tobservatlon c|ue J'ai dt^ji f'aite, qu'il y avoit employe trop peu do gaz oxigeiie. Dims la 8'". , apres que ■jjOo piiites de gaz 110x1 electrise eurent ete uiises en combustion ];>ar q^^y pintes de ^az oxl^ene , il ne resta qiie o,i5 pintes de ca dernier, outre ce qui etoit necessaire, pour la saturation; dans I3. 9^ ., au contraire, la quantite de gaz oxigene etoit de 0,08 pintes uioiiidre , malgre que les 2,83 pintes eussent cte diiatees jusqu'a 5,16. D'apres cela, on pent bien admettre qu'une petite portion du gaz liidrogene etoit restee unie au gaz azote sans s'etre alteree. Dans la 8<=. experience , oii il eiiiploya plus de gaz oxigene qu'il i;i'en f'alloit, il etoit possible qu'elle restut unie eu partie au gaii azote , comnie dans les experiences des D. Illggins et Priestley. Dans la 9''. il g-voit employe precisement la (piantite necessaire de gaz ox:gene, pour satui'er les deux especes de gaz inflamma- bles , apres relectrisatioii. Si, au contraire, on augii;\ente le rapport du gaz oxigene, et qu'on allume le gaz electrise sevdemeiit par petites portions , on remarquei'a, au lieu d'une' augmentation , une diminution dans I'azote, coiinue cela a eie demontre par ines deux premieres experiences. II me resto encore a. rajjpcler deux clrconstances des expe- riences du D. Austin, doiU je n'ai ])u i'aire mention jusqn ici , savoir du precipite a])parent du gaz liidrogene carbone pendant relectrisatioii, et de la formation de rammoniaque pendant ce je preparai depuis. Je dus naturellement attribuer la non-reus- slte ■ET D'HISTOIRE NATURELLE. n3 ^ite de cesphenoraenes, au grand desagenicut de gaz azote dans la seconde portion de ce gaz. Je fis alois passer des commotions .electriques au travers d'lxii melange de gaz lildrogene carbone et du quart de son volume de gaz azote jce (pii me donna un precipite qui auroit peut-etre montre une coulcur blanche, s'il n'eiit ete oLscurci par les petites bvdles de mercure qui fiirent dispersees ]jar la violence des commotions. Une infusion de violettes, introduite dans ce gaz electrise, fiit teinte en vert; cependant ce changement de couleur ne se fit pas aussi promptement que dans I'absorjrtion de raminoniaque , mais .exigea qu'on repandjt ce liquide sur toute la superlicle interieure du tube. D'apres cela , nous pouvons conclui^e que ce precipite €toit nn alcali , peut-etre du carbonate d'ammoniaque ; mais la qnantite en etoit trop petite pour etre examinee avecsoin. Je tcnnine ce memolre par une courte recapitulation des f'aits qit'on y a discutes (i). 1". Le gaz liidrogene carLone , dans son etat natural , auffmente ■ du double son' volume priinitif par des commotions electriques ; .et comme le gaz inllammaljle est la sevde substance connue qui puisse produire line si grande augmentation, ainsique lesplieno- nienes qu'ou remarque lors de ia combustion du gaz electrise avec le gaz oxigene , nous pouvons attribuex cette dilatation a Ij. naissance du gaz hidrogene. 2°. Le gaz hidrogene qui est prodult, ne provient point de la decomposition du carbone , puisqu'on retrouve la m^me quan- tite de celui-ci avant qu'i-.pres I'operation. ,30. Le gaz hidrogene doit son origine a la decomposition de Teau , parce que la dilatation du gaz Jiidrogene carbone, depouille autant que possible de ce lluide avant relectrisation,ne pent ^tre portee'v au-dela du ^ de son volume ordinaire (2). 4". Le menstrue de I'eau n'est ]>as un metal , le gaz n'etant dilate et en contact qu'avec un tube de verre et de i'or qui ne pent decomposer I'eau. 5". L' oxigene de I'eau , qui se trouve en dissolution dans le gaz hidrogene carbone, s'unit pendant Telectrisation au carbone. fi) Lorsquc j'eus atheve ce traite , j' lis Ics m^mcs recherclies sur'le ga-i hidrogene pliospliore fjue sur le gaz hiilrugene carbone ; il se dilate conime le gaz hidrogine carbone , et perd son inflaiiiiiiahilitc par le contact Je I'oxigcne ; on appercoii alors iiueiqucs trac'S d'aride pliospliorit^iie i|ui se forme. (2. !l ne porle ccilc espaiiiion , dans la U«. txpencnLc, (ju'u — . To'me F. PLUVIOSE c« 7. p iv4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHrMra et forme de I'acitle carhoinqne dont In pressnce an<2;mcnte Fex— paTision qui se i'ait deja par le deg:!gemeiit dit s,ci7, Imlroti^ejie. 60. II Tie se prodnit point de gaz azote pendant Felee-trisattGn' clii gaz hidrofiene carlione. 7". D'apres la liaison de ces faits, il resulte que le carbone pent encore ^tre regarde comme un element, c'est-;\-dire , comme un corps dont la composition nous est jusqii'ici inconnne, mais- dont I'a d(^composition est peut-etre reservee aux travaux d'uu- chimiste futur et plus heureux. E S S A I S Sur la teinture par les dissolutions d'dtain ct Ics oxides^- , colords da ce mdtal ; Par J.-M. H A u s s M A N w. Xjks nombreiises experiences qiie j'ai faites snr les dissolution s- d'citain , relativement ;i la teinture , m'ont couduit a des resultats cnrieitx et assez intercssans , a ce qu'il me semhle , pour meriter d'etre publies. Pent - etre parviendra-t-on h. les periectionner , a les multiplier et a les rendre plus iitilcs a cet art. Je ne repeterai pas ici ^ en detail, les experiences "fliites dans I'lntentiond'obtenirlasolitllte du rouge de Turquie, par la fixation', de I'oxide d'etain sur le coton et le liii ; elles se trouvent inserees- flnx Annales de Chimie de Tan 1792. II seroit meme inutile d'en faire mention , ayant trouve depuis uii rouge aussi sim])le que beau et solide , sans employer I'etain ,,dont k precede sera peiU- . Stie public incessamment.. Je me Ijornerai , quant ;\ present, tl exposer les expeiienccs (\v.v. m'a suf.gerees I'id^e de coiiccntrer les jiartles coloraiites do la garance, de la coclienille et de toutc-s les drogues de tein- ture , an moyen de I'etain , jiour les rendre immediatement appll- cables aux etoffes , par la vole de la dissolution et de la preci- pitation.. Commentjant par le procede aiTquel je dus , dans le temps, la conleur prune-monsieur , je ferai voir que la variete et la soll- dite des couleurs ,. cpii ont pour liase I'oxide d'etain , depen- dent autant de la quantite d'oxigene combine avec ce metal , tine des circonstances ou cette combinaison a lieu. J'ienoiois ET D'HISTOIRE NATIIRELLE. ii5^ cette verite lorsque j'employois cette couleur prune - monsieur pour les indieunes ; car aii lieu de la dissolution nitro - muria- rique , j'aurois employe le miiriate d'etaiu , qui ne contient que •la portion d*oxis,ene necessaire k sa dissokition. Comme ])our la couleur en question , je me suis servi en tres- prande quantito de la dissolution iiitro-aiuriatiqvie d'etain, je !a I'lisois de la nianiere la ]5lus promptc ct la moin-S dispendieuse , dnns de grands matras a longs cols , de six a huit ])intes , sans inettre, clans I'un oul'autre, plus de qnatre livres d'eau-forte de commerce , avec qnatre onces de sel de cuisine. Cette proportion qui, si toutefois I'acide n'est pas trop foiljle, s'echauffe an point de devenir Ijouillante sans le secours du feu , produit , en ajmitant deux onces d'etain apres la disparitiou de la premiere ouantite , une cfiervescence ou degagement momentane cle gaz nitrenx , qui nc se repete plus, bien que i on <:ontinue la dissolution , once par once , apres que cliaque por- tion a disparu. L'on peut , d' apres la force de Pacide nitrlnue, augmentfer et dimi- nuer la (piajitite de seize onces d'etain destuiee a chatnie matras, et prendre ])lus on moins de dissolution, selon lescouleurs que Ton veiit jn-oduire. La dissolution faite sans ttre Ijrusquee, rcste tou- jours transjiarente , ne depose point d'oxide , et se laisse etendie dans plus ou moins d'eau , sans se troubler, selon qu'il s'y trouve plus ou moins d'acide en exces ; il s'y forme de rammonlaque , en raison de I'acide nuiriatifpie pur ou combine avec des aloalis que Ton ajoute k I'.icide nitrique. La proportion intliquee d'acide nitrique et de muriate de sonde J est celle qui sans se trouiiler ct sans ahandonner son oxide , ni'a constamment oxigene , au plus haut degre , la disso- lution d'etain. U faut u'ser de lenteur et ne dissoudre que peu d'etain a-la-fois ; par cette precaution Ton evite le desagrcment de la transvasiou , et Ton ohtient une dissolution dont I'acide jikritpie n'a pas cade trop d'oxigjsne , par consequent cajjable d'etre etendue dans une grande masse d'eau sans se precipiter. Cette methode de fairela dissolution nitro-muriatique d'etaiu, forine un depot noir (pii, au dire des cliimistes (jui I'ont examine, est un regide d'arsenic, dont I'etain , scion eux , n'est jamais exempt. Les dissolutions nitro-murlatlques d'etain pcuvent done varier, par le degre d'oxigenation , en raison du plus ou moins de len- teur que l'on aura mis dans leur preparation , ainsi qu'en raison de la ((uantite d'acide umrlatiqiie pur ou combine que Ton auni iiielc avec I'acide nitrique. Pi llmiue le ijuiriate d'etain , et nullcmeiit c(juiiue la dissolution, ultro-muriiitiqae de la couleur prune - monsieur , dans kupielle retain se trouve tro]) oxigene , pour jiouvoir se comlnner inti- meiueut avec Ics parties coloraiites , et produire des coideurs solides. L'acide suli'urique etendu d'eau , dissout .egalenient l'oxide precipite de son dissolvant muriatiipie , et produit de inenie un < xide d'etain colore en violet , niais tpii se change plus pronip- icnient en caruiin. C'est probablenient parce que cet acide, facile a se decompose!' , cede une portion de son oxigeue k l'oxide d'etain , et attire en meme temps celui de ratmospliere , transmis jiar la liqueur qui Fentoitre. Cette I'aculte de transniettre I'oxigene aux oxides metalliipies qui en sont avides^ me J'ait sou-|iconner que Toau ne se charge (jue de I'oxigcne , et point du tout du nitrogenc ou azote de I'atmosphere. Ce seroit v.n fait interessant a constater. L'infiision de cochenille , nielee avec. la lirjueur qui conlient le precipite (Fniie dissolution nitro- nmi'iatique , faite en evitaut 1' exces, an nioyend''nne liqueiir de carljonato de potasse, fournit ini oxide d'ettiln violet d'eveque ; piccipltaiit par contre de la meme nianiftre, la d';,-;solution muriatirjue d'etain etendue d'eau, .et y aj;iutant l"'infusion_«le cochenille, t'on obtient un violet cha- iioine. L'luie etl'aucre couk'iir indique a-peu-pres la meme scii.- jdite par la liqueur d'amnionia(pxe. Ccs denx precipites , bien edulcores avec de I'eau cliamle , ne ]5roduisent plus d'efferves- jcenCii , et ne se coioreut plus dans I'infusioii de cochenille ; cc lET D'lIISTO IRE NATURELLir. iif> qui' prouve que I'ackle carhoniqne a fort -pev d'arfiiiite nvec ^oxide d'etain qui iif peut fournir ces violets , qii'autnnt rni'ji retic'iit uue jiorliou de son prccijiitant de carbonate de potassc , de ineiue qu'il f'aut qu'il retieniie line portion d'acide , pour' paroitre sous la nuance de carmin. Quoique I'oxide d'etain , precipite rccemment de son dissolvant- muriatique , et avant qu'il ait eu le temy)s d'absorljcr de I'oxi- gene , soit facile a dissoiulro par racido PceLi(pie , j'ai neaninoii;s prelere , alin tl'avoir la dissolulion acctique d etain ires- charpee de ce metal , de la preparer d'uil melange d'une livre d'acetito de plomb , d'une livre ile muiiatc d'etain en oristaux et de deus: livres d'eau f'roide ; biea rerniiee ^ ]c V-ji filtreo cnsiiitn. Observcz. qii'il faut la conserver dans des llacons l)ien bouches , car ollc' attire si f'ortement I'oxig-ene ile ratniospliere , qu'elle depeso snii- oxide , lequ: 1 I'acido actlipie ne peut plus r:"'i:ir en dissolution.' dans cet etat oxigene ; elle doit par consecp.ient etre jirclcree a la dissolution muriatique d'etain , pour les experiences eudio- inetriques. Dans le dessein de produire de I'oxide d'etain colore en ar-. niin , par la dissolution acetique d'etain , j'ai f.it ulie itilnsion d'une demi-once de cochenille etde dixonces d'eau, avec laqupUe j'ai etendu une once de cette dissolution. Le resultat en a ete un oxide violet tres-fonc^ , qui a besoin d'etre expose plusicTirs semalnes au contact de I'air atmospherique, et d'etre rcniue sou-- vent pour dcvenir carmin. Ailoiblissant la dissolution acetique d'etain et employant una plus grande quantite d'eau pour I'infusion de la demi-once de' Tcquiert qu'une couleur cociienille,iI se prodtiitde meme rui violet f'once qui ne decolorc Eas si Inen I'infusion de cochenille , et u'acquiert qu'une c rufiatre en I'exposarit k i'a.ir atmosnheriqiie. La quantite d'eau pour I'extension des dissol'itions d'etain en general', ain,si que pour I'infusion de la cochenille, n'est doi^c pas- iiulilierente dans la production du carmin ; tron neu teriiit la con- leuren s: chant : une tropgranderpinntite affgiblit I'acido plus qu'il' ne faut , et. I'eau acquiert la proj)riete de redissoudre les uarties colorantes de I'oxide ; Ton parviendrl meaie a le decolorer com- jiletement , en reiterant le lavage. Li dissolution nitro- niuri itique d'etain , dont y^ me suis servi pour la couleur yirune-monsieur, pronve caqnejeviens d'avancer. En I'etendant dans soixante parties d'eau , elle abandonner.i er depnsera son oxide sous i'apparcnce d'une geleo ; au bout de rs4 hcuns, on pourra decanter les trois quaits de.la liqueiir acide' qrsi necontiendra plus d'oxide d'etain en diisolirtlon. Ce precipite' 120 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE •spontant!' , C'Llulcore plnsieiirs i'oisj et prive de tout acule, s'emp.Tr vera , a la favour tie son etat gelathioux , tl'une portion Jes ji.ii > ties colorantes de I'iiii'usion de cocheuille , qui se pieseiitera sous 4a I'orme u'une coagulation , pourvii qu'elle ait ete f'aite avec le inoiiis d'eau possible. La ttinture que fon obtiendia , eji lilti'ant ec aielange epaissi, se trouvera encore assez chargee pour scrvir i d'autrrs experiences, et eo qui restera sur le liltre , sera 4i.'i oxide d'etain suroxigene brun-noiratre , dont les jnolecidis siclieeSj sans avoir ete colorees , s'aalutineroiit au i)oint de for- nicr une mass 3 a-peu-pres transparentc , vitrense dans ses cas- ' sures. Si Ton ajoute une petite portion d'acide uitrique au pre- ^jljiite gelatineux , avant de le m^ler a I'infnsion de cochenille , (juine se dccolore tout-i-*kit,qu',iutant que Ton attrajie la ji\stKi ])ro])ortioa , I'on obtiendra , au lieu d'oxide brun-noirutre , un <;,irinin teine, qui brunira par la lique-ur d'aninioniaque , sans TC'prendre sn cuuleiir primitive. La dissolution niariatique d'etain etcndue d'eau et precipitee par lo muriate oxigcne de ])otasse, so comporte a-peu-pres comma '\x dissolution iiitro - muiiatitpie , avec cette diiierence que son oxide , Cj-iioifju'il ne decolore ]ias cnnipletenient I'infusion de •coclienille , fora'iiit un liks an lieu de brun. Get oxide diminiiant tie plus en plus par I'edulcoration relteiee , semb'le s'acithder ; car chaque ibis que I'on change I'eau , elle se charge d'une por- tion de cet oxifle qui la trouble , mais sans depot. L'acide sulfuriipie , substitue a I'acide nltrique , fournira le nieme resultat , tandis (|ue I'acide muriatique , qui exerce une action dissolvante sur tons les oxides nietaUiques , et s'empare d'line partie de 'eur oxigene, produira , ajoute en juste propor- tion au preclj>i*e gelatineux , un carmin un peu plus vif" et plus solide. Cette vivacite et solidite pevivcnt encore etre augmentecs. en remplagant ces acides par I'acetique concentre 5 mais , si au lieu de ces quatre aeides , I'on fait usage des phospliorique, oxa,- lique,galli(jue et tarlareux, I'on 11 'obtiendra rieu qui ni«rite I'at- tention ; il en sera absolument de meme , en precipitant , par ces acides, la dissolution d'etain etinidue d'eau , et en fonnant des phosphate , oxalate, gallate et tartrite d'etain j aucun de ces sels ue se colorera par I'inlijsion de cochenille. A foccision de ces experiences , j'en ai repete qu&lques -i jamais atteindre la siiitace do I'eaii. II porta ses flems en tete ; 5> il les laissc echa])]ier avant quVlles soient epanoiiies. Fcniiecs j> auparavant et conceives, dies s'oiivrent cles qu'elles sont par- sj venues a la surface de I'eau. EUes iiagent par ]e moyen de Tn leurs coroUes autoiir des f'enielles , k la maniere des canards , » et lancent leur poussiere sur les femelles encore vierges qui n nagent aupres des iriales. ->•> La fcinelle a une haiiipc tres-longue , tournce en spirale , a 5> la maniere dii cyclamen (pain de jjourccfiii ). Cette hairipe, » tcrminee par une fleur qui lui reste attachee , est cacliee sens 53 I'cau ; elle s'eleve , se redresse , s'allonge jusqiies a. ce qu'elle » puisse atteindre sa surface Lafleur, ton jours lixecala hampe, J', s'epanoult aussitot : et , apres avoir reste ouverte pendant quel- >3 (jues jours, la f'emelie , rassasiee et n'ayant plus besoin de •>•> male , se retire de nouveau sons I'eati pour y propager scu » espece. {Lin. Hort. CliJ'f. 45.}) ". Volci ce que Micheli a observe. {Nova gener. , p. 12 et i3). ccC'est tine chose dlgne d'admira- t> tion etpresqiie sans exemple dans ses fIeHrs(de la vallisneria) »> dc les voir se detacher de la planfe avant qu'elles s'ouvrent , » s'elever du fond de I'eau juscpies a sa surface , s'y dpanouir » subitement par leur elasticite propre. Au nieme instant leurs » tolioles {les petales) se coatraclent en dessous les uns contre 5> les autres. Les fleurs , tout le temps de leur duree, voguent en 3> troupes a la surface de I'eau. J'ai vu , en ete et en automne, » I'eau blanchie par les fleurs qui se developpent chaqiie jour , et M ressemblent a un petit pre eiuaille de fleurs ". J'ai verlfie ces observations un grand nombre de fois ; je dois en corriger ou modifier quelques - unes , et y en ajouter de nouvelles. Les racines do la vallisneria sont coniposf cs de longues et nombrenses fibres perpendiculaires : elles vegeteroieiit dif'ficile- ]U£iit aillcurs que dans nne terre proFon.le , toiijours liumectee et Ibrtement attenuec : elle tale singulieremenr. 11 part de sa ra.ine nil grand nomlire de trainasses f[ui jettent aiissiiot de nouvelles fibrt s. I. a vase f'acillle leur developpcment et leur reprise. Les feuilles, toujoiirs vertes, partent toutes de la racine Leur longueur est proportionnee au volume d'eau qui les recouvre : car elles ne s'elevent jamais a sa surface, quuiqu'eiles flottent Tome V. PLUVIOSE «/« 7. R »3o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE tres-pr^s sur les bords des talus du canal, elles n'oiit qu'environ' trois decime'res de lorgneur , tandis nite dans la prof'ondeur de son lit, ellcs ontnn uictre et plus. Elles sont longucs , etroites ,. lineaires. Aussi ceux qui ne jugeiit des corps naturels que par leur comparaison en masse avec des objetsiisuels, I'ont prise pour nne algue , dent ils foul un usage habituci ( zostera may'iua, Lin. ) Cette plan^e est dioique , c'est-a-dire , qu'elle a des pltds males et des piedsfemelles. lis ne different entre eux que par les hampcs- et les parties de la IHictilicatlon; ils sont places f ele-mele. Chaque pied porte jjlusieurs hampes , toutes axillaires. Elles- sont phis nombreuses chez les milles que chez les fenielles. Les hanipeS males sont droites et ne s'elevent jamais h un deci- metre. Chacrine est terminee par une spatlie applatie , allongee , .oiituse , transparente , sans aucunc suture ; elle se ronipt et ne- ^'onvre pas , car elle est d'une seule piece, en deux, trois ou quatre lanieres qui se replicnt sur la hampe , et poiu'rissent bientot apres. Alors le poincon commun est a deconvert. II est petit , coni^ que , et charge de ])etits grains d'abord rougeutres et concaves j ,ce sont les fleurs. Je les ai vu s'biivrir tandis qu'elles adherent £ncore au poincon , raeme avant la rupture de la spatlie : elle ne- s'en detactie meme qu'apres leur e[)anouissement. C'est vraiment une chose merveilleuse de voir ces fleurs inutiles ii la lecondation si elles restoient , couune celles des autres vege- taux, fixees a. la plante, s'en separer par iin jet elastique , raonter a la surface de I'eau , y arriver ;\ Li file les unes des autres. . J'ai mis des pieds males de cette plante dans nn bocal de verre rempli d'eau ; j'^.i vu les petits jets de leurs fleurs s'elancer vers la surface. Je les ai vus'ouvrir d'abord, se detacher, se suivre, se cliercher , se reunir eusuite ii la surface de I'eau , et voguer , ainsi portees par les petnles, au gre de la plus legcre inipulsion. Leurs antheres , qui en forment la partie la plus saillante, sont d'un blanc de neige , rameuses , et nou pas simples , comme. LinntBus I'a marque. ( Gen. Vlaiit. ) Les femelles out nne toute autre structure. Leurs hampes sont tonrnees en spirale,et rcssemblcnt parfaitement aux ressorts d'un store. Elles se deployent, s'allougent , se redressent tout antant qu'^il lefmt pour que la ileurpuisse arriver a. la surface de I'eau.. Ce qui fliit que la longueur des hampes varie prodigieusement. Elle est toujours proportionnee ^ I'espace qu'elles ont a parcourir pour parveiiir a la surface. J'en ai vu d'un demi - metre ; celles qui partent du fond du canal en ont deux, soiivent trois. Cest un spectacle singulier cle les voir promeuer leurs tetes ET D'HISTOIRE NATURELLK. l3i allongees , nager a lasiirf'.icej aller , veiiir , se tonrner, se l•etOln-lle^ ■en tout sens , lors meme que le plus leser zephir ne trouble point le caline le pins parfait des eaux , rechercher , attirer , se meler aux ) etites ti'oupes de fienrs males. Le matin, lorsque les rayons dn soleil conmiencent a dorer la surface de I'eau , clles se reti- rent ; la hampe se contracte , se replie en spirale , ct la fleur, abritee par les I'euilles , se soustrait aux ardeurs brnlantes de "I'astre-dii jour. Des que le soleil disparott de dessus riiorizon , •elles reviennent en f'oule sur I'eau. Enfln , lorsqu'elles sont sufli- samment lecondees, la hampe se contracte de jilus fort, tons les contours de la spirale se pressent les unes contre les antres , la fleur I'emelle vient se placer debout dans lenr centre, et brave, dans ce retranchement , les attaques de ses ennemis ; car quel est I'etre qui n'en a pas? J'ai tente plnsleurs petites experiences pour savoir a coinbien de reprises les lleurs femelles revenoient cherclier les males ; je suis bicn certain que c'est plusieurs fois , mais je n'ai pu determiner precisement la duree de la ibu-aison. La capsule est <"ylliulrique et tres-lon;7,ue, eii egard a la fleur; j'en ai observe d'un decimetre, tile reni'erme nn nomine prodi- gieux de semences attachees a ses parois. Elle est d'une seule piece et n'a qu'une seule loi^e. D'aliord apres la lecondation, la cavite de la capsule se remplit d'une liqueur consistante et vis- queuse , dont Fodeur est spermatique et nanseabonde. J'ai tente "vainement de decouvrir la maniere dont la capsule s'ouvre. Toutes celles dont les semences avoient atteint leur raaturite , etoient pourries a leur extremlte , et ce qui restoit de la C2])sule etoit vide et sans semences. hst-ce que tout seroit hors des regies counnunes dans la fructification de cette planter Les semences sont greies , effilees, aigues, noires et lisses. J'en senierai an prin- temps procliain , n.vec les precautions convenables, pour m'assurer si elles sont a un ou a deux lobes. L'etonnement qn'a du causer la multiplication prodigieuse de cette plante , doit cesser k la vne des uioyens extraordinaires qui la facliitent. Nous I'ejjrouvons dans le degre le plus eminent, et par malheur il ne nous est pas donne de prJvoir , de penser lueuie qu'on puisse decouvrir un moven efficace pour I'extirper. Nous souffrons du mal qu'elJe cause , in;ds iious ignorons le bien qu'elle pent produire. La nature n'a rien fait en vain. Pourroit - on croire qu'elle n'a pourvu la vallisneria d'un appareil d'organes aussi puissant qu'extraordinaire , qu'elle leur a attribue un niccanisme aussi singulier,iunquement pour faire du mal ? Tout est eu harmonic dans I'anivers : d'aussi rares fa- J>3a JOURNAL DE PHYSIQUE, D E CHIMIE Teurs supposent de grands motif's d'utilite. Le liasird^ auteirr des decoiivertes les plus precieuses , ensei^nerapeut-etre un jour a. nos ne". enx , non-seulemenl I'art de se debarrasser de cette plante importune, mais en: ore peut-etre celui de la f'alre servir a quel- (pi'nsnoe important dans reconomle, les arts on la inedecine. N. J3. L,'/wricnsia, ou r'ose dii Japon, a fleuri'cette anuee pour la premiere lois dans le jardin de notre ccole centrale. Ces fleurs masnifiques ont dure pendant les mois de messidor , tliermidor et fructidor. J'en ai fait la description ;elle ne Concorde pas tout- a-fait avec celle des anteurs. J'attends , pour la completter , que- ([uelques fruits qui out noue , puissent uie fournir le inoyen de. le faire^ LETTRE DE HUMBOLDT A J. -C. DELAMETHERIE, Sur Vabsorptioru de I'oxigkne par les terres simples.. J K vols , par une lottre que Saussure fils vient de vous adresser,. que ce pliysicien revoque en doute mes experiences sur I'absorp- tion de I'oxigene par les terres liumectees. 11 rcgarde cette absorption « comma une decouverte importante ; mais il croit 33 pouvoir assurer que cette decomposiliou de I'air atmosphe- ». rique par les terres n'a pas lieu , quand ces dernieres sont de- •>■' pourvues de toute substance vegetale, et cpie Ton n'employe n pas del'eau bouillie ='. L(3rst[u'on annonce avoir travaille sur dcs terres simples ,. dans les lalioratoii es d'un Vauquelin et d'un Fouicroy, c'est assez dire qu'on s'est servi de terres ddpouillees de substances vegdtales et d'une eau distlllee. J'ignore poiirquoi Saussure lils n'a pas pix voir Talisorption de loxigene dans les experiences fpi'il dit avoir faites sur lalumine, la cliaus. .... Je sais que certaines alllnites n'agissent ([u'a un certain degre d'liumi- dite. Je no pi'ononce pas sur la saturation d'oxigene que Ton doit admettre dans les terres hunjectees et exposees au soleil. Accoutume a consiilter la nature , par la voie de I'experience , je n'ose point hasarder au-dela des fails que j'ai observes. Je regarde mejne (ainsiqueje I'ai deja annonce dans mon Memoire sur lesteires) comme tres-problematiqne : si ce sont les bases terreuses (pii se comljinent avcc I'oxigene , ou si (ce qui u'est pas. ET D'HISTOIIIE NATLRELLE. i33 iHoms etonnant ) ces bases donneiit a I'luu Li [.rojuietu de dissoudre I'oxigene. Je ne prononce que sur ce que j al vu , ct ce que j'ai vu avec d'autres acctiutumes a nikux voir que nioi. Dans plus de trente a quarante experiences f'aites avec do I'aki- mine, de la chaux , de la bai'j'te I'air a ete , ou reduit en, azote pur ^ ou desoxigeiie , jusqu'a 0,02^0,09. Je demande si jamais clilmiste a converci dc I'alr atmospherique en azote pur^ en le mettant en contact a'vcc de I'eau de source IjoulUio oti dis' tillee ? L'azotatlou ([ue subit I'air par une eau c[ueIconquc , ne Yaqu'a un certain degre que j'ai determine par un grand nonibre d'txperiences exposees dans muu ouvrage sai- Ja moiiette des mines. Au inols de fevrier , je ddcomposai I'air atmospherique par un argille g;risatre , tirec d'une mine de sel geiniue, a 4° toises da proFondeur. 11 ne resta que 0,01 ,' ou 0,02. d'c^^igene. Piusi(?urs. niois apres je vis, avec 1 iliustre Vauquelin, que I'argille blanthe de Montmartre absorlja a une temperature de 14 a 17° Reaum. plus d'oxig^ne atmosplieriq^ue cpie le pliospliove. En travaillant sur rhumus et les oxides de carbone et cl'hidrogeHe qu'il con- tient , je mis des terres simples liuinectees en cojitact avec I'air. En 9 jours, je trouvai un azote toiit pur. Je portai une parlie de ce residu Ix. Fourcroy et a Vauquelin. Je ran^lysal sous leurs yeux par le gaz nitreux ; nous t/ouvarnes qu'il n'y avoit avicnne diminution du gaz. Etonnes de la singulai'ite de ce plienomene , ees deux cliimistes celeljres m'engag'irent de repeter mes expe- riences sur les terres dans leurs laboratoires. Ce travail se fit dans les dernii^res decades que je passai a Paris, il se fit conjoin-- tement avec mon ami Tassaert , dont la granJe exactitude dans les analyses cli'uni<|ues devoit aie garantir dcs erreurs (jue Je pouvois cominettre. Les ex.>^rietic3s f'aites dans les laboratoii-es de Vauquelin et de Fourcroy, donnerent les memes restiltats que celles que je rdpetai chez nioi , et ii parut inutile de constater davaiitage un plienomene aussi simple (|ue curieux pour la jiby- sioiogie vegetale. Voila. le reci'^ fidele de la maniere dont j'ai suivi raon travail sur les teires. \ous jugerez vous-meme si qucbpies experiences n-^gatives sulHsent pour en prouver Y inexacti tude que Saussnre vous annonce. Plus on travaille soi-meme , et plus on reconnoit Gombien il faut suspendre son jugement, enne voyant pas d'aborci l«s memes phenomenes rpie d'autres cliimistes ont observes. Ce que le phys^cien de Geneve vous annonce sur mes reclier- dies eudiometriques ne ni'a pas paru clair. Jamais je n'ai 1 011— seille d'essayer I'air par le gaz nitreux et le suliate de fer. ^Nloai i3.| JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE inemolrc sur Ic giiz nitrenx, et celui cle Vauciuelm, sur le snlf'iite ar des bouchons uses k I'emeril , et souvent plonges sous I'eau. L'air en contact avec J'eau distillee , ne f)erdit , en 10 i \o jours , pas o,oo5 d'oxigene. 1- E T D ' H I S T O I R E N A T IT R E L L E. i35' 11 ne clmngea jamais an - dela. de i",5 en pureLe. Temperature 10 iL 12° Reaum. Aluiiiine depuisle ij friict. jusqu'au4 vendem. en deux flacous-,, de I'azote piir. • Baryte idem, residu 4 o,o: tjafc^fl ' i^. we^v aj - g^i ga^iii yim- L E T T R E DU PROFESSEUR SPALLANZANI AUCELEBRECHIMISTEGIOBERT, Sur les plahtes renfirmees dans des vases remplis' d'eau et d'air , et exposees a la himiere immediate du soleil , ou a. I'ambre. TRADUITE DB l'iTAI-IEN. V ous vous rappellerez, sans peine, que lorsque voiis vintes iSt Pavie , I'b iver ilernler , et que vous voidiites bien m'lionorer tl'une visite , je vous parlai , entr'autres choses , de quclques observations ((ue j'avois conimeiicees sur I'air que foiiniissent les ]ilantes exposees au soleil. Je aous dis qu'elles m'avoient paru diiterentes de celles qiie deux ijlnstres physicieus , Ligen- liousz et Senebier , avcieiit laites avec les memes plantes, mises dansl'eau. Je crois encore que je vous lis part des motif's qui me determinerent et me lorcerent presque a me livrer h. ses rechei-clies. I/interet que vous y piites et le desir que vous temoignates d'en connoitre Tissue , me font esperer que vous en apprendrez avec plaisir les principaux resultats. Mais per- mettez auparavant que je rapporte , en peu de mots, qnelques- unes de mes observations sur les plantes plongees dans I'eau , et exposees a I'ornbre ou aii soleil : elles ont un rapport trop direct a. jnon but. Une des principales recherdies de ces deux philo-- i35 JOU^L^^AL DE PHYSIQUE, DE CHI1\IIE sophcsa die la quantlte et la qualue de I'air que les plantes pro- diiiseiit duns I'cm. Sa qnaritite deternihiec , ils soiit d accord sur sa (pialiie, que cct air , ti raison de Toxigene qii'il coiiiieut en. al)onilai!ce , est oidinaireiueiit Ijeaiicoup plus ])vir que celui de I'aaiiosijhere , et ils lixent iiieme le degie de purete qu'il acquiert. Jjeitrsrecherclies ne pouvoient s'etendro plusK)in avf c les luoyens .aiors employes dans ces operations. Le gaz oxigene qu'ils oljte- ii.iieiit (les j^lantes n'etaiit jamais pur , ce me scmble , il s'eu- S'.iivoit qu'il d^voit etre melange avec quelnue substance nieplii- tique. Mais quelle est la nature de celte suljstance ? II imj>ortoit «iu soleil, oirrcjit ce plienomene, meuie ilans i'eau de cliaux. Quant A Teau inipregnee d'acide carbonitjue , mes experiences ni'ont aussi demontreque I'air quis'ecliappe de queiques plantes, est plus abondant que dans I'eau commune : cpie dans d'autres plantes, cette quantite est egale lors([ue I'eau est foibleiuent aci- dulee ; mais qu'elie est beaucoup moiiidre,si I'eau est saturee ile cet acide. Mais que penser de ces anomalies ? Peut - etre <\ue certaines plantes demandent la presence de I'acide carbonique ( en tant qu'elles le decomposent) pour produire une si grande lantes transpirent en pleiri jour et a. I'air liljre, nne quantite iiiliniinent plus considerable de gaz oxigene , qne celle que lions voyous s'eii echapper qnaud elks sent plongdes dans I'eflu. Seneliier est d'nn sentiment contraire. II vent au moins qne les plantes dounent luie nioindre quantite d'air, entourees de ce flnide, que lorsqu'elles sont mises dans I'cau ; et il en apporte des raisons tres-plansibles. II croit cep^danl qne cette petite quantite d'air est plus propre k la respiralion qne celui de I'atniosr pliere. L'nni([ue nioyen de prononcer sur cette diversite d 'opi- nions , etoit de considter la nature , et tels out ete les re'^ultats, apres une quantite prodigiense de vegeiaux exposes dans I'air et dans I'eau a I'action immediate dn soleil. Les plantes reiiiermees dans I'eau me fournirent toutes ou preS(jue toutes , ime quallte d'air qne la quantite du gaz oxigene rendoit beaucoup jjlus pur c[ue I'air atmosp]ieri([ue. Quelijues- unes doiuierent un tiers en sns de ce gaz , d'antres le double et le triple , et quelques-unes le quadrnple ct nieme davantage. Mais le resultat fut bien difFeront dans I'air atmosplicrique et pour la quantite et pour la qualite du gaz qui etoit produit. Souvent le volume d'air avoit augmente de (pielques centiemes. Cette augmentation etoit quelquefois egale au volume d'air fourni dans I'eau par les meiiics plantes. Mais qaekju'au'ires fois elle etoit inferieure , et plus d'une fois elle etoit niille(3). Quant a la quantite dn gaz oxigene donne par les plantes , il est vrai qu'il y en eut tres-])eu qui fournirent un air dont le gaz oxigene etoit moindre'qne celui de I'atmospk^re. Le volume d'air etoit le mSme dans le plus grand nombre des jdantes. DansAine infinite d'antres il etoit superieur de quelqnes centiomes. Les plantes qui en donnerent le pins , accrurent de (piatre , de cinq , de six ou de neuf centiemes au plus , le gaz oxigene atmosplierique (3). (i) Je me reserve, dans le Memoire que je pnblierai siir ce sujet , dj noler toutes les precaaions et toutes les attentions que j'ai apporiees dans mes expe- riences , et que j'ose dire avoir poussees jnsqu'au dernier scrupult. (2) Ici on a fuit au Icxte ilalien un cliaiig ment qui a ete fuurni par I'auteur lu^nie au traducleur. (3; Ces dernieres plantes etoient probalilenient les nicmes que cpllesrfont parle IngenhouKS , et qui avoient la propriele de corriger en plcin jour ia corruption de I'air. ET D'lIISTOIRE N A T U R E L L E. 139 En prenant un tenne nioyeii , la qiiautite clu gaz produ't par ies pLmtes inises clans I'airetoit done tri^s-petlte j en coinparaisoii de celle qui s'eii exhale dans I'eau; et neanmoins il restoit a con- clure que cette aaiiltoration de I'atrnosph^re , qu'on attribue an gaz oxigene fburni par les plantes couvertes d'eaii , ne sauroit etre telle, si Ton vent que les plantes produisent ce mSin#effet, quand elles sont dans I'aii". Mais qvio dlrons-nous des plantes qui croissenjt dans Toliscu- rite ? et par obscurite je n'entends point seulement I'omlire de la nuit , mais celle des appartemens uni.juement eclaires par la lumiere reflecliie du soleil. Ici j'avois e"e prevenii par I'illustre physicien hollandois ; il demontre qu'alors les plantes corrom- {)ent I'air atmosplierique , et pense qu'e c'est I'efFet d'une exlia- aison veneneuse des plantes memes , qu'il croit se composer de gaz acide carbonique et d'air entierement mepliltiqne Quoique nous soyons d'un meine avis sur la cori-uption de I'air , nous dilierons neanmoins essentiellenient sur les causes qui y donnent lieu. Je n'ai pas cru me livrer a. un travail inutile que d'enti-er dans cette seconde recherche. Le ciel de Pavie etant plus souvent obscurci et charge de vapeurs marecageuses , que serein et bril- lant, je pouvois entreprendre toutesles experiences (jue je croyois necessaires; et elles ont ete en tres- grand nombre. Le resultat que m'a fourni chaque plante, a constamment etc le suivant. Je ne m'apjiertjus jamais d'aucune augmentaiion dans Fair com- mun renferme dans le recipient. Je trouvois , au contraire, qu'il diminuoit de quantite, et qu'il s'etoit altere par la decomposition successive de son gaz oxigene , et la formation d'un gaz acide carbonique , et qu'apres quelques hcures le gaz oxigene etoit entierement consume. La corruption de I'air commun provient done de la propriete qu'ont les ])lantes de former , avec son oxigene , de I'acide carbonique. Si je transportois ensuite ces Slantes de I'obscurite au soleil, ou meme a. la simple lumiere u jour, elles ne cessoient point.de repandre dans I'eau, ou elles etoient plongees , un nouveau jet de eaz oxigene. Ainsi I'alte- 11 \ 1 J • • 1 1 ' ration que les plantes apporteront a iair respu'able , sera tres- considerable , si Ton vent calculer et le temps de la nuit, et I'obscurite des jours pluvieux ou charges d'epais nuages, et Tombre meme que donnent, dans un beau jour, les arbres epais et toulf'us sur les parties inferieures et sur les plantes voisineS et opposees aux rayons du soleil. L2S observations dont on a parle jusqu'^ present , regardent les feuilles et les somaiites des plantes , comme etant les parties qui fournissent , au soleil , une plus grande quantite de fluids Sa l4o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE aerifortue. Mais il en est d'autres qui , dans roljscurite (et qiiel- ques- lines m^ine au soleil ) , mepliitisent Fair atinosplieriqiie. Yous voyez bien que j'entends parlcr des fleurs et des fruits. Cette importante decouvertd* est encore, due, en grande partie, au savant Iiigenhonsz. J'ai eu le jilaisir de la verifier dans un jioiiihreprodigieux de lleurset de iruits,et peut-etre elle n'adniet aiicune exception dans tout le regne vesretal. Quant au nieplii- tisine de I'air agiuosj)herique, qu'il fait dcpcndre d'un gaz dele- t^re exhale par les plantes , je ferai voir qu'il a la meme cause <|ue celui qui corrompt fair ombrage , dans Icquel sont situees les feuilles et les ranieaux des plantes. En resumant les ]3rinci25aux faits relatifs anx plantes exposces aux rayons du soleil , ou' laissees k rolsscurite dans un lluide aerifonne , il sVnsuit quo les feuilles et les soninutes des vege- tauxaugmentent, lorsqu'elles sont dardeesparlc soltil, la propor- tion du gaz oxigene : que cependant cette augmentation est bien. loin d'etre anssi considerable qu'on I'avoit crue jusqu'a present: qu'aii contraireles deux parties desvegetaux dimiimentle gaz oxi- gene pendant la nuit et les jours nebuleu.x, en les transformant sans cesse , quoique Icntement , en gaz acide carbonique. Que les fleurs diminuent davantage I'air vital , soit a I'ombre , soit au soleil , et que les fruits donnent a - peu - pres ces resultats. Que faudroit-il done conclure de ces faits contradictoires ? Que la deterioration, dans fair vital, est superieure k I'amelioration , ou plutut que le mal est balance par le bien , de nianiere que les plantes etablissent tine espece d'eqnililu-e entre la production et la destruction de I'air vital , u-pevi-pres coinine la mortalite est coinpensee dans les aniniauxpar leur reproduction ? Mais dans I'une el I'autre hypotliese , comment le regue vegetal pourra-t-il done, avec son oxigene , purifier I'air atniospherique, sans cesse corrompu par I'immense quaniite d'acide carbonique produit par la resjiiration de lliomme et des animaux , par la fermentation, la combustion, etc, , comme pensent la plupart ? Vous concevez bien que si , par les idees eparses dans CT-tte lettre , je n'ai pas assez de faits pour vous convainci'e , je pourrai au moins vous offrir des choses qui ne seront pasenti^rement indignes devotre approbation. Mais ne pouvant vous satisfaire, je ne saurois ^tre sa- tisfiit nioi-nieme; quelle que soit raon opinion , vons la trouverez dans le Memoire que je vous adresserai sous pen. Je me suis de- lermine a le mettre au jour, pour avoir , outre votre sentiment, celui d( s connoisseurs judicieux, et particulierenient du celebre Senebier qui, dans le regne vegetal, et snr-tout dans cette ma- tiere, a fait de si profondesredierclies, etauquel je communique ,. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 141 par la correspondance lltteralre que nous entretenons, le Journal de ines Observations. Je desire cjue , dans ce sujet iiiipprtaiit, le public eclaire et imparlial porte son jiigeaient. Si j'ai eu le bon- lieur d'atteindre le but, mon amour - propre sera agreablenient satisfait : si je ine suis trompe , je n'aurai pas de peine a re- tractcr mon erreur ; car je puis vous assurer , avec ingeuuite , que dans la recherche des clioses naturellts Altro diletto die iniparar non trovoi Yous savez que plusieurs physiciens croyent que non-seuje- ment les plantes, mais encore les eaux f[ui couvrent en partie la surface du globe, concoiirent a. purifier I'air , en decompo^ sant I'acide carbon ique fju'elles resolvent sans cesse de 1' atmos- phere. Cette raatiere , aussi curieuse et interessante que celle au'on vient d'esquisser, n'ayant pas ^e, que je sache , traitee 'une maniere directe , m'a determine , par son rapport avec I'atitre , a la soumettre a I'experience. Ainsi mon Memoire sera suivi d'un second, intitule : Si les eaux du globe ddcomposent I'acide carbonique qu'elles re^oivent de I' atmosphere. MEMOIRE Sur V organisation des monocotyledons, ou plantes a une feidlle stminale ,• Par Desfontaines. J-i E s graincs des plantes renf'erment , comme Ton salt , une ou deux I'eiiilles seminales , qui se developpent aussitot apres la germination. On a donne aux premieres le noin d'univalves , d'unilobecs , ou de monocotyledons ; et aux secondes , celui de bivalves , de bilobees , ou de dycotyledons. Ces deux divisions generales , etablies par Cesalpin , out ete adoptees par des bota- nistes celebres, tels que Ray., Boerliaave , Heister, Van-Royen, Jussieu , etc. , et employees avec avantage dans leur methode. Quelques-uns en ont ajout^ une troisieme , sous le nom dlacoty- ledons , laqiielle comprend les I'ougeres , les mousses , les algues et les chamjiignous , soit parce (lu'iis ont pense que ces plantes n'avoient point de feuil!-s seminales, soit parce que, ne les con- noissant pas , ils ont voiilu en former uji ordre separe , sous i4^. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E line denomination particuliere. Neaninoins des observations tres- exactes concourent a prouver qne les fongeres et les mousses apijartiennent a la jireiniere des divisions precedentes. Bernard de Jussieii a demoiitre I'existence des organes sexuels dans deux especes de i'ow^eres ,\x p//u/airs et la marsilca. II a fait germer les graines de ces pilulaires , et 11 s'est assure qu'elles n'avoient qu'un lobe ou cotyledon (i). L'analogie doit nous porter i croire que toutes les autres plantes de la meme f'aniille n'en ont pareil- Icment qu'un seul. D'alUeurs leur organisation interieure vieut \ Tanjuu de cette opinion , comme nous le verrons ci-apres.. Hechvig a decouvert les etamines et les jiistilles des mousses. Cet auteur assure , qu'ayant seme les petites graines renl'ermees ■ dans ces urncs , elles se sont gonflees au bout de quelqvies jours, et qu'il a vu ensuite , a I'aide dii microscope , la radicvile des- ceiidre , et le cotyledon sortir lateralement sous la I'ornie d'un petit corps ol)long, charnu et verdatre a I'extremite , qui se divise en phisieurs rameaux. Snartz a confirme les observations de Hedwig. J'ai reconnu, avec une forte loupe , les etamines des mousses , telles que cet aiiteur les a decrites ; et je ne crois pas que Ton puisse revoquer en doute cette belle decouverte. Enliii on verra bientot que leurs tiges ont une structure analogue h, celle de tous les monocotyledons. . Quant aux pins et sapins , que quelques botanistes , du nonibre desquels est Gcertner , ont regarde comme polycotyledons , et devant consequemment former une classe ;\_part, je pense , avec Adanson et Jussieu, que ce sont des dycotylcdons , dont chaque lobe est decoupe prot'ondement en plusieurs parties : i°. parce que le nombre des divisions n'est pas egal dans toutes les especes; ainsi, par exemple , le pin sauvage en a cinq; le cedre du Liban, six, et j'en ai compte jtisf[u'a douze dansle pincembro : 3°. parce que la separation des deux principaux lobes est sensilDlement indiquee par un leger sillon ; 3°. parce qu'un granJ nombre d'arbres de cette famille, tels que les thuya, les genevriers , les cypres , les il's, n'ont evideinment que deux f'euiiles seminales: 4°. enlin parce que leur organisation interieure n'offre aucun caractere qui le's distingue d'avec les autres dycotylcdons : d'ovi il resulte que tous les vegetaux , si Ton en exempte peut-etre les algues et les champignons (dont la nature ne nous est pas encore Inen connue) se rapportent i I'une ou I'autre des deux divisions de Cesalpin. (i) Meraoires de rAcademie des Sciences, annees 173? ct ^']\o^ ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 14."^ Je vals maiiitenant essayer de i'alre coniioitre la stmctiire dcs monocotyledons. Jeprendraidesexcmplesdansdestigcsligneiises, parce qvie la plupart des parties dont elles sent f'oi-mees y sont f)lus apparentes que dans les tiges herbacees , et cjue Ton peut es observer en tout temps : mais pour que Ton ait sous les yeiix iin teriiie de coraparaison , je crois qu'il convient auparavaut de presenter, dans un tableau tres-abrege, les priucipaux organes desdycotyledons, les seuls f[ue les auteurs quiont traite de i'ana- tomie des plantes aientdecrits convenablement. Ces organes sont Ye^Jiderme membraneux, ressemblant a uue lame tres-mince de Telincriblee de pores imperceptibles. Sa structure est inconnue elle entoureles autres parties, donne une issue a la transpiration insensible , et se regenere lorsqu'elle a ete detruite. Sous cette envelopjie on en trouve une seconde , connue sous le nom de tissu cellulaire. C'est une sidjstauce succulente , ordinairement verte, lormee des petits grains arrondis, vasiculeux, entremeles de filamens ti-es-delies , qiu suivent toute sorte de directions. Elle ne paroit gueres dif'ferer de la moelle que par la couleur ( 1 ). Elle tapisse la siirface interne de I'ecorce, et en remplit toutes les mailles. L'ecorce , jjacee entre I'enveloppe cellulaire et le bois , est conqjoseede ieuillets emboites les uns dans les autres , que Ton peut separer par la _ maceration. Ces feuillets sent, comme Ton salt, des assemblages de vaisseaux seveux, de vais- seaux propres , et de tracliees (2), mais dans une direction pa- rallele et longitudinale. II n'y en a qu'un seul sur les rameaux d'un an, et chaque ajinee il ennait uii nouveau. Le bois renferme les memes organes que l'ecorce ; il est ])areillement I'orme de couclies concentriques. On y distingue deux parties : I'une exte- rieure , qu'on appelle aubier ; I'autre interieure , plus dure, d'une couleur plus fbncee , et qui porte le nom de cccur. La moelle renf'ennee dans un canal longitudinal vers le centre de la tii files longi'udinales qui paroisscnt forniees de globules briUans , et qui ressem- » blent aux tracliees du bois )). L'autcur n'a pu cependant parvenir a deroaler la lame spirale qui les forme. Ecok JSormalc , tome 4; page 087. l44 JOURNAL DK PHYSIQUE, DE CHIMIE jettc des ramifications tx;>nsversales , dont qnelqnes-unes se pro- longent jusqiiessur Tecofce. Elles font, avec les fibres ligneuscs, un enlrelaceinent semblable ii celui de la trame d'line etoffe dans sa cliaine. On les voit distinctement snr la coujie transversale d'un tronc scie perpondiculairement a I'axe. Elles y sont disposees en layons divergens , comnie les llgnes horaires d'un cadran. L'accroissenient des tiges se fait en longueur et en grosseur. Tons les ans una ronvelle pousse sort de I'cxtr^mite des rameaux , et deux nouvelles couches, I'une corticalo, et I'aiitre ligneuse, se forment entre le bois et I'ecorce ; ainsi le bois croit en grosseur de ded ans en dehors , et I'ecorce an contraire du dehors en dedans. Les tigcs des monocotyledons renferment ;\ la verite la phi- part des Oiganes (pie je viens d'indiqncr,mais avec des differences si marquees, qiiel'on est force de reconnoiti-e, dans les vegetaux, deux grandes classes naturelles , entierement independrsntes de toutes les methodes et de tons les systemes. Cette verite impor- tante sera mise dans tout son jour par des observations faites sur tin tres-grand nonil)re de plantes de diverscs fauiilles , qui forment la serie des monocotyledons , tels que les palmiers , les graraens , les asperges , les dragons , les liliacees , les narcisses , fes fougeres et les mousses memes ( pi. i ). All premier aspect d'un palmier, on s'apper^oit que le tronc ne ressemble point h cclui d'un hetre, d'un sapin , d'un orme, oil de tout autre arbre a deux feulUes seminales. Cost line colonne reguliere , dont le sommot est convert de feuilles vivaces , dis- posees circulairement les unes aii-dessus des antres. Celles qui naissent an printemps sortent toujours de la cimc ; les plus anciennes, placees inferieureraent, se dessechentj, et laissent, en se detachant , deS impressions circulaires cpii sillonneht la sur- face de la tige et en marquent les annees jusqu'a ce qii'elle ait assez, de cavites. Mais c'est particulierement dans les organes internes que nous trouve.rons les differences les plus frappantes. . Si Ton considere un tronc fendnsuivant toute sa longueur, on y decoiivre un assemblage de grosses fibres ligneiises, sofides, lisses, flexibles , legerement comprimees , composees elles - memes d'autres petites fibres etroitement iinies , la plupart suivant line direction parallele i\ I'axe du tronc, et se prolongeant,sans inter- ruption , dopuis sa Ijase jusqu'a son sominet. Qnelqucs-unes se portent oljliquement et coiipentle's premieres sous un anglepluS ou moins aign. On pent les separer facilement dans les jcunes palmiers , ou dana ceux qui cominencent ii tomber en putrefac- tion. Sil'on examine ensuite la coupe transversale d'un trongou de tige , on iie reaiarque , sur la surface , ni couches concen- triqucs , ET D'HIS T 01 RE NAT U R E LLE. J l^J tmmes,Tii canal , nl procliictions medullaires. Les fil)res ligneuses, placees sans ortlrc les uiies a cote ties autres , sont euvelopjiees par la moelle f[ui en remplit tons les intervalles. Ellas se rappro- chent sensiljlemeat , se durcissent et diaiinueiit de diametre en allant du centre a la circonl'erence , de sorte ((ue la tige a Ijeaii- coup phis de force et de solidite au])res de sa surface , que dans son interieur : organisation toute diiferente de celle des arhres k deux feuilles seminales. Lorsqu'une graine de palmier a ete seniee , les feuilles se developpent successivement., et augmentent en nonibre pen- dant quatre a cinq ans ; le collet de la racine se dilate en menie proportion ; la Ijullx; formee par la reunion des petioles des feuilles grossit inseniiblement; sa solidite augmente peii-a-peu , et enfin la tige s'eleve au-dessus de la surface de la terre , aveo totitelagrosseurqu'elledoitavoirdans la suite. Elle a exactement la Jigure d'un cylindre , depuis la base jnsqu'a la cime : et si I'on en mcsure le diametre a. differentes epoques , on sera con- vaincu qu'il n'a pris aucun accroiss2ment. Cette oljservation n'avoit point echappe a Kfempfer. Caudex est recti ssi miis , dit cet auteur en parlant diidattier, figurae ad assani cilindraceae , nisi verticem versus paulisper gracilesceret, Crassiorem hacparte referunt alii. Kaimpf. amcenitates exot. , p. 687. Daubenton , dai;s \\a Memoire sur I'organisation du bols , ou Ton trouve une bonne description des orgaues iuterieurs du pal- mier-dattier , me paroit avoir donil^lPa veritable raison pourquoi sa tige s'eleve en colonne, et n'augmente point tons les ans en grosseur ,conime cello de la plupart des aiifres arbres. II faut entendre I'auteur lui-meme. « Cliaque feuille ( du dattier), en » sortant du bourgeon, est formee par un prolongement de filets' » ligneux, et de la substance cellulaire qui sont dans le tronc " de i'arbre. On les voit dans les petioles. lis sont tres-apparens " dans les restes de la feuille dessechee qui tiennent au tronc. » L'a-ccroissement de ce tronc est done produit par les feuilles 3:> qui en sortent cli^que annee. Comme les filets ligneux et la » substance cellulaire , dont les nouvelles feuilles sont un pro- y^ longement, partent toujours du centre , ils forcent toujours » les Veuilles pi-ecedentes de se rejeter en-deliors. II s'ensiiit que » la par tie qui fait tons les ans I'accroissement du tronc , se » forme au centre. La partie dej;\ formee dans les annees pre- " cedentes doit necessairement etre deplacee et portee au >■> dehors , comme I'ecorce des arbres qui en ont une , est rejetee 5t> en dehors poiir faire place aux nouvelles couches qui se for- » ment entre I'ecorce et I'aubler. Cette sorte de recul n'a point roOTff r. PLUV10SE««7. T l46 JOURNAL DE PHYSIQUE, DECHIMIE » de limites dans ccs arljies , parce qu'il se forme tons les aria » de uouvelles couches cortlcales , qui sont ilexiblcs , Pt que les » anciennes qui ne le sont plus , se fbndeiit ct se detrviiscnt. » Aitssi la grosseur de ces arbres n'est pas limitee couiine celle » un certain point de densite, elle ne pent plus ceder k Teitbrt » des parties interieures du tronc, et se porter en dehors : aussi K I'arbre , parvenu k ce terme, ne grossit ])lus. C'est par la nieme » ralson que le tronc du pahnier a la menie grosseur dans toute » sa longueur. A niesure que I'arbre s'eleve, les parties de la 3:' suljstance du tronc perdent successiveinent leur flexibilite au >j nieme, terme. Alnsi elles doivcnt cesser de se porter au de- « hens , lorstiu'ellos sont parvenues au nienie degre de densite « dans tons les points de la hauleur de I'arbre. Par conse(|uent » le tronc a necessairement la mcnie grosseur dans toute sa 53 longueur^j. _ On pent f'aire I'application des memes princlpes aux differentes especes de pahnier, et autres monocotyledons. II est tres-rare que la tige des palmiers se divise en plusiours rameaux. Cela arrive cependant quclquefbis , particrdiercnient lorsque le sommet a ete coujie ou altere par (juelque accident. Theophraste a fait mention de ce phenomene : Esi auteiiipalma , lit siinpliciter d'lcamus ,, tjtti^ice uiio atque simplici corpore. Quacdam tamen vel bifiam exeunt slcut in ^^lEgypto , quasi bifurcae. In Creta quoque plures bifurcas p;-ovenire ajfuniant, quasdam trifidas In Lepaca vel quino cerjbro genus quoddani enasci tradunt. (Theopli. Ilist. plant. ) Rlieede assure que le palmier , connu au Japon , sous le noni tie todda panna , pousse quel(|uefois cpiatre il cinq branches d'un nieme tronc. Contig/t quoque nomiunquafn ut ex uno trunco quatuorvel quinqiie vertices enascantur. (Hort. Malab. torn, in, pag. lo , tab. 3o, fig. Sa. ) Si la tige des palmiers n'a pas une egalo grosseur dans tons les iudividus d'une nieme espece , cette difference vient des sues iiourriciers qu'elle a rectus en plus ou moins grande abondance ; niais «lle s'eleve tou jours en colonne , a moins que des circons- tances particulieres , dont je vais faire mention, ne s'y opposent. En elf'et , il n'est pas tres-rare de voir des tiges isliis minces ou plus grosses vers la base , que dans le reste de leur longueur. Quelquefbls on y appercoit aussi des gonflemens et des retiecis- semens alternatiis. Ces sortes d'ii-regularites jie s'observent pas E T D ' H I S T I R E N A T U R E L L E, M/ seulemeiit clans les paliniers.Les yuccas, Ics dragons, les aloes... eii ofFrent pareillement des exemples. Cela arrive toiites les f'ois que la plante revolt a. diiferentes epoques, et pendant iin certain temps , nne inegale qnantite de sues nourriciers. Si, par exemple , on trausplantc un jeune palmier d'un sol aride dans un terrain fertile , les fibres de la nouvelle pousse acquerrent un volume plus considerable que les anciennes ; le diametre de la tige augmentera dans cette partie, tandis que rinf'erieure conservera exactement la grosseur qu'elle avoit aiiparavant , parce qu'il ne se forme point de couclie a sa surface, et que des fibres devenues ligneuses ne peuvent jirendre d'accroissement , comme Hales ct Didiamel font demontre. Si, par un accident conlralre, la force de la vegetation se rallentit , les nouvelles pousses seront plus greles que les anciennes. On voit, dans une des serres dii Jardin des Plantes ,un'cycas , dont le tronc a un retrecissement considerable vers le milieu : la cause en est bien connue. Get arbrefuttransplante a Madagascar dans une petite caisseet cmbarcpie surun vaisseauau commence- ment de 1787, par Josejdi Martin. 11 languit pendant la traversee, et niemc long-temps apres son arrivee aParis. Neanmoinsla vegeta- tionii'ayant point eteentierementarretee, la tige augmenta en lon- fueur de quelques pouces; mais ce nouveauprolongement acquit eaucoup m^^s de grosseur que les anciens. Dans la suite, co palmier qu'om.voit piace dans une serre , et auquel on avoit donne tons les soins convenables , reprit insenslldement de la vigueur, l.^e])uis ce temps, les nouveaux jets de la tige ont augmente de volume. L'etranglement forme, lorsque la vegetation etoit lan^ guissante , est reste dans le meme etat , et ne s'effacera jamais. La circonferencedu tronc, dans cet endroit , est de tr'eize pouces; il en a vingt-un un peu au-dessous , et dix-liuit au-dessus. 11 a era environ d'un piecl en sept aus et deiui. Le prolongcinent est un cylindre regidier ; il a molns de grosseur que la partie qui s'etend depuis l'etranglement jusqu'a. la racine , parce que la vegetation a ete molns forte dans un climat tempere que sous la zone torride , oil cette espece croit spontanement. La meme cause ne peiit jamais produire les memes effets dans un arbre a deux feuilles seminales , parce que son accroissement en grosseur ne se fait que par des couches concentriques et uni- formes , cpii s'etendent depuis sa base jusc[u'ti son sommet. Ainsi, soit que la force de la vegetation augmente, soit qu'elle diminue h diiferentes epoques , de tronc conservera toujours sa forme primitive. J'ai tlit pr^cedemment que I'ecorce des arbres a deux feuilles T2 148 JOURNAL DE PHYSIQUE,' DE CHIMIE semlnales etoit cbmposee tie lames emboitees les imes dans les aiitres; que tons les ans , clans le temps de la seve , il en renais- soit line DOuvelle entre I'aiibier et celle de Taiuiee precedciite ; t[ne le nombre de conches dlrainiioit succcssivement depuis la partie inf'erieure du tronc jas(pi'a rextremite des branches ; tju'enlin il n'y en avoit qu'une seiile snr les rameaux d'lin an. On ne remarqne rien de semblable dans I'enveloppe exte- rieure des palmiers : elle n'est evidemment cpi'une expansion de lil)res de la base des petioles , (\m se portant a droite et a ganche , fornient antaait de reseaux dont les mailles sont pins on moins largcs, et diversement conlignrees dans chaqne espece de ])aluiier. Ces reseaux sont -imbriques , c'est-a-dire, qii'ils se recouvrent apeu-pres comme les tniles des toits de nos niaisons. J.eiir nom!)re est d'autantplus considerable, que les feiiilles sont ]lns rfipprochees les nnes des antres ; ils n'adherent point en- semlile , et on pent les separer avec la plus graiide I'acillte. Chacun est compose de trois plans de fibres tres-distinctes ; les deux plans exterieurs su.ivent tine direction transA^ersalc etparal- lele : i'intermediaire , que Ton pent comparer a la trame d'une etolfe , les coupe obliquement de haut en bas. Les fibres ne sont 1>oint entrelacees , mais seulement unies par des filamens capil- aires qui vont s'attacher de I'une h. I'antre. Enlin I'enveloppe des palmiers se detruit avec le temps , et il ne s^brme jamais de couche u sa surface interieure ; de sorte qn'on ne doit pas la regarder comme line veritable ecorce. Ka3m])fer I'avoit dit; mais cet autenr n'avoit pas bieiLConnii son organisation. Cordce do- natus caudex non est, sed ah injuriis se junior tuetur parcil'us J'roTidiumab amputationibiis residu'is , qiias poUices nuncupavinms . ( Ktempl'er , amceni. exot. , pag. 687, pi. 3, lig. A. B. C. D. ) Les palmiers portent deux sortes de f'enilles ; les unes ressem- hlent a des eventails ; les antres sont composees de plnsieurs f blioles placees sur deux rangs opposes , comme les barbes d'une plume Leur nombre demeure presque tou jours le menie dans chaque individu (1) , parce qu'il en nait de nouvelles k mesure que les plus auciennes se dessechent et tombent. Les folioles sont t)iiees en deux dans toute leur longueur , et appliquees latera- ement les unes contre les antres avant leur epanouissement. Dans cet etat elles ressemblent i\ un eventail f'crme. Les ner- vures sont longitudiiiales et paralleles a la cote du milieu. Ce fi) Siiivant Kxrupfer , le ilatlier produit ordinairemcnt sept feuilles nouvellet chaque annce. ET D'HISTO IRE NATURELLE. 149 dernier caractere est commiui a la plupart des monocotyledons ; je dis la ])liipart , parce que les uerviires des armiis, des balisiers, des banaiiiers et des f'ougeres, out ime direction transversale. Les rotaiigs approcheiit Ijeaucoup des palmiers par leur struc- ture , et ne sauroient en etre separes. On peut s'en convaincre facilemejit , pour peu qu'on yeuille observer la coupe transver- sale de I'espece qu'on eniploie a f'aire les Cannes connues , sous le nom de joncs. Les fibres du centre y sont si ecartees , qu'on en distingue les ijitervalles a la simjjle vue , et qu'on peut laire passer de I'air dans lestroiics de plusieiu'sjiieds de longueur en soufHantpar une des extremites. Elles se i"esserrcnt tres-sensi- blement h. niesure qu'elles approclient de la circonference, et on n'y remarque ni couches, ni productions metluUaires. Plusieurs autres especes de ce genre , que j'al examinees attenliveiuent , m'oiit ofiert la menie organisation. On trouve pareillenient dans tous les mes caracteres que les tiges ligueuses ; et je ne desespere pas de parvenir a distin- guer egalement les plantes animelles. Ces comioissances ne seront point inutiles aux botanistes , pftrticulierement a ceux qui se livrent h. I'etude des rapjjorts annuels. Aiiisi on determinera facilement ;\ laquelle des deux divisions precedentes appartient una plante ligneuse , meme iiiconnue , en jetant les yeux sur une coupe transversale de la tige , et Ton pourra rapporter a leur veritable classe plusieurs genres douteux, dont la germination n'a pas ete observee con- ■veriablement. II est evident , par exemple , que les aristoloches sont de la division des dycotyledons , parce que les especes de ce genre , dont les tiges sont ligueuses, ont des couches concentriques , et des productions medullaires. Bernard de Jussieu et Grertncr les regardoient comme monocotyledons. A la verite Antoine- Laurent Jussieu les a places dans la seconde division. Leur structure interieure prouve coailjien il a eu raison de faire ce changement. II en est deuiemedes cierges,que Linne et Gccrtner ont ranges parmi les monocotyledons, Quoiqu'il soil tres-difficile d'en apper^evoir les couches , on ne pent cependant douter de leur existence , puisqn'on j^arvient a les separer par la macera- tion , et que dans les vieiix troncs , la partie ligneuse , dont I'epaisseur est tres-considerable , s'amincit par degre en allant vers le sommet. J'ai vu plusieurs fois les fibres de I'espece que Ton connoit sous le nom de raquette ou figuier d'Inde ( cactus opuntia. Lin. ), s'enleverpar plaques ^ lorsqu'elles etoient desse- chees, et que la substance cellulaire qui les unitavoit ete detruite par le tenq:>s. Daubenton est parvenu a separer un des feuillets du reseau ligneux du cierge du Perou (cactus Peruvianus. Lin.) tjifin les prolongemens medullaires y sout tres-apparens. Ce caractere LT D'H ISTOIR E NATURE LLE. i53 caractere peut mSme presque toiijours servir a distinguer les iiionocolyledous , lorsque les couches sont si rajiprocliees que I'reil de i'observateur ne peut les appercevolr ; inais ce^cas est tres-rare. Les autres plantes grasses a deux feuilles semlnales , telles que les euphoriies , les jonbarbes , les iicoides , out des couches distinctes , et Li inoelle placee daus 'un conduit longi- tudinal , au centre de la tige , jette des rayons vers la suiface. On pourra aussi decider , d'apres les nieuies principcs , si les presles out plusde rajiport avec les fougeres qu'avec les ephedras, dont les filjres sont disposees par coitclies concentriques On sait' qu£ les botanistes ne sont pas d'accord svir ce sujet. Jussieu a place les presles dans la f'aniille des fougeres , et Adanson les a reuiiis avec les pins. II s'ensuit encore que les caracteres tires des couches et des productions inedullaires^ qui out ete indiques par des physlciens , pour reconnoitre les bois petrifies , n'ont de valeur que dans le cas ou ces fossiles auroieut appartciiu a. des arbres ou arbris- seaux a deux I'euilles seminales. Linne avoit pense que les cycas devoient etre reunis avec les fougeres j i°. parce ([ue leurs feuilles sont roulees en spirals avant de se develo])per;20. parce que les poussieres fecondantes des chatons males des cycas sont a nud sur les ecailles rpii ne sont que des feuilles avortees. Foliationes circ'inali fiVicibus pro- pria a reliquis plantis aliena , nulli palniae comniuni , convenit cycas cum filicibus . Fruct'i ficatlone dors'ifera , hideni filicihus propria , et ah aliis plantis etiani pal mis di versa convenit c\cas fdicibus. X^otum enim est quod amenta sen strobili , quae pari pasu ambulant ,fornientur a natura foliorum rudimentis futuri anni,, quodque optimci illuscescet strobilo pini hisce datis quod amenta sint folia parva et ex his pulvis jloridus insptrsus absque ca- lyce at corolla ut in filicibus, pracscrtim in achrosticis, manifest^ patehit quod cycas sit ^ generejllicum. ( Lin. Acad, des Sciences, 1775, pag. 5iB.) Si les caracteres etablissent une difference tres-marquoe entre les cycas et les paluiiers, il en est d^autres qullesrapprochent, et qui separent en meme temps les fougeres des cycas. Les fleursde cesdernierssont dioiques, lesovaires portes sur unspadisdevien- iientautant de drupes mouospermes analogues anx fruits du pal- mier. Jjesnervures des feuilles sont pareillenicnt longltudinales. Ces nervures sont tres-iiiies. 11 faut uue bonne loupeet beaucoup d'attention pour les apjiercevoir. Je ne les arencore decouvertes qtie dans les cjcas japonica. II m'a ete impossible jusqu'ici de Tome V. P L U Y I OSE an 7, V j54 JOURNAL DV. PHYSIQUE, DE CHIMIE les observer dans les cycas circinnalis. Lin. Cos deux especes sont vivaiites au Museiiin d'Histolre iiaturcUe. La surface supe- rieure de lears f'euilles est tres-lisse. L'iiil'erieure est parseniee d'une multitude de petites eminences cpii ne sont pas sensil:iles a I'oeiL En fin les iilnes du tronc du c-ycis ciicinnalis Lin., sont en I'aisceavix, et sont disposees en lauies , coinme dans les lon- geres ligneuses. Les poussieres fecondantes des cycas ne sont point nues sur les ecailles des chatons , comine le dit Linne, niais renf'ermeesdans de petites capsules arrondies , uniloculaires , et dont la pellicule se partage en deux valves. Elles recouvrent la surface inferieure des ecailles. L'auteur les aura sans douteohser- vees , lorsqu'elles etoient ouvertes. On ne distingue plus alors que des amas de pollen. 11 est d'ailleurs tres-douteux que sa coin- position soit Ijien exacte , puisque les organes sexnels des fougeres ne sont pas encore connus. Les etamines des pins, des sapins, des genevriers, des thuya , des cypres, sont aussi placees sous les ecailles des chatons, sans qu'ils aieut aucune analogie avec les cycas. Les zamia, dont les jeunes feuillesse roulent sur elles-inemes , et dont les lleurs sont en chaton , ne sauroient etre sep.arees des cycas. Leurs nervures sont toutes longitudinales , comma celle des palmiers , et la graine du zamia villosa de Gajrtuer , a I'embrion place veis la bas'e d'un perisperme charnu , caractere u'on retrouve dans les fruits du cocotler, de I'elseis , de I'arec , u corypha et du lontarus. II faut done conclure que si les cycas et les zamia ont quelque aflinite avec les fougeres, leur organisation les rapproche aussi des palmiers , et qu'on doit regarder ces deux genres comme un ordre distinct et intermediaire entre les deux families en question. Ce sexemples , auxquels j'en pourrois ajoutorl)eaucoup d'autres, suffisent pour donner une idee des ajiplications qu'on pent iaii^e des observations qui servent de base k ce Memoire. Je crols qu'iln'est pas impossible de trouvcr, dans les organes interieurs des plantcs (jvii composent les grandes f.imilles natu- relles des ombelles , des crucil'ercs , des composees , des leguaii- neuses,des caracteres conuniuis et particuliers a cliacune d'elles. Peut-etre pourroit-on meme parvenir k distinguer les genres et les especes , si Ton en etudioit la structure avec toute Tattention 3ue demande un objet aussi important. Les parties exteriebres es plantes ne sont en f[ue] ;iie sorte qu'un developpement des organes interieurs, toutes les fois (|ue les uns ofl'rentdes dilfe- I ET D'HISTOIRE NATURELLE. 155 rences remanjualjles ; il est b. presumer qu'il en existe paieillement tlans les autres. E-Tpllcation des planches, Planche 1. Organisation des dy cotyledons. A. Coupe transveisale il'uii tron^on de clieue. Organisation des monocotyledons . E. CoTipe transveisale d'une portion de tige de palmier. On n'y remarqneni cou'cliesconcentriipieSjid jirolongeinens iriedullaires; la inoeilc est placee entrc les fibres. Celles-ci vont tonjours en se rapprocliant , depuis le centre du tronc jiisqii'a sa circon- fereiice. C Uno tranche de rotangdont on fait les Cannes connues sous le nom de joncs. Planche 2. A. La base d'une feuille de palmier-latanier (c/ia- maerops humilis. Liu. ) On voit lateralement le tissu des fibres qui ticnnent lieu d'ecorces. B. Les memos fibres grossies a la loupe. PREMIER M^MOIRE Sur la matiera verte qu'oji trome dans les vases remplis d'eau, lorsqu'ils sont exposes a la lumiere , de menie que sur les conferves et tremelles consideres relativement a leur nature , et ^ leur propricCe de donner du gaz oxigene au soleil ; Par Jean Senebier , blbliothecaire a Geneve. S- 1". Histoire de cette matitire verte. ^ I j'ai recherclie ce qii'on peut avoir pense sur la matiere verte, ce n'est point pour decouvrir , dans les temps passes , qnelques traces des decouveries modernes. Le cerveau du grand liomme est pour kii une mine plus riche que les volumes poudreux fpi'on iui tjiit lire , et il trouve la yerite phxs vite en consultant son genie, qu'en feuiUetant des livres qui n'aujaoucent souvent ce l56 JOURNAL DE PHYSIQUF., DK CHIMIE qu'on poiirroity chei'cher,fpie loiS(|u'il a ete decoiivert. Priestley a conrni I'influence de la luiniere ])oiir faire ])rodiuie de I'air aux veietaiix , sans avoir connu rexjjerieiice (|ue je vais raconter; ati luoinsiln'en parle pas, at il n'etoit pas necessaire([ti'il la coniiut ponry jieiiser. II etoit pourlant cnrlenx de rnp]iorter ce fait , afin d;l3e sur \\n etaiig, ou il ue decoiiviit avcuiie planto , apres I'avoir obseneo" avec le microscope; iiiais il ajoute qii'il y Ailim iiomhre prodi- gieux d'aiiLiiialcules : Turn- iinmarie/n in ea iiuilutiuiineni percei)i exigiiorunianimnlculoruTn quae oculum eticlm microscopio arma- tuiii pene fallebant, ut nemo nisi quis ipse viderit narranii sit habitiiriis fidem. Vjoeterca complura alia variique generis animalcula vidi prioribiis aliquanto majora , quibiis permulti , iique miniitissimi interniiscebantur "Icbu/is acreis II ajoiite ensiiite, qii'ayaiitrepete ct;tte ol)servadoii , il ne vit lien de noii- veau ; il dit ccpendant : I'aulo post adverti nonnuh'os globulos acreos qui globutis dignosci possint animalcuLis admixtos esse. Dans ses Lettres , t. ii, p. 082, il paiie d'ariimalcules verts trouves dans un tuVje de ]ilondj , servant pour la conduite des eaux ; leur forme eloit ovo'ide , et leiir mouvenient de circon- volution. Homberg paroit avoir aiissi ol serve la matiere verte. On voit dans nn de ses Memoires renfermes dans la collection de ceiix de I'Academie de Paris ponr I'annee 1710, qu'ilraniassa de I'eau de pluie dans nne boiiteille bouchee leoerement ; qn'il Texposa sur nne I'enetre du niidi ; (pi'il se fonna an fond nn sediment de conleur verte ,fort spongienx , plcin de petitcs bulles d'air, qu'il attribuea. ]a ferznentation. Un jour qn'il I'oljservoit au soleil il y remarqua une tres- belle vegetation de conleur verte, dont une partie tenoit au fond du vase , et le reste etoit suspendu comme des fdets dans I'eau; tous ces filets lui parurent avoir uno petite boule avec I'eclat de I'argent, ils flottoient : le lendcmain il n'y avoit plus de vegetation a sept heures ; elle reconnnenca quaiid le soleil parat ; et il relit les niemes observations dans les jours suivaiis ; la clialeur douce du feu produisit le menie effet. Adanson , dans un Memolre qui a paru avec ceux de I'Aca- demie de Paris pour 17017, scmble avoir vu cette matiere verte qu'il decrit tremella conferva gelatinosa omnium tenerriiiia et minima aquarum Unio iunascens . Dillenius H'lStor. Muse. p. i5. II la represente comme une croute d'un vert fonce, glaireTise au fond des eaux, ayantun quart deligne d'epaisseur,et depuis deux ponces jusqu'a un piedde diametre;aveciuie lentille de deuxatrois lignes de foyer, elle paroit un feutre compose de filets entrelaces cylindriquea et obtns par les bouts ; avec tine lentille qui irossit 406 fois, ces lilets lui jjarurent articules , ayant des diaphraTmes se]iarans leurs articulations. Ces filet-; out nn moxivement spon- tane , mais ils ue le nianifestent pas tous dans le meme temps; i58 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CTIIMIE on I'observe stir-toiit dans ceiix du bord. Ces filets s'alloTigent tres-vite et so propaf^eiit eii se divisant. Cette conf'erve ne pent etre la inaticre verte cpie j'ai etndiee ; je ne lui ai point vu de niouvoiaens spontanes, ct je n'ai jamais icmarque le rapide allon- e,einont de scs lilets ; de soite que si cette treinelle est bien de- crite, ce ne peat etre celle dont je parlerai dans ce Memoire et dans les snivans. Adanson, a la jiage 071 , raconte qu'il a -vu des corps spheriqnes verts , aussi fins que les filets, et d'autres plus pe tits , ayant tons les raouvemens en avant , en arri^re , piroiiet- tans snr etix-meiues ; il ajoute (pi'il a rencontre d'autres etres organiques jilus gros , senil)laljles a des anguillcs , ou plutot a des ascarides plains de corpnscides ovoides sans inouvement. Cest dans I'annee 1771) f|ue le celeljre Priestley decoiivrit I'in- ilnencc de la lumiere povir tirer le gaz oxigene liors de la matiere vertej il en pavle dans le IV«. vol. de ses OEnvres, p. SSp, publie en mars 1779- H regarde cette matiere conime etant ens sui ge- neris , l\ qui la lumiere est nt^cessaire pour son develojjpement. Enfindans le V<^. volume puljlie en 1781 , apres plusieurs expe- riences sur cette matiere , il se determina a la croire une plante. Priestley revendique cette decouverte comme sa propriete , dans une lettre adressee a Ingenhoiisz. Je ne veux point jnger entre ces hommes celeljres , mais je renvoie a cette lettre qu'on trouve dans un petit ouvrage de Priestley, intitule : Experiments on the generation of air from water, to wick are prefxed experiments to the decomposition of dephlogisticated and in- flanmable air. La lettre est datee de Birmingham, d\\ 2.1 no- vembre 1787. Ingenliousz , qui a fait , comme on le voit , les memes reclier- ches , en a rendu compte en divers onvrages. J'employerai,autant que je le pourrai , scs propres expressions , pour mieux rendre ses proiircs idees. En 1779 ,il parle de la mousse ou matiere vegetale qui s'engendre au fond et aux parois des vases de verre,dans lesquels on tient I'eau en repos; il croit que I'eau elle meme, ou quelqne chose inherent k I'eau, est change en cette mousse, et subit en son organisation une espece d'elaboration , que la lumiere du jour y excite , et par laquelle elle est changee en air dcphlogis- tique ; mais c'est sur-tout ilans ses vermischten schriften , t. 11, et daiis Ic Journal de Physique du mois de juillet 1784 , que Inaenhousz developpe ses idees svir ce sujet curieux. II y annonce que cette matiere verte est fbrmee paptle veritables insectes ( 1 ) verts entasses les uns sur les autres , et constituant (i) Ingenliouzs tlonne ce nom aux animalcules des infusions. ET D'HISTOIRE NATURELLE. l5<) ainsi nne masse glaireuse vei te sans aucuiie appareiice nianifeste d'oigainsation. II trouve que si Ton decliire. la matiere verte , ct si on I'eparpille en tres-petits lambeaux , on observe que ses bords dechires sont tons herisses , de fibres transparentcs , sans aucuno couleur , ressemljlans a. des tuljes de verl-e, doiies d'an niouveuient comparable a celui de certains animalcules aqiiati- ques qui ont la I'ornie des aniiuilles. Uans les lanibeanx dechires de cetle croiite muqiieuse , on apper^oit les debris des insectes verts qui formoient le commencement de la croute. Ingenhousz apprend encore que la conferva rivularis et les autres conl'erves , doivenl etre places panni les zoophytes, parce que les corpusciiles verts , dont les fibres de la couferve sont fiircies J se trouvent des insectes morts ou vivans. ):st-ce que la matiere verte de Priestley, dit Ingenhonsz, tovite composee d'in- sectes veritables , dans le premier temps de son existence , se change elle-meme tantot en tremelle et tajitot en coaif'erve ? Je dois me contenter ici du fait tel qu'il est. II observe que ces corpuscules verts sont si confines dans cette matiere , ou j)exit- etre si chaj)oes dans leur organisation , qu'il est tres-diflicile de les reconnoitre. Cette matiere, en vieillissant , donne naissance a des filets doues d'un mouvement iiregulier. Ingenhousz le compare aux animalcules que Felix Fontana a vus dans le bled ergote. Le physicien hollandois remarque ensnite que la corrnpilon de quelques corps vegetaiix ou animaiix, favorise le developpenient de cette matiere verte ; que la metamorphose de ces insectes y est plus proinpte et plus remarquablc ; (ju'ils y sont plus gros et plus fonces que les autres : il les represente pointus en avajit et en arriere pendant quehpies jours , devenant ensviite ronds , nageans d'abord dans I'eau, et se reunissant jiour former la ma- tiere verte ; mais avant, ils se pendent I'un a I'autre , se divisent ; ils offrent des vesicules dans leurs corps , et I'eau fraiche les conserve. Dans le tome II des vermischten schnften de Ingenhousz , il dit a la page 142 , que ces corpuscules sont des vrais insectes , unif ormes entre eiix , en grande partie spheriques , oviformes , ovi d'luie figure approchaute; qu'ils sont envcloppes d'nne croute mucilagineiise et transparente. II ajoLite rpie la ]iarfaite ressem- blaiice de ces insectes vivans, avec ceux qui etoient immobiles, ne laissent aucun doute sur leur identite ; que cliacun est tres- legeremeut vert, mais que leur reunion augmente leur intensiie. II a observe une grande qviantite de petits corps transparer.s et anguleux 5 ces petits corps paroisseut des sels ou des' cristalllsa- ]6o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tlons pierreiises : ils sont jihis grands que les insectes et se trou- vent dans nn noniln-e phis on nioins grand, suivant la nature des eaux employees. Les figures coloriees que ce physicien ajoute k son ouvnige , ne laissent aucun doute sur ses idees et ses descriptloi!S. Ingenhousz reconnoit rpi'll doit I'idee de ranimalite de cette niatiere a la communication que Felix Fontanaluien avoit laite, et dont il a donne un apper^u dans le Memorie di Fisica della Societa Itallana, t. I, public en lySo. L'illustre physicien de Floreiice dlt qiie ces animalcules sont de deux especes, les uns ronds , presrpie loujours en mouvement; les autres ovif'ormes , approchans de la figure des cosses de I'eves on de pois, plus grands (jue les precedens, et ayant un mouvement lent ; on trouve quel- ipief'ois ces deux especes reunies on separees. L'espece ronde hahite les eaux stagnantes qu'clle verdit. On les a pris , dit-il , pour des plantes ; mais il y a plus dc lo ans que je me suis assure que cette couleur ne pent eti-e attriljuee k des substances vege- tales , et cju'elle est produite par de petits animaux. Les bota^-^ iiistes comnie les-oliservateurs se sont trompes sur ce sujet. J'envoyai, dans le mois d'aout 1780, au Journal de Physlqiic, un Menioire qui fut imprime au mois de mars 1781 ; je le pulJiai de nouveau en 1783 , ayec des additions dans le III<". volume de mes Menioires physico-chimiques. Je re'prcsentai cette matiere (lue ie caracterisai mal, comme la conferva cespitosa ; mais je n'ai point dit, comme Jngeiihousz I'a pretendu,que cette plante avoit la haiiteur de deux ponces et demi , parce que j'avois dit qu'on avoit vu cette plante^ pendant deux mois , a la hauteur lus > parvient ce vegera'i , n est lorc ciair-seme , tanuis que lo tapis est plus serre et plus epais , a mesure qu'il s'approche du Ibnd. II me semble que le mot vegetal excluoit I'idee d'une seule plante, et qu'on ne croit pas qu'une plante de tabac coiivre un arpent , parce que Ton dit que cette plante y croit fort Inen. D'ailleurs je dis clairement, ;\ la page 8, que cette petite plante etoit attachee par petites masses aux parois des vaisseaux, qu'elles paroissent comme des taches h. leur naissance , qui forment, en se rapprochant , le tapis de verdure qu'o?i observe, tout connne les plantes de tabac rapprochees forment I'arpent vert sur lequel elles crolssent. J'ai decrit microsco]iI(pTement cette matiere verte , les lieux qu'elle occvipe , les animalcules qu'on y observe. J'ai I'ait voir qu'elle ne se produit point, si i'eau ou elle se developpe ne com- muniquqf ET D'lIISTOIRE NATUR ELLE. ires' ''teiit des cavites ou cellules arrondics , qui ont de la ressemblance avec les cellides \itreuses ; caractercs exteileurs qui peuvent en imposer jiour lui temps aux ^eux les phis uxerces. Cette agate blanche transparente de S^vartz -Stein - Kant , exposee au feu , y devient blanche et opaque , ne s'y vitrifie point et se comporte comme la calcedoine. Celle qu'on trouve dans I'asphalte , ou poix miiicrale d'Auvergne , est a-peu-pres sem- blable a celle de Swartz-Stein-Kant et de Saxenhaiizen. Le tufa grisatre solide , sur letiuel se trouve I'agate Ijlanclie ;(iue uu niammelonee , ressemble au tufa uu Vicentin , dans lequel on trouve des enhidres en calcedoine. Le tufa de Swartz-Stein-Kant ayant ete expose k un deere de r vie- • 1 !• 1 • ° • > leu propre a le lau-e rougir , est devenu somlc , noir , et entiere- inent attirable par I'iumant. Si du vcrre fondu se f ut porte siir ce tulii , il I'auroit noirci et rendu attirai)le. D'ailleurs , les verres produits par les volcans , sont plus ou moins noirs , et a I'etat d'email. O B S E RV AT I O N S Sur la crlstalllsation de Tor, obtenue par la reduction de ce metal , par le moyen de Tether j Par B -C. Sage. ^i on verse de I'ether dans une dissolution d'or , faite par I'eau regale , il s'empare aussitot de ce metal , et prend une belle couleur jaune. L'eau regale devient blanche et litnpide. Au bout de six niois , un an , on trouve , dans le flacon fern^e hermeti(iuement, I'or leduit, nageantentre I'etiier et l'eau regale, quehpieiois sous forme de dei;drites solides, sonores , elastiques, brillantes ,composees de petits polyedres; d'avitrefois en feuillets grenus et sonores. Dans ces deux cas b cristallisation est confuse ; je I'ai obtenue deux fois en petites feuilles oblongues, epaisses, a facettes trian- ulaires tres-brillantes. J'avois communique au celebre Rome Delisle., mon ami , quel- 1rmes. Pendant qu'on apjirofondlt un puits dans ces mines , I'abon- dancc des eaux est telle dans les s iblcs , les crales et les marnes, qu'il i'aut , poiir les epniser (nieme de la profondeur seidemeiit de trente on quarante metres , et dans I'espace etroit d'un puits quarre , qui n'a que deux metres de cote ) deux ou trois cents chevaux ou plusieurs machines ii vapeurs. Lorsqu'on est parvenu a la couche de glaise qui recouvre le terrain a houille , on etablit ce qu'on nonime \s picotage , et on execute le cuvelage du puits , depuis le fond iusqu'au jour , de nianiere a retenir les eaux entre les lits diflerens des terrains supericurs , et a leur boncher hermetiquement toute issue. On demonte alors toutes les poaipes et toutes les machines qui ont servi a I'epuiseraent , et on continue a creuser le jjuits , sans etre incommode par d'autres eaux que celles qui suinteut entre les joints du cuvelage , ou que les I'entes et les lits dcs schistes, des gres et des houilles peuvent aniener. Mais ces eaux, aureste, sont si peu abondantes , qu'il suffit ordinairement d'une seule machine a vapeurs pour extra ire toutes celles de plusieurs fosses et de travaux inimenses qui s'etendent quelquefois a la profondeur de trois cents metres et Jilns, et a la distance de douze ou quinze cents metres de rayon. II arrive luenie souvent, au fond de ces mines, que lorsqu'on ponrsuit unc galerie dans une couche de houille , on trouve le terrain et la houille tellement sees , que les ouvriers sont obliges tl'aller chercher au has du puits quelque seaux d'eau pour niouHler le sol de leur galerie , et faciliter le tirage du traineaii sur lequel ils conduisent la houille. i66 JOURINTAL DE PHYSIQUE, DE C III M I E L E T T R E Do BAIL LET, inspecteur des mines ile La RepuLlIqne , et prof'csseur a. I'ccole des mines , A J. -C. DELAMliTHERIE, Sur la olace prodiiite par I'expansion de I'air compj-'und. V o'us rapportez, page 186 du Journal de riiysi(|iie de fructidor dernier, une exjierience inleressante , dans lacpielle le profcsseur Pictet, de Geneve , a reconnu phlof^islicpie intlnienient nni avec quelque base " , et les subs- tances non-conductrices , « si taut est qu'elles contiennent du 3> 7)lilogisti([ue , le retiennentplus foil)lement (i) ". Priestley rapporte , comnie favorable a cette liypothese , une experience de Walsh « qui etant assiste par Deluc pour f'aire un w vide plus parfait dans le barometre double ou arque, en I'aisant « Ijouillir le mercure dans le tube , trouva que I'etin celle ou le » choc elcctrique n'y passoit pas plus qu'a traverS un cylindre ■>■> de verre solide ». Priestley ajoute qu'en sujiposant que ce vide i'ut parfait, il ne voit pas comment on pourroit « eviter d'inf^rer >■> de ce fait qu'il faut necessairemcnt quelque substance pour 55 conduire I'electricite , et qu'elle n'est pas capable , par son ■y> propre pouvoir expansif, de s'etendre dans des espaces vides « de toute matiere, comme on I'a suppose generalement,d'apres « I'idee (|u'il n'y avoitrien alors pour empechcr son passage (zj «. Nous ne dirons rien ici de I'hypothese de Priestley, dont nous venons de parler , notre but etant de faire voir que les emissions du fluide electrique, ne peuvent cesser d'avoir lieu dans desespaces vides de toute matiere , et non pas d'etal)lir des distinctions caracteristiques entre^fce siiljstanccs plus ou moins conductrices de I'electricite. Ainsi nous nous bornerons a exposer les raisons et les experiences qu'on pent opposer a. I'experience de Walsli (i) Experiences et observations sur differcntes especes u'air , par Priestley } tome 1"'. , psge a^gdc la traduction fraiiraise, par Gibelin. (r?) Le docteur Walson et Canton , en lai»ant usnge du baronii^lre recourbe , invente par C. Caveiulisb , troiivtrcnt que I'eleclricite passoit trus-bicn dans le vide de Torricclii. { Histoire de TElectricite). ET D'HISTOIHE NATURELLE. 1% et cle Dekic; iiiais avant , nous peiisons qii'il ncsera peut-etre pas inutile ile i'aire connoitre ce qui arrive lorsque le fluide electrique tend a. tiaverser des milieux c[ni presentent k son mouvement une plus ou nioins grande resistance. Supposons une substance non-conductrlce de I'electrlcite inter- posee entre deux corps a eti5,]>risdans laclasse des corps conduc- ttiurs, et supjiosons deplus (pierun des deux corj)s conducteurs , le corps rt , par excmple, soit electrise ; les cliosesetant ainsi dispo- sees, il estclairc[ue le £uide qui se trouvera en excesdans le corps a, ne pourra point se repandre dansle corps 6,iL cause de laresis- tance que la substance non-cohductricepresentera au mouvement du fluide electrique , laquelle resistance doit etre supposee assez grandepourne pas laisser passer la niatiere electrique. Dans cotte circonstance, le corps^z nese tronvant pas dans sonetat electri((ue naturel , aura la propriete de decomposer le fluitle propre de I'autre corps couducteur: alors une action attractive seraexercee surl'undes deuxfluides du corps ^, tandisqu'une action repulsive sera exercee sur I'autre fluide de ce meme corps ; en sorte que, si le corps a est suppose electrise vitreusement , la partie 6 , ciui sera la moins distanle du corps a , se trouvera electrisee rSsineusenient , et I'autre partie du. corps b, celle qui sera la plus tlistante du corps a , se trouvera electrisee vitreusement. D'apres cela il est lacile de voir, i". que Faction attractive cpu s'exer- cera entre le Jlulde vitrd du corps <2 , et le Jluide resineux du corps b , sera necessairenient plus forte ([ue Taction re- pulsive ([ui s'cxerccra entre les JIuides vitres de ces nieraes corps; 2°. que cette derniere action diminuera, par rapport a la premiere , si les corps viennent h. s'a))procher ; S*^. enfiii (jue les emissions electriques devront avoir lieu aussitot que I'epaisseur de la substance non-conductrice qui determine I'ecartenient des corps a et ^ se trouvera diminuee d'une quantiLe suffisante. Si la substance non-conductrice interpiisee entre les corps a et b est vine couclie d'air , les emissions du fluide electrique pour- ront avoir lieu , en supjiosant meme a cette couclie une assez trande epaisseur. En general, suivant les dilFerentes densttes es couches d'air interposees, les distances explosives serontplus ou moins grandes , les plus petites distances repondronttoujours aux couches les j)lus denses , et les jilus grandes distances , aux couches qui seroiit les nuiiiis deiises. Les etincelles electriques qui traverseront les premieres couches, paroitront constamment plus vives etplus brillantes que celles qui traverseront les secondes couches ; les differences qu'on observera scront d'autant plus Tome V. PLUVIOSEa« 7. Y 170 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE gramles , que les milieux k traverser auront ties densites ])!us eloignces. Eiifin la matiere electrique prendra une couleur ptirpu- riiie , si la densite des couches d'air qu'elle devra travei'ser est infiniiueiit petite. L'expeiience I'ait voir que c'cst au simple ecartemeut des mo- lecules du lluide elcctrique , qu'on doit attribuer les differences ipii out lieu lorsqu'on excite des etiiicelles electriques au mi- lieu de couches d'air de deusites iiiegales ( 1 ) , eusorte (|ue , si , par un moyen quelconqi/e, on empeche I'ecarteinent des par- ties ^ISmentaires du Jluide dlectrique d'avoir lieu , les etin- celles qui traverserout des couches d'air d' une denshd iTiJiniment petite , pourront toujours paroitie aussi vives et aussi hril- lantes que celles qu'on cxcitera au inilicu de couches d'^ir d'une grande densite. Examinoiis maintenant ce qui arriveroit dans le cas ou le lluide electrique devroit se lepaudre dans des cspaces vides de toute nuitiere. Imaginous un corps a de la classe des corps couductcuvs , c'cst-a-dire , un cor])S qui st)it tel par sa nature , que le fluide elcctri(pie j)uisse s'y momoir librement. Cela pose, si nous char- geons le corps a d'electricite , il est aise de voir que le lluide electrique qui agit par rejiulsion dans toutes ses parties clemen - taires avec une force plus gramle que la raison inverse du cal)e des disl:ances , ne jjoiirra lester dans I'interieur du corps iz,et qu'il devra se jjorter a sa surface (2). (1) En t'fret , si on prcnt] un tube 'le verre d'un petit diametre , ct si , au Hioyeii de la machine pneumntiqiie , on rcdiiit a la plus petite densite possible lair ([u'il contient , les eiincelles iju'om excilcra dans i inlerieur tie ce tube pour- ronl paroitre aussi viveset aussi brillantes que celles i[ui traverseront des couches d'air iniiniment plus denses. Si, au lieu du tube dont nous venous de pailer, on cniploie toutes choses egalcs d'ailleurs , un vase d'inie i^rande ca|iacile , les molecules du iluide electriipie pouvaiit alors obeir a la force repulsive qui IfS anime , se trouveront, de celle maniire , sollicilees par piusieurs forces ; dans ce cas , elles prendront une couleur pnrpurine , et decriruiit une courbc quel- con()iie dans linterieurdu vase. (2) Coulomb a prouve , dans ses nicnioircs sur releciricite, que toutes les lois qu'uM fluide renferme dans un corps oil il peut se niouvoir librement , agit par repulsion dans toules ses parties elenientaires avec une force plus grande que la raison inverse du cube des distances (telle, par exeiuule , qu'elle a ete trouvee pour relectricite en raison inverse du carre des distances ) , Taction des masses de ce fluide , placees a une distance finie dun de ses elentcns, n'cst pas iniini- ment petite rplativement a Taction elemeniaire des'puints en contact ; d'oii il suit, cue lout le fluide doit se porter a la surface du corps dans Icquel il est rcnfenue. ETD'HISTOIRE NATURELLE. _ 171 Les clioses etant dans cet etat , si tons les points de la surface du corps a se trouveiit en contact avec une substance non-con- ductrlce de I'electricite , le flnide en exces dans le corps a s'arr^- tera necpssairemeut a la surface de ce corps, a cause de la resis- tance que I'enveloppe idio-e'ecfrique presentera au mouvement des parties eleuientaires du fluide electri(pie. Si les clioses etant dans le premier etat, le corps a , au lieu d'etre enveloppe d'une 'substance non - condiictrice , se trouve jilace au milieu d'un espace vide de toute mat'iere , Taction des elemens du fluide electrique devant avoir egalemcnt lieii dans cette derniere circonstance, le flnide en cxces dans Ic corps a ne s'arretera plus a la surface de ce corps , et se repandra dans I'espace vide. Pour que I'ef'fet contraire cut lieu , il f'audroit ne plus avoir egard h. la force repulsive des molecules electriques, et dire alors que le fluide electrique n'a pas la propriete de se repandre dans les corps , en vertu de Taction repulsive de ses elemens. Or, Coulomb a fait voir que « le fluide electrique ne " se repand dans aucun corps par une affinite cliimi(|ue, ou par » une attraction elective ; raais (lu'il se partage entre differens :>' corps mis en contact, uniquement par son action repidslve :>-.. Ainsi tout tend a prouver que , le Jluide Slectrique , par sa maru^re d'agir dans toutes ses parties Slementaires , pent se repandre dans des espaces supposes vides de toute niatiere. Nous aliens maintenant rapporter quelques experiences qui font voir que les emissions du fluide electrique ont lieu dans le vide de TorricelU. PREMIERE EXPERIENCE. y I O r R E C y PLANCHE 2. ■Nous avons pris un barometre ABC, parfaitement bien purge d'air , et, au moyen d'un excltateur, nous avons fait com- muniquer la tige metallique eg, fixee dans la cuvette c, avec un corps conducteur charge d'electricite : a Tinstant une partie du fluide du corps conducteur se repandit dans I'espace ahr , et toute la partie vide du barometre devint iimiineuse (i). (1) D'apres ce qui a ete dit y la tlieorie de cetle experience est facile a concevoir : dans cctte ciiconstance , la surface h r du mcrcure fjisant parlie de la surface totale du corps electrise , et les poinisde cette surface ne se tiotivant pas en contact avec une substance nan-condnctrice , une parlie du flnide du corps conducleur a pu se repandre dans la parlie vide A h r, et mcme le corps conducteur eut pu perdre tout son fluide en exces , si la partie ■vide A U rtaX, et^ iiilininient grande. y-j'i. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE D R U X I E M E EXPERIENCE. Nons avons entonre la partle adf i\\\ baronielre, d'line petite lame d'etain, et attache a la tige JLa separation du zinc uni anx diverses suljstances metalliqiies , et principalenient lorsqu'il est uni au ciiivre, avec Icqiiel il a ime grande alfinite , interesse a-la-f'ois la chiniie et les aris. La dissolubilite dn zinc, dans presqiie tons les acides, safacilite a s'oxider et a se volatiliser en raenie terns a un certain degre de clialeur , presentent phisieurs diificultes lorsqn'on veut rompre son union d'avec un metal qui partage presque toutes ses alfi- nites. 1°. II est tres-dlfficile de sepai'er le zinc d'avec le cuivre par le moyen de la dissolution et la sinijjle cristallisalion : il arrive toujours , (pielijues precautions que Ton prenne , que les deux sels qui duivent resulter d'une dissolution de zinc allie avec le cuivre , quoiqne ces sels, dis-je , soient de forme et de couletirs differentes , recelent dans la contexture de leurs lames cristal- lines, une partie plus ou moins grande de la base de I'un de I'autre ou de leur ])riacipe salifiable : et la parlicipation mutuelle de ces deux sels s'accroit a. mesure (j^ue la dissolution saline approclie de son terine de crisiallisation. 2°. Dans le cas ou Ton voudroit separer le zinc d'avec un (i) La lecture de ce menioire a I'inslitut national est anu'ricure aiix obiervaiions fju'un membre de I'institut liit <|UiJ]ze jours a[ires , sur le nie;iic sujel, II fit connoitre aussi un luoyen de separer le zinc aliie an cuivre. St-ri procede aj'ant ete publie dans le Journal de Pharniacie du mois de therniidor, 2«. aiince , on peut ly consulter. Les arlisles qui auroient besoin d'analvser les differens laitons pour les con- noitre ou les imiler, seront a nienie de choisir celui des dtux niojens '|ui leur paroitra leur convcnir le plus. 174 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE metal k I'aide de la sublimation k une. forte chaleiir, ce moyen , qui est praiiqiie aiijourd'lmi , est plus propre a indif[ner la pre- sence du zinc seuleinent qui seroitalliea un metal, qu'un nioyeu certain d'en connoitre avec precision la quantile. Mac(pier et Bauine ont lait inentiou des proceJes que je viens de citer ; mais letxr pen d'exactitade dans cette analyse , les oloi^ne heaucoup de ceux aii moyen desquels on est parvenu a la precision qiie nous avons acquise. Enell'c'tjSi aprescesdeux chitnistes on expose dansun creuset, a. un feu assez fort , une quantite coiinue de cuivre contenant du zinc , alin de determiner les proportions dans lesquelks ce metal y entre , le zinc viendra se briiler a la surface de I'alliage ; sa combustion et son oxidation indiqueroient bien sa presence ; mais ses porportions ne pourroient tout au plus s'apprecier que par la soustraction du j^oiJs que cet alliage auroit perdu. La difficnlte ne se borneroit pas la ; car ensuite il s'agit de con- roitre le point ou le caractere certain qui annonce f|ue le zinc contenu dans tel alliage a entierement Ijrule , et que le degre de chaleur employe aura ete assez foi t pour forcer les dernieres iiorlions de zinc a rorajire I'attraction qui les unit au metal avec leeniel elles sont alliees ; comment encore apprecier le poids des autres substances metalli(jues (pii s'y trouveroient et qui auroient ete oxidces ou volatilisees avec le zinc ? D'aillours le cuivre s'oxide plus ou moins pendant la combus- tion et I'oxldation de ce demi-meta) , et il acquiert ainsi un poids ])lus fort; ce qui produit necessairement une erreur danslecalcul, lorsqu'il est question de determiner le poids du metal volatilise ou brrde par le poids de cclui (|ui est reste fixe. Je me suis assure de rimperfcction des moyens dont je viens de parler , par divers essais ; et malgre tons mes efforts a les rendre piopres a etre employes , je n'ai pu jiarvenir qu'a eviter I'oxidation du metal restant apres que le zinc qu'il con- tenoit a ete brule , qn'en ecliauff\\nt I'alliage entoure et pressed dans de la poudrc de charljon. Mais, malgre cette precaution , j'al toujours eu des variations sensibles de poids avec differentes parties du meme alliage de zinc et de cuivre exposees au meme Iburneau, et chauifees pen- dant le meme espace de temps. Ainsi , apres m'etre convaincu que le feu otoit un reactif trop inconstant pour obtenir des produtts egaux et par lesquels on put obtenir des resultats ipvariables , j'ai soumis differentes es])eces de laiton a I'analyse par la voie humidc ; cette voie m'a presente des moyens plus constans et plus exacts. ET D'HISTO I RE.NATU R E LLE. 1/5 PREMIERE EXPERIENCE. Je pris cent parlies do laitoii tlu commerce j on les fit dissoudre dans line suffisante quantite d'ac ide nitriqiie pur. lorsqiie le cuivre qui a servi ^ preparer le laiton contient de I'etain , on que ce metal y a ete ajoute pourdurcir le laiton, I'etain so precipite peuilant la^dissolntion en oxide, et ((uelquel'ois il se trouvc mele de quel(pie portion d'oxide roufj,e defer; en pareil cas on decante la dissolution de nitrate de laiton , pour en separer Ics oxides d'etaiu ou de fer. D E U X I E M E EXPERIENCE. Les divers acides meles a la dissolution dn nitrate de laiton n'enlevent pas le cuivre ni le zinc a I'acide nitriqiie. TROISIEME EXPERIENCE. On fit dissoudre cent parties de laiton ordinaire dans de I'acide nitriour charbouner seuleiiient la petite portion de tannin et de gal- ate de i'er qui auroitefe dissoutej apres cette opeiation je fis di- gerer la nuitiere cliarbonnee dans I'eau distiilee f roide , et je la lavai snr nn liltre jiisqu'a ce qn'elle nie pari'it cpuisee de tout lo snlla'ce de zinc qu'efle conteiioit La liqiienr etoit claire et limpide , le prussiate de chaux n'y deceloit pas le f'er; mais la dissolution de carbonate de soude pure preciplta en bleu le zinc qu'elle contenoit : je m'assurai que ce precipite n'etoit que du cubonate de zinc en le revivi- fiant mele avec la poudre de chai bon dans une corrnie de gves dont le bee plongeait dans I'eau. ^ Je ne presente pas le procede que je viens de decrire comine le nioyen le plus prompt et le plus aise pour separer^ par la voie huinide , le zinc qui pourroit se irouver allie air cuivre ; la lenteur avec laqucileK? galLite de fer se precipite, et la quantite de lluide qn'on est olilige d'evaporer pour determiner le poiUs d'line tres-petite quantite de zinc rendent I'operation longue , et ne presentent pas celte lacilite d'execution qui ])ent garantir la reussite dans des mains pen exercees dans ce genre d'analyso. J'ai cru cependant devoir rapporter cette experience pour f'aire connoitre les dilficultes qu'on est oblige de vaincre ou d'ecarter, lort,qu'il s'agit de rompre I'union de deux suijstauces obcissant aux memes lois d'attraction. QUATRIEME EXPERIENCE. Parmi les sidjstances qui ont la yiropriete d'enlever le cuivre a. I'aclde nitriquc , le plomb me jiarut prellsrable, 1". parce qu'il forme, avec cetacide .unnilraie de jiloinb trcs-soluble , 2". ]iarce que le plomb pent etre ensuile s- pare de cet acide par I'acide sult'urique qui le precipite en sulfate de plomb qui est pres- qu'insoluble ; 3°. parce ([ue le zinc a une ])lus grande affiuite avec I'acide nitrique que le ploinl). En conse<:[uence , je fis dissoudre cent jiai ties de laiton dans I'acide nltriipie tres-pur ; la dissolution ayant ete melee a six fois son egal volume d'eau distillee, j'y ])longeai une lame de plomb pur et bien decapee : le nitrate de cuivre fut aussilcit decom- pose par le plomb , et le cuivre se jirecipita en etat metallique , tandis que le plomi) s'unit a I'acirle nitrique. A mesure f|ue le cuivre se separc de son dissolvant par le plomb, la liqueur perd sa coulenr Ijlcue ; et lorsque le cuivre est totalement ])recipite , elle acquiert un ton de couleur legerement citrine. On ue doit cependant pas conclure d'apr^s un indicesi peu certain. ET D'HISTOIRE NAfURELLE. 'I77 certain , que la liqueur ne contient plus de cuivre. Le meilleur moyen qui puisse , en pareil cas , servir de preuve exacte , c'est lorsque la lame de ploinh, bien decapee de nouveau ,. conserve son etat metallique , apres avoir sejonrne quelques lieures dans la dissolution echaufl'ee jusqu'i ehuUlLion. II arrive trcs-souvent que snr la fin de la precipitation dii cuivre par le ploml), la surikce de la lame de plomb s'oxide au ])remiordeored'oxidationen se couvrant d'unoxttle gris-fonce de l)loinl} , et se mele avec le cuivre qui a etd precipite en etat me- tallique ; pour separer entieremeut In cuivre metallique d'avec cet oxide de plomb qui s'y est mele pendant I'operatio!! , il est necessaire de redissoudre , dans de nouvel acide nitrique, touts la substance metallique precipitee , et en precipiter le plomb avec de I'acide sulFiiriquc ; ensuito on decompose le nitrale de cuivre , par le carljonate de sonde pure , et on en apprecie le polds , soit en revivlfiant le carl)onate de cuivre, soit en defal- quaiit I'acide carbonique dont il s'est cli.u'ge. Ainsl , lorsque je fiis hien convaincu , par le moven que je viens d'indiquer , ([ue tout le cuivre etoit separe, je procedai i la decomposition du niirate de plomb par I'acide suifurique qui enleva le plomb a I'aciue nitricpie , et le preciplta en sulf.ite de plomb. Je separai cc sel iasolulile par la filtration , et apres I'avoir bien lave avec de I'eau pure , j'evaporai a siccite , toute la liqueur dans un vase de verre. Le residu obtenvi apres cette eva- poration , f'ut dissoiis dans I'eau fioide juire ; ensuite on filtra cette dissolution pour en separer la petite portion de sulfate de plomb qui auroit pu s'y trouver. Au moyeu de quoile zinc qui etoit eatre dans la composition de cent parties de laiton,resta seul dissous dans I'acide nitritiue dont ensuite je le precipitai eu carbonate de zinc avec le carljo- nate de sonde pure. Le carbonate de zinc que j'avois obtenu de cent parties de laitou , apres avoir ete bien lave et seche, pesoit viu 100 parties. Representant zinc nietalliqiie i3 parties^ Je dois faire remarf|TTor (|ne les diii'erens laitons ordinaircsqiie j'ai soiiniis a la menie analyse, ont presqne tons varic dans les proportions dii cnivre et du zinc qni lescomposentj et (pie I'etain s'y ti'ouve sonvent mele dans les j^roportions d'lin on dcnx ceu- ticnies. Ces variations nedoivent pas etonner, lorsipi'on sait que Ja phipart des ciiivrefe jannes iiovis sont \endiis par I'etranger , et que lenrs qiialites'et les proportions dn "zinc qui s'y trouvent alliees , doivent difi'erer relativement aux nioyens qu'enq^loyent les diverses Faliriques fpii les prejiarent. L'horloa;erie f'aitnsaCTo d'un cuivre jauncfpii est prepare expres a Geneve pour la fabrication des roues d'echapptment , pieces si essenticlles a la justesse du raouvement des montres. Ce cuivie reunit h la beaute de la coulenr janne , une grande ductilite ; il est si recherche par les artistes liorlogers, (|ue lorsqu'ils peuvent trouver des lingots de ce ciiivre d'une parfaite ductilite , ils y mettent un haut prix. J'ai I'ait I'analyse de ce cnivre jaime qneBreguet, artiste celelire ■dans rjiorlofrerio , m'avoit donne , et dont il uie certiiia 1 excel- J^'Ule qualite. Voicilcs proportions de cet alliage. Cnivre janne piepare a. Geneve pour la fabrication des rones £l'echaj)pemeni: 100 parties. Ont donne cnivre rosette. 76 parties ) r,- . ,,■ zr t- h 100 parties. Zinc metallique 2,6 parties ) ^ T(_ls S'->.nt les difl'erens resnltats cjuej'ai obtenus dans I'examen' tie plnsienrs cuivres jannes, en. les soumettant an mode d'analyse dont j'ai donne le detail , et au nioyen duqnel il.estaise d'appre- Gier les jiroportlons de zinc qui se trouveront alliees aux diverses qualites do laiton que le commerce nous fournit. L'alliage dont il est c[uestion est cl'nn grand usage cliez nous pour la taljrication de la giosse bijouterie et de I'horlogerie , et soils ce seul rapport , la varicte que j'ai trouvee dans la propor- tion de sa composition ue poiuroit iuiluer que sur sa qualite et sa beaute. Ce m^nie alliage , considere sous le rapport de son empL.u dans la fabrication des vases de cuisine et des ustensiles destines. ET D'HISTOIRE NATURELLE. I79 a. contenir ou preparer les boissons etles clivers aliinens quiatta- fjuent le cuivre , nierite I'alteiition du gouvernement. II seroit 3. souhaiter , pour la siirete piiblicjvie et aliii d'eviter des accidens funestes et trop frecpieiis dans les families , par la secui-ite perfide qii'on a dans les vases de laitoii dont on ignore inSines les proportions d'alliage ; qne la dose du zin<; allie an ciiivre destine a la fabricaiion de ces vases, fut determipee i>ar line loi. Les proportions de zinc qui entreroient dans cet aliiagc, devroient etre telles que les molecules de ce demi-nietal ,piissent isoler et couvrir les molecules du cuivre , de maniere a ne pas alterer leur malleabilite , et a les defendre centre Taction des fluides acides ou des corps gras ; ces proportions d'alliage qui lie seroiciit pas dilficiles k ^tre determinees , pourroient aussl etre garanties, en soumettant ;\ I'analyse , par la voye humide (|ue je pidJie , tous les cuivres jaunes qui seroient destines a la fabrication des vases , iaits pour preparer ou recevoir les alimens. L'alliage du cuivre avec le zinc remonte a la plus baute anti- quite. Les anciens peuples le preparOient et I'ont employe atix ou^'rages de luxe et a la confection des ustensiles destines a la jrejiaration des alimens. En rellechissant sur le grand usage qvic es anciens out fait de ce metal mixte , aiissi iieaii <|ue ductile, de meme (jue snr son usage jounialier dans nos cuisines , ou est etonne ([u'on n'ait pas encore determine, d'une maniere pre- cise , les proportions de zinc qu'il conviendroit d'employer pour detruire ou aflbiblir j le ])lus cju'il seroit jiossilile , la qualite dele- tere du cuivi-e rouge qui fait la base de cet alliage. La variete des ])roporiions do zinc que j'ai trouvee dans les dilfercns ciiivres jaunes (|ue j'ai sourais a I'analyse par la voie humide , les accidens fachoux arrives et qui se repetent cbaque io\ir par la confiance que I'on pent avoir dans le cuivre ]5arce qu'il est jaune , m'ont profondenient penetre de I'interet urgent que le gouvernement doit se hater de filre porter dans la re- cherche des doses de zinc qji'il seroit le jilus convenable d'allitr dans la iabrication d'un cuivre jaune, pour etre mnins maltaisant dans nos usages domestiques , et dont la fidelite seroit unitonne, constante etgarantie par une marque. Quoinue I'hisloire nous aitlaisse ignorerque le zinc fut connu, nieme de nom , cliez les (jrccs , les Arabes et les Roraaiiis ; la couleur jaune des ];ieccs ouinstrumens de cuivre que ces peuj>les Tiows out laisses , a dii natnrellement falre presumer que cette substance metalliqueexistoitdcleur temps. Plinedit,au 34'-. cliap., liv. 2''., (pie rairain £c faisoit avcc une pieire cuivrenso , qu'ou Z 2 I i"o jcrny.M, Di: ptiysiqi.te, de C7n:\tTE v.ciumoh cai/mh'. D'!i])ics Ic jr,p] i rjn:iil5 v:\i'ijLe uc ciilvi'o , e'c (j'lM.; f^iiijleiii: ■d.inu dlvr.-;-.^ lis prejiarcient eg, dement im alUagc partlculicr d'airaiii (jii bronze pour les staliics et Ics tables; ces aUiaj^os etoicnt com- poses d'un tiers d'airain ramasse des usages domestiques etqn'ou- achetoit , comma on achete aujoiird'hui le vieux cuivre ; on y ajontolt douze livres et demi de ploml) blanc on etain sur cent livres. On I'aisolt anssi nn autre alliago pour les v.Tses e;: mnniiiles , oJIar'ui temperatura , avec uu dlxieaie de ploinb et un vingdeaiv.' d'etain.. En general, on volt que Pline avoit pris des renseignemens sin tons les difFerens alliages de ciiivre et de zinc coiiniis de srja temps ; mais il en a parie avec ce vagne et ce pen dc methodf,' qu'evitent rarement les auteurs qui decrivenC ce qii'ils n'ont p. is yu.. En comparant done les divers rn]iports de ce celebre nahuT. - liste , on est" pone a croire que les dili'erens cnivres jaunes, dont il parle, etoient jirepares avec des mines de cuivre, contenant certaines proportions de mines de zinc; en second lieu , que les troissortes de calamine, ditcs des fourneauT, et qui se deposoient h. dedilierentes hauteurs des lourneaux dans Icsquels on ceaien- toit et i'ondoit les nunes de cuivre, contenant du zinc, nesont c[ue les tutliies et les cadmies denosusines,dans lesrpielles aujourd'hui on exploite les mines de zinc, et qui ne sont visUj lenient que des oxides de zinc \. dlflerens degres d'oxldation; j'njouterai en- core qu'il est tres-pro liable que les anciens f'aisoient usngo de la calamine, puiscju'ds possedoient le laiton or^fcjialciwi , qu'on no fait ([u'avec la mine de zinc. Le pen de clarte que Pline a portee dars la description de la fabiication des dilFereus cuivres jaunes, ainsi (pie sur la nature des miiies avec lesquelles on les prep.iroit , nous a laisses dans luie grande incertitude stir I'existence du zinc dans ces sortes de mines; j'ai cru qu'il scroit interessant d'ecarter toiito espece de doiite a ce sujct, en demontrant, par le rosultat cli'niuine , la prc^sence du zijic dans les inoniioies de ces tenips, f.dniqiiees avec du cuivre jaune ou avec du laiton dont Pline a I'ait nit iition.. Avant d'entrer dans ces derails , je dois rappeller qu'en 1789 je publtai une analvse des monnoies du haut et bas Empire, aiusi que celle d'un fragment d'un poignaril ant!ien etoit cliunerique la connoissanee de la pre- ten due treinpe du cuivre , attrihuee aux ancieiis peuplps , par GeoffVau. Je lis voir quv leur cuivre ne devoit sa durete qu'aiix pr()])ortions d'etain qu'ili lui ailioient, et dont la'quantite etoit relative a I'usage auquel ces peuples destinoieiit ces dili'erens alliages (i). Le tableau, ci-apres pre<;ente les quantites d'etain, de zinc et de cuivre metallnpie , retirees des cinq especes de monnoies grecques et roniaings que j'ai analysces par la voye humide. A N A L T s E des cinq especes differentes de monnoies grecques et ro:iuiines. mun^m-^J. E;ni;i nv.'tal. , t atbo- 7inctlljt.il Cirv.e To.al ..3 r. Quaiuiiti p:\r I'.icidu rcprcscntd natc icprcstntc' Mr roiirc du Obsciv.a- inctalli- Ic carbonAtc maall. pouts. ^ Hor.s. ques. il'draiii. 7inc. ric -iinc. Momioic Algrc de I'artics. .;. Grccque. cotilciir 100. 8. 2,78. 9 J, 23. 100. 0. blaiicliS- 11 c. de Sicile. IXiin cvii Vlf 11 ^s 100. II. 6,3. 10, 11 5,3. 8q. 100. 0. pAle. Aierc , dc Sicile. ay-int iMic Vassmc bUncli.u. Cuivre ai- lOO. 5. 2,5. o. 0. 5-7,5. 100. 0. Romainc. piu.lil.iiic. coiniiK- Ic ii;e[al dfs TOO. I. 0,J. 6. 5,0. 96,17- too. 0. cloclici. RoM.Mnc. Cuivre i.iiiiic. lOO. o,5. 0,23. rj. 5. mam 91.75. 100. BcaeBH 0. ^KSKSBBk D'apres tous les resukats presentes dans ce Memoire , je crois ( i] Je suis force de reclanicr la priorlte dc cctle an.iljse siir celle ( publiee dans Ifrs Aiinales de Chiniie , n''. 68 , pa^e i5o , de I'an V , sou i'/-\! .___^T?__^i-: 1. -.. '!_ 1 -..:..- (|ui a e)e 3 le litre »^.,y™. ,w-.-w „w-.-, _iai»*^il^ lia^UllCClllUJJllCUlJ,!! YCllLUlljUCmni. qu'une conliriuaiion bien poslericure ;i celle que j'ai publiee en 1789, je crois qu^il ni'csi pciiuis dc consigner ici ma juste leclamalion a ce sujet , tn faveur de l,a prioi-ite qui m'esl due. ET n'HISTOIRE NATDRELLE. iC3 avoir proii\e , i°. que le zinc allie an cuivre et a I'etain , pinit etre e:Uiereiiient separe -par la voie hcimide , et que ce iiioycn est tres-propre a cleteniiiiicr les jirnportior.s de zinc contennos dans les dillerens cuivres jannes ordinaires, ainsi que dans cenx qu'on destineroit a I'usage de la preparation de divers aliniens , ct dont il conviendroit de fixer les doses, afin d'afl'oiblir d'une inaniere sure , coiistanle et unif'oraie, la qualite venenerisc dn cuivre roiif^e; -j.". qu'on ne pent plus dotiter que la cadniie , on mine de cuivre dont Plinc a ])arle , et dont les anciens peuplos iaisoieut usage dans la labrication de leur cuivre jaune, ne iiit uneniine de cuivre contfnnnt du zinc ; I'on pent aussi conclnio que les trois sortes de. eadmie, dites des f'ourneaux , avec les- quelles ils preparoient leurs luitons , n'etoient qu'nn oxide d<; zmc volatilise jiar la violence du feu cles fburneaux dans lesfpiels iis ceinentoient onf'ondoient Icur mine de calamine , et ne difie- roieiit pas de nos cadinies ni de iios tutliies que nous retiroi's dans les dltlerenies hautturs des t'ourneaux dans lesqnels on ce- mentc le cuivre avec les mines de zinc , pour en faire le laiton-, le cuivre jauue ou le siniilor. TREMBLEMENT DE TERRE DANS LES PAR.TIES OCCIDENTALES DE LA FRANCE. J_i E six pluviose , an 7 , environ 3 lieures 54 minutes du matin , on a rcssenti un tremljleiuent de terre dans une partie des pro- vinces occidentales de France , depiiis Rouen jus(|ii'a Bordeaux. Les lietix ou les mouvemcnsont ete les plus violens paroissejit avoir ete aupres de Macliecoul , dans la Vendee. A Bouin , (jui toiiche Machecouljil y a cu i4niaisons renversees. A Machecoul plnsieurs niuraillcs ont ete culbutoes. A la Rochelle, qui ii'est pas tres-eloigne de Macliecoul, des personnes qui ont nabite St-Doniingue et la Martinique , accou- tnniees aux tremblemens de teiTe , unt distingue , dans celui-ci, (juatre secousses ; les deux premieres j par Irepidation , out ele assez^ foibles : les deux secondes , qui ont suivi de pr^s les deux premieres , ont ete par ondulation. Elles ont renvtrse quelques vieilles murailles. Le ciel , k cet instant, etoit sans nuages, la lune Ijrilloit de tout son eclat. 'L'atmosphere a paru d'un rouge 184 JOURNAL DL PHYSIQUE, DE CHIMIE cle feu : ce fjiii, sans doute , eloit iinc aurorc horcale. Le temps etolt caliiie; iiiiiis pen tie temps apres on a eprouve un vent tres- violeiit rpii fi dure deux jours. Los ^ardicns des vaisseaux out tous cgak'iiient resseuti cette seconsse , semlilable a celle qu'c- prouve un nayire quand il toitclie siir im I'ond solide. Ces secousses ont eu lieu , dans le nieme instant , a Rocliefort, a Bordeaux Answers a egalement ressenti la sccousse ; il y avolt aurore boreale. Nantes , Rcnnes. . . ont egalement ete agites. On a ol)serve a. Reniies que les maisons cpronvoient nn balancement, ainsi que les arl)res. On a eiitendti un bruit sourd qui venoit du sud ct courolt au nord. A Rouen les mouveniens ont ete moins violens 11 resteroit a recherclier le lieu oil jionvoit etre le foyer deces conunotions. On ne connoit dans c:es regions aucun indice de feu souterruin. On a seulcraent trouve, aupres de Treguier , des ^■cs!iges de volcans eteints . .,. Ces memes regions lurent cbraidees lors du fanieux trendjle- ment de Verre qui reiiversa Llsboniie eu i'/55. II liiut altendre pour savoir s'd y a eu , a la nieme epoque , des secousses dans quel([u'autres ])artics de Tiiurope. am 11 1 M l II n il' w iiw I I ■ — II III I MiW ii in II ir w • jn NOTE SUR LA SMARAGDITE, L\ LEPIDOLITE ET I. E FELD-SPATH VERT. J^Ei.]i-VBE , en exaniinant la smaragJite^ en a distingue de deux esjiects , la verte et la grise. Vauquelin a analyse la smnragdite verte et blanclie dc Corse, et il c il a retire, sillce 5o, aiumine ii , magnesie 6, cliaux i3 , oxide de fer 5.5 , oxide de cui-vre i.i, oxide de chrome 7.5. La smar.'gdue verte lui a donne , silice 5i , aiumine i3.5 , ir.agnesie 5 , chaux i4-5 , oxide de fer B , oxide de cuivre o.5 , oxide (le chrome 4- La smar.'.gdite grlse lui a donnc , silice 5o , alnmine 7 , uiagnes'e 8, chaux 17, oxide de Icr i.^.o. Lelicvre a In un Menioire sur la lejjidollte, lequel nous i'erons -coiuioitre par la suite. VauqutUn a retire de la Icnidplitc en masse , silice 54 » '•'"' muie ET D'HISTOikE NATURELLE, i 8 S nniio?.o,fluate de chaux4, oxide de manganese 3, oxide do I'ci- i, potasse 18. Le feld-spatli vert de Silieiie a aiissi ete examine par Lelievre , dont nons lei^ns connoitre le travail. Vaiiquelin en a retird , silice 62.83, alumine 17.002 , cliaiix 3 , oxide de fer 1 , pertc i6.oi5; mais ayant ensuite examine les residus , il en ♦! retire , potasse ]3. \oila.donc la potasse retiree de deux snlxstances qui ne se tronvent que dans les terrains primitil's , la lepidolite et le f'eld- fpalh vert. ■g - t^jj^c^ gg^ ^ NOUVELLES LITTERAIRES. 3Icmoi/'c SUV lesfossilles dcs environs de Dax , par Jacques- Franijois Borda. Cet ouvrage , qu'on propose par souscription , formera trois volumes grand in-4°-, aecompagnes de 6^ planches. II paroitra en 6 livraisons , de quatie nniis en quatre mois. Le jirix, pa]ner grand raisiji fin , est de 1 8 francs , et 3o fr. en jmpier yelin. On souscrit a. Bordeaux , cliez Plnard , pere et lils. Et a Paris cliez Agasse , Villiers, Grabit , Trcuitel et Vurtz. Tra'ite des maladies des fenunes enceintes , des ft/mmes en couche et des en fans noiiveau -ites , precede du mecanisme des accouchemens ; rSdigd sur les lerons d' Antoine Petit , medecin de Paris, demonstrateur et professem an Janiin des Planteset membre de phisienrs Academies , etc. etpiiblid par Baigni^res, ancien medecin de Paris et de MontpelLier, etc., et Perral, ancien chirurgien-major des aririees et de V arsenal de Paris. Inclocti discant , ct nincnt mcminisse periti. A Paris , cliez Baudoin , iznprimeur du Corps Legislatif" et de I'Institut national , place du Carrousel , n". 662. Cette partie difficile de I'art de guerir avoit ete traitee avec soin par le savant Petit, mais il n'avoit pas fait imprimer son travail. C'est done nn vral service que rendent a la science et a. I'lmraanite les ^diteurs, en le publiant aujourd'liui. ro/«6? r. PI.UVIOSE a« 7, A a OBSEllVATIONS METEOROLOGIQUES, FAITH TAR bouvaud, aslronomri ^-i-J.^-- ^ -■jA»jja-"fc-f*^jtaitB^i^i* ^Miji.ie.wl't*ti'w*»itai>tt-'jgttia5Wfciau<^«.«:.j>i.3iiM^jjjjw.u^j33 T H E R M O M E T R E. M A X I M V M. M I N I M U M. 3 4 y 6 7 8 9 lo 1 1 II il'j 16 I7 18 '9 11 14 '7 18 19 miJi.. — l^is.. — miJi.'. -)- niiJi. . — midi.. — ir.idi.. — midi. . — midi.. — midi... — 4''.s.. _ l^ ?.. — midi. . — midi... — jh.s.. — midi .. — mil!.. — 9\is. - i''. s.. + midi. . 10''. s. midi ,. midi. . midi, . midi.. midi.. m;di.. midi.. ii'.i s. ih.S.. + 1,0 ' a 8,0 10,-3 4,y J. 3 7.9 3,1 i,« 1,9 1,1 J,o 3,4 I a 3.4U 1^4 a 0,9 la 1.0 |a 0,1 1 a 1.1 a o.f a 1 , 9 ! a ',3 "■A 3,8 5.9 4,4 4.7 S'l. m. — 7" ira.,-- 9''. s..— jhi s.. 7^im. 7''.im.. 9hfs.. 7''-|m.- Sh.m.. Si\m.. Ic!i. S.- 81'. m. yh.im.- yl'.jm.- 7''.>.- 6h. s. .- ?'';>.— Sl-.J-s..— 7''.3m. — 7''-Tm. — lo'^s.— 7^im. - 7".im. 3,i - 6,6 -1,1 - 7,5 -15,0 -15, « - 8,3 - 8,3 -11,5 -11,0 - 4,1 - 3,4 - ;,« A Midi. ". m.- 7". I m.- T'^.im.- - 7,7 - 7,4 - S,J - 0,8 -Io,9 -10,1 B .\ R M E T R E. M A X I M II M - 7,^ - 8,5 -lo,o - 0,4 + - 4,1 - 3,5 S3 4,3] + 1.1 4- 1.0 3 i,o|a 1.1 J. 1 3 8jC a 1^,3 4,? J, 3 7,9 7,1 3,4 1,9 S' 5,5 5,4!a 4,5ga ^,4*3 ',7[ 0,9 midi.. . 7'>- ^^ s... mi ii . . a a ^ i.ola 0^1 J ^i o,f 1,9 1,3 1,4 3,8 5,9 m. 8Ki Sh.'m Sh. m midi.. . midi.. . 9h, m. . 7''i^.. 8I1. m. . 9''. m.. 9^-i s.-. 7h -J m. 8'\ m.. 7h.r 111 . . ■' I jh. S.., ll' S . . 9'' m.. . 9''. m. . 3''.| s . mi li.... loi'. m. jh.i m. Sh.4 m 4,«! 9I1. s. . 9h. m. 18. iS. 18. IS. 18. 17- 17. 17. 18. l8. 18. iS. iS. iS. 18. iS. iS. 18. 18. 18. 18. 28, 18. 18. IS. iS. 18. 18, 18. 18. 4,f 5,« 3,8 °,7 '1,7 8,7 10,6 ^/> 4,9 1.5 3.9 3,9 1,9 1,9 1,8 1,'^ I.S 1,8 1,9 1.7 1,7 1,8 3,5 ^,J i,<^ 1,1 I ,0 1,1 Minimum. a 8 a 9''.f s. . a 9h.|s.. , a Sh.i s. . , a 4I1 1 s. . a 8'' 1 m. a jh I5 . a ^l'. s.. . a Sh. s.. . a 8''. m. . a If h. s.. a ;h. s. . , a muii. . . , a 9I' i s. . a 9hT5.. ■ a loh. s. a 8h. m. .. a 7^.^ m. a 9''. s. . . . a 7''|m.. a 7h.i m. . a 7''| m.. a 3^1 s. .. a 8h. s... 5''-j5, . niidi. . . io'>.is. 18. i8. 18. iS. 17- 17- 17- 17- iS. IS. 18. IS. IS. 18. iS. 4,''' 1,4 I,T 3,3 l'.5 10,5 «,c 4,8 1.3 4,4 1,9 3.4 1.8 1,0 1,7 I, J iS. 0,3 17.11,9 18. i,f iS. i,J 18. 1,4 1,3 1,6 3.4 1.5 i,( 0,7 <^,t I .0 18 18. iS. iS iS, iS. iS. A Midi, 4,s 3,0 18. 18. 18. i,r 18. 3.?. 17-11, 17. II, 17- 7,9' 17. 10,6 18. 1,6 18. 4,9 iS. 1,1 3,1 3,7 1,1 1,0 1,9 1,7 I,i 0,0 1,7 1,5 1,4 i,« 1,8 3,51 3,01 1,^1 0,9:1 0,41 1 . 1 1 18. 18. 18. 18. 18. 18. 1?. iS. 18. 18. iS. iS. 18. 18. 18. i8. 18. 18. RECAPITULATION. Plus grande ^l^vation du merciire 18. 4,91 Ic lo Moiudre ei^vation'dii mercure 17. 4,43 Ic 8 Elevation mbyenne; , i7.io,C7 PluE grand degr^ de chaleur. + i,4 '« 18 Moiiidic dcgr^ de clialeur — 15.'' Ic "^ C.lialeur moyennif — 5,*, Nombie dc jours beaux .'.'... i J , de couvcrcs. 7 de pluic o L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, \iv6sc en I'll. KVG. ^4,0 6\ ,0 cette augmentation etoit encore plus nijrquee; I'eudiometre monta -^ 0,284, rnais bientot, dans les liautes regions , des nuages commencerent a se former, le bleu disparut, 11 y ent une perdition d'oxigene de o,o52. Ce cliangement annon^a I'approcbe de la pluie ; elle tomba k verse ;\ tlix heures du soir. Je courus .a I'appareil pncumatifp,»e , et je trovivai encore o,oo5 de moins , fair etoit a 0,2,67. J3ans la nuit du 4 au 5 , les vapeurs fnrent r^soutcs dans fair ; a 8 lieureg du matin le bleu parut a travers les nuages, aussi fair avoit - il augmente de o,oi5 d'oxigene. Le vent parut amener d'autres couches d'air encore plus pur, li neige iijudant sur les hiutes Alpes. Le soir, le vent ne soulHant plus, des nuages se forme- rent , il n'y eut , au lieu de o,2()2 , que 0,273 d'oxigene dans I'at- mosphere. l.e 6,plnie en abondance et 0,264 d'oxigene; I'eudio- metre tomba jusqii'au i3 a. o,25(; ; mais ,. pendant la nnit, tons les nuages disparurcnt , et en 16 heures fair gigna 0,01 3 d'oxi- gene , ii etoit i 0,272. Le 14 au mating nuages qui indiquent ET D'HISTOIRE NATURELLE. 191 I'approche de la nei^e , eudiometre 0,262 ; bleu du ciel jusqu'au 17 , eudiometre 0,284 > done une augmentation de 0,022. Le 18 , brouillard epais et 0,290 d'oxigeae Le 19, neige en ahondance, aussi I'eudiometre toml)a-t-il jusqu'ii 0,272. Le 20, la formation de la neige occasionna une absorption d'oxigene encore plus forte, I'air n'etoit plus qv'k 0,265. Le 2.5 , bleu du ciel , eudio- metre 0,274. Le22meme a 0,278. Pour prouver comblen ces lois sont constantes, je n'indique que Ics jours, dans chaque mois, qui prouvent rinllnence de la formation desnuages dans la com- position cbiiiiique de I'atmosphere. Novembre. 18. 19. 22. 20. aS. Decerabre. 2.6.7.8.12.18 21. 22; 24 — 26. 29.30. 3l. Janvier. 5 — 3.5 — 8.12.17 — 20.22 — 3i. Fevrier. 5 — 17. 18 — 23. 26 — 28. •Mars. .1 — 6. 7. 8. 10 — 12. 14 — 17. 20. 21. 28 — 3o. Avril. 2 — 5. 10. 14 16. 17. Dans les 589 fois que j'ai analyse I'alr , je n'ai trouTe que six a. sept jours (If 20 noveinl)re, 4- 10 Janvier, 24 fevrier et 19 mars) qui semblent faire une exception k la loi generale ; mais aussi il ne faut pas s'etonner quen'ayant trouve qu'une seule cause de I'aug- inentation de I'oxigeneilaiis ratniosphere,les grands plienomenes meteorologiques ne se laissent pas tous reduire a celle-ci. Les experiences de Read , annoncent une comlrinaison entre I'oxigene et I'electricite. Nousiguorons encore si la cliarge elec- trique de I'atmosphere inline stir sa purete. Je rae doute tres I'ort aue chaque fois que I'eudiometre toml^e , pendant la formation es nuages , I'eau se compose de deux substances aerifbrmes : les eaux de neige et de pluie etant tres-chargees d'oxigene, il se pent tres-bien que les vapeurs, pendant qu'elles se precipitent de I'air qui les tenoit en dissolution et (pi'elles deviennent concretes (agissant surl'liygrometre) s'eniparent de la quantite d'oxigene (pie nous trouvons de moins dans Tatmosphere ; il se pourroit meme que les vesicules d'cau, qui formeutles nuages, aient des atmos- pheres d'un air plus oxigene. La fonte de la iieige peutsouvent induire en erreur dans I'ana- lyse de I'air des hautes montagnes. Get air, generalement plus impur que celui de la ]ilaine, est plus riche en oxigene lors(]ue la neige fond dans les Hautes-Alpes , et qu'au contraire les con- trees plus basses en sont depourvues. Each recueillit de I'air du Geisberg, a 0890 pieds d'elevation ; je trouvai cet air, comme je jn'y attendois , de 0,026 d'oxigene plus itnpur que celui de la plaine. Auprintems, cette difference diminua jusqu'a 0,007, lors- .que la neige fondit sur la ciuie de la inoixtagne. Le 11 mars , 392 JOURNAL PE PHYSIQUE, DE QHIMIR C( tte meme raisoji rendit cette dilference tont-a-f ait insensible , I'air de la pluine etant a 0,264 d'oxigeiie. II y a deux raisons qui rendent insensilile , tres-souvent , I'auf^- mentation de roxigene , causes par la fonte de la neige : I'une est -la I'orniation d'es nuages qui accompagne un degel total ; I'autre est ractlou de la terre ou de i'liuums sur fair. Aussitot que la neige disi)aroit, la surface de la terre, fortement hu- mcctee J cou^uience a s'oxider ; cette Ibntiation d'azote est prouvee par les experiences contenups dans inou Menioire sur les terres simples. , ' Ainsi que les ]>hysicieiis indiquent Ic maximum, et Ic minimum. de I'elasticite dc I'air pbservee sous uiie latitude donn^e ,; je pense de meiue (ju'il est uece^saire de deteriyiner les extremes, entre les- quels balance la purttii de Tatmosphere. Dojmis uovemljrejusqu'eu . avril, i797,.j'ai vu uionter reudiometre jus- rbvs. dc Dtftic. 41,7- 59. •14,5. 41.8. 4V 6 49- 43,1 69,7 59. 84.5 80. 8o. 6i. 39- 36- 41,8. 9$- 9$- 95- 71,5- Hum id it L= iccllcd'a- prtii I'hv- 51 om. Az Electro- metre, ETAT DU CIEL. pai U rcmpciar. 75- .^ssct clair. 11 Des miams se formenr , pluic, acidccarboniqiic r.cii}. 65. + 1,5- Azur»5, cntre des nuag. dpars. 71 . Couvcrc, unpeu dcp!uifi;mais 7 1 . trcs-ttansparent. Piuie avec grelc. 69. -3,5- (-ou\.pl. !;re!ecinc'gc ensem- 63- ble a ich. eud.n6^cv2j6oxig. Clair azure. 74- CLiir. '^4- + 1.3- Clair. 7 1 ■ CUir , terre gelce. 67- Couv. la ntiaic se forme, les Alpcsblanch'isseiir. 74. Couvert, transparcni. Eroiiilhrd irei-er:is. 85. +4. . 71 . Nuages 5pars, blcus. 61. Azure, nuages elevcs. 6.,. Aiuri , soIl'jI, I'air trcs-trans- paicnr. 6r,. Le ciel commence a sc courtir (^c nuagei. 74- +1,1. Brouitlard c'pais qui tombc en eoiittcs. 7I- Idem. 68. + 3- - Idem, ^4. +1J- Az'jrc y vapeurs Ic^cres. i(j'^) JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Suite tie D E C E M B R E 1707. 10 m. I I s. 5 m. 1 1 m. 5 s. 10 s. J- m. i s. 9rm. 1 s. 4 s. 5 s. 4 s. 4 s. 5 s. y s. S s. i04,J. 104. 100. loo. I06,J. io4,y- 106. ■ oi,5. :oj. loC.j. gtllC dvalut' en millicmes paiuncnt- cul d'ap- pioxinia- OjlcS; 0,1«7. 0,2.70. o,i8l. o,l8i. o,2-77- 0,16«. o,i«i. o,raient"cs.' IJ. Vn pen de solcil pale, sa toicc , 7". Convert. Azure, etoiles scintillantes. Nuages^pais tout convert' rpliiie odorilcian'c , licde sc ' diiconipoiant cii brouillard , [ E. chsngcant de J-en - — . Dtfi^^lc, nnagc pais, ouiag. pcnd.Un.avcc Kucc ncig*:. f oiitc dcs iicigcs , outagan pendant la nuit. Nnagcs bas , ourag. la nuit. Ncige tonib.inie en abondan. intciiompuc par dci pJuics , ouiagan pendant la nuit. JANVIER 798. UHill,LlUftJK.Uc«W«ia ii^ni. S r.i. 1 s. II m. 5 s. 8 m. 5 5. 3 s. IC7. 109. 108,5, 106. ioS,j. Oxig^nt livaliiL' en niilliemts pa.nncal ciil d'ap- p'oxim.i- tion. 0,161 . 0,1J6. 0,157. 0,164. o,if9. o,if6. o,iJ7- Barome- tie. 317,5. 3'7,i- 318. ;ii. 511,1- 315,1- 313,7- 311,1. Theinio- nidie. hi- +1,5- +>- +1. +o,J. -0,5. — 1. + 3- Humidire a^»paicnt. irapics rhyg. dc ' rhvg. dc i.iusiutc. 1 Uciuc. 94- 96. 93- 85,8. 88,5. 94- 81. 80, T. 67,6. 71,5. 6f,4. 46,1. 5f.i- 67,6, 44, y. 43. 7' Humidlttf icciled'a- pics I'hv- giOlll. dc ianssure , Elcctro- conigtf 1]1CCIC. pa, fa tcmpciat. •71. +1,5- - IS. 75- - + 1,5- 71. +■■ 6y. 69. 0. 71- 61. +1- 66, +0,8. 6TAT DU CIEL. Neige abond. ciel couvert. Neigeniel.de pi. eidcgrcl. dis momens de dcj^el. Calm. moinscouv.;tcLi dp A6g DCS h. nuagcs. tfLStianspa- reiis, un pcu^iznt^Js. Dcs nupgcv dc ncige scfoim. I'air a perdu la ttanspai:ei.ce. A7Ui(f , tris-tianspar. Forctf dii solcil S". \Ji\ pcu couv. nils-transpar. Le dcici s'annoncc. tiuite ET D'HISTOIRE NATURELLE. Suite de JANVIER 1798. •97 6 9 m 5 s. 7 3is- 8 10 m. 3is. 7 s. 9 } s. lO iijm. t s. 4 s. 6 s. 11 idjm. 4 s. 11 9 m. ii>. •3 9 m 10 s. 14 5 s. 10 s. 10 m. 5 s. 10 s. t£ ifm. 8 s. ■7 9 n> I s 9 s. 18 5 s. '9 10 s. 10 7 s- 10 s. :,! 9 m. 3 s. 10 s. 11 s. 7 s. 9 m. 4 s. 10 s. 3 s. 10 s. 10 m. 3 s. 10 s. 1 1 m 1 s. 10 s. Eudio< mctie. lOJ. io4r. '03, ;• lo.i Ho, J. 108, f, 106. I08. '06,J. ■oy. 108. loj. 107. io8,j. loi. 101, J. 106. 100. 101. 104. 99,!. 100,1. Oxtgciic (fvalui: en inllicm i paiuncyl- ciil li ap- pioxima cion. o,i«7. 0,169. o,iH- o,iji.- o,^J7- 0,16+. 0,149. 0,1J9. 0,l£2.. o,i«7. 0,159. o,i«7. 0,16, 0,178. 3.17 3 0,164. 0,181 0,176. 0,170 0,181. o,i?6 0,180 Baiomc nc. 5'9,1 5^0, J 3i',7 511,7- 511. 51!, 1, !ii.i 315. i 3H,9- 3=-3,i. 3^1.5 311, 4- 511,6. 3ii>5 511,1 Jii,i. 511,1. 32-1, 4- 5ii,5. 311,1. 510,8. 5M 7- ;i7,8. !i8,i. !i8,8, ii8,i ii8,i. 317- 314,8. !15,7, !i6,8 il7,6. ii4,i. i'7.7- !il,&. !ii-,4. iM,i. iiT,3 Thermo- +'• 4-0,5- •to. +0. ±0. — 1. +0,8. +0,8. — S- — 6. — 5,y. —4- 6. — 4- — f.f- -8, J. +0,1. + •• +S- +6. +',5- +7,f. + >,J. + 3. +y- +■• +4'f- +0,5. +4- + 5. +o,y. +1,4. +0. +'• —0,8, — 4- +1- —0,8. + i- — 5- +1. +i.f. ±0.' —0,1. -4- I'hvp. dc Saus>urc. 9S, 8S, 5>4. 91,8, 5>4,I. 89,1. 9',h 94- 89, y. 87.8. 88,1. 89. Si- 74. 87. 80. 84. 99. 91. 94. 80. 78. 9I. 81. 9f. 9^>S- 9^,S- 97, h 97,1. 81. 91- 93- 97.5- 9T,5- 99!'- 7i 89 60 88, 90 97 84 99 i:, 11 i.'ui apparent. ictllcd-a- cs. prLs I'hv- groni. de ^ iaulsiirc , ccrri'^i I'hyg. de Defuc. par U reiiiptJrat. 80. 78. 80. 77. yy- 63. «7,«. 71. 6i. 70. «i,y. 69. 68. «y- y«. «9- jy,y 69. y8. 59- 61. 58. «7,y. «5- ys. 61. J4,y. y«. j«. 60. 57- 58. «3. yy- 5«- y7. fl. JO. 45 6. 70. 47,8. 74" 84,5. 89. 61. 8j. <;«,y 71- 45- «y. 4^,8. 68. 60. 67. 45- 69. 7i- 70. 6+. 77- 64. 7y- 76. 73- 7y- 76. 4y,«- 61. 65. 68. 6J,4- 69. 78. <7. 70. 75. 86. 7y- 37- 60. y7. 61. 43. 64. yy. 70. J9. «y. 74. 72. 47,8. 65. 84, y. «y- Electro- UKIIC. +1. + 3. +1. ±0'. ' " +o,y. +0,8. +0,4. +o,y. +1- + i,V. +0. +-','/• +0,8. +i,'y'- + t,5- +■- ETAT DU CIEI,. liiicige , inajs la nc.gc fond tout dc suiic. /dem. Li Muit b.dcneig.fllc fond Ic lour. Noid-oucst trii-iorr, II ncige bi:aucoup i gioi fto- coiis, II neige , mais moins. Plus de ntrige , couvert. Bleu cntrc dcs nuae;cs. ( Ouragan a Trieste). Asscz bleu. /Jem. Idtm. Idem- Vap, dans leshaur. regions. \zure, I J. if^h.hypr. 59. ther. — ,-. "lornsanirrf , mais ttcs-iiaiu- pav. Foicc du solcil, 4",^. Etoilcs sciniillantes. \zure tics-transparenr. Oegel, brouilljrd le^er. Tcmpetcpcndantlanuit dc- ^cl, pkivc. Degcl trcs-fort. Pluie, brouiilard. Aiurrf, dc'gck , vent doiix. Foicc du ioltil, 7". Degelc general. Gelec blanche, vent, Couvert, Ciniv. lesnuagessedisqp. Di-gel, vein dou.x, azure. D«Jecl, mais dcs lutsgcs se ronnem. Dcgel , couvert. Couvcrc. D<£;clavccunbrouiJaia tiSs- (*pais. Bfouillard. ~r3j $• I Azure. Force du soleil, 8". Brouiilard epais. Couvrrt, Un pci dc ncige. Lcs nuagcs se dissDlvLnt. Azure. Az-ure. force du s^Icil, ^°. Cclee. Desnuagcsdc ncige trci-dpais coiivrent Ic ciLl. Couvcrr. 11 tombedcla neigc agios Rn- cons ■qui tond c\\ [oiiibjiu. Azure. Bleu , maisnuagesepars. Azure. —4.5- +3-'" +i," + i.' ' +0,8. Tome V. VENTOS£a« 7. C c 19S JOURNAL DE PHYSIQUE, D£ CIIIMIE Suite tie JANVIER 1798. -7 -9 30 S m. 1 s. ? s. 13 S. 8 m'. t m. ' 5 s. •7 i- 10 ■;. S m. 4 s. 10 s. lo in. 3 s. 10 s. 9 m. 10 s. 9 m 10 s. 5 s. lO s. 8 m. I s. 4 ■=• lo s. Eudio- in^tcc. 97- oy. 00. oJ,5 4. otf. 03. 01. 39. 03. 04- miUicincs pal iinca!- ciil ^1'np- pio^inia- '-90. o,i8i . 0,^67. 0,181. 0,171. 0,170. 0,164. 0,17+. 0,176. 0,184. 0,174. 0,170. 3i4,«. 314,9. 314,1- 314,5. 51J. 3M,'- 5iy,'- 314. 314,7- iM- 311,1. 511. 319,8, 310. 3'9'7. 3", 3. 310,8. 3IS-J- HLimiditc apparent. d'ai lis Thcimo- ^— "K^ y^,^^ iiiCnc. I'liv?. dc I'hyg. dc Sau!.surc. Dcluc. — 10. 81. 4.r6. — 1. 8J. 49. — 5-5- 83, n- — 9- 94- 67. -9,S. 80. 45 ■ -3. 83. 46,1. —hy 80. 43- - $■ 89. J7- — 6. 81. 4!, 6. -8,8- 93. 6y,4- — 3. 87. 51, f- — 3. 88. 5^ -7. 91. 65. -o,y. 7 »A 8 s !) m. 3 s. 8 in, 7 3 lo 4 II 5 lo 9 S 9 10 S. 12. m. 7 s. 9 m. 7 s- 9 m. 11 s. 12. m. 9 tn, II s. 9 m. 7 S. 1 s. 7 s. :. I 3 4 1 1 s. s. s. ■ s. s. 8 s. 5 s. lo s. 6 s. "EudiD- mc[ie. lO*. • loy. 107. 107. I07. 10 ,;. loS. ioz,y. 10+. IO() i. 103, f. ?9)J 99- 99- 98, J. 97- 98. '03, f. 105. 103. loi. 103. 107. 10- {. ic6. 106. 107. Osi'Ztne (rvalue cri paruiic.il- cul (r'.ip- piOMnia- iion. O , 1 '> I . o,i6i . 0,2.61. Ojtgl. o,z6z. 0,i;9. 0,172.-. 0,270 O 2(51. 0,171. o, iSi. 0,184. 0,184. 0,185. 0,190. 0,187. o,2-7l- °;^74- 0,l6y. 0,174. 0,178. 0,174. C,16I . 0,260. 0,1*4. 0,1*4. o'lSi . ^7,i. 18,8. ^y>2 K. 1«,1. 16, y. 26,8. 26,1 16,1. ^7-7- 17,1. M.9. M,7- ">3- 2 1 ,7. 10, J. 17,7- 18,8. 18,9. ■7,1. 18,,. 18,5. 19,2. 10,7. 19,8. 18. 11,9. iy.3- 20,8 21,1. !J,1. 15,1. 15,8. 1J,9. Humiditi5 apparent. ri!cllcil'a- da irti jnes 1-hv- gr.nti. dc Thermo- — ^3^^ ^^^»— bausbuic , inccri;. coiricii I'-vj. C [■liTE.dc par la Saussurc. DcKic. icmpciat. + 1,3. 71. 5f- yy- +1. s?. 4(5, 1. «7. +4- 88. jy- 73- + 3. 87.. Ji^J. 70. ■ +i,y. 98. 80. 74- +4. 8f. 49- 71- + 1. 8j,y- JO. ''7- +6. 9'-- 63. 81. + US. 88. n- 7y. +5. 90. 59- 79. +i. 98. 80. 76. + !. 88, J. S6. 70. +3, J. 8^ 46,2. f>7- °,J- 88. yy- «4. +y. 81. 44- 68. +',j. Si. 44- «4. +7,r. 70.- 34,4. «y. +«. 8 3. Jy 77- +^T. 84. 47- «7. +4. j8. 80. 81. +i,f. 97>4- 7y- 74. +1. 99- 8 8. 7«. + 0. 95- 66. 70. —0,1. 8M- yi- 61. — 3,5- pS, 80. 67. -hs- 87- yi. «3. — 1. 9-- '•'3. 66. +1. 79- 41. 61. -I. ■)i. 60, y. «7. + ?. 89. yy. 72 +y. 81, r 4y. 68. + 5-,?. 74. 58. H. 4-x. 77- 41. 71. +4. 79. 41,7. 66. +3. 87,f. y4. 70. +4,T 79- 42,7. «7. 4-0 8<;,4. yi. ^y. 1 +3. 79- 42,7- 64. 1 Flrcrro- ilictrc. +o.y, — y,3 — 8. ±0. 4-0,8 K TAT D U <: I E L. + 0. + 1,1 +■,<:. +';y- +3.5 +1. -o,y- ;i,8. +1,1. -t-0,4. + 3,=.. +3- +i,'y'. +4. +1. +',y' Tcmpete , plu'ie. Unpcu deiicicC, k bleu p.i- roit a tiavciik-s rui3gt>. Tcmjietc- avec pluie. ^Tempcrcavec dcla ncigc. Tj < ? n. d ilerchtoldseadtii , Couverr. I -' Couvcrt , inajs bisu i travels les nti-Tgcs. Couverr. Pluie; Azure, soleil. Azure; tres-cranspareDt. Nuagesepais. Er,core plus couvert. Toui bleu , solcil. GcUe, flzut^ , rrts-bcau , ircs-t;aiispaieiit. Ajure, Idejyt. Tour bleu. Force du sol. 7". Azuie. Qiiclqucsnuagcstics-clcvds, bleu. Tour couvert , vcnr. Degel, brouil. tres-epais. Un peu de pluie, vapeurs. Couvcit , nei_^e. Couvert. Ncige abondjiire. Convert, mais !c bleu pa;olt cnirc Ics nuagci, Lcs iiu.igc5 se dissiper.t. Bleu » soleil. Tout couverr. Neigeaboud.^nte. Degole, azure, .^zuic. Dcf p| , b'eu. Couvert. Dc^el , moins co!iv=rt. Tcmpcte, un pru dei ctrc , bleu d ii.iicri !ci i.iiag.'s. Azure, Nuages^pars. C c 2 aoo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE MARS 1798. I <— — ? — Hull.iJit^ luniidittf 7^ pparcni. rOtllcd'a- *- vaiud en d'ap lis pics I'hy- c 5d Heutcs. Eudio- inctrc. nillKmcs ■■ai ii.ical- nil d'ap- Barf>mi- tic. Thermo - •hyg. dc I'hvg. dc saiissure , coriigi par Fa Electro miire. ETAT DU CI EL. I ion. Sainsurc. Dcluc. tcmp(irat. 10 m. lOf. 0,167. ;i6,i. + 1. 6;. 50. 51. --1. AzuBc , infiiiimetic rtanspar. 10 s. 104. 0,170. SI*.?. + 1. Si. 46,1. 66. + 3. Azure , cgalcm. transpar. 8 m. ;i6,8. +4,7. 80. 45,6. «9- + '. Azure. 3 s- loi. 0,178. 5i«,7- 4-8. 70. ?4,J. «5. Idem, 10;. 0,174. 517,1. +1,J- 79- 41,7- 6;. +0,3. Quelqucs nuagestrcs-elcves 7 s- 104,5. o,i6a, 3if.,8. -!-5. Si!. 55' 75- Un pcu couvcri. 5 loXA. 0,1-1. 514,7. -f-6. 76. 40. «7- + ',5. Nuagesobscurs, vapcurs. I s. 103. 0,174. 514,"- +8. 90. .5 9- 84. Un pen dc biouillard , tics- tiansparcnr. 1 5 5. 8 s. 3M,i. +9. 80. 43,6. 77. — I. PL ircs-fiiie , pas transpar. 105. 0,167. 515,1. +5,5. 95- (■•),^- 87. Couvert , uuagcs cpais. 8 1 1 m. Ioy,J. loy. o,i6S . 311,9. + 11. 85. 46,1. 86. Couven. 9 10 0,167. 515,7. +4- vJ. 66,7. So. + 1,8 Bleu , mais vapcurs. 1 1 m. lOJ. 0, 167. 511,1, + 10. 74. 58- 74. +0,5. BlcLi , inais qutlques nuages 9 S. II m. I0«. 0,164. 310,7. +«. 80. 45, «. 7'. Couverr , pluic tres-finc. 1 1 3.8. ±11.5 68. 33. 75- Idem. vent. I s. 106. 0, 164, 517,1. + 11. 70. 34,4- 67. Idem. ? s. Ji«,8. + 11. 74. 38. 68. ±0. Oragc loimain , couvert. 5 s- 6 s. 5'*,5. + 11. 75. 37. 67. ±0. Nuages tres-noirs , vent. 5 16.1. +9.1. 81. 45, «• So. ±0. Piuie odoriferanie. 10 s. loy^j. 0, 160. 317.1. + 5- 99. 84,5. 81. Pluic , vent. 1 1 9 m. y s. S> s- (S s. 510,7. +0,5. 99- 84.). 71. +4,5- Ncige. 310.8. +1. 93, 6SA- 70. — 8. Grele, vent. 104. J- 0,168. 510,8. +4,5. 75- 37- 61. Azure. 101,5. 0, 175. 511. -fo. 84. 47,8. 61. + 0. Azure. 14 4 s. 105. io3- 0, 167. 0, 174- 315.7. 315.4. + 5. + 8,5. 84. 71. 47.8. 36. 68. «4. + 1. + 1,5. Unpeu couvert. Azure. 16 10 s. 104. 0, 170. 5'9. +y. 80. 45, «^. «9. Des nuages se forment. >7 11 m. 10!. 0. 174- 514,7. +'3.5 70. 54.;. 78. +0,8. Azure. 7 «• 9 m. 105. 0,167. 5I?>1. + 5. $9- 84,5. 85. Pluie abondanie* 18 514,1. +1. 98. 80. 7«. + '■ Ncige- 10 m. 313,6. +6. 86. 50,8. 77. Lcs nuages se dissipent. ; s. 104- 0, 170 311,8. +J- 83. 4«,i, 71. AS5CZ clatr. 8 5. 31 1,6. + 5. 85. 46,1. 71. Nuages epais. I9 8 m. 3>4- + 5- 87. 51,;. 75. Idem, « s. 103. 0, 174. 3M.9. + f. 94- 67. 79. + 1.5. Couvert , nuages tres-bas. -0 5 s. 8 m. 105- 0, 167. 3'f,5. +'=. 86. JO, 8. 75. + 0. Plus couvert. 1 1 io+,5. 0,168. i i*,i + 5- 8(. 49. 73. +0,5. Brouil. nuages cpais et has. 1 1 I m. lOf. 0,167. 316,8. +4.5. 90. 5 9. 7«. + 0. Couvcii , nuages ties bas. 13 1 1 m. 311. +5- 90, 59. 77. — ',5. Neige a gros floe, mais pcu. 10 s. 104,5. 105. 0, 168. 511.8. + 5. 87. 51,5. 75. Brouillatd. 14 10 s. 0,167. 311, 5- +4- 81. 45, «. 68. + 0. Couvert, nuages tres-bas. I 1 s. 105. 0, 174. 320,8. +1. 90. 59- 70. +'• Tout azure. 9 m. I 1 s. 510. 98. 80. 71. +1,8. Brouillard cpai*. 101.5. °j^7f. 318,1. +4- 78. 4'. 8. if.. Azuie, vent. 17 10 s. 107. 0, 16I. 5 '8,1. + 3. 97. 74. 73. +3- + ',8. Ncige , pluie , vent. L)n pen de iicigcqui fond cn loinbant. l5 7 5. io5jf. 0, 165. 3 18,1. + 5- 99. 83. Si. 1 - 8. Crelcet ncigc mcl^cs. I'J ET D'HISTOIRE NATURELLE. Suite de MARS 1798. 201 5 s. 10 s. I I s. 11 m. lo s. EndiO- 104. 108. 1 07. OTig^ne livalilc en milli^mcs paruncal- ciil d'ap- proxima- tion. o, 170- O, 161, JI7.I. M7, JI7.I. J '7,7- Thcrmo- mare. Humiflir^ appar«nt. d'aptts I'hyg. de SauTsurc. 7S. 8j. 99- 88. I'hyff. de Dcluc. 39- 49- 84,y. 5 5- Humiditii rticllcd'a- pres I'hv- groni. de Saus'-urc , C0TU^6 par Ta temp^rat. 69. 79- 76. Elcctro- mctre. +o,J. — I. I, ETAT DU CIEL. Les nuagci sc di CicI dL%'ient ai Tout coiiver[. Couvcrc, ncige Grelc ct ncige. Niiagcs cpais. ssoivent , le urc. Ncii^e. abondaiicc. A V R I L 798. I I s. II ni. 5 s- I I s. 10 m. lo in. 9 s. 8 m. II m. 10 m, 4 s. J s. 10 s. 1 1 m. 6 s. 7 m. 8 m, 1 s. 8 s. 10 s. lo m. EiiHio- in^cre. 104. lOl. io4,y. 103. 10;. 105. 106. loj. loj. 105. loi. 101. lOIJ, 0.\tg^-nc L-valiiC en milliemcs panincal- cul d'ap- ptoxiina- [ioii. i.<4- o, 170. o, 176. o, 169. ■', ^74 0, 174. °. 174- o, 164. o, 167. 0,167, °. 174- 176 . i7«. Jii,3 5ii,4, Jii. 310,7. Jlo,i. 510,7. 310,7. Thermo- incctc. ^77-;3 10,8. 11,7- 13, J. 14>J- 10. 19,3- 19,1. lO.J. ZO,i. 10,1. 10, J. 10,7. 10, f. 19.3. I9.I- 18. 16,1. ■4,8. I4,«. 14,1. I, ,6. +■^• +^ +5- +'• +7- +7- *f8- + 10. + 17. +9,!- + 18. +9- + M. +14- + i«. +13. + 8. + 8. Hiiniidirc apparent, d'aprCs i"iyg. del Ihye. dc SaussLire. Defuc. +1,;. +1. +6ji. +1. +17- 9- +8. , + '4'i 6S. 6S. 6g. 6;. 78. 8;. 78. «3- 79. 69. 79- 7<=- 7J. <7- 79- 91- 8«. 79- 90. 81. «7. 48. (•!■ 5)1. 79- 78. 78- 63. yi,y 33. 33- 33- 19. 41,8. 98,;. 41,8. 19- 4i>7- 34- 41,7- 40. 39- 9i.7- 41,7- 60,5. Jo, 8. 41.7- 59- 4f/- 31. 19. 30. 60,J. 41,7- 14- 41. 41- 33- riieilc d'a pits I'hy irroni. de SaU'Surc cotrt^^ pai la t mpeiar. 7!. J8. 5i. r8. 7'- 79- 78. 7J. 80. 85. 77- 69. 8;. 77- 85. 84. 81. 75- 7Q- 69. n- 4S,8. 57- 7'- 76. 69. -y- 71- 76. Electto- ni litre. +1. +1. +0. +1. ±0!' +0'. " ETAT DU CIEL. Nuages epais. Mo ins couveri* Azure, Azure, vent rrcs-transpar. Couv. orageux. Nuages ttii- bas. /.iem. Azure , vent. Azure. Azure, AzLiid; force du soleil a TiiJdi , 4". Azure. .\zure. Azure, avecquelquesnuag. Plus couvert. Convert Tres-couvert. Idtm. Moins couvert. Azure. fdem. Idem, \zurc , vent. /dem. Id. Forte dc neige dans les Hautcs-Alpcs. Idem. Idem, Idem, Idem, Idem* 202 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE SECOND ME MOIRE Suy la 'inatJhre vette ^n''on troiive diins les vases reir^plis d'eau,, lorsq.u'ils sant exposes a la luniiere , de meiiie que sur les cGiiferves et trcnu'.Ues consider^es.relativement a leur nature , et ci leur pTopridtd (ie donner du gsz oxigene au soleil.; Par Jean Sene BIER, bibliothecaire, a Geneve. | §. I I. Observations dlverscs sur la maticre verte. J E ne change rlen a la des,ciiption ciue j'al donnee lace sur un vase plein d'eau, empecha Tapparition de cette matiere; enfin (pte la pour- riture des matieres vegetales et animalcs favorisoient le develop- pement de cette matiere : ce qur sembleroit annoncer que le gaz 2o4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE acide carlioniqiie, fbiirni est plus jiropre i aider la vegetation J que le gaa oxigeiie enleve paries corps pourrissans. $. III. De la production de la mati^re verte. Je pla9ai , le i*'"'. thermidor , dans deux vases d'un verretr^s- luiiiceet tres-transparent des petlts morceaiix de verre, coinme je I'ai dit plus liavit ; je les rcinplis d^eaii comnmne , et je les exposal a la lumiere. Deux jours apres je u'observai rien qui annoncat la matiere verte, je vis seulement des corjis anguleux dont je parlerai plus has. J'observai cpiehjues animalcules glohulaires , sans couleur , de difl'erens diametres , ils etoient errans dans la iiqueur; ils ne me parurentlies a i-ien,et ils nef'ormoient point de masses vertes par leur reunion j mais dans le second vase je cms apper^evoir une tache verdatre avcc diverses especes d' animal- cules de differens calibres ft de difFerentes formes. J'ai vu de nieme de§ aninialcules befiucoup plus petits , pour I'ordinalre rapproches , niais sans couleur j ces animalcules tres-vils avoient nne forme ellipsoide. X^ejour suivant, lenombre des animalcules detoute espece s'accrut clans le premier vase , je n'y decouvris auciuie verdure; j'observai seulement qu'il n'y avoit pas un seul corps entraine par le mou- vement de I'eau. Dans le second vase j'ai remarque une taclie ou un corps mucilagineux , dans lequel j'appergiis des grains tres- petits, mais ils n'etoient pas verts. Le 4> les animalcules gloLulaires s'augmenterent; ils se groupoient ensemljle], ils etoient tres-rapproches , on pouvoit distinguer leurs rnouvemens particidiers ; ils etoient presque transparens et sans verdure. J'observai alors quekpies taches verdatres , et aupres d'ellcs quelques taches grises , qui sembloient une pellicule com^r posee de grains tres-petits ; je n'ai rien apper(ju qui f ut entraine par le mouvementde I'eau, et qui y fut anime;je ii'ai pas remar- que qu'il y ent de I'air produit , quoiqu'il y eut des animalculesi globulaires. Dans le second vase j'ai observe plusieui's petltes taches uni- formes , coniposees par ces petits grains , qui etoient verdatres ; je visnieme une de ces petites taches qui surnageoit. Tandis que je voyois ces taches s'etendre , j'apper^us leru* centre verdir, et leur partie verdatre devenir plus loncee. Quel- ques taches vertes du second vase of'froient I'apparence du ve- loursjles autres laissoient soup^onner de petits filets. Ne semble- roit-il ET D'HISTOIRE NATURELLE. 2oS- r-olt-il pns que celte pcllicule grise est celle qui a pris la coiileTir verter Ces inches paroisseut d'abord un voile tres-leger , an ira-v yers duquel oii distingue les animalcules global aires presque transpai'ens : on les voit meme quelqtiel'ois s'insinuer dessous j ces taches soiit errantes dans qnelqucs circonstances, et s'accio- cheat par preference aux asperites du verre : je n'ai encore apper^u aucune i)ulle d'air sur ces taches. Le 5, la pellicule grise granules s'etend et paroit se verdir ; je n'ai appercu aucune espece de mouvenient dans la pellicule. Le 6 , je vis clairement le nombre des taches verdatres s'aug- menter, je vis de meme que ces taches sont fbrmees par de petits grains blancs , presque spheriques , et par de petits fdets elliji- so'idaux. Je n'ai pas pu decouvrir si la couleur verte des fikts on des grains tient au mucilage qui les recouvre , ou si elie est interieure : qiiand on obsei've de vienx grains et de vieux filets , cette verdure paroit interieure , mais peut-etre la matiere gra- nulee forme une espece de matiere verte , differente de celle qui est en filets ellipso'idaux; il fant pourtant reconnoitre que si ou les trouve tpielquefois sepai'es , on les trouve souvent ensemble. Au reste , ii est si facile de se troniper dans ces observations , ct il est si facile d'etre trompe par niille circonstances inattendues , qu'il n'est paspossibled'avoir une opinion parfaitement tranchee. L'aiigmentation nuancee de la verdure est tres-reniarquable , de meme que celle de la pellicide qui pourroit passer pour un reseau. J'ai vu alors des taches vertes do toutes les nuances , dcpuis le gris blauc jusques au vert pale ; mais la matiere verte, en croissant , devient jilus cotoneuse. J'ai vu souvent des animalcules penetrer dans la matiere verte, et lui communic|uer le mouvement qu'ils avoient , quoiqu'elle ii'auroit jamais pu en prendre par elle-meme. Le 8 , je distinguai la pellicule par la finesse des grains qn'on y remarquoit , par leur immobilite et la coideur obscure qu'ils donnent a la taclie : ces grains paroissent tellement encastres qu'ils sont saillans hors de la place ou on les voit , ils devien- nent toujours plus obscurs , et ils prennent toutes les nuances jusques au vert tendre. Ces taches, d'abord isolees ,se rapprochent ens'etendant , mais elles ont pour I'ordinaire une courbure plus ou moins clrculaire , et elles sembleiit s'accroitre du centre vers la circonference , elles SQiit blanchutres la oil elles prennent de I'accroissement jles nou- Ty/ae r. V ENTOSE c« 7. Vii 20<5 JOURNAL DE PHYSIQUE , DE CHIMIE vclles ponsses des vegetaux sont de meine inoias vertes que les -aijclennes. Ces grains, f[ui parnissent iinis , se separent qiiand la matieie vleillit', ce cjiii ctoit arriver ; ou parce que les yaisseaiix qui les lieuC se rompent j cepeuclant on volt d'abord les grains isoles : on parce le mucilage quiles coUe ne se reprodult pas, ou parce que la peliicule- qxiiles contieutse detruit ; il serolt alors possible qiie la succion I'ut le nioyennoiirricier des grains. Ces grains seroient-iis,coramedans le nostoch,unprincipe de la reproduction de la matiere,qui se ma- jiifesteroit en eux comme dans les autres vegetaux, k la fin de leur histoire, ou qui-s'en separeroit, par division , pour la multiplier? Le 9 , les taches augmentees , etendues et colorees plus ou moins, ressenibloient assez aun chagrin tres-lin. Jene parle pkis des animalcules globulaircs , et de ceu.i dediverses especes , qui sont extremeraentnombreuscs;mais ]'ol)serval que jen'Mipasviides ani- malcules d'un calibre aussi petit que telui des grains du reseau. La matiere verte s'ejiaissit en vieillissant , ses hords sont plus transparens que le milieu ; mais on voit les bords se colorer et s'epaissir de meme a leur tour. Je le r^peterai encore , par- tout ou il y a des taches vertes , on a oljserve une tache assez trans- parente pour y voir une ospece de peliicule , pour decouvrir a son exterieur des grains assez proches les uns des autres , et pour s'assurer de leur constante immobilite. En suivant I'observation de cette matiere verte , on renouvelle le spectacle de tout ce que j'ai decrit; les taches s'etendent , se rencontrent , se colorent , et jamais je u'ai vu de verdure fixee quand il n'y avoit point eu de peliicule remarquee auparavant. Je ne voudrois pas assurer que les petits grains ne grossissent pas , mais s'ils grossissent , c'est surement iL'une quanlite Ibrt petite. Le 20 , je vis clairement qxCk raesure que la matiere verte vieillissoit , les grains de la pellicxile , c[iii semblent reunis par une espece de mucilage, se repandoient sur I'eau lorsqu'on tirail- loit ([uelques morceaux de cette substance; je les ai meme vu se separer de la peliicule par un leger moiivenient de I'eau qui les entrainoit, mais je ne doute pasqu'ils ne se i'ussent separes d'eux- memes, comme les graines se separent des plantes. Le 22, j'ai vula peliicule d'unemaniere evidente, elle adiieroit aux parois du vase dont elle diniinuoit la transparence. Le 20 , jo ne pouvois plus distinguer les taches entre elles , a cause de leur rapprochement reciproque qui n'en faisoit qu'uu tout. Lc 16, j'oljservai des nnimalcides verdatres, pour la premiere ibis; leur iiombrc eloit prodigieusement petit , relativenient a. la ET D'HISTOIRE NAtURELLE, 207 quantlte de matiere verte , i son epaisseur et a la continuite des groupes qui la f'orraoient. Quoique j'eusse souvent repete cette observation et reru les niemes plienoiuenes , je pensai a. la refaire sur una matiere verte qui seroit pen exposee a la poussiere , et qui se formeroit dans un vase legerement ferm^. Je remarquai , 1°. Que la matiere verte y etoit d'vm vert tendre ; 2.°. Que Ton y sentolcune pellicide qui portoit la partie verte ; que cette pellicule etoit d'un gris jaunatre qni tiroit ensuite sur li Ijlauc; 3"\ Que Ton y voyoit des grains ellipsoidatix ; 4". Que toutes les taches n'ont ni la meme nuance verte , ni la meme epaisseur; qu'on ne distingue plus les grains dans les plus epaisses ; qu'ils sont converts , caches par une matiere plus ou moinsgelatineuse.probaiilemeut produite par eux, mais qui, dans le commencemont , etcit foiblement glaireuse. 5°. Que les grains qui n'avoient point ete detaches de la pelii- Cble n'avoient point cette mobiiite observee dans les autres ; qn'ils nageoient, quoiqu'ik f ussent lies a cette pellicule, par le moyen de cette glaite qui les environnoit ; les gros animalcules qui pas- ' soient pres d'eux. ne les detachoient pas de la masse a laquelle lis etoient attaches ;ce qui fournlt un nouveau moyen pour remar- quer la pellicule par son effet ; on voyoit les animalcules I'en- trainer par morceaux detaches , avec les grains qui lui etoient adherens ; mais lorsque ceux-ci se detachoient , les animalcules a tourbiilons , coainie le rotlfere , lee agitoient separement en tous sens , dans le moment meme on ils ne pouvoient entrainer ceux qui etoient reunis dans la matiere verte qiii ^toit saine. J'ai cru devoir recommencer ces observations au printemps , parce que les chaleurs etant alors racins vives , et les progres de la matiere, verie plus rallentis , on pourroit suivre ses cliange- raens avec plus d'exactitiide , et I'aire desdecouvertes qui auroient pu erhapper,l^i:Sque ler accroissemens sont plus prompts et plus considerables, Je commensal done ccs obsGrvations le i3 germinal ; je decon- vris , le 14, quelquec pslits corps transparens sur les petits uior- ceaux de verre ^lis aa lend des vaisseaux. Le 17, le nombre de ces pc-tits corps etoit fort augment^, de meme que leur iiaas£e , ils nie parurent de vrais cristaux , j'en parlerai plus bas. Le 22 , je n'avols pas encore vn un animalcule , mais j'avois remarque qtielques-uns de ces cristaux uiiis a d'antres corps opa- ques isoles et surnageans. Dd2 3o8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le 26, j'apper^usqiielques taclies qui me parurent une pellicule^ traiisjmrente ilont je donncrai une description ; j'y remarqual dcS. filets minces ct ojiaques. Le 3o , je distinguai qnelque clioSe qui ycrdissoit; c'etoit ces taclies elles-memes. Le 4 floreal , j'observai des animalcules. Le 10, qiioique j'ensse remarque la pellicule qui etoit f'ormee et qui verdissoit , je ne vis point de buUes d'air au soleil. Le i3 , la pellicule s'etendoic , mais la plus grande partie est grisc. Le i5 , les progres etoient toujours tres-lents. Le 18, j'observai quelques bulles d'air ; je ne crois pas que ce soit les premieres , inais il y en a eu peut-etre de trop jietites poiir etre vues phitot ; une forte lenulle m'a fait remarquer quel- ques traits verts a cote de ceux qui ibiirnissoient I'air , il y en avoit qui etoient transpareus ; j'y trouvois :ui olques points ellip- soidaux plus fonces que le reste, et lies a ce qui les environ- jioit ; leur forme est tl-peii-pres la merae qvie celle des masses \ertes , avec la difference que la pellicide est moins convene , Mais les grains out la plus parf'aite iramobiliti';. La verdure varie depuis le gris jaunissant jusques au vert foiice. Le 23 , je me suis bien assure qxie la pellicule grise jaunissoit. Eulin j'ai vu le tout verdir. On voit , dans la coraparaison de ces experiences , llnfluence de la cbaleur sur la production et les progres dp la matiere verte et des animalcules. Dans thermidor, deux jours suflisent pour apper(jevoir des traces de I'une et des autres ; dans germinal , il faut i3 jours pour la production des premiers traits de la matiere verte, et 31 jcmrs pour celle des animalcules; ce qui annonceroit deja une difference entre ces animalcules et la jnatiere verte ; dans huit jours tout est veit , lorsque I'experience se fait dans thermidor, et il faut 09 jours quand r£xperieuce se renouvelle en germinal ; mais les rapports des progres reciproques de la matiere verte dans ces deux circonstances ne s'ecartent pas beaucoup. ' Cette experience , faite avec de I'eau distillee dans des vases Guvcrts, ra'olfrit les resultats suivans,q\ii ne different pas beau- coup de ceux que j'ai donnes precedemment. Le 4 floreal , j'ap- per^usles traces de la pellicidejle 7,je vis des aniiiialcules avec des taclies verdatres (|uiont ete plus tardivfes que dans i'experience Jjrecedente, parce que le gaz acide carbonique y etoit plus rarej e i3 , la jiellictile j^rise est manif'este, on I'avoit deja vue dans I'expei-ience collaterale ; le 20 , la pellicule grise verdit et les bulles d'air se iiaeiit vpir j il y aYoit la jours que j'avois observe E T D ' H I S T I R E N A T U R E L L E. 209 la verdure clans I'aiitre experience , et 4 jours que j'y avois observe de I'air ; ce qiii montre rinflueuce du ^az acide carbo- nique pour colorer cette matiere en vert, et lui f'aire produire du ^az c)xigene. Je remarquai eufin que la pellicule etoit nioins adiierente au vase contenant I'eau distillee, que celle du vase ou etoit I'eau comuuine, et je vis que cela etoit produit par le tres- petit nombre de cristaux formes dans I'eau distillee , qui ne pou- voient pas servir d'appui ou de clous k cette pellicule , comino dans I'eau coniuiuiie , ou leur nombre etoit beaucoup plus grand . Pour decouvrir la generation de cette matiere verte, je fis des experiences d'uu autre genre , pendant que je suivois les prece- tleutes. Je pris un de ces morceaux de verre dont j'ai parle dans le premier Meniuire , il etoit convert de matiere verte j j'en essuyai avec grand soln une partie , de maniere que cette portion du Verre fut parfaitenierit propre ; je le placai de cette maniere tlans un vase de verre bien lave , et oii cette matiere etoit tout- u-f'ait isolee. Le i3 germinal, mon apparell fut range comme je le voulois ; le 14, les petites taclies vertes parurcnt dans difterentes places, je vis clairement la j^ellicule , je decouvris des animalcules assez gros , mais je ne \is point de petits globules mouvans. La partie du uiorceau de verre qui avoit ete essuyee , me montra les cris- taux dont j'aij^arle , mais je ne vis ni sur le verre , ni aillenrs, aucune bulle d'air. Le 17, il me sembla remarquer sur la partie essuyee des verres , les rudimens du reseau ou de la pellicule; le 22, j'apper9us plusieurs animalcules, entre lesquels je n'en vis point de globulaire. Le 2.6, la pellicule sembloit etendue par- tout : le 3o,rancienne matiere verte paroLssoit soulfrir, les grains se se])aroient , sa couleur palissoit , mais la nouvelle prosperoit. Le 2. floreal , je vis des buUes d'air. Le 19, tout etoit vert, et le gaz oxlgene sortoit par-tout. Je repetai cette experience dans I'eau distillee ; mais quoique la pellicule se montrat a-peu-pres dans lememe temps, la matiere verte me parat a-', oir bleu peu de vigueur; Cette experience se fit pourtant dansdts vases blen'ouverts. L'apparitioii de la matiere verte me sembla un peu plus hatee sur les morceaux de verre oii il etoit reste de la matiere verte , que sur d'autres oii il n'y en avoit point : ce qui fait croire que les elemens rejiroducteurs de cette matiere se trouvoient dans la vieille restee sur ce verre j il sembleroit qn'elle se multiplie par division , et que les globules de la pellicule en soiit peut-etre les Clemens. Luiui , dans uu ballon de verre spherique dont les dews tiers 310 JOUUNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE do la capacity etoient remplis cl'eaii , et le reste de gaz oxig^ne, cmi etoit place siir une cheininee pen elolgnee de la fenetre , je trouYal la partie concave de la sphere op])osee k la liiniiere , ta- pissce de verdui^edanstoutes les parties que I'eaix recouvroiljqnoi- qiie cette inati^re verte se fut assez etendue, je remarfjnai qii'clle etoit la plus verte et la plus epaisse dans la partie de la sphere rpii etoit la plus ^clairee. Cette matiere , obsorvee avecla secondelen- tille du microscope solalre de DoUond , me parut composee de grains lies par un mucila2;e,et parfaitementininiobiles. Ilestvrai (]ue cette matiere avoit piusieurs luois lorsqiie ]e 1 obscrvai. Je rhe propose de m'occuper imiquement , dans le premier IMemoire de Ya pellicule dont j'ai tantparle. LfciHiiw wwr»Tw'^i j^ i'i i'< if' m uwmij^itosKi s jK.jk ' isax ' savm^s t^B^sTryj^ .i^ktirtam E S S A I Tour servir h I'histoire du principe des vitesses virfuelles. . JLe principe des vitesses virtitelles , de mcme que tout ce qui n'est point le proJuit du hasard , inais le lirait de la reflexion , dut se presenter d'abord en ebauche k la peiisee de quelque grand lionime. C'est dans ce sens (pie I'immortel Lagrange , dans sou excellent ouvrage sur la Mecani(|ue analytique , trouve qu'on doit attribiier la premiere idee dt- ce principe k Galilee : mais Hueluties developpemens que Jean Bernoulli a donnes a cette idee ensuite , determinerent rillustre Laplace k isconnoitre de ce inathematlcien le principe des vitesses virtuelks , conime on le voit daus son exposition sublime du system'e de I'univers. Quoique cette heureuse idee derive incontestabk-ment da Galilee, et malgre les ainpliiications successives que Bernoulli y a portees , on etoit bien loin de pouvoir caracteriser ce principe pour ce qu'il est en et'fet ; c'est-a-dire, pour la base la plus vaste de la mecanique. - C'est au genie prof on d et percant de Lagrange , qu'il etoit reserve de montrer de quelle fecoiidlte pourroit etre le principe des vitesses virtuelles; il a ete , pour ainsi-dire , refondu par ce nrandt^eometre, etendu proportionnellenient kson exiensibilit^ , et identiiie meme avec la geometrie. II a reduit, en consequence, i!i des operations de ca'cul, toute la mecanique, taut des iluides que des liquides, yportant des nouvelles lumieres, et faisantfaire ^ la science des progres tres-extraordiuaires, ET D'lirSTOIRE NATURE LLE. an Ce princlpe fecond donnoit des residtats toujours confoimes a ceiix obienus an iiioyen des jjriiicipes les plus evidens et le luieux deinoiitres ; c'est poiir(|uoi i>ii n'auroit pas su reYO([uei' en donte sa verite, quoicju'elle maxiqiiut de I'appui d'une dtmoiis- tration directe ou generale. Lagrange , prenant cette verite conime evidente par elle-uieine dans le levier , en deduit une demonstration pour un nombre d© points quelconques, et consequemnient adaptee, au moins i, touC systeme intlexilJe. Mais cepeiidaiitle princlpe des vitcsses virtuellcs ne se presente pas egalenient a tout le monde, cornnie une chose evidente et de premiere intuition ; et en outre , cornme la demonstration derive de riiypothese du levier , on ne con^oit pas facilement de quelle maniere elle puisse comprendre le systeme fluide dans lequel I'idee fbndamentale du levier , c'est-a-dire, de trois points tou- jours a une egale distance , ne pent j)as avoir lieu. C'est pourquoi , meme apres la publication de la mecaniqne ci-dessi;s , ouvrage excellent , ou 1 on doit admirer la i'econdite immense du princlpe des vitesses virtuelles , il restoit a en desirer toujotirs une demonstration complete. Le celebre Prony, en efl'et, dans son Architecture JiydrauUquef ouvrage ties-utile , I'empli de connoissances , s'exprime coinine il suit : cc II n'existe pas de demonstration genex'ale et directe de ce » principe ; mais sa verite n'en est pas moins certaine , puisqu'il >5 donne des resultats absohunent coni'ormes a tons ceux obtenus ■>-> d'ailleurs ". Et Laplace aussi, dans I'ouvrage ci-dessus, Eu-jjos. dii Sjst. du Monde, dit : cc cpi'en. examinant avec attention , dans T> un granil noniljre de cas , les conditions de I'equilibre d'un » systeme de corps j etles rapports de chaqiie force, a la Vitesse y suivantqni renferme , de la maniere la pins genei^ale , les con- ■>■> ditions de I'eqidliljre d'un systeme de points raateriels animes » par des forces quelconques ». II paroit done , par-la , qu'on a regarde ce principe comma line yerite resultante a posteriori , plutot qiie comme derivee d'une demonstration directe. Dans I'an 4 dela Rcpnblique ( 1796 V. s. )le chevalier Fossom- broni, mathematicien toscan tres-distingue, publia, a Florence, un oiivrago expres sur le principe des vitesses virtuelles : etdans ta preface de ce meme ouvrage , il indique la n^cesslte ou I'oii etoit d'avoir une demonstration de ce principe. II y observe KI2' JOTJTINAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ensiiite que la t.heorie fie la decomposition des forces est insepa- rable du principe dos a itesses virtuelles , tandis f|rie , dans renoii' ciatiou niLine de ce prificijie , on sujipose qu'on saclie deja. rapporter les espaccs parcourus d'uneniauiere f|nelco])([uc paries dit'ierens corps, anx espaces correspoiulans, decrits dans le sens des forces respectives : ce qui n'est au fond qu'une idee de la composition du niouvement ou bien des forces. C'est pourquoi Fossombroni appuie a la theorie de la composition des forces , la demonstration directe et generale qu'il a troiivee du principe des vitesses virtiiellos. La Decade pliilosophique , litteraire et pollli([ue de I'an 5, ji". 26 ( 8 juin 1797 V. s.) , parlc aiiisi du travail de ce matlie- rnaticien : « I'estimalile auteur cherche d'abord cette demons- » tration dans les systemes que les geometres appellent injiexibles; " c'est-ii-dire , ceux dans lestpiels , quel que soit le inouvenient " qu'on leur impiime, les corps qui les constitoent, restent tou- r» jours a des distances egales entre eux. II prt-nd les equations 53 deja connues de rer|uiiibre , et par un lieureus developpeinent ■n da calcul , il en deduit V equation des niomens , telle qu'elle » resulte du princi])e des vitesses virtuelles , et evaluant tout 33 avec la plus grande sagacite, il parvient h. decouvrir qa'outre « V equation des inamens , line autre equation a differences M fillies, a lieu dans ime infinite de cas d'equilibre. Cette e aussi ^ un systerae de fluides. II deduit de noiiveau de ces 33 equations , X Equation des niomens , telle qu'elle resulte du 33 princijie des vitesses virtuelles , qui est demontre , par - la. , » toujours inseparable de I'equililare. 33 II n'est pas possible de s'etendresur des details qui , en fai- 33 sant aprecier davantage le talent de I'auteur , nous engage- >3 roiert dans de longs calciils , ou M. le chevalier FossomLroni Pi met dans tout son jour I'liabilete avec laquelle il a profit^ » des ET D'HISTOIRE NATURELLE. iiS »> des resSiJurces dela geomeirie moJorne , la plus sublime. 11 nous » paroit seulenieiit ([iie I'auleur, en cciivant ceMeiriolre,a jilutot » siiivi la serie des verites parhii decoiivertes , tellcs qxi'elles se 3> soiit presentees a son esprit , quilnes'est attache a. lesrendre >j avec cet ordre et cette clarte , qui relevent encore le merite ■>■> d'un cuvrage compose sur une matiere anssi abstraite : il est » glorieux pour la Toscane , qui s'honore d'etre la patrie du ce- »> lebre Galilee, auteur de la decouverte dc ce principe, d'etre » redevable dc sa premiere demonstration a un savant distingue, « qu'elle a vu naitre , et qu'elle renl'erme aujoiird'liul dans sou » sein », 11 est k remarqucr que requation des momens a differences inllnitesiniales (tt telle que Lagrange la trouve pour tons leS' cas possibles ) offre deux especes d'equilibre ; c'est-a-dire , eqni- libre permanent , et eqnilibre non-permanent. L'equation des forces decoiivertes par Fossonibroni, pour les cas oii d demontre qu'elle a lieu , fait voir que le systeme ne pent pas souffrir une variation linie , sans que les forces cessent de se faire eqnilibre; et de cela derive une troisieme espece d'equilibre , qiu peut tenir un milieu entre les deux especes susindl(|iiees , dans la premiere descinelles le systeme ayant soufiert un derangement infinitesimal, revient de lui-meme a son premier etat d'equilibre ; et dans la secoiide, il tend u s'en eloigner de plus en phis. La demonstration du princij^e des vitesses vii'tuelles a ete enlin trouvee d'un tel inter^t, qu'elle a exerce ensuite le talent de plusieurs autres geometrcs. En eff'et , le 5". caliier (tome II) du Journal de I' Mcole poly technique de Paris, publie en prairial an 6 , ( 1798 V. s. ) , oflre plusieurs Memoires sur le sujet en question : le premier appartient au celeine Fourrier. Ce Memoire abonde en erudition mathematifjue , et offre tout ce qui peut servir a eclaircir I'iiistoire , ainsi qu'a satisf'aire I'esprit sur la verite de ce principe. On y trouve, en outre, plusieurs reflexions tres-ingenieuses , relativement a la raecartique, et , entr'aiitres , vate demonstration bion elegantede la theorie du levier d'Archi- mede. Le merite de ce M^inoirc est independant du travail de Fossombroni , puisqu'il etoit iiicomiu a sou auteur , comme il I'avoue avec ingenuite , vers la fin du Memoire nieme , en ces termes precis : « On a publie recemment , en Italic , un ouvrage 33 etendu sur le principe des vitesses virtuelles , je n'en ai en « connoissance qii'apres avoir compose ce ivlemoire, qvii a ete >5 livre h. I'impression au commencement de I'an 6 35. Lagrange aussi , avec cette elegance et cette sublimite qui lui est pjopre , a insere dans le meme voltune de V Ecole jjol^'tech- ToOTeF. VENT0SEa«7. Ee ?t4' JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE niqrie, line demon stratlota du jirincipe des vitesses virtuelles : ccr errand "cnie y observe et prouve (|ue, partaiit du piiiicijie de I'equililire des moufles , le calciil gni8"^. de ses Lettrcs physiques et morales. Ce nouvel exemple , et celui cite par lessavasis redacteurs de \ABibliol/uqu& britannique , le\eront, j'espei'e , les doutes de Kirvsan. YJ-AWixe picrrc lenticulaire , que m'a fait connoitre Tollot, se trouve (pielquefois parmi le gravier des bords de notrc lac. Ce sont des galets d'une breclie calcaire, dont les fragmens sont lies par une pate aussi calcaire, qui renferme un grand nomlire de numismales de 2, a 3 lignes de di.i.metre. Cette pSte , qui est noire , est traversee par des veines de spath blanc ; la sidjstance de plusienrs des numismales est aussi changee en spath blanc, et la matiere de la pate ayant penetre dans les interstices, fait distinguer parfaitement les intervalles de ieurs conches , par une alternative de lignes^laiiches et noires. Ces numismales ressem- blent parfaitement aux numismales lenticidaires du fragment non calcine des montagnes de Lahour. (7est vui fait bien interessant en geologic , qu'un menie fosslle se trouve a d'aussi grandes. distances et a des latitudes diflerentes. 2.26 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ^ ; Jh'aeiiLaj,nit*i.mjJUKJ3iBEBaJa MumB^UB KMna* EXPERIENCES ET OBSERVATIONS Pour prouver que la ne'ige ne contient pas de I'oxig^ne , ni dans I'dtat de dissolution , ni dans I'etat de cembinaison , et que ce n' est pas de cela qu'on doit deduire la cause de sa fertilitd ; Par le doctetir Joachim Carradori de Prato. Xj' OPINION generalcment rerus , rpe la neige apporte ,fertiUt(i , est vrale , puree qu'elle est deaiontr^e par le fait ; mals je ne la crois pas vraie dans le sens qu'on I'adtnet gene- ralement. Je crois bien que la neige produit cet ellet ; niais agls- sant sculeinent dans uiie inaniere negative, coinme dejaplusieurs I'ont cru avantmoi , c'est^-dire , defendant les plantes en teaips d'liiver par sa couverture d'un I'roid superieur k celui de la glace, ct non pas , coinnie Ton croit cominunenient , f'ournissant nn element de fertilite. Maintenant le citoyen Hassenf'ratz croit avoir confinne cette 0])iiuon (i), en speclfiant la cause de ce phenoniene , qu'il croit devoir attribuer a une quantite d'oxi- gene combine , que contient la neige , et qu'elle fournit ensuite aux semences , qui se developpent lorsqu'jglle est transfbrmee en eau ; etil sef'onde sur quelques experiences , qui demontrent, selon lui , que I'eau de neige contient beaucoup d'oxigene dans I'etat de combinaison. Je prouverai, par des faits incontestables , que I'eau de neige ne contient pas de pur oxigene , ni dans I'etat de dissolution ou a4.- 228 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE CJipaMc'S de servir a la resiiiralion d'lin petit yjoisson dars Ics ii:(jincs circonstances poiw jjliisieiu-s lieures. 11 me sembloit done ]>oinoir conclure, qiiereaii , en se traiisf'onnant en ]iei_«e , nvoit perdu raclivite d'absorber roxi^eae de ratuiosphere. RlaJs pour mieux m'en assurer , jc \oulus essayer ces petitcs expe- riences. Je lis epuiser tout I'oxigene conienu dans deux livrcs d'eau de puits, et cela par la respiration, jusqu'a I'extinction d'un poisson , que je mis dans cette can reiiieniiee dans une bouteille de verre a ton etroit. Quand le poisson i'ut niort , je purgeai exactement de toule I'lniile la bouteille , et je versai I'eau dans un vase a grande ouverture , et ainsi je la tins exposee a I'air pen- dant 16 lieures. Apres cela, je remis cette eau dans la meine bouteille , j'y introduisis un poisson egal a I'autre et de la inenie espece ,etlramediatement je larecouvris avec de I'huile. Aubout de quatre heures le poisson vivoit encore ; niais apres une denii- lieure , le poisson niourut en convulsion , coinnie meurent ordi- nairenient les poissons par detkut d'air. Done I'eau de puits , quoique privee tout-a-falt d'oxigene coinme I'eau deneige , c'est- a-dire , au point d'etre incapable de servir h la respiration des poissons dansle m^mc temps, reabsorba plus d'oxigene que I'eau de neige. , On ne peutpas attribnercela a la quantite des substances etran- CTcres que contient ordinairemcnt I'eau de neige j en supposant qu'elles enipechent ou I'eau de reabsorber I'oxigene , ou les poissons de I'extraire par la respiration, parce que j'ai experi- menle cjue les poissons vivent pendant plusieurs heures dans I'cau trouble , et assujetie aux monies circonstances de I'eau de nei^e : er j'ai experimente aussi , que ceiteeau, apres avoir ete pri\ee d'oxigene, le reabsorbe en moins de temps que I'eau de neige. Cependant I'eau de neige , dans un long intervalle de temps, se chai ge de nouveau de tout l-'oxigene qvi'elle pent contenir , parce qu'elle redevient capable de servir a la respiration des pois- sons, comme toutes les autros. Dans le mois desepEembre, je tins ])endant cinqjoursde I'eau deneige clairedans un ilacon , et afui queToxigeue puts'insinuer plusaisement , jela lis auparavant lil- trer par le papier , et ensuite je I'agitai tons les jours dans ledit recipient. Cette eau , dans ce temps et avec ces precautions ,i^ab- sorba tant d'oxigene qu'elle lut capable , I'ayant introduite dan;^ mie petite bouteille de verre i\ cou etroit , et couverte immediate- Hient d'hmle , de niaintenir en vie' un poisson , qu'on y laissa Ji'espace de neuf heures. Maig ET D'HISTOIRE NATU RELLE. 219 Mais I'eau de ncJ^e iie contient pas mcme de I'oxi^ene combine cojnrae le jiretend Hassenfratz , et je I'ai prouve d'une maiiiere sure et decisive. Si la ncige li(|uefiee est une eau oxineuee ou cliu'gee d'oxigene en etat de coui!)inaison , ils'en suivra , qu'exposee an soleil , elle de\ra rejiandre I'oxigene re- gazLfie par la comliiiiaison du calorique et de la luniiere, prt-- cisement conirae s'ecliappe et se nioiitre en forme aerleiine I'oxi- gene , qui se troitve combine dans I'acide nitrique etdans I'acide muriatique oxigene , lorsqn'on le tient expose au soleil pendant qnel'pie temps. Ou liien , comme I'eau de neige ne contient pis dei'oxigene en dissokitlon, et peutrabsorl^ersuccessivementtontcs lesi'ois qu'ilse developpe,eIle devra au moins se trouver cliaigee d'oxigene aggrege. Je mis done, dans le mois de septerahre de cette annec , de la neige Ires-pure , reduite en petits morceaux , dans une petite bouteilledeverre a couetroit ; et avant qu'elle fut tout-a-i'aiti'ondue, j'yversaide I'hulle, afin de luiempeclieral'ordi- naire queltpie communication avec I'air , et je I'exjiosai cn- sijite pendant trois-jours au soleil , de sorte que tout le temps qu'elle y resta exposee , montoit a dix-liuit heures ; et apres cela , rayant purgee de I'huile , j'y introduisis un jietit poisson ; mais il y mourut dans le moment , comme dans i'eau de nel'^e lifjuefiee de la sorte ; et non-ol)Stant que ^ pendant tout le temps qu'elle etoit exposee au soleil , et f[u'elle avoir acquise une clia- leur sensible , je I'observasse avec touteratteutiou possible, je ne vis jamais s'ylbrmerla plus jietite bvdle d'air quiindifpiatFappa- rition de tant soit peu d'oxigene. On ne peut done admettre (pie cette eau fut chargee d'oxigene combine , parce qu'il auroit dii ainsi s'echapper en gaz au - dessus d'elle ; ou bien , si I'eau I'eut absorliee siiccessivement , le poisson, qui est le plus sur in- dice de la presence de la plus petite quantite d'oxigene dans I'eau , en auroit profile pour la respiration , et il auroit vecu quelque temps. Les experiences d'Hassenfratz , qui semblent prouver par I'a- nalyse la presence de I'oxigene combine dans I'eau de neige , re sont pas , selon moi , concluantes , parce qu'elles ne sont pas confirmees par lasynthese. Ce n'est pas une propriete exclusive de I'eau satiiree de pur oxigene combine d'alterer en rouge la tein- ture de tournesol , et de precipiter la solution du sulfate de fer. II avoit ete deja dit , par Bergman dans I'analyse des eaiix , que la neige reoemment liqueiiee , manque absolument d'air ; mais son assertion n'etoit pas sure, parce que la metliode, dont Tome F. \Elti(ui en retiraiit jiar cn-has cc qvii est calcine , et en ajoutant par en liaiit de noiiveavix llts de pierres et de com- bustibles. II me serable {|ue I'usage de ce fourneau , k qui Ton peut donner I'intensite de chaleiir que Ton veut , en aunmentant la quantitedu combustible, peut etre applique avantageusement a la calcination des melanges de sel marin , de mine de Fer , de pyrite , tourbe et scliiste pyriteu-x et de cliarbon do terre, comine il a deja ele propose et mis en usage avec succes. On en f'ormcroit des boules dont on chargeroit le fbunieau en mettant lit par lit du cliarbon de terre et les boules de ces melanges. Plus il entreroit de combustible dans la formation de cette aggregation, moins on employeroit de cliarbon de terre pour en former le lit. Outre I'avantage d'avoir une calcination et decomposition con- tinue , j'y vols encore I'econoniie du temps , parce que ce four- neau, une fois bien en train etrempli une fois de boules seches, permet de les placer ensuite avec liitunidite necessaire a les for- mer ; elles auroiit le temps de seclier avant d'etre arriyees au foyer de la comlnistion. Jo ne parlerai point cTes proportions des matieres i employer pour la formation des boules, on les trouvera dans les precedes ([ui ont ete publics , ainsi i\ne le lessivage et la cristallisation du produit de cette calcination. Si nous ne nous trompons point , il nous parolt que ce tour de main, ou modus faciendl , est plus economique , plus facile que ceux proposes et rendus jniblics. P. S. Si Ton vouloit employer la cliaux a la decomposition du sulfate de soude , nous pensons qii'on pourroit joindre quelques llts de fiierre calcaire pendant la calchiatlon de iios melanges ; mais n'y auroit-il pas a craindre que les parcelles de cliaux qui fiourroient s'attaclier ou se meler a nos Ijoules , n'empechassent a cristallisation du sulfate de soude qu'il f'audroit alois evaporer ji siccite ? Cette depense de combustible se trouveroit epargnee dans le travail de la decomposition de ce sel. (i) II est CM usage dans tons les departenieiis oil on peut se procurer Ic cliaiboa' dc terre a uii j)iix modere. Celuid'une mediocre cpulile sulIU a cet usage. ET D'HIS TOIRE NATUR E LLE. ^-33 OBSERVATIONS sua LES PLANTES MARINES; P.ir D E C A N D O L L E. Xj'auteur, apres avoir jete im conp-cVceil sur les divers lien's oil croissent les plantes , ou plutut sur ceux dont elles tirent leur noiirriture , passe a I'exaraen des plantes maritimes relatlve- ment a. lenr anatomie et a leur jiliysiologie. Dans les observa- tions microscopiques , il a ete aide par Alex. Brougniart. Les ulvn sont des expansions foliavOes tres-minces, coniposees de deux epidcrmes, enlre lesqtiels on ne voit pas le parencliiine. Ces epidenncs sont des leseaux a mailles polygenes tres - serrees et assez souvent hcxagones. L'epiderme des j'uciis qui ont ete observes , a of't'ert une organisation analogue. La tige de ces plantes ol'f're la menie organisation qi;e celle des plantes mono- cotyledoues , c'est - a-dire , des iibres Ion gltudin ales paralleles accolees les unes anx autres , et sans couches concentriques. (Voy. la iigure i ). On remarqite peu de diflerence a cet egard entre les especcs qui ont ete souinises a I'examen. Mais dans les feuilles de ces ineinesfi/cus , et en particulier Anfucus serratus ( Voy. lig. 2), ces fibres , au lieu d'etre droites et paralleles , s'en- trecroisent et se raniifient. Quant a la fructification desy//CKJ, Reaumtu' I'a decrlte dans les Mem. de I' Acad, pour 1711. On sait que dans \q fiicus ser- ratus elle consiste en une gousse qui terniine la feuille ; cette gousse est jaunatre , renliee et garnie d'une liumenr visqueuse oil se trouvent des globules 'que Reaumur appelle des cajisules. Entre ces cajjsules , Biongniartet Decandolle ont vu des vaisseaux diaphanes, tres-articules (Voyez fig. 3 ), entreineles avec quel- ques autres vaisseatix sendjlables a ceux de la feuille. Les cap- sules, vues au microscope , ont la forme d'une coque de maron ( Voyez fig. 4 ). Cgst un corps rond , herisse de pointes et creux interieurement. On le trouve compose de globides ovoides oil niigent d'auties globules , et des pointes toniques ou se trou- ■\ent aussi les globules secondaires (Voyez fig. 5 ). Dans les conferves suivantes , I'organisation interne est bien ditlerente de celle die& J'ucus observers. La confena elongata , ^H JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Gm. of'i're un canal longitudinal, quatre autres canaux places k Tentonr , et d'autres beauconn pins petits places dans les inter- vallcs. CJcs canaux sont coupes d'espace en espace , et on y \oit des gloljules non adherens , (|ui sont peut - etre les nnimalcules de Girod-Clianti-an ( Voyez lignrc 6 ) ; la conferva polymorpha , Lighf. off're des canaux ranges circulaireruent , et ces niemes globules, l^e Jucus plocanii:ni\n'esci\X.e uiie organisation analogue a celle des conferves Sa surface ( lig. 7 ) ol'iie un reseau k mailles polygones , pins grandes que dans les ulva : sa coupe transversdle ( fig. 8) laisse voir au centre un pilier hexagone au- tour duquel sont ranges six canaux angiileux , a cause de la coni- pression de la tige ( X'^oyez aussi sa conpe longitudinale ( fig. 9 ) ; ces canaux sont remplis de globules comme clans les conferves. On voit d'apres cela que cette plante doit peut-etre changer de genre. Pour etudier les plantes marines sous le point de vnc physique, Decandoile les a exposees sous I'eau , an soleil et a Tobscurite. Ijesjiicus qu'il a mis en experience ont tous donne une quantite d^air si petite dans toutes les circonstances , qu'il a ete impossible de I'analyser ; une seule f'ois il a pu analyser I'air fourni par le J'ucus vesiculosus , et il I'a troiive contenir , sur 100 parties , 3o parties de gaz oxigene ; les uhn , avi contiaire , donnent une ciuantite d'air extreaiement considerable au soleil , et point h. rol)SCurite ; cet air, dans les ulva a f'euilles vertes, est compose de 60 a 80 parties de gaz oxigene , et dc 8 enviion de gaz acide carbonique : le reste est probablement de I'azote. Dans Vulva /i«c«,dontla f'euille est brune , I'air contenoit aS parties de gaz oxigene , et a seulenient de gaz acide carbonique : fait remar- qu.ible et petit-etre unique dans la physiologic vegetale. L'air Contenu dans I'eau de la rner a offert les memes doses de gaz oxigene et de gaz acide carboniqite. Les plantes marines vivent les unes au fond de la mer , et les autres sur les bords aux places que le reflux laisse a deconvert. Oil remarque parmi celles - ci , le fucus vesiculosus dont les feuillcs oflrent des vessies pleiiies d'air ; cet air analyse au mo- ment oil on vient de ctxeillir la plante, s'est trouve de i'air atinos- plierlqne ; analyse apres avoir passe niie nuit sous I'eau , il ne contenoit plus que \S parties de gaz oxigene. Cette viciation in- ilieiue-t-elle une absorption de I'oxigene par la plante ? Extrait du Bulletin: de la Societd Philoma^. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 235 SUPl la PllOPRIETE Qii'oiit r[uelques plaailes dc clonner luie inatiere sucree presquu spontaiieiiient ; Par Pierre- Joseph De lav i l le , medecin , a Cherbourg. J_/E Sucre, cet assalsonnement que I'usage a rendu pour nous un objet tie premiere necessite ; le Sucre , cpie la nature prodnit si altondamment autour de nous, que I'on a deja extrait en Europe de quelques vegetaux indigenes, ([ue Ton peiit estraire d'uii plus ^rand nomljre , que tons contienucnt peut - etre 3 le sucro nous rend les tiibutaires du nouveau nionde. II seroit bien important pour nous de nous af'franchir d'un pareil tribut , de pouvoir retirer , des vegetaux qui nous envi- ronnent, la quantite de sucre necessaire a notre consomination ; mais les tentatives I'aites jusqu'ici ne sont gueres propres qu';\ prouver la possibllite d'en extraire, a grands f rais , de quelques- unes de nos plantes , et point du tout a nous f'aire esperer de pouvoir un jour nous passer de secours etrangers. Sucre retlrd des feuilles de mauve. Qu'on nc se hate cependant pas d'en conclure que notrs SOmm^Si pour toujours condamnes a voir se perdre dans nos mains des richesses que la nature a repandues avec tant de profusion, autour de nous 5 n'en soyons que plus attentifs a recueillir des faits, plus ai'dens irechercher des precedes qui nous conduisenB a des resultats plus heureux!. C'est pour coiitribuer, antant qu'il est en mol, a les preparer > que je publie aujourd'hui ce que I'observation et rexperiencu m'ont appris sur cet objet, desirant qixe les t'aits que J'ai recueillis donrieut lieu a. de nouvelles recherches qui, plus suivies ou plus, haliilement dirigees , puissent , sinon attcindre le but , an moins nous montrer jusqu'ou il nous est permis de porter noa esperances. J'avois souvent port^ mes reflexions sur la grande quantite de Sucre que la nature prepare' dans les vegetaux, sur celui cju'eii retirent les abeilles , celui (|ue cbntiennent les nectaires des fleurs,. que developpe la germination dans les graiu.es, la ffiaturite OU 1* simple cuisson dans la pulpe des fruits. a'^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE J'avois depuls lont^-teinps rcmarf|ue uiie eau visqueuse etsncrce, STiiiUant (les jeiines tiges tie poinmier ou de polrLer,soit: spontaiie- iiieiit , soit a la suite d'une pl.iie flute k I'ecorce. J'avois vu des 'goutelettes d'une liqueur visqueuse et sucree , seinees qii et la sur les calices des ileurs de poirier an temps de la floraisou. . . ^ J'en avois trouve sur les tiges fleuries et coii-v ertes de piicerons de la d i gitale ii lleur rouge ( i), et j 'avois toui ours regarde la produc- tion de cette liqueur coinino un ef'l'et du hasard, c'est-^-dire , de ces causes dans la recherche desc|uelles on craint de s'engager par la ditficulte apparente de les saisir. II ni'arriva de rencontrer des goiittes de la memo liqueur sur des f'eidlles a demi-dessechees de la mauve du (Jap (n) , et cette observation , que j'eus occasion de faire a plusicurs reprises , ine donna I'idee de reclierclier les circonstances auxquelles elles devoient leur pi-oduction ; je cueillis done des f'euilles de cette mauve, je les aliandonnai i\ elles ~ memes , et je ne tardai pas a obtenir des gouttes de la liqueur sucree qui avoit iixe mon attention. Je commenQai par attril>uer la ])roduction de ces gouttes de sirop, a une propriete particuiiere a la plante qui I'avoit fourni, doiit la saveur est naturellement fade et douceatre. Je voulvis neanmoins nie convaincre de la jnslesse de cette idee, en niettanten exptJrience des puuites d'une saveur difKrente q.ue j'avois sous la main. . Je mis en experiences des Feuilles de choiix , et j'obtins du sirop (3); des f'euilles d'artichaux , j'en obtins parcillement , et j'eus le plaisir de remarquer sur celui des I'euilles d'artichaux, ce que je u'avois encore remarque svir celui d'aucune plante , (ju'il se cliangeoit, an bout de quelques jours , en un sucre concret. D'idee en idee, j'en vins k rechercher si les feuilles de mauve , dont j'avois obtenu du sirop , en donneroient sans etre detachees de leur plante. (i) Digitalis purpurea. {■1] C'est le noiu que je crois pouvoir donncr a la mauve dont je me suisservi. I/espece malva capensis de lanne ctaiu celle dont la description nio paroJt se rapprocher le plus de la mienne , dont au reste le caractere le plus saillant est d'avoii-les onglcts dis petales d'un rouge no^'r, a I'intericur seulenient, tandis que le rcsie de la coroll'e est de coulcur de lyse fonc^. Cette plante prospere dans iios iardins. (3) Le sirop que donnent les feuilles de choux ni'a paiu conserver tressensi- J)lement le gout particulier a cetle plant*. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 23/ Je -jasitai avec soiii les ILuilles de plusieurs individus vegetaux de la mauve du Cayi , ct je ne pus y apper^evoir de sirop. Je me rappc lai que celui que j'avc'is obtenu des feuilles deta- cliees , sortoit presque toujours de quelque nerviire rorapue. Je rompls des nervurts k des feuilles tenantes a leurs plantes, et apres quelques epreuvcs infructuftuscs , je parvins a en obtenir du simp presqu'iL volonte (i) , en f'endant a-la-fois et lafeuille et le petiole d«ns la direction de ce dernier. Par ce precede qui ne fait Jamais perir la feuille , il est rare 3u'une heure , ou meme une demi-heure apres qu'eile a ete fen- ue , on n'obtienne pas une ou deux goutelettes d'uiie eau liiu- pide et sucree (jui sort du petiole dans le point ou il s'epanouit poiir former les nervures de la feuille (2). Des que je pus obtenir de cette eau sucree, je m'occupai d'en recueillir, j'en rassemblai environ deux cents goutelettes dans un petit verre que je couvris negligemment et seulement de ma- niere a einpecher I'acces de la poussiere. Jevis l)ientot mon sirop perdre , par I'evaporation , une partie de sa fluidite, prendre tme couleur ambree , et je ne tardai pas a apperrevoir , au fond du verre , fine multitude de petits cris- taux qui, avec le gout du Sucre , offroient, vus au microscope , difierentes configurations rcmarquees par les physicitns, comme propres a la cristallisation de ce sel. De pareils resultats offroient une foule de qiiestions Lien inte- ressantes a resoudre. Le Sucre que tlonnent les feuilles est - il forme dans la tige des vegetaux , ou se forme-t-il dans la feuille elle-meme ? -par quels organes est-il prepare? dans quels vaisseaux circule-t-il ? etc. Je n'ai pu donner a ces irnportantes questions toute I'attention qu'elles meritoient; des differentes experiences que j'ai tentees Sour y repandre quelque jour , le plus grand norabre m'a con- uit a penser que la ftuille etoit I'orguie dans lequel le Sucre se preparoit , j'ai presque toujours yu, par exemple, dans les pe- tioles coupes en travers , le sucre sortir du cute de la feuille , et non de celui de la tige ; raais je dois convenlr cpie cet effet n'a pas ete tellement constant que Ton puisse I'armonccr comme ne inanquant jamais. (1) Je dois ob';eaer ici que c'est au prin temps que j'ai obtenu de ce sirop , presque a volonte; on n'ej) ublient que Jifficileraent en ete. (2, C'est ausside ce point qu'on le voil le plus souvenl sortir dans les feuilles quise dessechenl sans avoir ete dechirees. Tome F. YENTOSEany. H h 238 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ANALYSE Des ceiiclres elites sonde de varech ; Par B.-G. Sage, Direcieur de la premiere ecole des mines. i-/ nfucus maritimus vesiculas habens de Tournef'ort , nonime goe'mon , en Bretagne ; sar , sur les cutes du pays d'Auiris j. varech , en Nonnaiidie : nom qui paroit derive an nrot anglais 'v,roch, (jui signllle nanf'rage , nom clonne par allegorle k cette es- pece Aefucus et a d'autres arroches par la vague , et portes sur le rivage par la maree , ou arraclies de la mer par des pccheurs qui les enlassent et les amenent ti bord k la maree montante. Apres avoir fait s^clier le varech , on le brule dans line fosse longue de sept a liuit pieds , large de trois a quatre , profonde de Uix-huit a vingt jiouces. On separe cette fosse en trois , au moyen de deux pierres plattes qui traversent la largeur , on Lride du varech dans ces fosses , |us(iu'a ce que la cendre les ait en partierernplies; elles s'agglutincnt de sorte^qu'on est obligd de les casser pour les retirer. Cette pretendue soude se vend, par les pecheurs de Cherbourg,- trente francs le quintal, 11 s'en consomme beaucoup en Nor- mandie, on la fait entrer dans la conlection du verre. Ayant ete oonsnlte il y a vingt ans sur le defaut d'un verre du Niver- nois, dont les bouteilles ou carafons se reduisoient en une es- pe.ce de 2;clee par le sejour du vin , je rcconnus que cela prove- noit des'cendrescalcaires du varech. On les supprimade la firitte, et le verre qu'on obtint par la fusion des cendres ordinaires et du sable , n'eprouva point d'alteration ni par le vin , ni par les acides. II est impossible que ce soit d'apres Tanalyse des cendres de varech, qu'on leur alt donne le nom de soude, puisqu'elles ne contiennent point de natron ; ce n'est done qu'a cause de sa couleur qvi'elles ont ete nommees soude. Cette pretendue soude de varech ne produit par la lesslve et I'evaporation que du sel marin pur qui s'y trouve dans le rap- port do moitie. Ce qui reste sur le filtre est pulverulent , d'un bleu noiratre y E T D ' 11 I S T I R E N A T U R E L L E. 239 fait une vIve efFervescence avec I'aclde nitreux , qui en dissout les deux tiers. On pent sep^rer de celte dissolution la terre cal- caire par une lessive alcaline. La ^rande c|uantite de terre cal- caire contenue dans les cendres de varech , me porte a croire que le goemon et les productions marines congeneres , ne sunt point des plantes , mais des especes de polypiers a cellules spon- gieuses. Apres avoir lave le residu des cendres de varecli que I'acide nitreux n'a pas dissous , et apres avoir re^u sur un liltre toutela partie coloree qui restoit suspendue dans I'eau , j'ai reconnu que c'etoit du charbon. Apres les lessives , il est reste du quartz blanc au fond dvi vase. H resulte , de ces experiences, qu'un quintal de cendres de yarecli contient : Sel marin 5o Terre calcaire 34 Charbon 7 Quartz 9 100 Cette analyse demontre que les cendres de varech ne doivent pouit porter le nom de sonde , puisqu'ellcs ne conticnnent point de natron ; ces cendres ne peuvent servir a aider avan- tageusement la confection du verre , la terre calcaire com- binee par la fusion avec le quartz dans certaines proportions, ptant attaqnee et dissoute par les acides. Le sel marin , d'ailleurs , n'entre point dans la composition du verre , il s'exhale et se va- porise en partie par Taction du feu , tandis que I'autre se trouve dans le suin ou ecume du vei're , plus connue sous le nom de fiel de verre. Afin de ne plus en imposer dans le commerce , on devroit con- venir de ne plus nommer soude les cendres de varech, puis- qu'elles ne peuvent servir ni au Ijlanchissage , ni a la confection du savon , et qu'elles deteriorent la qualite du verre dans la com' position duquel on les fait entrer. Hha Mo JOURNAI. DE PHYSIQUE, DE CHIMIE D£ L'INFLAMMATIONEXPLOSIVE DE L'ANTIMOINE; Par le meme. v-« E deml-metal etant f'ondu dans un creuset , ou expose sur ua charbon au feu du chalumeaii , rougit, liout et s' exhale en fu- mee blanclie , sans s'enflammer. Mais si Ton jette sur une planclie polie , deux grains de ce metal I'ondu Ijoviillant et rouge de feu , lis s'etendent et occupent un espace d'environ six ligiies de dia- nietre ; d'ou ils se divisent en douze ou qiiinze globules qiu par- courent des lignes divergentes , noires , pleines ou ponctuees , ou ibrmees d'un assemblage d'ellipses , distans d'un pouce ; ces globules d'antimoine brulent avec explosion , circvdent avec ac- tivite, produisent une lumiere etincelante , et laissent une trace noire sur le bois , le papier , etc. Le mouveraent de rotation et d'acceleration que ces gloljules d'antimoine acquierent , meme sur un plan liorisontal , est tel , que , lorsqu'ils frappent les parois d'un tiroir de vingt pouces de long , ils sont reportes au point dont ils sont partis , ce qui cora- plique alors le dessein. Aim d'avolr le trace exact de cette experience , j'ai verse sur un ]);ipier I'antimoine fondu, j'ai obtenu le dessein reel. Si Ion projette sur le carreau d'un appartement deux grains d'antimoine fondu , ils se divisent, et forment une gerbe etince- lante qui s'etend 'k dix pieds de rayons , et presente de petits globes de feu qui font explosion. Leur raarclie est rapide , et quoiqu'ils decrivent des lignes droltes et divergentes , chaque globule la trace en tournant sur lui-meme. Les eclats lumineux de ces petites spheres durent quelques se- rondes ; les traces se trouvent marquees sur le carreau en traits blancs lineaires , poncLues , ronds ou ellipsoides , avec des au- reoles de chaux Ijlanche d'antimoine. Si le carreau est bien ba- laye , I'effet en est jihis sensible ; cette experience, faite alanuit dans un lieu )ieu eclaire , est tres-frap])ante. Tout cet effet de lumiere est produit par moins d'un gi'ain d'nntimoine , comnie on pent s'en assurer en faisaut cette expe- rience dans un grand tii'oir, ou les globules d'antimoine peuvent etre rasseinbles. % ET D'HISTOIRE NATURELLE. 241 La sphere d'activite qu'acqiiiereiit les globules d'antimoine dans cette combustion , prouve qu'elle se produit h la maniore des dissolutions ; ici le gaz vital de Fair estle dissolvant , il s'as- socie au ga/, inflamraalle developpe du metal , par le feu de la luiuiere, i'inJlammation , I'explosion. Pour c[\ie cette experience reussisse bien , il faiit employer 1q regule d'antimoine le plus pur , tel est celui obtenu par le flux noir. Si on le projette sur une plaque de t'er , il s'y lige aussitot en une lame mince et celiulaire. La mine blanche d'antimoine arsenicale d'AUemont, estegale- ment propre a fkire la gerbe lumineuse , parce que I'aaitinioine etl'arsenicy sont sous forme metallique. L'antimoine sulfureux (1), nomme dans le commerce antimoine crud, n'est point propre a cette experience , il se fond au chalu- nieau avec la plus grande facilite , et s'etend sur le charbon. On m'a dit que i'etain fondu , et projette a terre , produisoit une explosion lununeuse ( 2 ) : je n'ai pas ete assez adroit pour I'obtenir, I'etain se calcLnant sous le feu du chalnraeau. ANALYSE De \3L poudrette (3) ou terre vegeto-anlmale , Tiumus vegetCT' animalis pulvis stercoreus ; Par le merne. JjORSQUE les foies de soufre volatils qui font partle des ma- tieres stercorales des hommes , se sont exhales par rex:position i I'air, leur couleur jaune devient brune, elles perdentleur odeur par la dessication , et se convertissent en un veritable terreau , qu'on estime , avec raison , un bon en^rais. La matiere stercorale des hommes chins I'etat de sante est plus legere que I'eau; aussi surnage-t-elle dans les latrines, les dejec- I ~ [\)Sulfure d'antimoine des neologues , ce qui signifie soufre d'antimoine. On lie prouvera a personne que soufre d'arilimoine designe la nieme chose qu'an- timoine sulfureux. El c'est par de parcilles expressions qu'on se croit propre a refaire I'entendeinent humain I N'esi-ce pas plutilt par I'ejcactitude du laiigage qu'on y parvicnt? (3} J'ai vu snuvent cette inflimmation de I'etain produire les m^mcs effels qua ceux aniionces ici par I'auieur , au sujet de l'antimoine. {Note da redacteur), \p>) Connue a Paris sous le noni de poudre vigiitative inodore de BriJet. ^4^ JOURNAL DE PHYSIQUE, D^ CHIMIE lions fhuLles , elle s'epnssit , se durcit , et fbi-jue iiiie croule so-r lit'.e qa'on nonime lieiuLe , lorscjuelle olfie des misses pyrar inid;>.lcs , qu'on est quelqueibis oblige de cisser avcc le luaiT teau. Ceiix qui ont fait i,in olijot de coTiiinerce de la poudrette, precedent en grand de la inaniere suivante ])oiir I'oblf nir : Ajjrcs avoir depose les vidanges dans de grands espaces paves, doiit le sol iucl.ne laisse ecouiur la vanne ou jiartie fluide, la matiere fccale s'echauH'e, se dessecheet briinit; on la divise aveo la li^rse , pour lui f'aire ])res8nter plus de surface. Pour achever sa dessication , on la met sons des haiigards, ou elle s'echaufte encore : ensuite on la divise au nioulin, d'ou elle sort sous forme de matiere pulverulente brune , ayant la couleur du taljac rapej c'est dans cet ehit (ju'elle se vend sous le noni lie poudrette , qu'on doit considerer coDime un tcrreau vegeto-anlinal. Si on delaye dans de I'eau distillee de la poudrette , il s'eleve k la surface une matiere brune et legere : la plus grande partie se precipite au fond de I'eau, laquelle llltree, n'altere pas la tcinture bleue des violeltes , elle decompose et precijiite en lune cornee , le nitre htnaire. Le sel i base de tcrro pesante, ou muriate de haryte , est pre- cipite par la lessive de poudrette en spath pesant , ou terre pe- sante vitriolee, Ces experiences font connaitre que la poudrette contient du sel et du vitriol a base calcaire , que i'alcali lixe decompose La distillation de la poudrette produit d'abord de I'eau acide laiteuse , d'une odeur desagreable, qui donne une belle couleur rouge a la teinture de tournesol ; on continue le feu , jusqu'a faire rougir la cornue dans le fourneau de reverbere , il se de- gage de I'huile noire epaisse, ayant I'Ddeur de celle de corne-de- cerf, elle est accorapagnee d'alcali volatil , quiverdit la teinture bleue des violettes. Le residu de la distillation de la poudrette ne represente en poids que les deux tiers de ce qui a ete soumis a cette operation, il est noir ; on peut en extraire un peu de fer par le barreau ai- majite. J'ai calcine ce residu; il est devenu d'un blanc grisatre, il s'en trouve diminue de dlx-sept livres par quintal. J'ai verse dessus de I'acide nitreux qui a dissous avec efferves- cence la terre calcaire qui s'y trouve dans la proportion d'un tiers ; ce qui reste est du quartz blanc pulverulent transparent. Res honimes justement celebres de diverses corapagnies sa- yantes , ont rendu un compte satisfaisant et avantageux de \% ET D'HISTOIRE NATURELLE. M^ ponJrette preparee par le moyen expeditif de Bridet; lis out ap- peles a. leiir appui I'experieiice de tons les temps , de tons le» pays , ft sur-tout I'emploi trcs-etendu qu'on fait de la pouclrette preparee a la Chine ; iiiais aiicnn d'eiix n'a parle d'apres I'ana- lyse de la pouSlrette qui etolt iiecessaire pour asseolr une bonne tiieorie. En void le resultat : Un quintal de poudrette est compost de terreau vegetal 16 De inatiere aniinale elaboree par la putrefaction. 16 Sels vltriolique et marin calcaires 2 Terre calcaire 36 Quartz divise 12 Fer . 1 Perte par la calcination 17 100 II est evident que dans la poudrette 11 n'y a que lamatiere anl- male elaboree j par la putrefaction , qui devient le stimulant de la vegetation. REMARQUE Sur une cliaux rouge de mercure , nommee impropremeil!; prec'ipite rouge , ou oxide i Tar le meme. Wn in'apporta cette cliaux rouge de mercure , differente par I'eclat de sa couleur et par son brlllant , de toutes celies qiie i'avois faites ouvues; onnie dlt qu'on I'avoit tiree d'Hollunde. La cliaiix rouge , dite oxide de mercure , an. precipitd pur , frappe par la luiniere , prend une couleur brune ; 11 en est de meme du precipite rouge ordinaire , taiidis que celui qu'on me dit venir de HoUande, n'y eprouve aucune alteration. La factlite avec laquelle se reduit la chanx de mercure par la disiiUatioh J sans intermede , me parut le seul moyen de pouvoir determiner si la chaux rouge de mercure d'Hollande etolt pare: j'al obteuu du gaz dephloglsti([ue j la cornue refroidle , je trouvai dedans une poudrexl'un rouge vlf, dont le poids repr^sentoit le tiers de la cliaux de mercure ; ce residu etolt du minium} I'ayant expose sur un cliarbon au feudu clialumeau,il sereduisis en plomb. 244" JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE D.E LA NATURE DE LA TERRE CALCAIRE; Far le mente. v-> E qn'on nomme terre calcaire est le prodiiit des testaces et des jioly piers , et est erigendre par le mouvement organifpi. ; c'est iin sel sui generis , un alcall ebauclie, compose iVacidum pin- gue (i) et de terre absorljante , semblable k celle qui, unle hk I'acide phosplioriipie, forme les os. Lorsqu'tin acide porte son action sur la terre calcaire , il y a vne portion de Yacidum pingue qui se modifie en gaz acide iniiphitique (2). Le spath calcaire blanc transparent , ainsi que la terre cal- caire , contient une m-itiere grasse (ju'on rend tr(^s-senslble , en expnsant ce spath au feu dans un creuset qu'on retire des qu'i; est rouge; pendant ce temps , le spath se decrepite par I'ex- ])an/ion de 1 eaude cristallisationquieclate les lames cristallines. Le ; oath refi-oidi est opaque et noiratre ; cette couleur est due a du cliarbon interpose entre les lames spatheuses. En continuant le feu ce charbon se decompose ; c'est alors qu'il se forme de de I'acide mephitique par le concours de Fair mephitique. U acidiim pingue debarrasse pir lacalcinatiun du phlogistique et d'eau , ac(iuiert de la causticite. Get acide pent elre extrait de la chaux par les alkalis , lesquels s'en saturant , pour ainsi-dire , cessent de faire effervescence avec les acides, et deviennent tr^s- causti(jues. Trois parties de chaux sont necessaires pour saturer de caus- ticum une partie d'alcali fixe Dans cette experience , I'alkali epronve une decomposition partielle , piiisque deux parties d'al- cali fixe desseche neproduisent ([u'une partie caustique desseche. La terre calcaire setrouvant regeneree, I'alcali lui a done fburni de Yacidum pingue. La lessive caustique dessechce est d'un gris verdatre , fond (1) Mayer a parle le premier de Vaciduvi pingue , dans son excellent Trait^ sur la chaux. (2) L'enlele ! vont s'ecrier les chiniistes neolises- Nous avoiiS dit, et on le croit , que I'acide mephitique ou carbonique est principe de la terre calcaire. La privation de ses places ne I'ont pas corrige. Nod, vous vous etes trompes et vous troinpez ; la verile et le temps deceleront vos erreurs. aussi ET D'HISTOIRE NATURELLE. 245 aussi facUement au f "on que lacire , exhale une odeur desagreable et deletere . produite par Vacldurn pingue caustique qui se de- gage de I'idcali fixe. Si on sature de plilogistlque cet acidum pingue caustlque en distillant (1) la pierre k cautere fondue et pulveris^e avec nne demi-partie de poudre de cliarbon , il passe d'abord de I'acide niepliitique , auquel succede de I'air inllamiiiablc. Six cents grains d'alcali fixe caustique et trois cents grains de poudre de charl)on ont produit un deini - setier oiv douze pouces cubes d'acide me2Jnitique et cent-vingt pouces cubes de gaz inflammable (2). La lessive dii residu de la distillation de la pierre ^ cautere ayant ete filtree et evaporee dans une bassine d'argent, I'a noirci; evaporee aux trois quarts, il s'est forme, a la surface, une pellicule saline qui off'roit des lames quarrees : j'ai continue I'evaporation jusqu'^ siccite en divisant I'alcali avec un pilon ; il pesoit cinq cents grains, etolt blanc et se dissolvoit en entier avec efferves- cence dans I'acide nitreux. L'alcali fixe est done rendu caustique par un sixieme i^ acidum pingue causdcum. Cent grains de cet acide sature de phlogistique des cliarbons ^I'aide du feu , produisent cent-vingt pouces cubes d'air inflammable. J'ai reconnu que dans cette experience le cliarbon n'avoit pas Sensiblement diminue de poids. (1) II faut que ia cornue de verre soil exposee pendant une heure a un feu propre a la fairs rougir.' (2) Sche^Ie , qui est un des plus cel^bres chimistes du siecle f a aussi retire de I'air iuflommable de l'alcali caustique. TomeF. VENTOSE an 7. M^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE EXTRAIT DE LA DOCTRINE DE BROWN ; Par A u B E a T , Docteur en mddecine de la facuhS de Gottingue. J_iA medecine , dit-on, est une science d'observation , cela est vrai; comiue toutes les autres branches de I'histoire naturellcj elle repose sur I'oliservation de pheuoiuenes visibles : niais ce cjui distuioue Ic medccin theoreticien du simple empyricjue , c'est la rechcTclie et la determination de certaines causes qui ecliappetit a nos sens. Dej4 , avant Hippocrate , on ne s'etoit pas Ijorne h. observer les maladies et les remedes qui les gu^rissoient , on avoit voulu connoitre la cause des phenomenes physiologiques et pathologiques : voil;\ I'origiiie des difierentes theories eu me- decine. Deja Hippocrate sentit laneccssite d'admettreun principe motenr de la matiere ; c'etoit , selon lui , quelque chose d'im- mortel ; d' autres fois il I'appeloit une faculte qui prevoyoit et f'ournissoit ^ tous les besoins de I'economie animale. II seroit inutile de retracer les notions si varices , et souvent si confuses que les medecins ont cues de ce principe ; le nombre des modi- fications qu'on lui a assignees est immense; quebjuefois on les pla9olt dans les iluides,et lesfonctions animalesserapprochoient des loisde I'hydraulique; d'autres fois on accordoit la superiorite aux solides,etles mouvemens des corps animes sembloientsubor- donnes aiix regies de la mecanique. Stahl , pen satisfait sans doute de ces explications , ne vit , dans la matiere , que la pro- priete d'etre organisee, et attribuatous les mouvemens h. I'activite d'une ame, qu'il doua des facultes fpii constituent I'intelligence. Hoffmann, sans determiner la nature de cette cause premiere des fonctions de la vie , s'attacha a prouver qu'elle residoitdans les so- lides , sur-tout dans les nerfs , et non point dans les fluides. Boer- haavenevit pas seulement, dans nos maladies, le relachementou la rigldite delalilire , mais aussi le plus ou raoins d'acidilicatioTi o\\ d'alcalisationde nos humeurs. Cullen perfection n a les idees d'floff - mann : il ne determinapas la nature du lluide nerveiix , mais il de- montra (pieluiseiiletoit lesolideoule principevital,et les nerfs qui le conduisent, les seuls moteurs de nos organes. Ces systemes , quelque differeus qu'ils soient les tins des autres , se ressemblent ET D'HISTOIRE NATURAL LE. z4j tons encela, qn'ils admettent eii dernier resultat iiiie force qui nieutla machine organi e • ; nous ne Savons pas qiicUeeu est la na- ture, inais lions soinines forces d'adopter son existence, parce que sans elle nous ne concevrion^ pas la possiljilite de la vie : cepen- dant si nous ne connoissons pas Ics causes des fonctions vitales dans I'etat de sant^ , comment connoitrons-nous celles des fonc- tlons dans I'etat de rnaladie? II nous faudra done en revenir aux simples experiences , prescrlre des reniedes dans un certain cas, parce que nous les avons employes avec succes dans un cas qui nous a paru semblable ; I'aiialogie seule nous conduira , il nous sera defendu de fonder nos preceptes sur la connoiss mce des changeuiens intimes qu'eprouve le corps, et celle de Taction que les reniedes exercjnt sur lui. Assurement notre esprit ne se lais- sera pas assigner des homes aussi etroi:es ; nous ne cesserons jamais de reclierclier la cause premlere^les mouveraens de la vie, et d'en faire les fondemens de tous nos systemes en medecine. Brown a tente un nouvel effort ; quoiqu'il paroisse avoir plutot coupe que delie le nceud gordien , son systeme merite d'etre exa- mine , parce qu'il ne repose point sur fadmlsslon d'un principe hypotlietique , mais uniquement stir la consideration des pheno- menes les plus connus : il n'a determine la notion du principe vital que d'apres les elfets que nous lui voyons produire , et que nous ne pouvons attrlbuer qu'a lui; ce n'est point un fluide , ce n'estriende materiel; c'est une force, niais differente des forces physiques et chiraiques ; car ce n'est, selon lui, que la faculte de reagir a. I'impression des oI)jets exterieurs , et elle cesse des que cette impression n'a pas lieu , tandis que les forces que nous attribuons aux corps inanimes , et par lesquelles nous expliqvions leiirs mouvemens, sont toujours les memes et leur sont toujours inherentes. Les auimaux et les plantes ne vivent que parce que des corps environnans agissent sur eux : la force de la vie est constamment -^ .(Ortionnee a la force de cette action exterieure : nous voyons les fonctions d«s 6tres animus , augmenter ou dimi- nuer , selon que I'on augmente ou diminue la puissance des objets qui Influent sur eux : un animal mourra , si on le place dans une atmosphere privee de chaleur ; an contraire, ses fonc- tions s'exciteront avec plus de force et de rapidite , au moment ou Ton ^levera la temperature de Tair dans leqiiel il vit. Voili d'ou Brown est parti , et il a etabli qu'il y avoit trols conditions necessaires a Texistence de la vie : savoir , Torganisation , la pre- sence d'objets exterieurs , et la faculte ([ue la masse organisee a de repondre a Taction de cet objet : il a considere cette faculte abstraitement , et en a fait la cause de toutes nos maladies : il Ta Ii2 a48 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE noinmee excitabilite : mise en iuise Inisqu'elle est trop abon- dante. (/estpourtant cequi arrive; et ponr en donner nn exem|ili^, I'electricite (|ni , dans certains Cis angiiiente I'iriitabilite , dans d'antres 1 1 diminue ; il en est de meme de tons ces pnncipes ina- teriels. Nous ne savons point ce (pi'est I'excitabiliie ; nou"= igno- rons eoalement comment les objets agisserit sur elle , mais nous pouvons admeitre avec Brown , qu'elle e.st ct tte facnlteen vertu de laquelle le corps organise exerce les mouvemens (pii lui sont propres , lorsqu'il a re^u I'imprcssion d'un corps etranger. Cttte faculte est une pour toute la masse organisee. Cest snr cet axiome que la medecirre de Brown repose : la contractil te , la sensibilite, Tirritaijiate sont des effets de celte cause xuiiqne , seulement modifiee par I'arrangement particnlier des molecules de la matiere. Les organes ne different entre eux que p.ir ce meme arrangement des particiilcs constiiuiuites de la matiere, et par un degre plus ou moins grand d'excitabilite :aussi vo ons- nous qu'nn pen d'eau-de-vie ranime I'an i/jai entier , presque avant qu'tile ait pass^ dans I'estomac. Cest ainsi qu'un grain ET D'HISTOmE NATURE LLE, 249 d'opium avale , calme la douleur du pied on de la inain. Au teste, peu de physiologistes avoient, coiiiine Bluiiienbach , adinis des forces vitalcs particidieres et separees les unes des autres; Igi plxrpart des aiiatoinistes , en reconuoissant a la lihre des (jua- lites diverses , telk s que la sensibilite , rirrltabillie , la contrac- tili e , 1(8 rapportoient a I'influence du systeme nerveux , et coucevoient ainsi le principe vital , comme etant un et le m^me pour I'organis.ition eiitiere; mais Brown en a tire une conclusion sur laquellp il a londe sa theorie pathologique et tlieiapentique. Lorsque I'animMl , dit-il , est inalade , q lelque soit le siesie du mal, la inaLulie est universelle, car le principe vital C'.t iiniver- selleinent repandu , et il est le meme dans toutes les parties du corps : les uiodifications de ce principe constituent la inaladie s il alfirnie qu ■ ces jiiodiii^rations ne peuvent consister qu'en , Ins ou en u'onis L'excitaldlite et int une Ibjxe, elle ne pcui eproTiver que les cliangeinens que celle-ci eprouve : or.ure force ne difiere d elle - nieme que par son degre d'inteiisite. L'liomine done ne sort de I'etat de sante , que parce que les objets extciieiirs , appeles puissances excitantes , ont trop active son excitabilite , ou quand il a ete soustrait a Taction de ces puissances excitantes parce que son exci[al)iiite n'a pas ete uiise siiflisamnient en jeu. Les maladies sont divisees en deux classes : les unes ou I'exci- tement est trop violent , les autres ou il est trop foible. Cela paroit bien rxtraordinaire ; cependant la prat'que des niedecins s'accorde telleaient avec cette theorie , qn'on scroit tente de la croire vraie. En lisant I'liistoire des maladies que StoU nous a transmise, on trouve que, quoifju'il ne vit par-tout qu'un excesde bile ou desang,il agissoit comnie Brown auroit agi, par une in- duction severe de ses principes fondamentaux. L'etat de I'asthanie est toujours une suite d'un excitement viol^-nt ; I'asthenie ou la foiblesse est produite de deux mani^res , ou par un defaut de puissances excitantes, ou par Taction trop continue ou trop fone de ces mSmes puissances 5 dans le premier cas , I'excitabilitj est accumulee : dans I'autre , elle est eptiisee ; mais ces mots accu- mulation et epuiseratnt , ne doivent pas etre pris au pied de la lettre , et comme s'il etoit question d'une matiere , en disant que I'excitabilite est accumulee , Brown veut seulement exprimer I'excessive facility avec laquelle le corps reagit a Taction du sti- mulus le plus foible ; il clit , au contraire , (pi'elle est epuisee lorsqiie les stiuiuins les plus pnissms suHIsent a peine pour I'ai tivcr. Ainsi Texci;ab'lite est ai cumulee d ns Tenfant que le D.oindre stinndus irrite fortement. Elle est epuiseL; clie/^ le vieil- lard que les stiiuulans les plus euergiques eineuveiit k peine ; cet 200 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE exeraple f'era aiissl sentir que I'excitabilite n'est point la force ; ce que nous nomtnons force; , vio^ueur, est, au contraire , I'elfet d'line excital)ilite mediocre , mise en jeu par un stimiilus me- diocre. L'hoiii;ne adulte , inoins excitable ijue I'eufant, est plus fort que lui, et il joviit de toute sa vigueiir alors que les olijets exteiieiii"S n'agissent que meJiocrement. VoiL\ toute la patho- logic de Brown , il I'etaye d'une foule de plienomenes qu'il est inutile de rejieter ; c'est toujours le merae raisonnement : si je ne preuds ]y.:s d'alimens , je tombe en lan^ieur : quels qu'en soient les syniptomes, ma maladie est astlienujue; si j'en prends trop , mon sang devient trop abondant, I'exciteraent depasse le degre convenable k la sante ; de la un exces de force : j'ai une maladie asthc-nique. Mais si je n'eloigne pas ces puissances exci- tantes , cet excitement trop violent epuisera ejifin I'excitabi- lite , et je retombe dans le second etat d'asthenie. Brown a sentijfjue lors meme qu'on lui accorderoit ces principes, il n'ex- pliqueroit point par eux la cause de toutes les maladies. Nous voyons tous les jours des uiodliications de la matiere orga- nisee , absolument independantes de celles du principe vital , causer la maladie et la mort. Brown dit done : Torganisation etant une des conditions necessaires a la vie , cliaque lesion de I'organe jiroduira un changement dans les fonctions vitales ; inais alors la maladie est locale , et elle ne devient universelle que lorsque la lesion de I'organe modilie I'exoitabilite. Les ma- ladies locales exigent I'application locale des stimulus ; tandis que dans celles que Brown appelle universelles, il suffit de di- minuer ou d'augmenter la somuie totale des puissances exci- tantes : I'excitabiiite etant une , peu importe I'organe par le nioyen duijuel on la met en action ; il suflit seulement de con- noitre le degre d'excitabilite dont chaque partie du corps est douce, alin de mesurer la force de Taction a celle de la reaction , et de ne jjas produire un excitement plus violent qu'on en auroit I'intenlion. iTout ce qui n'est pas organise , est considere , par Brown, comme puissance etrangere et excitante , et , d'apres kxi , il n'y a dans le corps de I'animal , que les solides qui soient organises : en sorte que le sang , la bile , et en general toutes les humeurs , sont des corps stimulans qui activent le principe vital , njais n'en ont pas eux-memes : il b-nnit I'impression d'iiu- mevirs morbifiques , elles ne peuvent etre que gatees ; si elles sont cause de la maladie , c'est parce qu'elles excitent la masse orga- nisee , autrement qu'elles ne devroient le f aire. Ce sont la les id^es de Brown , plus neuves par I'application qu'il en a faites , que par leur developpement. II en resulte que nous n'agissons ETD'HISTOIRE NATURELLE. aJl 8ur un malade quo de dcuxmanieres/eiidiaiiiiiiantoiienaugtnen- tant rexcltement, on , comine il dit, le travail de la vie. Nous n'avons point de remedes specifiques ; tons les corps dont nous nous servoiis n'ont f|u'uue projiriete , celle de stiniuler. Uii pur- gatif est un stimulant , niais il alFoiblit , parce qu'en exaltaut I'action des intestins , 11 leur fait secreter une grande quantile d'hunieurs , et prive par-la le corps de ses stlmulans natui;els : I'opiuin ne calrae que parce qu'en excitant fbrtement, il consume rexcitabilite et produit I'etat de foiblesse qui suit un excitement trop fort. Ainsi il suffit , dans une maladie , de savoir si elle est locale ou universelle , stlienique ou astlienique ; cependant , quoique Brown attrihue a tons les reniedcs ou puissances exci- tantes , le meme effet , il paroit croire qu'elles le produisent d'une maniere differente : le cafe et ropium sont I'un et I'aiitre des stiuuilans ; mais lors([ue I'opiuin aura epuise I'excitabiiite , ce n'est pas en doublant la dose qu'on remediera a. cette foiljlessc, il faiidra employer le cafe : que cette diilereuce dans le mode d'agir provienne dvi stimulus nienie , ou de la construction parti- culiere de I'organe sur lequel il agit , il en resulte eg dement que Ton ue pent considerer I'excitabiiite comme etant la meme dans toutes les parties du corps, et que deja sur ce point, il faudroit apporter des cliangemens aux idees de Brown ; c'est ce qu'ont fait ses partisans. Les stimulus, disent-ils,reveillent I'exci- tabiiite j nfais en vertu de I'arrangement particulier des mole- cules de la matiere dans cliaque oigane , ils agissent plus sur I'un que sur I'autre , et meme ils peuvent en affiecter un, et etre nnls pour tous les autres. Adopter ceci , comme on y est force , c'est etendre de beaucoup son systeme , et presque le changer. Les maladies locales ofirent la meme difficulte , puisque toute lesion quelcon<|ue de I'organe vientse ranger dans cette cathe- gorie : une maladie locale pent e;re aussi bien interne qu'externe ; leur nombre doit etre tres-grand , et cependant Brown nous abandonne dans leur traitement : il se contente de nous dire comment on reconnoJt une maladie locale, de celle qui est uni- verselle ; mais ignorant absolument le changement qui a eu lieu dans I'organisation , n'ayant pas meme cherche i le deviner , il ne peut nous indiquer de moyens ctinitifs. On voit , d'.ipres cet apper^u, que Brown n'a pas etendu nos connoissances physiologiqies, mais que, considoraut nos mala- dies sous un seul ])oint de vue , ne faisant attention qu'au plus ou moins de forces vitales dii lualade , il en a tire des conclu- eions hardies , et qui sans doute peuvent etre utiles dans qiielques parties de la pratique ; il a , dans quelques pays , banni Tabus 253 Journal DE PHYSIQUE, DE CHiMiE qu'on y faisoit de la saign^e et des evacuans, et enfin on congoit comment son systcMne , passe au creuset de I'experience , a pu ^tre suivi par d'habiles praticiens ; mais il ne satisfait pas le pliy- siologiste , qui , sans s'elever h una cause premiere , tache de decouvrir les causes secondaires , cherclie a connoitre la nature et I'arrangement des particules de la matiere dans la masse organisee , et espere trouver en eux le pour(juoi des difi'6rentes fonctions. ANALYSE DE LA PIERRE PONCE ET DU BASALTEj Far le docteur K e n n e d r, E X T a A I T. J_/ES min^ralogJstes ne sont point d'accord sur la nature de la pierre ponce. Klaproth en a retire , Silice 77.50. Alumine. ..,.,.. ly.So. -~ Oxide de fer , i.So, Un peu de manganese. Le D. Kennedy a lu a la societe d'Edimbourg , un nouveau travail qu'il a fait sur cette substance (i). II a prouv^ que la pierre ponce contient de la potasse ou alcali vegetal li'echan- tillon analyse etoit de I'espece ordinaire; son tissu etoit libreux, et il avoit le lustre de la soie. A la temperature de 60 degres du pyrometre de Weegwood (z) , il se convertit en une sorte d'email vitreuse , et sous une raoufle k la chaleur de 35 a. 4° degres , il subit une alteration telle qu'on ne pouvoit plus distinguer son (1) Ce memoire se trouve dans les Transactio'is de la societe d'Edimbourg. Nicholson en a donne un extrait dans son journal. II se trouve aussi dans la jBibliothei^ue Britannique , d'oii nous le tirons. {2) Un degre Ue ce pyrometre repond environ a 56 degres du thermometre de Reaumur. tissu ET D'HISTOIRE NATURELLE. 253 tissu fibreux. Suivnnt cctte analyse la pierre ponce conlient, Silicc. Alumine. Oxide de fcr. Votassc. Mais le D. Kennedy n'en assigne pas les qiiantites. Ce resnllat diriitre de celui dc Klaprolli , principaliniLiit par la potasse. On pourroit cependant soiip^onner que la ponce analysee par Klaprotli , contenoit qiielcpie substance de nature saline ; car elle fondit dans tin foiir k porcelaine, ou un compose d'argille , de silex et d'un ])eu de fer , n'auroit certainement pas sidji de fusion sans alcali. La clialeur du four etoit i36° de Wedgwood. LeD. Kennedy s'est aussi occupe de I'analyse chioiique de dif- ferentes varietes de wliinstone ou basalte ; ilannon^a, vers lalin de thennidor , a la societe, qu'il avoit decouvert I'existence de Talciili mineral ou de la soude da«is plusieurs de ses varietes. Cette substance saline y existe dans un etat de combinaison tres- intime avec les bases terreuses , et on ne peiit Ten separer qu'avec peine , nieme avec les reactifs acides les plus puissans. Sir James Hall pria le D. Kennedy d'analyser aussi un £cliantillon de la lave de I'Etna, dans I'opinion c[ue Ton y trou- veroit probablement de I'alcali fixe , comme on en avoit trouve dans les basaltes , a raison de la grande ressemblance de ces deux prodiiits volcaniqnes entre eux, soitdans I'apparence exte- rieure , soitdans leurs prodidts cbimiques. L'echantillon avoit ete pris par sir James Hall et le D. Hutton , dans ceite f'ameuse coulee qui detruisit en 16^69 une partie de laville de Catane. On troiiva que cette lave contenoit la soude , tout comme le basalte. Nota. Le lecteurse rappellera les diverses substances pierreuses dans lesouelles on a trouve de I'alcali fixe. 1". JLi' aluminite de la toJfa. Monnet est, je crois, le premier qui ait trouve la potasse dans les substances pierreuses. II la retira de la mine d'alu.n dela tolla. (^ Journal de Physique, sup- plement ijj?) ,i(>a^. o?)^). Bergman eutlesmemesresultats,/fi/we 77/ ^/(? 5^5 ceuvrcs, p. 2-1. Vaitc|uelin en a aussi obteiiu , nuose a/i 6 , p. 60. 2.°. Black a retire de la soude dtseaux du geyer, dont on peut conclure que le depot siliceux de . cette ' f'oiuaine en contient cgalement. 3°. Klaproth a retire de la potasse , du leucitc. Vauquelin en a egalement retire , ainsi que des laves leiici- tiques. Tome F.YE-NTOSE any. Kk ^54 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE . 4°- La lepiiloUte. La lepitlolite a ilonue dc l.ipotasseaKlaprotli et k Vfiuqnelin. 5°. Lefeld-spath vert de Sibdrie. Vaiujuelin en a retire de la potns'^e. fi°. La pierre ponce. Kennedy en a retire de la iiotasse. 7". Ljes basahes. Kenneilyena retire de la sonde. Flora atlantsca, siveLL'istorla plantarumqua in Atlanta , airro Tu- nitanoi t Algcrlensl crescunt, authore Rln atoDesfout ainss, insl'rtiiti nai'wiial'is scientioruin galllac soc'o, necnon in iniisco histuria nuiuralis parisiensis bitanicacprofessore Cest aclire, Floro atiaiitif[ue , ou Histoire des plantes qui cioissent sur le niont Atlas et dans les canipagnes de Tunis , d'Alger, par Rene Desf'ontaines , membre de I'intitnt national de France , et proiessenr de Lotaiiiqne an inusenm d'histoire naturelle. A Paris , sixieme et septienie livralsoji. E X T R A I T. La sixieme livraison contient la snite des tetradynamies sill- qnenscs, les nionaldelphiesdecandries et polyandries ; les diadel- phies hexandries , octandries , et line partie des decandries. La septieme livraison contient la snite des diadeljjhies decan- dries , les polyadelphies icosandries , et une partie des polya- delpliles polyandries. Ce bel ouvrage , qui renferme deja deux cent-dix planches , sera bientot termine. LListoire naturelle de la montagne de Saint-Pierre de Macs- tricht , par B. L^aujas Saint-Fond , adiuinistrateur et prui'es- seur de gedlogie au nmseum naticnial d'histoire naturelle de Paiis , premiere livraison. A Paris chez 11. -J. Janson , inipii- meur rue des Saints-Peres , n". 1195. Cetonvrage, compose d'un carte topographique des lieux, et de clnqnante-(juatre planches gravees par les ineiileurs artistes, d'apres ies dossins dc Mireclial, peintrc d'histoire naturelle dii jardin national des piaiites , et autres habiles dessiuateurs , parolt re- ET D'HISTOI RE NATURE LLE, - 255 giilierement le premier de cliaque mols , par caliier cle six plan- ches, avec leurs ilescriprions , savoir : In-foUo sur papier velin , noin-cle-Jesus; prix , 16 francs par cahier. Iri-\^. sur beau papier fin , nom-dc-Jesus , 8 francs. E X T R A I T. L'Jiistoire des fossiles est d'un si grand interet pour la geologie , qu'elle doit devenir au point oil est arrivee la science , un des ob- jets principaiix de retucle des geologues. La montagne de Saint- Pierre , pres Maestriclit, renferme une multitude de fossiles de touie espere , des os de grands animaux, de cocpulles de di- verses especes , des madrepores , des bois .... C'est done xui grand service que rend a la science liaujas Saint-Fond, en decou- vrant ces ohjets , et les iiusant dessiner et graver par des artistes habiles.Cettelivraison renferme un plan dela aiontagne etquelques vues de la grotte qui y est creusee. Ueux des ])lanches represen- tent deux miclioires fossiles d'un tres-grand volume et assez Ijieii cojiservees.- Nous Ics ferons connoitre jilus particulierement. » Le haut de la montagne est convert d'nne couclie de galets » arrondis ou OYalesj la plupart de ces cailloux sont d'un quartz » grenu , opaque , tantot grisatre , tantot d un blanc ]dus ou •>-> moins terne ; tantot converts d'une rouille ferrugineuse : on " y trouve aussi quelques jaspes grossiers rongeatres, ou d'un M violet fonce. Succedeii fdeux couches distiuctes et horizontides M de sable qiuirtzeux^ friable et nuUement adherent. La premiere, ■>•> qui est la plus epaisse , a vingt pieds trois pouces six lig;ics ■>•> d'epaisseur : elle est d'une couleur ocreuse , jauniitre , tres- » vive et tres-foncee. La seconde , qui n'a que dix pieds , est » d'un gtis verdatre , et porte directement sut la partie soli'Se ■>-> et jiierreuse de la montagne , formee d'uu gres quailzeiix a yy grain fin , foildement lie par un gluten calcaire, peu dur, ra !is » assez solide neanmoins pour former de la pierre de taiile , qu'on coupe avec la plus grande facilite ». » Kk 2 OBSERVATIONS MfiT^OROLOGlQUES, FAITHS PAR BouvARD, astronome B A R O M E T R E. I N I M U M. a y^.'rS. . . 17. 1 1,1 a 7i\js.. . 2.7. 9,'-. a yh.i s.. 17. 9.i a 7l>.-l m. . 27. 6,5 a 7I1 -J m. . 17. 8, J a ill. s. .. 17. 7,1 a S". m. . . 17. 10,7 a j'l. s. . . 17. 7,1 a 9I1.;- s.. . 17. 8,? a a yli.i m. . 17. 5,9 a ih.is... 17. ;,y a icA s... 17. J,; a midi.. . , 17. 1,9 a 4''. s.. . . 17 . 6,6 a lo''.;^ s.. 17. *,o a 4"fs. .. 17- !,8 a 711. 111. . . 27. 4,7 a 7'\j m... 17. 8^0 a 7l'.im... 17 -",4 a midi. ... 17 . 10,9 a ii\j s. .. iS. ;,5 a 5''. is., . 27. 1,5 a 7^.5 iTi. . 17. 5,4 a ?h. s.. . . 17. 9 y a 7''.jm. . 17 . i6j7 a i'',is... 17. 6,6 a 8''. m. . . 17. 4,; a 7''. m. . . 17. J, J a 7''. m.. . 17. 8,5 RECAPITULATION. Plus grande elevation du nieixarc 18. 5,81 le 11 Moindre elevation du mcrciire 17- Ij9i le 14 Elevation moyenne ^7 ■ 8,87 Plus grand degre de chaleur + 10,1 le ;o Moindre degre de cbaleur — 4.4 '" ' ^ Clialcur moyenne -\- 1,9 Nombie de jours beaux J de converts if de phiic 17 de vent ^^ A ^ IDI. 18. °,i ^7- 9,7 ^7- I 1,1 27- 6.7 ^7- 8,4 ^7- 11,1 ^7- 7,8 ^7. «.J 17. 8,4 '■7- ?,9 27- 4,7 27. 4,6 ^7- 1,9 '7- 7,2. 17- 5,8 =•7. 5,0 27- 6,0 27- 9,1 =^7- 10,9 iS. 3.7 ^7- 5.« ^7 «,!> 27- 10,4 27- 11.5 27- 8.5 17 4,4 27 5,9 27 8,8 A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS P/uviose an rii. Kyg. 96,0 106,0 io*,o f loj.o 6 lOf.O 7 lOJ.O 8 lOJ.O 9 'o;,y lo 98,J II loi,; 11 100,; ij ico.y ' + 100,5 IJ 8j,o 16 79,° '7 71,5 18 71,0 I9 *9.y 10 11 98,0 11 I -0,1 H 135,0 14 90,0 15 86,0 16 99,0 17 ioo,y iS 98,0 ^9 99, y io lOIjl Vents. S-E. S-S-E. Calme. S. s. Calmc. 6. s-o. N-O. o. O. et N. S-E. S. S. O. E. N-N-E. N. N. Calme. O. Calme. O. N. fort. S. O. S-O. O. fort. S-O. SO. POINTS LUNAIRES. Pleiile Lime. Perigee. Eviuin. descend, Dern. Quart. Nouv. Luue. Equip, ascend. Apogee. Prera. Quart. VARIATIONS DE I. ATMOSPHERE. Beau cicl le inattn; couvert le soir. 1-luicabond.ip.te depiiis 11 hcures jiisqu'a 7 licuresdu soir. Cicl convert; brouillard epais. Pluic tt brouillard le matin; beau le soirdepiiis4 heures. PliivieujE avant midi ; beau ciel le soir. Brouillard le matin ; pluie unepartie dii jour. Ciel couvert; quelques ^clairci5 pat intctvalles. 1 luic continuclle. Pluie avant midi; quelques eclaircis le soir. Ciel couvert; neige I'apres-midi Pluie abondante avant midi. Pluie abondante ; verglas. Cicl Icgercment convert avant midi; pUiic le soir. Beau ciel une partie dc la joutnce ; pluie et neige Ic soir. Ciel nuageux ; beaucoup de vapeurs. Ciel convert en panic ; assez beau le soir. Ciel trouble et nuageux. Ciel nuageux. Ciel couvert et brouillard le matin. Ciel couvert. Pluie toute la matine'e ; verglas. Ciel charge de nuages ; pluie abondante le joir ; brouillard. Pluie presqne continuelle. Neige dans la raaiinee ; quelques eclaircis le soir. Neige par intervalles. Ciel trouble et nuageux ; pluie le soir vers 9 lieures. Cicl a demi-couvert. Pluie le matin; couvert toute Ta journee. Pluie fine et brouillard; beaucoup d'eclaircis le soir. Pluie le matin et couvert toute la journe'e. RECAPITULATION. de grele. o de tonnerre o de brouillard 6 de neige 4 de gelee 11 Le vent a fouffle du N. . .' 4 N-E I E I S-E 5 S 3 S-O 4 7 N-O 1 foi) a^jS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIxMIE NOUVELLES LITTERAIRES. Memoriasub principio, ect. C'est-u-clire, Memoire siir le jirincipe des vitesses virtuelles , par le clievalior Vittorlo Fossom- broni Aretin, I'un des quaraiite de la societe italieniie , nicm- bre de I'iiistitut de Bologna. A Florence , cliez Gartiot Com- biagi , imprimeur du ^rand-due , 14 v(d ln-^{o_ L'auteiir de ce lie! ouvrajre a cherclie k developjier le pruici|,e des forces virtuelles , coiiuue on I'a fait voir page 210 de co cahier. Description d'une Arrache ined'ite , par le citoyen Wii.i.emet , prof'esseiir d'Histoire Naturelle de I'Ecole centrale dn dt^parte- nient de la Meurthe , directeur du Jardin national des Flantes , h Nancy. Arroche gigantesque ; arroche de Hermann : Atriplex , Hermanni. Atriplex caute siiffojiioso erecto; Jolils deltoidibus , slnuatls alternis, Arroche ^ tige soidigneuse droitejfeuilles delto'iJes , sinviees , alteriies. ' La racine de cette plante annuelle est mediocre , dure , ligneuse, plvotante , iibreuse , blancliatre ; la tige qui en part , s'eleve beaucoup plus liaut qu'uu homme , et a vui aspect agreab'e. EUe est grosse , ronde , dtrre , nivelleuse dans son milieu , verte dans sa jeiinesse , jaunatre et blancliatre vers sa maturite ; tres- raraeuse , feuillee ; au-dessous de cliaque ramification , naissent un petit appendice foliace , termiiie par un grouppe de fleurs : ceux de la partie inf'erieure sont isoles, tancis que les superieurs sont accompagnes d'une grande f'euille delto'ide , poiutue , laci- niee ; les ramifications sontgamies de feuilles de la meme forme; auxaisselles, se trouve encore I'appendice foliace avec un grouppe de fleurs qui se convertissent en autant de semences. Les fleurs sont deltdides, irregidieiement siiuiaes , alternes , pointues, ])etiolees, vertes et luisantes en-dessus, pales en- dessous. Les fleurs sont petites , sessiles , nomhreuses , herbacees , naissent en grappes , terminent les rameaux et les tlges. Les semences sont comprimees , rondes, brunes en maturite , enfermees cliacune entre deux valves orlsiculaircs , pointues i lour Rommet , verres \ leur naissance , et jaunatres, brunes lor;:- qu'clies sont mures. ET D ' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 209 Cette belle Grande plnnte sc reseine d'elle-inemo lacilemeat , sur-tout dans nne lone iegere ot bonne. On la voit (jnelrjUL-fois rejyriroitre ou genner en antonme , mais I'liiver la fait perir ; en revanche , des les premiers jours du printemps, on volt isonsser , de sa semence, deux fenilles (]ui ne sont pas lon£^-t:mps saas s'etendre et former iiiie nouvelle pbinte. II y a plus de (juinze ans (pi<» colte Airoche setrouve aliondarn- meut dans le Jardin national des Plan tes de Nancy. La araine m'a ele cnvoyee par le prof'essour Hermann, savant naturaliste , ^ Strasbourg , sous le nom de Atriplex Hermanni species nova; comme elle paroit^tre inedite, je m'ein])resse a ofFrir aux cnrieux sa deserijitio;] concise. L'on ue connoit pas le lieu de sa nais- sancc ; elle parolt s'approclier , ])ar son port et sa physionomle , de Y Atriplex Tartarica , ou Arroche de Tartaric. Cette plante est eniolliente, adoucissante : jeune , elle peut etre niangee en potage , et cuite comme les epinards. J'ai re^u du Jardin botanique de Copenhague, I'an VI de la Repnliliijue Fraiu^alse , la scmt'jjce d'nne plante que les siui])li- clstcs (lanois noniment ^iA'//5ii2 cristata , en I'lionneur d'nn naturaliste- allemaiid, dont le noiu est Elsholz, et cristata, ]>irce (pie I'epi de llenrs , qui est terminal, offre une espece de crete. (Jette ])lante est VJIysopea ,Jeuilles de Basilic , pari'aitemeut decrite par le citisyeii Lamarck, dans le tome troisieme de son Dictionnaire de Botanique , EncyclO|'edie methotUque , pag. 187. Voila souventcoinme les descripteurs font des douliles enqilois : c'est [>oiir eviter ce def'aut que je public cette ol)Servation. Af I s aux jjiiTPS qui veulent noiirrir leiirs enfans , cinqui&me edition , rt vue ctconsiddrahlemcnt augmetitee ,par la citoxenne Lerebours , avec cette cpigraphe : A ramour iiKiternel , la nature coiifie Ces elres inipirfails ijui corarcencpnt la vie. Saint-Lambert , les Saisons , ciiaiit i. An 7, in-\i de 286 pages. Prix br. 1 fr. 25 cent. , franc de port , 2 i'r. A Paris , cliez Tiieophile Barrels , libraire , rue Hautefeuille , n°. 22. Cet ecrit renferme dfs avis utiles aux meres qui, consultant la Toix i JOURNAL DE PHYSIQUE, I>E CHIMTE 4. Saxihia.ga AnETioiDES. . . Tab. i3. 5. Foliis radicallhiis rosiiJatis carinatis intcgris : petalis: cuneiform ibus creinihitis. Saxifraga pyrenaica minima lutea scdi foliis dense congestis. TouRNEF. inst. 353. 5. Saxifraga RECURViiOLiA .. . Jacq aunt. 074. S. Foliis a°;gregads integris , liuearihus reciirvis : scapo ■Suhnuclo : petalis paten tibiis inigiiirulatis. 5. Alpina minima foliis cacsiis deorsuni incurvis. Tournef. //er^. et inst. 253. S-arifraga caesia. Linn- sp.^-ji. 6. Saxifraga planifolia . . . Tar. 14. S. Foliis aggregatis cuneatis , plaiiis lineatls integris : pe'~ 'talis suhrotunclis. S. Alpina pallide liitea , foliis latiusculls non incisis radice crassa. Micheli plant. Rom. et Neap. 11°. 829. lierb. de Vaillant. Saxifraga muscoides. Allio. Pedem. iSaS. non pas Ics syiio- nymes, B. Feuilles decouples en scie. 7. Saxifraga pyramidalis. Lin. Lapp. tab. 2. fig. 2. S. Foliis radicalihns rosidatis , ligidatis latioribus obovatls •pntiilis sen-atis paniculd compositd recta. S. Cotyledon. Lin. sp. 569. B. Cuitivee. Dot>art. Mem. iSy. 8. Saxifraga recta. Tab. i5, S. Foliis radicalibus rosidatis linearihits suplnis glauci^ j incisuris cartilagineo-argenteis : paniculd simplici. S. Sedi folio angiistiore serrato. Tourn. hei-b. inst. 25a. Sediun Pyrena;um senutian longifolium. Hort. Bleseiis. herb, de Vaillant. Saxifraga cotyledon. Un. sp. q. SAXiFRAGA AIZOON... BaRREL. i3iO. "S. Foliis radicalibus rosulatis , cartilagineo-serratis , rotun- da tis , brevibus erectis : florlbas cjmosis. jACQ..aiist. 458. Sax. cotyledon. Lin. sp. C. Feuilles crenelees. 10. Saxifraga iimbrosa. hin. sp. 574 Tab. 16. S. Foliis obovatis subretnsis cartilagineo-crenatis : pctiolls- dilatatis : caule undo pariiculato. ji. Saxifraga cuneiiolia. Z//«. -sp. 574. ET D-ITISTOIRE NATURELLE. 2.65 Schmieclel. fascicul. Tab. 12, n°'. Sy. 12. Saxipkaoa HiRsuTA. Liii. sp. 674.. . Tab. 17. 1 3. Saxifraga geum. Lin. sp. 674. 4. Tab. 18. S. F6.//7.y reniformibus ,cartilagineo- crenaUs,utrinque pi-' tosis , aveniis : caule niido paniculaCo. D. Feuilles ditres petites ciliees. 14. SAXirRAGA durseriaka. Liti. sp. 672. Jacq. Miscell. i. p- Tab. 17. fig- I- S. Foliis rosidatis imhricat.is , tfiijuetris , sphioso-ciliatis : /loribiis fastigiatls : petnlis crispo reflevis. i5. Saxifraga Bryoides. Lin. sp. ScIuulcIi.. itin. "2. p. fig. 2. 4. S. Pyrenaica minima lutea , musco similis. Tounicf. lierb. et inst. 253. 16. Saxifraga aspera Lin. .sp. 676 Jacq-. aust. app. 3i. 4.. 17. Saxifraga oppositifolia. Z/««. sp. 675..... Tab. iq. S. Foliis confertis ovatis ciliatis , oppositis ; stamiiiibus et pistillis corolla brevioribiis. 4. 18. Saxifraga biflora.. . Tab 20. S. Foliis obovatis distantibus piloso-eiliatis : corolla et pis^ lillis calycem et stamina duplo superantibus. Hall. Helvet. gSi., Allio. Pedem. i53o. 19. Saxifraga retusa. . Tab. 20. S. Foliis imbricatis , acutis , triquetris basi ciliatis : pistillis et s taniinibus exsertis. Sax, retusa. Gouan. illust. 28. Sax. purpurea, ./////o pedem. 1 53 1.. **HERBACEES:- A. Feuilles inAivises. 20. Saxifraga sedoides. Lin. sp. 572. Jacq. Miscell! 2 p. taB. 2x~ Eg. 22. Sax trichodes. scop. cam. 2C)5. 21. Saxifrag.4. AUTUMr^ALis. Lin. sp. SvS. Fl. Dan. 72:. 22. Saxifraga androsacka. Z.//i. 671. Jacq. aust. 489. Sax. pyrenaica. scopol. earn. 296. 2:). Saxifraga STELLAius.Z,//i.sp. 672. Jacq. collect, i p. tab. i31. S. Foliis rosidatis , scapo sub-unico : petalis pcdunculatis- ^qualibits. ff^(5 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 24. Saxifraga leucantiiemifolia Tab. 21. S. Foliis spatlinlaio-dentatis : caiilibus coiifeitis d'lchotomis : petdlis inner j iialibus. Geum palustre lusitanicum minus et ramosius. Tournef. herb, et inst. a52. Sax. cliisii. Gouan. illust. 28. a5. Saxifraga ROTUNniFOLiA. Lin. sp. 676. Tab. 22. B. Feuilles lobees. a6. Saxitraoa granulata. Lin. sp. 676. Fl. Dan. Tab. 5i4- /3. Var. Mdlt-i-caulis : foliis circinnatis incisis.. . Tab. aS. 27. Saxifraga cernua. Z,i/j. Lapp. 172. Giitin. Norveg. up. tab. 8. 28. Saxifraga aquatica... Tab. 24. S. Foliis pabnatis quiiique-partitis lohis multifidis : caulg paniculato : floribus inajoiibus , pist.illis clavatis. Sedum tridactylites Pyrenajum pallidc luteuin. G. Baiih. Prod. 1 3 1, herb.de Vaillant. Sax. petrsea. Gouan. ill. 2g. (3. Floribus capitatis. V. Paniculd secundd. ^. Caule -virgato : foUorum lobis acutis suhpinnatis Tab. 25. 29. Saxifraga annua. Schmied. fasc. tab. i n°. 34. Sax. tridactyletes. Lin. sp. 678. ***FRUTICULEUSES, A- Tiges droites, 5o. Saxifraga geranioides. Lin. sp. 578, Gowara. ill. 28.. . , , Tab. 26. S. Foliis radiculibus renifonnibus qidnque lobis multifidis : petiolis simplicibus floribus tuhulosis , calycibus urceolatis. S. -Pjrenaica tridactylites latifolia. Tournef. herb. inst.aSS. Rap- portee mal-a-propos au Sa.v. ascendens qui n'existe dans aucuii des anciens herbiers que j'ai vus , ni aux Pyrenees. /3. Rigidior viscosa et odorata. S. Cantabricalalifolia tridactylites rigidior. Tbwr«e/^herb. inst, 23, V. Scapo simplici nudo floribus capitatis. i". Foliis pellucidis laevissimis. 5'i. Saxifraga digitata.. . Tab. 27. ET D'HISTOIRE NATURE LLE. n.5j S. Foliis digitatls enerviis : petiolis basi alatis : /loribut iubiilosis. 32. Saxifraga ladanifera.. . Tah. 28. S. Foliis multilobis integris , petiolis compressis amvlexi- caitlibus : floribus tubulosis , calycibus conicis. fi. Minor. Labis trifulis : floribus c/ipitatis. 35. Saxifhaga nervosa. .. Tab. ac^. S. Foliis lobatis utrinque nervosis : calycibus globosis : co'- Tollis patentihus : pistillis subiilatis Sax. exarata. T^'ill. Delph. 3 p. 674. Sax. hypnoides.v^///o. Pedetn. 1 538. Mais non pas les synonymes.. 34. Saxijraga furcata... Tab. 3o. S. Foliis quinque I obis , lobis elongatis linearibus : stanii- nibus longitudine calycis. 55. SaXIFRAGA INTRICATA .. . Tab. 3i. S. Foliis rosulads cimeato-incisis : siirculis elongatis intri- catis : petalis cordatis : pistillis subulatis. 56. Saxifraga mixta.. . .Tab. 52. S. Foliis digitatis nei'vosis , rosulis radiatis : antheris saeit- tatis : stylis parallelis : stigmatibus pileatis re/lexis. Sax. ca3spitosa. /^i//. Delph. 5 p. 673. ^//io. Pedem. i54i • en excluant toutefois les .synonymes. /3. Major scapo elongate ra?noso , foliis petiolatis _, lobis multijidis . y. Scapo paucijloro ; lobis brevioribus et latioribiis. Fi. Dan. 71. 37. Sa.xifraga groenlandica. Lin. sp.578. Mnrt. veget. 41 3.. Tab. 55. S. Foliis verticalihiis ciineato-pahnatis : petalis rotundis ." Styles divaricatis , stigmatibus coinplanato-lanatis. 4. S. Tridactylitesalpiaa iniiior et villosa. Toumef. herb. inst. 262;. Sax. cxspitosa. Onnn. Norv. 2 p. 1047- /3. Foliis compactis iinhricatis.. . Tab. 34- Sax. Pyrt-naica alba miniiHa foliis densissime congestis. Toumef.. lierb. inst. a65. Sax. tridactylites groealandica caulibus valde foliosis. Dill, ^Itlxam. 537. 38. Saxifraga mgschata.. . Tab. 35. S. Foliis aggrcga ti s ciineatis , integris bi-trijidisve odoi-is : petalis ellypticis carinaiis , calycem snperantibus. Tridactylites alpina. ./. Bank. hist. 3 p. 754. Sax. mosL-hata. Jacq. Mi.cell. 2 p. 128. Miirr. veget. 414. aSS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Sax. exarata. ylllLo. Pedem et auct. n". i53g. Ce n'estpas cellc de Villars. 5g. SAxirnAGA CAESriTosA.. . Tab. 36. S. FoUis caespitosis enei-viis : scapo Jilljormi stih-itnifloro : petalls Uneanbus calycem aetjuantibus. S. Pyrenaica foliis partiiii integris , paitiin trifiilis. Tounirf. in.st. 253. herlj. de T^tiillaut. Sflx. cfss-pltosa. Liii. .sp. SyS. Man: veget. 4i4 i n". 07 ^ sans \\ citation d'Oerlcn Sax. muscoide.s. Jactj. miscell. 2 , p. lao. Sax. pyrenaica Vill. Delpli. 5 , p, 671 , en excluant toute la jjnonymie. ■ Celtf! espece et la groenJandica exigent une longue critique. ^. Foliis omnibus integris. Sedum tridactylites, pyrenaicum foliis inferioribus integris. To !«- iiefnrt , herb. Eadem rubiginosa. Ce qui change son aspect. - y. Kamis coiigcstis licniisphaericis : foliis brevibus imbri- catis.. . Tab. 37. B. Tiges couchees. 4o- Saxifeaga brassicata.. . Tab. 38. S. Caiile capitato sphacrico , ramis procumbentibus : pedun; ■culis lateralibus inferis. 41. Saxipbaga ajugifolia. Lin. sp. 578.. . Tab. 3p. S. Scapis lateralibus ascendentibus sub-bijloris : caulibus procumbentibus. Sedum alpinum ajugsc folio. Clus. Panno. 4gi. herb, de Vaillant. Smith a compare mes echantillons avec ceux de I'herbier de Linnrcus. Peu de botanistes connoissent cette espece , ils la cou- fondent avec la suivante. 43. Saxifbaga HYPNOinES. Tab. 40. S. Caulibus procumbentibus : gemniis elongato acutis. S. muscosa trKklo folio. Tournef. herb, iiist. 2.b?-. Sax. hypnoi'des Fl. Dan. 548. Lin. sp. 679. J'ill. Delph. 3 , p. 674. Une partie des synonymes cju'il rapporte appartieiit h J» prect'denie. OBSERVATIONS ET D'H ISTOIRE NATURELLE. 269 O B SERVAT IONS Sur une argllle feld-spathique trouvee dans la butte des Treils , pres le Mans ; Par B.-G. S a o b , Directeur de la premiere dcole des mines. V^ETTE terre argilleuse offre de petlts fragmens de feld-spath friable, blanchatre en parallelipipedes pluS'''oii raoins reguliers , dissemines dans une terre bolaire rougeatre ; ce qiii lui donne rapjmrenced'une bi'eche : ellese trouve asixpiedsde profondeur au-dessous de la terre v^getale entre deux lits de sable rougeatre entremele de gravier. Cette couche argdleuse a , dans sa plus grande e]>aisseur , treize a quatorze pouces ; elle occujie un cspace assez considerable , et se trouve toujours a la menie profondeur. Cette argille feld-spathlque me paroit provenir de la decompo- sition d'une espece de porphire de la nature de I'opliite , dans leqnel les cristaux de feld-spath sont plus gros que dans le por- phire ordinaire. Ayant mis dans I'eau de cette argille feld-spathique , elle s'y divisa ; j'agitai la terre detrempee et reciis , sur un fdtre , I'eau qui en tenoit une partie suspendue. Cette terre argilleuse, dessechee, avoit peu de coherence , parce qu'elle etoit melee de terre mar- tiale et de kaolin ; elle representoit en poids la moitie de I'argille feld-spathique qiii avoit ete lavee. Le feld-spath decompose, qui s'etoit preclplteau fond du vase, etoit onctueux , feuillete d'uu blanc jaunatre , et offroit un kaolin grossier. Les carrieres de cette espece de terre qu'on exploite dans le Limousin^ danslePoitou, offrent desgraiiits en decomposition, oii le quartz , le mica sont intacts , tandis tpie le feld-spath se presente dans differens degres d'alteration. De sorte qu'on pent le suivre jusqii'a sa terrification en kaolin. Le feld-spath commence par devenir opaque grenu , moins scijitillant , puis friable , pulve- rulent , et enfin kaolin, onctueux au toiicher. Le meme feld-spath ou petuntze , avant d'avoir ete altere , se vitrilie facilement et est propre a la couverte de la porcelaine , Tome r. GERMINAL a/i 7. Mm 2/0 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE taiidis que loiS(|u'il s'est decompose sporitaiieincnt , il e&t apyrc > et sort avec avantage pour le biscuit de la porcelain e dure. Les porphires pai'oisseiit avoir pour base uii trapargilleux , tliverseineut colore par le ler. Quoique ces pierres resistent It I'dCtion du tenips et de I'alr , cependant elks s'altererit else decoinposent dans le seiude laterre. 1/argille feld-sn;Ltiii(|ne du Mans , aiiisi que Targille porphiiilique de Bohenie en sent des prcuves. Le baron de Born , apres avoir fiiit la description d'une argille Llanche porpliiriti(pie, dans laquelle se tronverit empates des cris- .taux de I'eld-spath Ldaiics rectargulaires^ dit : « peut-^tre n'est-ce qn'un porpliiie dont la base siliceuse a ete deconiposee (i}". Cette argille porphiritique blanche (\ue cite de Born, reiiqdissoit un lllon dans les montagnes nielalliferes de Joacliim Stadt en Boli^jne, Ce savant niineralogiste dit que la roche metalliferc de Hongrie et de Transilvanie ou Ton trouve les filons d'or et d'ar- gerit les plus larges et les plus etendus , est une argille enduicie, luelee de llld-spath cristallise ou decompose , quelquefbis entre- mele de mica et de schorl. NOTICE Des grands hivers dont il est fait mention dans I'liistoire et dans les recucils des societes savantes , et des grandes inondations de la Seine a Paris ; avec quelques details sur le froid du niois de nivose an 7 ( 1798 a 1799 ) } Par L. C T T n , JJun des conservateurs de la b'lbliothbque nat'wnale du "Pan- theon , des societ(^s des naturalistes , de medecine et d'agri- culture de Paris , de la societeS d'dniulation d' Abbeville , de la socitSte mcteorologique de ISIanheim. i-i E froid rigonreux , que nous venons d'eproTiver , a donne Teveil aux meteorologistes , et les a engages i f aire des recher- clies ; elles ont ete occasionnees par dilferentes annonces contra- (i) Voyez\^ page 408 du premier volume du catalogue niitboditjue elraisonn* 5 metres ( 14 pieds ). Les ])apiers publics ont annonce que dans la nuit du 5 an 6 pluviose on ressentit une secousse assez forte de tremblement de terrcti Nantes , a Angers , k Eouen, a Bordeaux et dans toixte la partle oucst de la France ; il a ^te precede a. Nantes par un meteore igne qui a jete un vif eclat ; dans d'autres endroits, jiar ■nn Ycnt violejit. Des teCes de cheminees out ete renversees , des maisons ont ete endommagees. Pendant: cettc nuit , il Paris , le* barom^tre a remonte de27 pouces 9, 8 lig. a a/pouces 10, 51ig. ; le temps etoit calme et convert avec brouillard et pluie le 6 au matin. On mandoit de Londres que les marees y etoient d'une hauteur extraordinaire. Je vais donner dans la talile suivante, 1°. la suite de mes ob- servations faites a Paris, rue de laVieille-Estrapade , no. 3; 2". Le plus grand froiil observe cba([ua^iour a I'Observatoire' national et k I'Observatoire de la niarin^#fear Bouvartet Messier j 3° le 7naa:imum du lioid observe en dii'forens lieux de la Republique et des pays etrangers. L'echelle du thermometre de Messier etant divisee en 85 d, j'ai reduit ses observations k celle divisee en 80 d. P P.. E M I E R E TABLE. M I s H LURES du DEG R E S dc M I s ilEUR ES du deniv6se dc dtfcembc. JOUR. F RO I D. de nivosc de ddccnibr. J OB H. any. 1798- any. I7»S. I 21 lOj s. — 5,5. ininuit 2 22 7>. — 4,5. 5 25 7|m. 3 23 yim. -f- 2,0. 2lS. 4 24 71 m. 9 m. — 3,5. — 4,2. — 4,5. 4is. 51S. 7 s. 2JS. — 5,0. 8 s. 9is. -7,6. 9^s- n s. -7,8. 6 26 7|ra. DE GR is de R I D. - 8,2. — 8,5. — 950- — 9.7- — 10,0. — 1 1,0. — 11,3. — 1 2,2. — i5,o. ^■j(> JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE Suite de la PREMIERE TABLE. 3M O I S HEURES D E GR t S M I S HEURES D EGRES — ^ ,dii dc . — „ - - du dc dc nivose de djccnibr. JOUR. F R I D, dc nivose de d^ccuibr. JOUR. F R I D. an 7. mi- an 7. 1798. 6 26 9 ™- — 12,5. I 1 3i Janvier 1799- 10 s. — 3,0. ■ 10 m. —11,7. 12 I 8 m. - 3,1. 1 1 m. —II, I. 2 s. -2,3 raidi. — 10,5. 10 s. — 2,4 2 s. — 9'5- i3 2 7|m. — 5,0. 5 s. — 9i7- 2 s. 5,2. 4^s. — 10,5. 10 s. — 5,0. 6 s. — iOi9- 14 5 8 m. — 7,0. 75 s. —10'^ lis. — 5,2. 10 s. 8:-s. - 5,7. 7 27 7|in. 9 ni. 2is. — 8,4. - 7,5. -5,3. i5 4 7ini. 2iS. 10 s. — 6,8. — 0,0. 4 9. -5,5. 16 5 7fm. — 7,2. 5is. — 5,5. 2is. - 4,5. 7 s- — 5,4. 10 s. -6,7. 9is- — 5,6. 17 6 7|m. -8,6. 8 28 8 m. 2 s. — 5,8. - 5,3. 2is. -4,3. — 3,5. 4is. -5,5. 24 i5 9is- — 6,0. 9ts- - 7,4. 25 14 7^m. — 6,3. 9 29 yim. — 8,8. 26 i5 7>. -6,1. 9 ni- — 9,0. 27 16 7~m. — 5,5. 2 s. — 5,8. 28 17 7i"»- -7,8. 4 s. — 7>o. 29 18 71™- — 9i6. 9fs- — 9'0- 9iS- — 5,0. 10 5o 7|m. —10,2. 3o 19 8 ni. - 8,2. 2 s. — 4,7- I pluv. 20 75 m. - 6,1. 9 s- — 4,3. 9ls- — 2,0. 1 1 3i 8 m. a s. — 4,2. -3,1. 2 21 7im- 2 s. — 0,4. -H 2,0. Observations ET D'HISTOIRE NATURE LLE. '2^7 Observations faites dans differens quart lers de Paris. A I'Arsenal, chez le general d'Aboville. . . — i4>0- -5 -•'4 24 -6,1 -7,5 ■5 — i3,o -i-i3,2 i5 ^x4,i^ 16 — 8,0 17 -r 7)2 •^6,3 25 — 7,7 - 7>5 5 _i5,6 -^ 8,4 -7,5 26 - 7,4 - 6,8 7 8 - 8,5 — 10,0 —94 27 — 6,5 — 6,5 — 8,5 — . 6,6 18 — 0,4 — 0,3 28 — 9,8 - 8,9 9 — 1 1,5 —' 9>4 19 — 4,2 — :),2 29 — 1 0,9 — 10,7 lO — 12,0 — io,8i 20 — 3,5 1—3,2 00 — 10,2 - 9,4 I pi. - 6,2 — 6,5 TROISIEME TAB L E (1}. Digris. Dcgr^s.. A Doual,parSaladm,— i^jO Ic 6 ALuneville,parSau- A Calais , par dan- cerotte — 19,0 le7 .quart. . . . '. , . — t2,51e 6 A Amsterdam, chez A A bbevlUe , par Bou- Van - Swinden. . . — 1 6,5 le 7 cher — I2,51e6 18 pluviose — 12,0 A Bruxelles, parPoe- A Gotha ,parZach. — 2i,51e5 derle. . . .... — i5,ole7 A Toulouse, par A Strasbourg. . ', . . — 2D,ole5 Duc-la-Chap.elle. — 9,0 le 5 (1) La plus grande parlie des-observalions contenues dans celte table, mont etc communiquees par Lalaiide. Tonie r. G E R MI N A L «« 7. N n »78 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Suite de la T R O I S I fe M E TABLE. Degr^s. Dcgic's. i9le 5. AuLuc.clep.clnVar.— 4le5. A Manheim. ... AGriubejigen(Wir- AVienne(Autriche). — i8^1e5. tenib.)|mr\'V'^urm. — 24le5. A Coy)penhague. . — iole5. AStxHgftrcl — 2ole5. A Dresde — i4le5. A Ausbourg. ... — 251e5. A Turin. . . . . . — i61e 7.^ QUATRlfeME TABLE. Tableau des plus grands degres defroid observSs en quelqiies endro:ts de la republique batave , en decembre \'j()^ ; com- miiniqiiJ parZ.-B. "Van-Swindln , prof ssseur a Amsterdam. J i 1 U R S. 1 gi.e. Rotieidain. De|ft. Lahaye. Haar- lem. Amsterdam. Hoorn. OBIERVATION5. Les therm, sont X\IV. i. mcrcure.Latii- Tjii. tondament. esc a U glace fond. 80 a I'cau bouiilante. yh.im. 8,9 8 7 XXV. 6I1. m. 6,2 ; 9 9 i 12,9 11 8,8 10,7 .5,a i3,8 .S,3 II I i3,7 I'.'Z a 12,4 10,7 10 a It ia,5 10,5 12,4 10,7 XXVI. Les deiw ob- y-'.im. .7,8 14.2 14 .3,3 .6 >4,2|.4,8 trouvenc dans 8 i5,2li5,5 une mcme case, 9 1 1 •4,5 .5,51 '6 des rhermomc- .3,5 .3,3 rres exposes lji ditferens quar- 12 .3,3 12,4 licrs de la vi||e. Le thuimomc- a i5,5 '2,7 tre employ^ a Nimigue &\o\i 10 plactf i c6ti dii " f .8,2 >4,9 14,21.48 behedertjet con- srfqucmiiicnt 3 13 ■6,4 - un air partaite- menr librc. XWII. SK ra. . l5,2 j5 ^^5 .4,5 .6,4 10 s. 10,7 10 9)1 \ XV III. 8b. ra. 9-' 10 s. ,,8 ET D'HISTOIRE NATURELLE. 479 Apres Tin degel qui a eu lieu k la fin de Janvier 1799 , le froid a repris au commencement de t'^vrier a un degre de force txes- rare. Le thermometre a ete k Amsterdam (au-dessous de la con- gelation ), le 1". de fevrier entre 3 , 2 et 5,8} le 2 entre 4 et 2,6 ; le 3 et le 4 > aux environs de la congelation; le 5 entre +i et — 3,2 ; le 6 entre — 2,6 et — 6,y ; Le/a 5h. a — 9,8 j le8^ 8 h. —12,4; le 9 ^ 8 h. — 9,3. 8h. —8,9; 2h. — 9,3; 2I1. — 8,3. 12 h. — ^fS; 10 h. — 11,2; le Ii. — 6,j. 4h. — 8,7J kBeli't, — 11,2; le lok <) h. — 4,4. 10 h- — 10. ensuite au-dessus de la congelation. Suivant les observations qui se trouvent dans les gazettes hol- landoises , et qui sfijrement ont et6 extraites des gazettes alleman- des , le thermometre auroit ete , le i5 decembre , a Berlin , a 17 5 ; le 26 a. Manheim , k — 19 f> k Hambourg, k xoj aAugsbourg,^ — 2.5. veritablement 6norme. Mais je crois me rappeler qu'en 1776 on a eu quelque degre pareU en Allemagne : cependant je n'ai pas sous les yeux mon ouvrage sur le rude liiver de i7'/6 , pour revoir ce point qui uierite d'etre constate. Notes sur les diffdrentes inondatlons de la Seine h. Paris. L'inondation de la Seine qui a eu lieu k Paris le 25 decem- bre 1740 > a donne lieu a Buache et Deparcienx , de faire des re- cherches sur les differentes inondations de cette riviere dont on a conserve la memoire par des inscriptions ; le resultat de leur travail est consigne dans les Mdmoires de I'acaddmie , annees 1741 > P^g^ 335 , et 1764 , page 459. Buacne a fixe le terme de I'elevation de I'eau en 1740 sur rechelle du pont ci-devant royal. Cette echelle ne part pas du fond de la riviere , elle part de la surface d'un banc nomme le nceud de r aiguillette , qui se trouve entre la derai-lune du Cours et Chaillot. Le fond de la riviere sous I'arche du milieu de ce pont etant 14 pieds plus bas que le banc dunoeud del'aiguiUette, il faudroit ajouter ces 14 pieds k I'^chelle pour avoir la veritable hauteur de la riviere au-dessus de son fond. Buache a fixe la hauteur de I'eau, le 25 decembre 174° , a 9 heures du soir , a 25 pieds 3 pouces de I'echelle du pont ci-de- vant Royal , au jourd'hui National ; c^est a ce point que Deparcieux A rapporte les dilfereates inondations qxii oat eu lieu k Paris , et N n a 2^Q.. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE doHjtii a irccueilliies notes. II les-a rapportees aussi ;\ deux aiitres re]:)aires'qu'il indique ; le premier est le guichet du Louvre , vls- i-vis la rue Frouiauteau , il le fixe h. la retraite prise au second, iillastre , ti gauche , de ce guichet ; I'autre repaire est le dessus de la corniclie cntre I'arcade de I'liotel-de-ville , et le coin du inciiie hatinient. Voici les annees d'i|iondation dont Deparcieux a recueilli les. notes d'apres des repaires qui ont ete traces dans le temps sur les. murs exterieurs ou dans Tinterieur des maisons. 11 Juillet i6i5. 1649. F^vrier i65i. Fevrier i658. 2.6 Fevrier 1679. Ete i6"9o. 1 Juillet 1697. Fin de fevrier 1711. 22 Mars 1751. 2.5 Decemhre 1740. 9 Fevrier 1764. 4 Fevrier 1799' JMoindre Jiauteur^ ite t7'^9- ^t"^ 1731. La plus' grande inondation dont on ait conserve la memoirs par une inscription , est celle de i658. II existoit, dans le cloitre des C^lestins , a Paris, un marbre qui apprenoit que I'eau s'y est elevee k 2.8 polices au-dessus du pave du cloitre ; Deparcieux trouve qu'en cette annee i658 , I'cau s'est elevee de 33 { pouces plus liaut qu'en 1740 ; or, dans cette derniere annee , I'eaii , selon- Bua-cke , s'est eleve k 25 pieds 3 pouces de I'echelle du jiont Na- tional ; I'inondation de i658 repondroit done a plus de 38 pieds de la nieuTe echelle. Les aiineesoula riviere a ete oloservee ;\ son plus I)as , soiit 1719 et 1701 ,savoir , a. 1 pieds 3 pouces de recliclle eii 1719, etu 1 pied 10 pouces en 1731. II y auroit done une dillerence cntre la plus grand crue de la riviere et son plus grand abaissement de 2.5 pieds 9 pouces avec 1719, et 26 pieds 2 pouces avec 1731. Je vais rapporter aux trois repaires dont j'ai parle plus haut,les dill'erentes iaondations dont j'ai rappele les epoques. Premier repaire , Inondation de 174° > fixe par Phil. Buache , a 2.5 pieds 3 pouces de rechelle du Pont ci-devant Royal ( Na- tional) (1). 1649 24 pieds 7 pouces; i658 28 pieds i6,5i 25 '^^79 -1 ^ pouces. (1) CeUe eclii/lle a ete relablie d'apres les nouvelles niesures : on a indique la «ruc de 1740 a 8, J- metres (26 pieds ) ; elle est done 9 pouces plus haute que l«r ET D'lIIS-TOlIlE NATUR£LI,E. aSi 16^90 24 pieds 2 pouces. 1764 2.2, pieds 5 pouces. 1711 24 3 ^799 2^ 6 1751 21 7 i . - ■ , , Second repaire fixe par Deparcieuxy^la'retraite prise at* seconcE pilaslre a i^anclie du premier guichitdvi Louvre, vis-a-vis la ru» Fromeiitcuu. 1649 au-dessus dc la retraite ... idem , ou 2, xo5\. i658. 1690. 1711. 1740 laern 1 .... 10 1751, .... idem. ..... o .... 10 J'/6/^. . au-dessous. ..... o . . . . 2 {.■ lyjf)' • au - dessus. o . . . . 9, Troisieme repaire fixe par Deparcieuxau-dessusde lacornicliey eiitre I'arcade de la maison commune et le coin de la nieme uiaisoii. . . . idem . . . idem. .... . . . idem. . . •. . . . . idem. . . . idem. .... au-dessous. ..... o au - dessus. o 2 8. 1 9 1 1 pouces. 1649 au-dessus de la cornlclie a65i. ..... idem 1608. ..... idem 1690. ..... idem 1^1 ir idem 1740 idem J 751. . . . au-dcssous. . .• . . 1764. . . . » . idem 1799. . . . au-dessus. .... pied o 6 o. 8. 9- 9- 10 1. 8 pouces. 3* Pour rapporter ces deux derniers repaires ti. reclielle du pont National et ^ celle du pont de la Tournelle , il sera necessaire de niveller le terrain compris entre ces differeiis repaires. terme fixe dans le temps par Buache. J'ignore la cause de eel te difference ; Je sais i|ue Mechain et Proni uiit fait , il y a quelques annees , un nivellemenl dui pont de la Tournelle au pont de la Revolution. II seroit a souhaiter qu'ils publias- sent le resultat dc ce nivellement , et qu'ils indiquassent le rapport qui existe entre I'eclielle du pont de la Tournelle et celle du pont National. Le zero du pont tie la Tournelle part du niveau de la riviere , a son plus bas j en 1719. Nous ve-- nons de voir qu'elle a encore ete plus bas en 1731. 28a JOURNAL DE PHYSIQUE, DE. CHIMIE EXTRAIT DUN MEMOIRE Sur les thermonietres , par Baume, menibre de I'institut national , insere dans ses Opuscules chimiques , publlees en I'an 6 , page 223. Far I'auteur du Mimoire prScddent. A-iE froid memorable du mols de janvler 1776, fut observ^ ^ Paris dans dilterens quaftiers et avec des thermdmetres de Reaumur , les uns \ mercure , les auties ^ I'esprit- de - vin. Les possesseurs de ces thermometres furent curieux de savoir k quel degre precis d'un bon thermometre-etalon on devoit fixer I'intensite de ce froid , et s'il avoit sur passe celui de 1709 : ils enYoyerent done leurs therjjiometres a. I'Academie des sciences, qui iiomma une commission dont etoit Baume. Lescomraissaires,contreravis de ce savant chimiste , prirent pour etalon un ancien gros ther- mometre de Reaumur, qui, outre plusieurs def'auts que relive Baume , en avoit un essentiel ; c'est que le terme extreme de Techelle , marque 800 , iiidiquoit , non pas le terme de Teau bouil- lante , comme tous les thermometres qu'on a faits depuis , mais celui de I'esprit-de-vin en ebullition; or, ce terme ne repond qu'au 6oe, degre ou au 65''. des tliermom^tres, soitd'esprit-de-vin, soit de mercure qu'on lui compafoit ; il ne pouvoit done pas servir ^ detennrner le froid de 1776 sur des instrumens dont les echelles se ressembloient si peu. Aussi , au lieu de i3 degres \ auxquels les commissaires ont fixe le fi-oid de 1776 , Baume prouve qu'en employ ant ])our etalon un thermometre 4 mercure, dont Messier s'etoit servi pour mesurer ce froid , on doit le fixer i i5 1 , et celui de 1709 a 17° sur un thermometre a mercure, et k 15° sur un thermometre a esprit-de-vin rectifie. Baume a done juge a propos de se separer de la commission et de faire ua travail particulier qvu a donne lieu au Mdmoire sur les thermometres , dont I'extrait que je donne ici fera sans doute plaisir aux physiciens et aux amateurs de meteorologie. « Pour faire des thermometres exacts et comparables entre eux , dit Baume , il faut i". deux termes fixes ; 2°. faire choix d'un fluide qui ait la propriete de se dilater et de se condenser unifor- m^ment et proportionnellement aux degres de chaud et de froid qu'on lui applique : ce fluide , c'est le inercuje ; 3°, u'employer ET D'HISTOIRE NATURELLE. sSS 3ne des tubes parfaltemcnt calibres et de la plus grande propret^ ans rinterieur 3>. Deliic (que Baume appelle tou jours Duluc) , a. traite avec soin ces dif'ferens objets dans ses Eecherches siir les modifications de ['atmosphere y mals il a encore laiss^ de In mati^re a des recherches ulterieures dont Baume s'est charge , de nianierc que son travail devient un supplement necessaire k celui de Ueluc. Le Menioire de Baume contient i". des recherches sur les tlierraometres de Lahire et de Reaumur j 2°. des experiences pourconnoitre les alterations que I'esprit-de-vineprouvelorsqu'on i'employe en thermometre ; 3". des recherches pour connoitre la: marche correspondante de plusieurs sortes d'esprit-de-vin avec celle du mercure ; 4°- des observations sur la constrixction des therraometres a. mercure; 5°. les experiences qu'il a faites pour determiner le degre de fioid de 1700 et cehii de 1776. Je viens d'cn doiuier les resultats en faisant Thistorique du Meinoire q^ue j'analyse. Thennometre de IjJ.hir z.- D'apres les recherches faites par Baume dans Tes MSmoires de' V Acadeinie , il lixe le ternie de la glace , sur le thermometre de Lahire, dont on f'aisoit usage a I'Ubservatoire , a 00°, et celui des caves de TObscrvatoire a 48° ; inais d'apres ses propres obser- vations sur un autre tixermometre de Lahire qu'il s'est procure , il a trouve le premier terme a 28° , et Ic second a 43°- Cette difjfe- rence ne doit pas surprendre , si Ton I'ait attention que ces ther- monietres n'ayant pas de points fixes ,. ils ne SDijt pas comparabl^S' eiitre eux. Le thermometre de Lahire de TOliservatoire a ete construit ert 3678, parHul)in , et on I'a observe depuis cette epoque jusqu'en 1754, il a disparu ensuite, on ne salt comment. II etoit rempli d esprit-ole-vin dont il auroit f'allit connoitre le titre pour le re- construire d'aprfe lesdeuxtermes conniis.Lacomparaison journa- liere qui en a ete fiiite a I'Observatoire avec le thermometre de Beaumur, depuis 1731 jusqu'^ xjB^, a fait voir qu'apres s'etre accorde a certains points de son echelle dans un temps , il ne s'accordoit plus a ces meraes points dans un autre temps. Thermometre de Rsaumur. Baume rend compte , d'apres les Memoires de Reaunuir , des' procedes de construction que ce savant avoit adoptes ; il en con- elut cju'il. est impossible d'en iaire un instrument exact pour la '*S4 jpURITA'L'DE PHYSIQUE, DC'cHIMIE "■(iliysK^nc,'^ qu'e"Pie.'mmiir lui-meme ne jiretendoit avitre chose «^iic d(?do')i'ner';i Ja physique iiii instrumoiU jiropre i lUire coii- noitre las cliiiiigemejis de temperature qui arrivent dans Tatuios- 'phere;Son thcrmomctre est absplumeut hiiutelligible ])Our des •owyricrs^ ai|ssin'a-t-il jamais ete fait par eux : ceux qu'on vend sriiii son' nom n'en out que Tapparence ;i"ls sont liiits avec de r,esprit-de-yin pris au^Jiasard , et gradiies sur Jifferentes eclielles, los fines eii bo" parties , 4''iuitr:es . eii 8J , oo , loo , no . ef meme 1,26 ipar distHlee. II rdsulte de ces experiences que la dilatation de I'e^prit- deriviiLVarie consideiMblement, sulvant la uianiere dont on pro- cede pour lui faire supporter la chaleur de I'eau bouillante ; c'est- a-dire, fpi'il s'^lev© beancoitp plus haut dans le tube lorsqvi'il a el6 purge d'air , et que le tube, apres avoir ete ferme et ouvert plusieurs Ibis ile suite , etant plough dans I'eau bouilLinte , es^ enliu ferra^ a demeure , sans que I'air du dehors ait eu .de coni- rnurticn tioti avec J'esprit-de-vin pendant toutes ces operations- : danS Ce cas I'fsprit- de -vin peut supporter la chrfleur de I'eau Lotiillante, sans que lui-meme entre en ebullition.; Or , cette me- tliodc n'est pas colle de Reaumur qui I'ignoroit sans dbute. Baume a coustruit un thermometje avec de I'esprit-de-vin , a- peu-pres an meme titre que celui dont' ce saVant se servoif , mais do,nt le 80C degre indiqiioit le clialeul- de I'eau bouillante , tandis que le 80^ degre de celui de Reauiiiiir i^tbit le terme de I'ebulll- tion de I'esprit-de-vin , qiii repond au .6a'\ dc'gi'e du premier, et ai,t 65^. degre dn tlierraometre de' jhercure divise eii 80 degres. Ce thermom^trc de Baume , jdace' dans le's cav'es de I'Observa- toire , f'ut fixe £17,! degre , avi lieu 'de 10 5 qu'avoit trouve Reau- mur ; difference qui provient de ce que I'echelle de Reaumur contient 260 de pins que celle dii thcrmome.tredont le Bof. degre esl celui cle la clVnleUr, de I'eau bouiUa'Ute. Oii iie doit" done rio'ra- nier tht;Vmoj;titr&' de Rean'jftijr ,'(^{Vc v}k]X Aoni'ls 8o'-. dcgre'sera ctlui del'esprit-dfe'-Hfin 'b'6u!fritint^6u7diis e±iaci:ement qui a ces's^ de bouiUir. • ■'• ':'■ ■■■ ••' '"' ^■' :■ '\^i-:-i- ■■ ■- >■ ■■■' I ^?^-. •->■ ■ Baume sonp(jonnoit qu'il deyoit y avoir de la difference dans la marche d'un tlierraometre d'esprit-dc-'Vin p^n'ge d'air , et celle d'un srnnblp,ble -.tlierinoro^tre fait avec du memp es)nit-de-viji "non purge d'air , tOn.S deux' gradues sur la m^trie ^chelle j'it a done fait des experiences avec ciiuj'scrfc^ d'esprlt-de-vin a diff2- f ens titres et colbres , Ifo uns purge3''d'iiir, et les atitres nbh purges ET D'HISTOIRE NATURELLE. a85 purges d'air ;il a examine aussiles changemens que la matiere colo- rante pouvoit apporter a ces differens esprits-de-vin , aiusi que les alterations que ces memes espriis-de-vin colored epiovivcnt de la part de la chaleur pendant qu'on les purge d'air. II s'est sei'%i , avcc avantage , pour colorer I'esprit de-vin, des bayes de luyrthe ou airelle secliees et pidverisees , que Ton em- ploye en pliisleurs endroits poyr colorer le vin en rouge ; cette substance a augmente lepoldsdes differens esprits-de-viii,depuis le plus rectifie , justju'a celui qiii I'etoit jnoins dans I'ordre sui- vant : 4t grains — S- — 5i — 6'--~y'-. II resulre des experiences faites pour connoitre les alterations que les differens esprits-de-^in subissent pendant qu'on en fait des tlierniometres purges d'air , alin qu'ils puissent supporter la chaleiir de I'eau boiiillante (i); il resulte , dis-je , de ces expe- riences , que I'esprir-de-vin perd sensibleraent une portion de sa partie spiritueuse , a mesiire qu'on le purge d'air, et que celui 3vti est le plus rectifie en perd dayantage que les autres. Laquaiitite e cette perte est relative aussi au I'ianietre des tnbes , et au nombre de fois plus ou molns grand qu'on ouvre levir exterielir pour (^vacuer I'air qiri se degage de resprlt-de-vin. Cette perte dolt changer sensiblement la inarche des thermometres. Les thermometres d'esprit-de-vin qui ne sont pas purges d'air eprouvent plus ou moins de semblables alterations par la maniere dont on les remplit , et quoiqu'ils solent reputes non purges d'air, ils le sont un peu , mais pas toujours au mSine degre ; et comme ils ne peuvent supporter qu'environ 5o ou 60 degres sans se de- ranger, ils sont d'un niauvals service dans la plupart des expe- riences de physique et de cliiraie. Outre cet inconvenient^ ils out encore celui de n'avoir pas une marche uniforme 5 car 11 residte des experiences faites par Baume , que les condensations de chaque esprit-de-vln sont decroissantes en proportion de la quantite d'eau qu'ils contiennent ; c'est-a-dire , qu'aux environs de I'eau bouillante , pour 5 degres dont le mercure descend , I'esprit-de-Yin en parcourt 7 environ ; et qu'an contr ure , preS du terme de la glace, pour 5^ du mercure , I'esprit-de-vin ne des- cend que de 3 i 4"- Resultats cominuns aux experiences faites par Deluc , et a celles que j'ai faites moi-me:ue, et qnr j'ji rap- portees dans le premier volume demes Memoires surlaMdteoro-' (1) Beaussier , dans ses Memoires siir les 2%ermorneeres , dit , au contraire, 'on n'y parvient.qu'en laissaat un peu d'air, dont le rtssort ejii|)eche I'espril- -vin d'entrer en ebullitiDn. Tome F. GERMINAL an y. Oo sS6 JOURNAL T>n PHYSIQUE, DE CHIMIE logle, page o8o. L'csprit-de-vin iiou purge cl'air paioit avoir vine- condensation inolns decroissante que ceRii qui est purge d'air. C'est d'apres ces experiences que Baume a fait construire une echelle h. cote dp cliique thermometre d'espiit-de-vin qui,suivant la niarche de ses condensations, indique toujoiirs la niarclie du njercure ; c'est-k-dire, que les esj)aces repondans de 5 en 5 degr^s au tliernionietre de uiercure , sont tellement modifies , que le tliermoiiictre d esprit-de-vin martpie toujourssur cette echelle le m^me degr6 que le thermometre de mercure. Thermometre a. mercure. Le plus grand inconvenient qui resulte de I'emploi du mer- cure en thermometres , c'est qu'il contient toujours des parties- calcinees qui se separant ;\ la longue et d'une maniere insensible, ■yienncnt nagcr k la furface du mercure dans le tube du thermo- metre, Tobsti-uent et proditisent les separations qu'on oljserve i la plupart des thermometres. Baume donne deux methodes, dont il iaut voir le detail dans le Memoire , pour separer cette portion de mercure calcine , de celui qu'on se propose d'emplc)yer en thermometre. II pense qu'il n'ya aucune dilt'erence de pesanteur entre le mercure revivifi^ du cinabre et celui du commerce. Le mercure pese, dans I'espace du volume d'nne once d|eau dis- tillee , i3 onces 4 gros 62 4 grains au termo de la glace. Le mercure se dilate, depuis le terrae dela glace, jusqu'k celui de i'eau bouillante , dans le rapport de 5o46 a.5i22 , ou d'un peu pkis de la 65>=. partie de son volume. lie mercure bouillant k I'air lihre a fait monter tin thermometre de mercure place au milieu , a 190", le barometre etant alors k 20 poucesaligncs ; dans I'espace d'un quart-d'heure il s'est evapore- pres d'une livre de mercure du petit seau de verre qui le conte- Boit; la suri'ace du mercure avoit trois pouces de diametre.. Le meme thermometre dont nous venous de parler , plonge dans un bain de sable, a marque 245o,lorsque le mercure querenfer- moitla boulefut en ebullition. Dans cette experience iln'y a point eu d'evaporation de mercure , quoique le tube fut ouvert ; ainsi dans cette seconde experience le mercure a pris 55° do chaleur de plus que dans la premiere, par la seule raison que la colonne de mercure du tujje retenoit I'evaporation du mercure bouillant dans la boule. Baume indique ensuite les procedesqu'il a suivis pour nettoyer parfaitemeut les tubes , precautions essentielles pour les remplir de ineicure , et pour prendre exactemeiit les deux termes de la. ET D'HISTOIRE NATUREL LE. 287 glace fondante et de I'eati Ijouillante. II fait connoitre les moyens qu'on dolt employer pour s'assnrer du deere de perfection avec lequel un tliermometre a ete construit. II r'aut voir tous ces de- tails dans le Memoire meme qui devrolt servir de guide aux •constructeurs de thennometres ; en s'y conformant , nous n'anrions plus a nous plaindre du peu de concordance dans la marclie siinukanee dcs differcns thermometres; la meteorologie y ga^^ne- roitun degred'exactitude qui depend necessairement desouvriers. ■Je ne connois, c\ Paris, d'halnles artistes en ce genre , que Mossy et Assier - Perica. II seroit ;i souhaiter , pour Pi^structlon des autres, que Fon fit une edition particuliere de ce Memoire, pour le repandre parmi les artistes et les physicieiis qiii pourroient les guider et leur faire abandouner uue routine piejudiciable k la science. M fi M O I R E SUR L'ADHESION OU ATTRACTION DE SURFACE^ Parle doctezir J oxcniM. Careadori , m^decin a Frato. vTnYTOK-MoRVEAU,^!' article ajf^nit^ de\a.noviyelle £ncjclop^dee TTidthodique , distingue cette force universelle qui produit tous les mouvemens spontanes, toutes les formations et changemens des corps <:|ui existent dans la nature , c'est-;\-dire , Y attraction , ou adhesion , cohesion et affinite , on attraction chimique . U adhesion , ou attraction de surface, ne peut mieux etre d^mon- tree que par les experiences des lluides huileux qui s'expandent sur la surface de reau(i) ; et je crois que jusqu'a present personne n'a fait les reflexions qu'on peut faire siir elles. La force qui tient le raercure uni a la surface des metaux n'est pas , je pense , line adhesion ; car le mercure a la faculte de les attaqiier , et de les dissoudre de la meme maniere que I'eaii agltf sur les sels , et par consequent les experiences de Guyton-Morveau, faites avec ces substances, pour demontrer la force d'adhesion , et ses gra- dations, ne sont pas suffisanles four cela. L' attraction de surface (i) Voyez mes nicmolres , publics sur ce sujet , dans les Opuscoli Scelti di B/Iilano , dans les Annali Chimici , et dans le Giomale PhUico-Medico di Favia. O 02 3"'S JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ii'a pase c" jns(iii'iciljien exaiiiince. J'exposerai desfaits cpti proit- vent ([iK^ raiUicsion ou attraction de surface, comme Vaitract/an. chimique , ou affinitd elective , a son point de saturation , et ses rapports. I- Les fluides huileux , ou gommo-r^slneux,, et mime ceux qui sont d'nne plus "rande gravite specifi([ue (jite I'eau , s'expandent sur sa surface avfec beaucoup de velocite ; et pareillement les subs- tances dans Icsquelles domine une ]iuile ou resine , ou gomme- resine pulvcrisees , quoiqueplus pesantes , surnagent et s'expen- dent sur I'eau en forme de membrane. lis ont done une attraction de surface , ou adhesion avec i'eau , et non pas une force de cohesion , ou d'aggregation , ou d'afiinit^ chimique avec elle, parce qu'elles ne s'y dissolvent, et ne se melent que difficllement avec elle. II. Ce phenomena n'arrive pas avec d'autres fluides qu'avec i'eau : j'en ai fait I'experience en jetant de I'huile , du sue de titiraale sur le vin , sur le vinaigre , et elle n'a pas reussiej beaucoup moins sur I'esprit-de-vin ou alcooL Done {'attraction de surface existe seulement entre I'eaii et le& substances huileuses ou resineuses , de quelqu'espece qu'elles^ soient , ou fluides , ou solides. III. Quand quelqu'une de ces substances, ou fluides ou solides,' en s'expandant a occupe une certaine surface d'eau , sans egard a la quantite ou a la hauteur de la colonne dufluide, elle ne s'etend Fas plus ; mais si elle e-st specific]uem.ent plus legere , elle reste sur eau , et si elle est plus grave , elle se prcclpite aia fond du vase. On voit done cpie quand la surface de I'eau a ete sulHsamment eaturee de toute I'huile ou reshie dont elle es' susceptible, nlors le superflu esf rejete ; et ainsi il demeure surnageant, ou se precipite, s'il est specifiquement plus grave, que I'eau ; parce que ayant perdu I'attraction de surface , et se trouvant ainsi abandonne a la force de gravite , il est oblige de hii obeir. IV. I^a quantite du fluide, oula matiere solide pulverisee con- tenant une huile ou une resine qui s'expande , et la velocite avec laquelle se fait cette expansion , sont toujoiirs proportionncesala suiface de I'eau sur laquelle on la jette. Par cette raison une goutte d'huile d'oJive s'expandra h. peine et avec une grande len-^ teur sur la surface de I'eau contenue dans un verre ; mais si I'on fait I'experience dans une cuvfe oil dans un petit etang , elle s'expandra en qiiantite et avec une velocite surprenante. En faisiut cette experience dans une cuvc ou dans quelque recipient d'eau d'une grande surface, il est fort plaisant d'ob- server que si Ton applique lentement ou gravemeixt une petite ET D'HISTOIRE NATURELI, E. .if?^, qnan;ile tie sue de titimale a la surface cle I'eau, il s'expand tout snr elle , et s'etend en forme d'un voile tres - subtil ; uiais. si on le plon^e brusquement dans I'eau , la phis "rande partie se precipite au fond sous la forme de filamens subtils et tortueux. On voit encore ce plienomene toutes les fois que dans un reci- pient qui Iconque, au lieu de tranclier ou ronipre les troncs du titimale hors de I'eau, et de les approclier ensuite a sa surface^ on fait cette operation sous I'eau ; alors tout le sue qui en son se precipite en forme de filamens , et ne se perd ou ne se mele qu'avec la plus petite partie de I'eau. V. Si apres avoir jcte sur I'eau une petite portion de quelque fluide huileux , on en jette une quantite egale d'une auti'e moins grande ; si depuis qu'on a jete sur I'eau d'un petit reci- pient une goutte d'huile d'olive , on en jette luie du sue de titi- male, oil une petite portion defarine de froinent ou autre semence cereale (i), on voit I'liuile faire place au sue du titimale, qui, en s'expandant, occupe la surface de I'eau, tandis que I'luiile , en I'abandonnant , se retire aux cotes du vase , et en se recon- ceiitrant se rassemble sous la forme de petites spheres. II y a done entre ces fhiides une dificrence d'attraction avec I'eau , puisqu'il est evident que le sue du titimale chasse i'liuile d'olive de la surface de I'eau pour s'y attacher lui-meine ; d'ou vient que I'attraction de la surface do I'eau qui tenoit en expan- sion I'huile cessant , celte-ci se reunit sous la forme de petites spheres aux cotes du vase j car se trouvant alors abandonnee par I'eau, elle ne doitobeir qii'u la force d'aggregation ou cohesion. En cette circonstance on observe un plienomene curieux, c'est- a-dire que si I'ou jette une goutte d'huile d'olive sur la surface de I'eau contenue dans un verre, elleprendra, en s'expandant , la forme circulaire ; raais si apres on y jette peu a-peu de la farine de froment , on verra qu'a proportion que la farine s'expande, la circonference de I'liuile se restreint et devient a la fiu une petite boule en forme de globe ou baton suspendu a la sommite de I'eau ; ce qui prouve evidemment que la surface de I'eau ^tant toute occupee par la farine qui s'y estetendue en forme de membrane , a cause de la plus grande attraction qu'elle a avec la meme surface de I'eau , I'huile a ete obligee de se reunir ensemble et en se reconcentrant, elle a du abandonner k la farine (i) Par ce moyen , j'ai trouve une melhode tres-farile pour connoiire si ies farines ^ lant naturelles (jue convenies ?n pain , sonl adultprees par quelque laiti ou espece de terre. Opiiscoli Scehi tli Milanoj tome XI-\. 2.9=> JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE toute la surface , et prendre la forme d'un globe suspen Ju dan» I'eaii, parce qu'elle ne poiivoit se precipiter au fond. YI. On pent former tme echelle, ou table pour 1' attraction de surface , coranie on Ta formee pour I'attraction cliiuiique , selon laquelle quelques substances qui s'expandent sur la surface de i'eau , soat plus attirees par elle , et consequemment cliassent les iiutres qui y etoicnt attachees. Cette table est courte , nnls elle est sure, et peut suffirs pour porter a I'evidence mon assertion. En conimen^ant par le dernier degre derattraction de surface que •ces Substances huileuses ont avec I'eau, on aura I'ordre suivant: 1. huiles lixes,2. farine des seniences cereales ou legumiaeuses, 3. htiiles volatiies ou sues laiteixx des plantes, et plus particuliere- meut des titimales. On peut verifier tout cela par les experiences suivantes , qui sont tr^s-faciles. Qu'on prenne un verre d'eau pure , ou autre recipient , et que I'ou y jette de I'liuile d' olive , celle-ci s'expandra sur la surface de I'eau en forme d'un voile tres-snbtil. Des qu'on aura vu se faire cette expansion j on jettera sur I'eau line petite qiiantite da farine de froment , ou autre semence cereale ou legumineuse , el on vorra dans ce moment I'liuile se retirer aux cotes et faire place k\a farine quis'expand en forme de membrane subtile; etsi, le vase n'etant pas trop petit, on y jette ensuite une goutte d'huile volatile , ou une goutte de titimale , on la verra s'expandre et chasser de la surface de I'eau , tant I'liuile que la farine , qui quelquefois , c'est-;\-dire quand elle reste trop resserree et recon- centree par la force expulsive de I'huile volatile ou sue de titimale, se precipite au fond duvase; ce qui n'arrive pas si apres avoir jete sur I'eau du sue de titimale, on y jette de la farine de froment, etc. II m'a semble encore qu'entre les farines des semences cereales et les huiles -volatiles ou sues laiteux des titi» males , il n'y a pas tant de difference entreles degrcs d'attraction de surface avec I'eau , qu'on en trouve entre les huiles fixes et les huiles volatiles ou sues laiteux, puisque tons les sues lai- teux des titimales, et toutcs les firines des semences cereales ou Icgiimineuses cliassent I'huile de la surface de I'eau ; inais lesdites fiirines s'expandent tant soit peu sur la meme surface pccupee par le sue du titimale ; et au contraire les sues des titi- males s'expandent , mais pas assez et avec plus de vclocite sur la surface de I'eau occupee par la farine. Outre beaucoup de consequences qu'on peut deduire ( i ) (i) Je crois avoir deJuit beaucoup de consequences dans divers nienxoires , sur ET D'HISTOIRE NATUREL LE. 291 tie ces f'aits , on deduit pa.rticiilierement tjue radhesion n'est pas , comme le dit le meme chimiste (2) le premier ef'f'et , on , pour mieux dire , le premier instant de raffiiiite chimique. IL n'est pas vrai que I'affinite soit ime adliesion telle , qu'elle soit capable de prodnire dissolution, et il n'est pas possible, comme I'opine le meme Guyton-Morveau , d'estimer les rapports d'affi- nite par les rapports d'adhesion, parce que les hulles gi-asses ou fixes (jui n'ont aucune cohesion ni attraction cliimique , ou afii- nite elective , ou , comma la nommoient les anciens , affinite de composition avec la masse de I'ean, en ont avec la surface, puis- que , comme on I'a observe , ils s'expandent sur elle avec une velocite incroyable. Les experiences d'Achard , faites sur I'adhesion du verre avec dos lluides de diverses especes , sont les plus analof^ues et les plus satlsfaisantes , mais ne demontrent avec tant d'evidence les diverses affections de I'adliesion. N O T I C E Sur la maniere de preparer des squelettes d'animaux et de pi antes ; jDonnee h I'institut national , par J.-J. Sue, professeur d'anO" toniie , le 6 thermidor an ^ de la RepubUque , i-/'AuBENTON a annonce , dans im Memoire lu , le i5 messidor an 5 , ^ la seance de la classe des sciences de I'institut national , que Ton n'avoit pas encore de precede determine pour la prepa- ration des squelettes des poissons osseux. J'ai tache de saisir les yues qiie presente ce celebre naturaliste ^ dans I'intention de par- venir a. cette jireparation. II nie seralile qu'il recommande pour cela , non - seulement de faire bouilllr ces squelettes jusqu'a un degre determine ; inais encore d'envt^lopper et de lier les os , et ensuite de les dissequer ; il conseille meme de faire pratiqiier, par des f'emmes. cet objet , inserees dans le Journal Phisico-Medico , et dans les Annalet Chimirjues lie Pavie , et dans lis Opnscoli Scelti di Milauo. (■i) Encyclop, Chim. mot Adhesion. 2^a JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ces operaiions , qu'il dit, avec raison, n'avoir rien dedegoutant; ensorte que dc jeunes enfans pourroient aussi s'y livrer. J'ose liasnder iin precede que je ciois phis sur et pius prompt <[ne cehii de la dissection , siir-tout i I'egard des tres-petits qua- dnipedes , oiseaiix , poissons, et iiieme des plantes. Voici le procede que j'ai suIti pour la preparation des sque- ietles, je le soumcts a rexainen et au jugement de I'lnstitut. Apres avoir detache aux animaux leurs enveloppes cutannees , etaux poissons Icurs nageoires, parce qu'elles tiennent aux tegu- inens et qn'il faut les faire bouillir et preparer a part pour 'les i-eplacer ensuite au squelete , je les fais cuire , jusqii'a ce que la chair se detache facilement par le poids de I'eau que je verse en douche : il faut avoir grand soil! d'empecher que la cuisson agisse en aucniie maniere sur les ligamens, substance plus solide xpie les mus( les et les tendons, et d'ailleurs jdus prof'ondement situee; anssi continuent-ils de fixer les os quand la cuisson est a pen-pres aux trois quarts , ce qui varie suivant la consistance et I'epaissetir de la chair , a mesure que la chair tombe par I'effet de I'eau qui , en torabant , ecarte les portions charnues ; je me sers pour cela d'un arrosoir que je tiens plus ou moms eleve en versant I'eau , suivant le plus gros ou le jilus petit volume de J'animal, et le plus on moins de tenacite qu'ont les f'aisccauxclixirnus a s'ecarter I'un de 1' autre. -Quelquefois je soumets le squelctte k la clmte d'un plein jot d'eau. 11 est a observer que dans la preparation des squelettes de pois- sons , avant de les soumettre a la douche , il faut desarticuler la tete d'avec la ]iremiere vertebrc , parce que les parties de cette region prcsentent beau.coup plus de details que le reste, sur-tout k cause des ouies qu'il faut conserver , et du cerveau qu'il faut eidever. J'acheve la preparation , en poussant de I'eau avec une se- ringue a injection , dans toutes les parties ou il reste de la chair. _^ _ II est a remarqner que certains poissons doivent etre remls plusieurs fbis dans I'eau chaude , meme dans I'etat de squelette , pour donner le temps de cuire aux chairs tres-profoiides, et afin .que les parties se detachent plus aisement. L'enveloppe que conseille Dauljenton , est d'autant plus utile pour etre sur de conserver tous les os, qu'il y a certains ]ioissoiis, comme le brochet , dont les arretes sont si lines qu'on pourroit £11 perdre plusieiirs sans cette precaution ; c'est ce qui m'est arrive sur les deux squelettes de brocljets que j'ai Thoiuieur de presenter a, I'assemblee. J'ai ET D'HISTOIRE NATURELLE. 293 Jfai ete Ijeaucoup plus lieureux sur celui de la carpe , auqtiel il ne manque rien; les envcloppes pref'erables seroient, je crois, la gaze ou ties iilets de cordonnets de fil ou de soie ; car , potir certains poissons , il faut des enveloppes extremement delicates , crainte rpie leiir poids ne casse les petitcs airetes. On prepare les squelettes de plautes ]iar maceration et par douches. Voici la pomme epijjcuse et le fiuit du physalis alke- kangi que j'ai preparee de cette maniere. On pent aussi se servir d'un panier a claire-voie , dans lequel on place le squelette , et txposer le panier ;\ la chute de I'eau de source, ou au courant d'une riviere ou d'uji fleu\e. J'ai plnsicurs squelettes d'hommcs et de quadrup^des , sur lesquels j'ai suivi ce precede dont j'ai obtenu le plus grand succes. Les preparations de squelettes d'oiseaux faites paries f'ourmis , ont aixssi leur avantage. Presquc tous le? squelettes ont Ijesoin d'un soutien de fd de fer, ET I>'iriS TOIRE NATURELL E. 25-r arnxtjrLfls tilt; ailL.erc, que lorsquc la maiiere Aertesc tlesoj-g mise avec elle. Lcs verres f[iii avoient ete verts avoient pertlu loui; Tertlnre , de sorte que les graijis 3pheii(|nes et la nclee avoient jauni ; mais coniiue ces grains ont percUilcur»cmtltur en se tie- sorgaiiisanty il esl/tres-proljahle qne la pellicule qui se tletactie u cette epot[iie , n'eprouve cette separation que pares qii'elle souffre aiis«i ,. et sans tloute parce qne I'acide carbonique cpii aljoncle, et qui ne se decompose plus ^ f'avorise , touiiiie jo lai deja tlit, cett« desnnioii. La bonrije verte cpie Ton troiive au fond ties vasar la rennion de ces grains globiiLiires , coinine ou fob- serve dans les noyaux de peche ou les feuilles macerees pendant long- temps. Dans quelques cas , on voit les corpuscules ellipsoT- daux detaches , et dans d'autres on voit des niorceaux oil il y en a plusieurs qui sont reunis ; mais ces corpuscules sont d'une peti- tesse extreme ; ils sont plus petits que les plus petits animalcules 3o3 JOUTINAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE xipperQiis iivec mes verres et des atomes, en coraparaisoii cles animal- cules cleciits pai- Ingenhousz. II me semble que ces corps , plus ou mollis S]ilicri(pies, sont les vesiciiles qui f'orinent I'espece de pa- renchyme (pii coiisthucroit la matiere veite ; ce sont eux qui paroissent lournir le gaz oxigeue , et lis perdent leur transpa- lence quaiid la matiere est soult'rante. Pendy.nt que je f'aisois ces experiences , .j'avois un vase dans nn lieu ohscur , ou j'avois tenu, pendant ])kisieurs mois , una jietite vessie dans le gaz liidrogene I'crme par I'eau. J'observai line pellicnle bruiie sur la soucoupe, j'en placai un lambeau sous 3X1011 microscope, et je vis, dans le llnide , les jiliis gros animal- cules , une [teliicule qui rcssembloit a celle de la matiere verte lorsqir'elle commence a se former ;elle etoit rousse ,]nesque trans- jiarente 5 on y voyoit des grains ronds et elilpso'idaux en grand iionibre, mais je n'y decouvris aucune buUe d'air ; je remarqnois ])resquetous les animalcules que j'avois vus dans la matiere verte; il me sembla (jiie j'avois sous mes yeux la matiere verte coloree en roux 7 il y a\oit pourtant pent-etre inoins de corps ou grains ovo'ides ; ces grains, ou vraisendilablement ces vesicules etoient nioins grosses, dies etoient bruiies ,mais cette matiere disparois- soit entre les doigis. J'exposai cette pellicule a la lumiere , niais comrae elle iie donna de I'air (ju'an bout de qnelques jours, j'ai mis en doiite s'il etoit prodult ]iar la matiere verte forniee par le reseau , on par le reseau lui-meme, Je suivis a\ ec attention ce qui se passoit pendant que cette pellicule se ]>eignoit en vert ; elle me parut se gonfler aussitot fiu'elle commenga de donner de I'air, et Ton voyoit, a I'ocil nnd, les points verts formes a. sa surface. Ces points verts senibloient un duvet d'un vert tendre 5 mais toute la pellicule se verdit bientot successivement de la meme maniere. J'avois mis , dans le meme temps , sous Feau , de petlts morceaux de verre dans des vases tie vcrre ei la lumiere , ils etoient semblnbles au pre- cedent, et seml'lal lenient exposes; mais commc il ne s'etoit pas encore I'orme de la matiere verte , dans ces trnis derniers vases, d'une uiaiilere sonsibie ,' tandls que la pellicule f'ut totalement verdie , il seroit probalile (pie cette pellicule fiit celle de la nin- tiere verte; je ne voudrois pourtant ])as raffiiiner , parce (jii'il y a cles cas ou cette matiere verte se developpe ]vlutot (pic dans d'autres; d'ailleurs cette pellicule, f'onnee li. roliscurite, pourroit ^tre nn champ favorable au developpement de cette maiiere. J'ai repcte souvent cette experience dont les resultats ont tou- joius ET D'HISTOIRE NATURELLE. 3ol jOurs ete les m^ines ; j'ai presque toujours vii la pellicule brx-me blanchir a la lumiere et se couvrir d'uii velours vert ; ce (jixi ir.c persuade au moiiis que la decomposition de I'acide carbonique par la lumiere a ete la cause de cette couleur. L'organisation de cette pellicule in'a toujours rappele celle de la matiere verte. Voici encore quelques phenomenes particuliers qui peuvcnt etre utiles dans cette recherche. J'avois mis des I'euilles de narcisse sous I'eau dans un verre ; il se I'orma sur I'eau une glaire verdatre , ou Ton distinguoit tons les animalcules qu'ou voit dans la matiere verte ; cette glaire n'est peut-etre que le mucilage des feuilles qui se couvre de la matiere verte. J'ai vu , sur des feuilles de rj^rcisse qui pourrissoient , une pellicule fort mince ressemblant a une lame de poire tres-fine ; je I'observai avec la troisieme lentille du microscope de DoUond, et je lui trouvai les plus grands rapports avec les elemens de la matiere verte. La matiere verte , conservee dans I'eau a I'obscurite, ofFre au fond du vase iin depot vert - brun , dont les parties sont sans union ; qviand on les observe avec la lentille , on y decouvre un tres-grand nombre de corpusciilcs ellipso'idaux ; on y voit plusieurs especes d' animalcules, on y remarque les morceaux de la pelli- cule chagrinee ; les uns sont encore verts , les autres sont bruus , plusieurs etoient absolument sans animalcide. J'observe ici que la matiere verte conserve , comme les feuilles, sa couleur verte k I'obscurite , pendant un temps assezlong, lors- qu'elle y est mise avec cette couleur. Telles sont mes observations sur la pellicule de la matiere verte; pour la completer, je m'occuperai , dans le Memoire suivant , des animalcules qu'on y trouve. Peut-etre verra-t-on mieux ce qu'on. doit penser des rapports de ressemblance ou de difference qu'ils peuvent avoir avec la matiere verte. Tome F. GERMINAL a« 7. Qq 3o2 JOURNAL DE PHYSIQUE,. DE CHIMIE PREMIER E S S AI (r) SUR L'ACIDE DES POIS CHICHES, OU L'ACIDE CICERIQUE ;: Far P. DisPAN ,fds aine , associd correspondant du lycde de Toulouse. J_.'exsudation d'un acide a la surface de la plante qui produit lespois chiches,estunplienomenetres-coiiimdepuislong-teinpsjil a ete tres-bien decrit par Deyeux , dans un Memoire iuteressant qu'il a public k ce sujet dans le Journal de Physique , cahier de Jloreal an 6. Ce savant y annonce avoir fait, sur la nature de cet acide, diffe- rentes experiences , d'apres lesquelles il pense qu'il n'est autre chose qi^e I'acide oxalique. J'avoisaussi entreprisun travail sur cetobjet; et, quelle que soit ma juste deference pour les opinions d'un lioinme avissi respec- table a tons egards que Deyeux , neanmoins le resultat de nies observations particulieres m'empeclient absolument de me ranger de son avis ; je me crois en etat de prouver que I'acide dont il est ici question, diff'ere , non-seulemeut de I'acide oxalicjue , mais- encore de tous les acides connus. Cependant je citerai quelques faits qui prouvent que nos experiences peuvent se rapprochec jjUsqu'a un certain point. JMoyen d'ohtenir'de I'acide des pais cJiiches.. J'ai sitccessivement essaye divers procedes ; je me bornerai i decrire celui qiii m'a le niieux reussi. On prend un linge de toile blanche et tres-finej on en frappe (i) Les experiences qui font le sujet de ce. memoire ont ete faites en prairial de I'an 5; si dies n'ont pas plut6t vu le jour , ce n'est point que je conserve le moindre doute sur leur exactitude , quant aux resullals que je donnerai pour posilifs. Je voulois seulement me donner le temps de completer et de repeler mes experiences , avant que de rien piiblier ; mais Deyeux ajant iraite le meme sujet que Proust avoit dejci indique au zele des chimisies , on me parJonnera d'avoir voulu faire connoitre ce que j'avois fait depuis long-temps sur cette ttaliere. ETD'HISTOIRE NATURELLE. 3o3 5es poIs , comme on ferolt un nieuble dont on voudroit oter la poussiere. II s'imbibe facilement ; on le lave dans de I'eau dis- tillee (i) ; on le seche , et on recommence I'operation. Pour plus de facilitej on a plusieurslingesqu'on trempe et qu'onfait secher alternativement. Quand I'eau a contract^ un go-ut suf'fisamment acidule, on filtre, on evapore a un feu tres-doux , et on s'arrete an point de con- centration que Ton vent. A 4"- de I'areometre , la liqueur est tres-transparente et d'une couleur citrine tres-belle. Le jaune se I'once a mesure que I'areo- metre donne plus de degres. A 14" > c'est a-peu-pres la teinte du vin de Malaga. Cctte derniere circonstance , jointe a une legere odeur que donne en et'i'et la dissolution quand elle esttres- concentree , me fit d'abord sotipect etoit tres-approchant du Sucre candi. La saveur de ce sel est peu marquee. On le croirolt d'abord absolument insipide, cependant on lui troute, au bout de quel- t^ues instans , un goiit un peu sale. Mis sur un cliarbon ardent, le cicSrate de chaux %q boursoufle aussitot , bout quelque temps , et se reduit en une masse seche et friable. II me seaibla , dans I'experience , que la partie qui touclioit'iminediatement le cliarbon s'etoit elle-meme carbonee. II est decompose par le carbonate de potasse, comme j'eus liea de m'en convaincre par I'experience suivante. Je pris des cristaux de cicerate de chaux ^ je 1^ versai sur du carbonate de potasse en liqueur j sur-le-champles cristaux dispa- 3o6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIIVIIE rurent, le melange devint laiteux et forma un precipite hlanc de carbonate de cluuix presqr.'a I'instant. L'eauchaude altera ce sel d'une maniere singuliere. Voici par quel hasard je fis cette observation. Je -viens de dire que je n'avois pu determiner la forme des cristaux de moii clcerate de chaux. J'imaginai de les dissoudre dans de I'eau cliaude , pour les obtenir par refroidissemont lent , sous une forme plus reguliere ; car je m'etois assur^ d'ailleurs que ce sel est plus soluble a chaud qua froid. Peut-e'ae la disso- lution se trouva-t-elle trop etendue j mais je ne pus parvenir i mon but. Je laissai done la liqueur fdtree a chaud s'evaporer h. I'airlibrej mais au bout de 3 a 4 jours je ne fus pas peusurpris de la trouver toute troublee par une graude qiiantite de flocons mucilagineux absolumeiit insipides , dont les uns nageoient a la surface, les autres adheroient au fond et aux parois. La plupart etoient in- colores, quelques-uns un peu jauimtres ; outre celaj il y avoit au Ibnd un depot blanc et pulverulent. I/odeur n'offroit aucun in- dice de putrefaction. II est assez plausiljle , sur-tout d'apres un exemple tres- ana- logue rapporte par Fourcroy, jE/e'/wew^ , torn. 2, p. iz3,que c'est a ia chaux que sent dus les tlocons mucilagineux qui se deposent dans ce cas ; mais c'est evidemment a des experiences ulterieures a nous fixer sur ce qui se passe dans cette alteration du cicerate de chaux. Comme je I'al dit deja , j'avols employe de la craie pour saturer mon acide. Je voulus essay er la chaux pure. Je versai done d'une dissolution cicerique a loo de I'areo- metre dans de I'eau de chaux ; il se forma un precipite lent a se rassembler , et tres-peu abondant. Evapore a siccite, mais toujoursspontanement , le melange me donna des cristaux d''une saveur salee , et autantque leur pe- titesse me permit de I'entrevoir , assez semblables k ceux fournis par la craie. Je ne pus examiner le precipite. Magnesie. Je' versai, sur de la magnesie, suffisante quantite (^ acide cicerique ; il y eut effervescence. Je laissai evaporer k siccite la dissolution qui etoit devenue parfaitement transparente j j'obtins du cicdrate de magnesie en grains blancs, dont jene pus determiner la Ibrme, et dont la saveur etoit salee. Mis sur un charbon ardent, ce sel a rougi et s'est reduit en une poudre grisdtre, comme de la cendre, ET D'HISTOIRE NATTRELLE. 807 J'otserve que la magnesie se dissout en tres-grande abondance dans I'acide. Fer. Je mis de la limailie de fer s'oxider k I'alr lilire ; j'en pris ensuite una certaine quantity que je versa! sur de I'acide cice- rique a 10° de I'aieometre; il y eut une effervescence lente qui dura plus d'une heure; la couleur resta la meme. Le lendemain je trouvai que I'acide s'etoit empare de tout le fer oxide , ce qui rcstoit de metal etoit parfaiteinent brillant , la couleur n'avoit pas change , mais la saveur etoit devenue tres- stiptique. Je Youlus voir quelle forrae affecteroit le cicirate de fer qui s'etoit forme 5 muis je ne pus parvenir ^ I'avoir cristallise : il de- meura au fond du vase, sous I'apparence d'une croute bmne , eomme d^liquescente , que sa ti'op. petite quantite ra'empecha d'etudier. La dissolution de cicerate defer precipite par I'eau de cliaux ; je versai deux ou trois gouttes de celle -la sur celle - ci ; soudain il y eut un precipite bleu tres-abondant. Ce bleu , au bout de deux fois vingt-qiiatre heures , fut en ierement change en jaune de rouille , a coinmencer par sa surface superieure. Ainsi il paroit , comme eela etoit assez naturel , que V acide cicerique a plus d'afliiiite avec la chaux qu'avec I'oxide de fer. La potasse partage avec cette terre la propriete de precipiter -le cicerate dont nous parlous. Je versai deux ou trois gonttes de ma dissolution ferruCTineuse , sur une dissolution de potasse un pen effervescente ; sur-le-champ il se forma un nuage tres-abon- dant, par lilets floconneux , d'un vert olivdtre , f|ui se deposa peir-a-peu. Au bout de quelque temps ce precipite se color'a en jaune de rouiUe , comme dans rexperience precedente ; ainsi il n'y a point de doute qu'il ne soit du au fer que la potasse separe de I'acide avec lequel elle a plus d'aflinite. Telles sont ^-peu-pr^s les combinaisons que j'iri faites avec I'acide des pois chiches;le nombre en est bien petit, sans doute; cependant il sufiit , si je ne me trompe , pour justiher , je ne dis pas la denomination nouvelle (|ue j'ai donnee a cet acide, mais ,, ce qui est plus essentiel , la necessitd d'une nouvelle ddripniina- tion pour une substance absolument nouvelle. Afin de rendre cette verlte plus saillante, on me permettra de retracer ici les principales differences qui , d'apres les experiences precedentes, et celies que je rapporterai,, separent V acide cicerique ■ de tous les acides connus. 3o8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE 1°. AoiDE suLFURiQUE. Le sulfate calcaire est presc|u'inso- lul)le(i}, insipide ct decrepite sur Ics cliarbons. On a vii que le cic^rate calcaire est tr^s - soluble , a una saveur sal^e tres- sensible et se boursoufle sur les chaibons. 2". AcinE NiTRiQUE. Lc nitrate de potasse fuse sur les charbons , le cicdrate s'y fond et bouillonne sans f'user. 3". AciDE MURiATiQUE. Lc Tiiuriate calcaire est deliquescent; le cicdrate ne Test pas. 4°. AciDE FLuoRiQUE. Cct acido ne cristallise point avec Tara- •snoniac ; Vacide cicdrique cristallise parfaitement. 5'^. ACIDE BORACIQUE. "\ 6°. AciDE BENZo'iQUE. / Tous ces acides sont, oucon- 7°. AciDE camphorique. f crets ou cristallisables. On va 8°. AciDE URiQUE. \ voir que Vacide cicdrique se 9°. AciDE MOLYBDiQUE. I rcfusc absoliiinent a paroitre 10°. AciDE SACCHOi-ACTiQUE. 1 SOUS cctte forme. ll". AciDJ? TUNSTIQUE. J 12°. AciDE CARBONiQUE. Cct acidc est degage par le cicdriquff de ses conibinaisons. i3". AciDE ACETEUX. "L'acdtite de magrtdsle est deliquescent, le cicdrate est sec , Xacdtite de potasse a une saveur piquante , acide et urineuse ; le cicdrate a une saveur tres-fjj^iche et salee. i4°. Acide acetique. Celui-ci est causticpie , volatile , inflam- mable ; M acide cicdrique n'a aucune de ces proprietes. i5o. Acide ciTRiQUE. Celui-ci cristallise , et en second lieu le citrate de chaux est peu soluble , le cicdrate Test parfaitement. 16". Acide formique. Get acide a une odeur piquante, lecice- rique est presque inodore. 170. Acide gallique. Celui-ci precij^ite le sulilite de f'er en noir , et je me suis assure que I'acide cicerique ne I'altere point du tout. 18". Acide LACTiQUE. "Les lactates de potasse ,de magnesie et de chaux sont deliquesceiisjles meiiies cicerates ne lesont pas. 190. Acide malique. Les malates de potasse , de magndsie et d' ammoniac sont deliquescens ; les nieines cicerates sont ties- sees. (1) Dans i'enonce de ces proprietej , je prendrai constarament ppur guide JFourcrojr. 20», ET D'H ISTO IR E N ATU RELLE. 3o9 20°. AciDE MURiATiQUE oxiGENE. Celui-cL HC fait poliit d'cffer- Vescence avec les carljouaies ; on a vu que I'el'fet contraire est produit par notre aclde. 21°. AciDE NiTREux. Cct acidc est fmuant , le ciceriquc ne Test pas. ■ 22°. AciDE ?fiTno-MURiATiouE. Ctdui-ci lalsso cchappcr du gaz oxigene par le contact de la lumiere ; 1' autre ne laisse echapjier aucun gaz. 23". AciDE PHOSPHOREUx. Le phosphite de sonde cristallise , Je cicerate est deliipiescent : le pJiosphite d' ammoniac est deli- quescent , le cicSrate cristallise avec la plus graude lacilite. , 24°. AciDEPHosPHORiQUE. Le/7/^o.y7/ja/e ^f? cy^<3«j: est insolul:)le, le cicerate se dissout parlaitenient : le phosphate defer cristal- lise , le cicSrate ne le fait pas. 25°. AciDB PRUSsiiiUE. J->c prussiate de Jer e&th\evi ,\e cicSrata lest brun. 26°. AciDE SEBACiQUE. Celui ci est blauc et d'une odeur tres- vive. h'acide cicerique est ynine et presrpie sans odeur. Le se- date de potasse est lixe au feu ; le cicerate s'y decompose entld- rement. 27°. AciDE succiNiQUE. Lc succluata de potasse est deliques- cent , le cicerate est sec : le succinate de sonde est sec , et le cicerate est deliquescent ; le succinate de inagnesie forine une gomine, le cicdrate est blanc , sec et grenu. 28°. AciDE TARTAREux. Le tartritc de chaux est peu soluble, le cicerate I'est tres-bien; le tartrite de sonde est efflorescent , le cicerate est (}ie\ii\ues,cci\t;V acide tartareux cvistn.'^se, Vacide cicerique ne le fait point. 29". ACIDE PTRO-LIOXECX. 3o°. ACIDE PYHO-TARTAREUX. Ces deux acides ont une odeur etune saveur empyreumatiques que n'a pas I'acide dont nous parlons. 3i°. AciDEPYRo-MUQUEL'x. Celiil-cl, outi-eles meines proprietes, possede encore celles de tacherlapeau en rouge et de cristalliser avec le fer ; aiiisi il est encore plus impossible de pouvoir le con- fondre avec Vacide cicerique. 32°. AciDE oxALiQUE Jc m'arretcrai davantage sur cet article, premierement parce que Deyeux croit a son identite avec le cicerique 5 en second lieu , parce qu'ayant eu moi - merae des Tome V. GERMINAL an 7. Rr 3io JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE soiipQoiis semblables , j'aif'ait , pour les eclair eir,plusieurs expe- riences dont je dois reiulre compte. On se rappelle que pour recueillir I'acide cicei'ique , je me sers de linges blancs que je frotte sur les pois et que je lave en- suite. Des la premiere I'ois que j'essayal ce proce Je , il me sembla que I'eau se troubloit , et continuant mon operation , je la vis Ijieutot en eff'et devenir sale et lilancliutre. Je Youlus savoir positivement ce qui se passoit dans ce ph^- noniene , et k cet eflet je fis I'experience suivante. Je remplis d'eau de puits , bien claire , un verre a liqueur , et xm second verre d'eau distillee tres-pure ; jeplon^eaidansle pre- mier une gousse cueillie a. I'instant meine. Sur-le-cliamp , je vis se former , autour de la gousse , une atmosphere nebideuse qui acquit bientot une ligne d'epaisseur , et se r^pandit peu-k-peu dans la liqueur en lilets blanchatres et ondoyans , apres quoi la gousse perdit toute saveur acide. Je jdongeal une seconde gotisse dans de I'eau distillee , il n'y eut point de precipite ; des-lors je pensai que mon eau de puits contenoit un sel calcaire en dissolution ; eten eff'et , ayant verse du jus d'oseille siir un verre de cette eau , el/e devint sur-le- champ laiteuse et tr^s-opaque ; ce qui me lit d'abord soup^onner ([ue c'etoit de I'acide oxalique ; mais , pour m'en assurer , je con- tinuai mes experiences, Je revinsdonc tl mon eaublancliatre, je la filtrai etla mis dans deux liocaux. Le lendemain je fus tr^s-surpris de trouver mes bocaux eux-memes tout troubles par un nouveau precipite. J'examinai tant celui-ci que le premier avec trop peu d'atten- tion sans doute , persuade que j'etois qu'ils n'etoient autre chose que de Y oxalate de chaiixr. Cependant je leur reconnus une insipidlte absolue , une inso- lubilite tres-marquee, une forme pulverulente et Ijlanche , et de phis , la propriete de se deposer tres -vite lorsqu'on les agite dans I'eau, tandis que, dans i'origlne , ils mettent beaucoup de temps k se former. Je crois que cette derniere circonstance , rapprochee de ce que je viens de dire sur la formation d'un nouveau precipite an bout de 24 heures dans la dissolution liltree , s'explique tres-facile- ment , sans qu'on soit oblig^ de supposer une densite difftrente dans le precipite qui se forme, et dans celui qui s'est dejii forme. 11 sufHt d'admettre , coinme I'experience citee le prouve d'ail- leurs , qu'il se forme successivement dans le melange. Je filtrai mes deux bocaux , et ayant concentre la dissolution a 10° de rar^onjetre ,. j'essayai d'luae part si , plus reduite encore , elle ET D'HISTOI RE NATURELLE; 3ii TOudroit cristalliser, comme je savois que fait racide oxalique. 1". J'en exposal done une certaine quantite a I'ardeur du soleil dans Une capsule j la liqueur s'epaissit de plus en plus, prit uiie substance syrupeuse , une couleur brune de plus en plus foncee , une acidite tres-violente , ct prefera enfin devenir colle et se fondiller , que de donner la inoinJre apparence de cristal- iisation. Je laisse k Deyeux lui - nieme i dire si de I'acide oxalique se flit comporte de cette maniere. 2°. A cette premiere dii'ference caracteristique , j'en ajoutai bientot une seconde. J'ai deju dit que la craie et la cliaux pure cristallisent avec mon acide. J'ajouterai qu'une seule goutte vers^e sur du marbre , apres avoir fait effervescence et s'etre evaporee , y laisse des cristaiia: tres-manifestes tr^s-certainement ce n'est pas h\ de I'acide oxalique. 3". Mais il y a bien plus ; I'acide oxalique decompose le cicdrate de chaux, coinine je m'en suis assure , et forme avec lui un precipite blanc insoluble d'oxalate de chaux. Si niou cicSrate etoit un oxalate , seroit - il decompose par son propre acide. L'oxalate de soude forme un sel peu soluble (Fourcroy , Eld- mens de Chimie , t. /\, p. 87). Et nous avons vu que le cicerate de soude est peut-^tre \e plus ddliquescent de tons les sels. L'oxalate de fer s'obtient sous forme de cristaux prismatiques d'un jaune verddtre , et le cice- rate de fer est d'un brunfonce et ne cristallise pas. Enfin , pour accurauler preuves sur preuves , I'acide oxalique en liqueur , verse sur une dissolution de sulfate de fer, le decom- pose et donne un oxalate de fer d'une couleur jaune , et je me suis tres - positivement assure que du sulfate de fer dissous dans mon acide ne s'y alt^re nuUement et s'y cristallise bientot en tout semblable a lui-meme . Ainsi voila six experiences majeures dont une , celle de la chaux, suffiroit a elle seule, qui ne permettent absolument point de confondre les deux acides oxalique et cicurique. Cependant , je suis loin de pretendre que i'acide oxalique n'existe pas dans I'exudation des pois chiches. Voici , au con- traire, quelques faits jiarticuliers qui semblenty indiquer la pre- sence de cet acide, on en general d'un acide quelconque, diffe- rent de celui que je viens d'examiner , et c'est ce qui pourroit concilier I'opinion de Deyeux avec la niienne. J'ai dit qu'une seule gousse cueillie i I'instant meme, produit un precipite abondaiit dans une eau de puits ou I'acide oxalique Rr a vM* JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tloinontre I'cx'istence de la cli:iux ; maiiitenant iiii3 dissolntlon d' iclde clcerique a 14 degi'es de rareometre tr^s - concentree , tres -energique , faisant , avec les alcalis , ref'i'ervesceiice la plus ■violeiite ,.en un mot, acide autaiit <]ue possible, verse siir de la meme eaii , ne m' a pas fourni le plus leger pi-ecip'ite : k peine a t-elle troiible I'eau de chavix. Comment concevoir une difference aussi frappante, en suppo- sant que c'cst toujours le meme acide qui agit ? Se peut-il qu'une ni^me base I'orme d'une part iin preciplte insoluljle avec la cliaux , et de I'autre n'en forme point du tout, et s'y dissolve par- f'aitement ? Sans doute, un meme acide vegetal a divers degres d'oxigenatioii oil meme de carbonisation , pr^sente souvent des proprietes tres- difiterentes entr'elles. Aussi ne pretends-je pasqu'il soit ici preci- sement necessaire de supposerdeux acides differens ; mais ce que je crois etre en droit de coiicluredes deux experiences ci-dessus, c'est que, 07/ i! existe deux acides sur les pois chiches, o«j s'il u'y en a qu'un seul , il s'y trouve dans deux etats difi'erens. Cette derniere opinion me plairoit davantage, et, dans le fait, il n'est pas si hors de vraisemblance que I'acide existant i nud ^ la surface de la plante , et consequeniment expose k rinfluence puissante de la lumi^re et de la clialeur solaire et de i'oxigeiie fltmospheriqiic, ne puisse eprouver une sorte de fermentation ou de cociion progressive par I'effet de ces causes combinees , de telle fiujon que I'acide nouvellement forme contiiit par exemple un minimiuii d'oxigene , et que le plus ancien en contint un maximum , des-lors tout s'exjnique facilement. L'acide , an pre- mier etat d'oxigenation , precipite les sels calcaires , et ne les precipite pas au second , ou vice versa. Par consetjuent I'eau de puitsdoit selrouljler dans un cas, et rester limpide dans I'autre. Mais , d'un autre cote , Deyeux assure avoir reconnu I'acide oxalique. Un tact aussi exeice que le sien est d'un grand poids , je I'avoue , et je me rangerois volontiers de son opinion , si je n'etois sur qu'il sera le premier \ convenir que dans ce travail il y a beaucoup d'experiences a repeier. Je n'entrerai pas, par cette raison,dans de plus grands details aujourd'hui, quoique j'aie reconnu, daais mon acide , plusieurs autres proprietes singuHeres , telles que celles de colorer sur-le- champ I'encre en un beau rous^e de carmin ; de prScipiter par I'alcool gallique ; de dissoudre le cuivre en un vert superbe , etc., etc. Je me contenterai d'ajouter j en finissant une obser- vation , c'est qu'il etait tres-naturel , d'apres nos dilferentes ma- njeres de proceder ou d'operer , pour mieux dire , que nous ET DTIISTOinfi N" ATU R E r. I. E, 3i3 arrivasslons, Ueyeux ct mol , aux result its Jifferens que nou? avoiis ol)tenus. On ])c'ut voir , dans le Memoiie de Deyeiix , (ju'il se servit , poiir sa dissolution , d'eaii dlsilUe.^ ; des - lors il n'a jamais du avoir ce precipito Ijlanchatre qui iii'intrigua si fort des Ja premiere fuis^si ce n'est lors rpi'il a presente son acide a I'eau df chaux , etnlors voyanl le depot aljondant qui a du en eflet lui survoiiir, il a tres-naturellfin.'iU etc frappe d'an caractere si distinctif jnstju'ici , de I'acide oxalirpie. Pour moi , ayant an contraire oj^ere avec de Teau sclcriiteuse , tout ce qui dans I'exud »tion recueillie a voulu se combine • avcc la chaux, a pu le faire : I'excedent seul ni'^est reste en dissolution, et si bien depouille (pie , comme fe I'ai dejil dit , il n'a plus du tout voulu precipiter I'eau de puits. Cette separaiion importante, fruit heureux d'un mauvais pro- cede , ma donne lieu de reconnoitre la cristallisation du ciccrate de cliaux , I'lncristalHsabilite de Tacide , et en un mot de retoianer mon sujet dans tons les sens, tandis qu'il est tres-possible que si j'ensse opere avec de I'eau distillee , a la premiere vue du precl- pite par I'eau de chaux , j'eusse tout abandoune. MEMO IRE SUR LES BASALT ES. CuHiousciRCTJMSTAKCESj etc. CirconstaDces singulieres desquelles dependent le caractere vitreux , ou le caractere pierreux , dans les basaltes et les laves ; avec d'autres faits resultans des expe- riences faites par Sir James Hall. Bart, memhrc de la socidi^ resale d'Edimbourg. Et description de quelques ecliantillons' provenaat de ces experiences. Extralt de la Bibliotheque Britannique. JLes natriralistes geologues se sont beauconp occupes de la question de I'origine et du mode de formation des basaltes. Ce sont des suijstances pierreuses qu'on trouve ordiuaireuient dans les pays ([ui offrent des vestiges d'anciens volcans ; mais elles diflerent des laves par deux caracteres assez marques, i". Les laves sont toujours disposees de raaniere qu'on voit evidemment qu'elles ont coiile ; au lieu que les basaltes Ibrment souvent des assemblages, ou des faisceaux de colounes prismatiques, tantot verticales , tantot inclinees , qui font naitre I'idee d'une cristalli- sation simukauee dans toute leur masse. 2". La matiere pierreu5& 3i4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE qui compose la plupart des laves est, assez ordinaireinent , plus oil uioiiis spoiigieuse et reinpUe de cavites ; taiidis que la subs- tance cles Ijasaltes est d'un tissu unif'orme et couipacte- II existe cependant des laves dont la cassure est tellemeiit seinblable a c. lie des basaltes , que I'oeil le plus exerce ne j)eut les distinguer k I'aide de ce seul caractere. La secte des Volcanistes attrlbue la formation des basaltes k la fusion iguee seule , sans coucours de I'element aqueux. Les l>iep- tuniens , sans nier que le feu ait eii une influence primitive dajis ce plienomene , attribuent a la presence de I'eau ses principales circonstances. Le D. Hutton etoit nieme assez ardent volcaniste pour attribuer a raction du feu, non-seulement la Ibrmation des basaltes, inais celle du granit lui - ineme. On alleguoit, en refu- tation , un fait d'experience ; c'est que lorsqu'on souniet le basalte a Taction de nos fourneaux , il se convertit en verre y substance differente du basalte sous tons les rapports. Mais , disolcnt en repliijue les volcanistes, le degre de chaleur des feux soutcrraius est beaucoup moindre que celui que nous produisons dans nos laboratoires ; il y a dans ces profondeurs , quelqu'liifluence occulte , quelqu'agent inconnu , qui produit la liciuidite sans fusion. Cette supposition etoit au nioins gratuitej et les experiences dont nous aliens rendre compte , dispensent d'y recourir. Deja en 1790 , a I'epoque ou le D. Hutton fit connoitre ses idees sur la theorie de la terre , sir James Hall avoit projete, et commence memo, sur ce sujet, une suite d'experiences ,' dont Tissue fut assez encourageante. II les a reprises I'hiver dernier, aide du D. Kennedy; et il en a communique les resuliats i la societe d'Edimbourg,il y a quelques mois. lis nous paroissent extreme- ment curieux. L'interet qu'ils meritent de la part des amateurs est encore plus vive pour nous , par I'avantage d'avoir en notre possession , et sous nos yeux , quelques-uns des echantillons des substances produites par ces essais. Nous les devons k la com- plaisance du D. Delarive qui les tenoit de I'auteur lui-ni^me. (j'est de Texcellent journal de Nicholson (1) que nous tirons les details qu'on \ti lire. Le Mcmoire original sera iiisere dans le vol. V des Transactions d' Edhiibourg. ■ Sir James Hall , en cherchant a repondre krobiection tiree de la conversion des basaltes en verre par le feu des fourneaux , disoit que la masse pierreuse eprouvant dans le sein de la terre un (1) Octobre J 798. ET D'lIISTOIRE NATURELLE. oi5 refioicUssement fort lent avoit subi iin changement analogue u celui qui convertit le verre brun des boiiteilles en cette substance qu'on a nomxuee porcelaine de Reauinur ; et que , par I'effet do ]a cristallisation , cette masse avoit perdu le caractere vitreux et pris rapparence pierreuse. L'experience a confinne cette expli- cation ; et sept diiferentes especes de laves y ont ete soumises. Chacune de ces substances, choisies dans son etat naturel, a ete reduite par la fusion et par tin ref'roidissement subseqiient et raplde , a I'etat d'un verre parfalt. Ce verre a ete reinis dans le f'ourneau, et y a subi uiie scconde fusion. La clialeur , alors re- duite aux environs duaS^'. degre du pyrometre de Wedgwood (i) a ete soutenue au rneme degre pendant quelques lieures ; apres quoijOu Ton sortoit brusquement le creuset,ou bien on le laissoit se refroidir lentement avec le fourneau. Le resultat du precede a montre que, dans tons les cas , la substance perdoit le carac- tere vitreux, et prenoit en tous points, celui du basalteoriginaire. II faut avouer que dans la plupart des cas la production nou- velle lie resseniljloit pas preciseinent i rechantillon nieme d'ou elleprovenoit,inais a quelqvi'autre echantillon de la meme classej la difference etoitdue a quelques varietesaccidentelles dans le refroi- dissement, et ^ quelques combinaisons chimiques qui avoient lieu pendant la fusion. Mais dans le cas particulier du roclier du cha- teau d'Ediinbourg et de celui des colonnesbasaltiques de Staffa, les basaltcs artificiels resseniblentexacteinent aleurs originaux respec- tifs, soit pour la couleur, soit pour I'apparence interieure et la cassure. Ainsi done", dit I'auteur , I'objection faite au systeme du D. Hutton n'est plus sans reponse ; puisque , d'apres rexperience , le caractere pierreux de la lave est I'effet naturel d'un ref'roidis- sement lent , et tel qu'il a dft exister dans les souterrains dans lesquels la substance du basalte a passe de I'etat liquide a I'etat solide. (i) Nous dirons a ceux de nos lecteurs qui ne connoissent pas cet ingenieu* el utile appareil , qu'il consiste en un petit cylindre fait d'une Coniposilion argil- leuse susceptible de supporter le plus violent degr6 de feu sans se vitrifier , el de diminuer de volume a mesure que la chaleur qu'elle eprouve est plus forle. Oi» mesure tres-exactenicnt le volume reduit , en faisant glisser le cjlindre refroidi , }e long d'un canal dont les parois sonl lentement convergentes , et portent une division dont chaqne degre repond a environ 56 degres de I'eclielle en 80 parlies, . On peut apprecier ainsi avec exactitude tomes les hautes temperatures auxquelle* on soumet div^rses substances , soit dans les procedes des arts , soit dans le» evperiences de cbimie qui exigent les feux les plus violens. Guyton Morveaii ai soumis , il y a peu de niois, cet appareil a une epreuve fort delicate , qu'il a ir^*- bieii supporlee. ( Voyez Annalei de Chimie , lorn. 26 , page sag ). 3i6 JOURNAL DE PTTYSIQUE, DECilliMIfi I^rs mo.ncs fsiaisfbits si\r la lave n'orit pas iiioins bien reussi. Ijcs laves (ie i'lrtna ct dii Vesiive se ra]iy)roclicnt eleshasaltes par- jilusiciirs cai-actdres ; inais celles ties isles Li])ari et cle 1 isle d'lscliia ne leiir resseinblcnt point. L'auteur anuonce que celles- cl posse lent qnelcjues proprietes singulieres qu'il f'eia connoiti'e. }'ar la lusion , las caracteres qui separoient encore des basaltes les laves de I'Etna et du Vesuve disparoissent , et il est iinpos- sii)le de distln;^uer les iiris des avitres les verres proiUjIts par ces deux classes ile siibstaiicos. L'auteur en concliit a leur identito reelle, et attribue lours differences aux circonstances dans les- quelles chacune a passe de I'otat tluide a I'etat solide. les laves se sont refroidies enplein alr,et les basaltes, selon le D. Hutton , dans les entrailles de la terre (i). Sir J. Hall a soumis h I'expe- rience six ecliantillons de laves ehoisis par lui - meme dans des coulees sur I'Etna et le Vesuvc. Le verre produit par la fusion et le refroidisseiuent rapide de ces laves donna , ajires avoir ete traite conune le verre des Iwsaltes . des masses cristallisees , pier- renses ou terreuses , qui ressembloient parfaitement aux basaltes Ou aux 1 ives primitives. On deterniiua avecbeaucoup de soindans lecours de ces exp^- rienies , et a I'aide du pyrometre de Wedgwood , le degr^ de fusibilltede chacune des substances employees ;et l'auteur donne ime table de ces fusiblliies , f[ue nous nous proposons de trans- crire ci-apres. On pcut compter , dit-il , sur les resultats , a deux ou trois degres pres. Le D. Hope , cooperateur dans ces essais , sucaera la denomination de crlstallite ,\>o\ii- etre appliquee k ces suljstances qu on laisoit cristalliser artiliciellement. On pent deduire quelques consequences importantes des divers degres de fusilnlite observes dans ces experiences. Les basaltes sont, en general, plus refractaires que les laves ; mais la diffe- rence n'est pas considerai le, pviisque les plusfusibles d'ontre les basiiltes touchent aux laves les plus refractaires. Les substances converties en verre sont , en cet ^tat , incomparablement plus firsildes (|n'elle ne I'etolent avant la vltrifioation. Cette derniere pro])ricte eloit connue depuis long-temps ; mais sir J. Hall sg pror)ose de di?velopper la theorie d'oii elle decoule, (?tde detailler toules les particularites de ces experiences, dans un prochain Memoire. On pent observer que la lave N".|i2, est fiislble a 18'' du pyro- metre, c'est-a-direqu'elle j On voit que la consequence de ce refroidissement lent a dto d'enlever entierement a la masse son caraclere vitreux , et de lui donner I'apparence d'un basalte. II est vrai que la composition ainsi obtenue est tB|s-dif'f'erente , en apparence , de la composi- tion N". 1 , exposes la premiere au feu ; niais on pouvoit s'at- tendre a. cetto dilFcrence, puis(pie la fusion avoit ets accompagnee d'une forte eil'ervescence , due , sans doute , au degagement de quelque fluide , et qui annouQoit un nouvel arrangement dans les molecules constituantes de la pierre ». Observations. Nous avons deux fragmens qui portent le N". 4 > etont etedetaches, en notre presence, du meme morceau d'eclian- tillon. L'un ( No. 4) fait en quelque sorte la transition entre la lave et le basalte. On y voit encore des cavites et quelques petils cristanx , et una portion de sa surface presente des scories. L'autre, (N". 4 <5/5)dont une des faces porte encore I'empreinte du creuset, est aljsolument compacte et basaltique dans sa cassure. La diffe- rence qui existe entre ces deux fragmens, quoicpe provenant du m^me ecliantillon , est encore une circonstance qui montre comljien de tres-legeres differences accidentelles peuvent influer sur I'aspect des matieres volcaniques. « N". 5. Est U71 fragment du rocher sur lequel le chateau d'Edimbourg est Ijati. La ressemblance de ce wliinstone ou ija- salte naturel avec le basalte artificiel N", 4 est assez frappante. Observations. Effectivement , k la couleur pr^s , qui est plus foncee dans le basalte artificiel , les deux substances se ressem- blent beaucoup. La derniere resiste ])lus sous la pointe d'acier, que ne le fait le Ijasalte naturel , et elle fait feu au briquet , ce que ne fait pas le fragment du rocher d'Edimbourg. Mais nous S s a 330 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE connoissoiis des basaltes natiirels , dont I'aspect est beaucoup plus rajiproche cle celui du basalte ariiiiciel, qtie ne I'est ce der- nier echantillon. Nous allous malntenant transcrire Ic tableau des f'aslbilites des Ijasaltes at des laves, qui tenniue le Momolre doiit on vient de lire I'extrait. II est precede d'un avertissement , comme suit. « Les fusibilites eprouvees au moyon du pyrometre de Wedg- wood , et rapportees dans la table suivante, ont ete detenninees en chauffant les substances sous une moiille oii I'on poiivoit les observer facilemeat pendant toute la duree de Taction de la cha- leur. Apres avoir mis sous la moulle iin petit morceau de la subs- tance a examiner, on pla^oittout aupres des petils cylindres py- ronietri(|ues,et on elevoitpar degres la temperature. Ontouclioit de temps en temps la substance ej^rouvee, avec une baguette de fcr mince , et lors(pi'on la trouvoit assez ramollie pour cedar iacllenient a vine pression legere , on retiroit le pyrometre et on mesuroit sa contraction ». (N. B.) Tons les basaltes , excepte N". 7 , ont kt6 prls suT place , dans le ypisinage d'Edirabourg. !2! 10 1 1 Ta b l e a u des fusibilites de diverses subst.inces %>olca?iii/ues , eprouvees au pyrometre de TVedgwood. Whin ( basalie ) d'une carriere sur la riviere Leith ?^///«durocherdu cliEit. d'Edinibourg. . Whin, des colonnes basalticjuesde la col- line iH Arthur'g Seat Wlii/i du tcitc meridional ^Arthur's Seat pres de Duddystone IVhin tire de grands morceaux roules dans Ic lil de la riviere de Leith IVhin du roclier de Salisbury IVhiii des colonnes de Staff a Lave de I'Euia , qui detruisit une parlie de Cataneeii 1669 Lave de I Eina prtis Pedemonte Idem a la Motta di Catania Lave du Vesuve a Torre del Greco. . ■ . Idem prise sur place , encore rouge , par Sir J. Hull Lave d'Is!aiide • Substances ■Le Terre Lacriscalliic primitives amoUies. s'amollic. I'amollit. Dcgr. dapyr. Deg. dupyr. Dcg. dti pyr . 40,45 iy,i5 33 45 24,2a 35 55 i8 35 43 34 38 55 16 37 55 24 38,4o 38 34 20 38 3i )8 36 38,4= 18 36 40 18 27,28 .8 18 35 35 i5 43 ET D'HISTOIRE NATURELLE, Sal DE L'ARP E N TAG E JDes terrains inclines , et de la nScessitS d'oblicrer tous les arpenteurs h suivre une methode unique dans la pratique de leur art ; Par D R A L E T , Juge du tribunal civil du departement duGers , correspondant dn gouverneraent pour I'agriculture etles arts , membre d« plusieurs societes d'agriculture et d'economie rurale. , Lu dans une des seances de I'institiit national , ddposS h la bibliotheque nationale , ensuite d'un arrets du conseil des einq-cents ,portant mention honorable. E X T a A I T. PREMIERE PARTI E. J_iES terrains auxqttels on dppliqiie les mesures agraires sont di deux sortes : les uns presenteiit \vsx plan horisontal j les autres ont une surface inclinee. Pendant vine longue suite de siecles , les precedes de I'arpen- tage ont ete les memes pour mesurefr toutes sortes de terrains. Mais depuis un certain nombre d'annees , quelques gens de I'art ont mis en question : si les terrains inclines doivent etre mesures par deve^ppement ou par cultellation ; c'est-a-dire , s'ils doivent etre mesures d'apres leur superficie , ou d'apr^s leur base ? Cette question , qui a occupe plusieurs ecrivains distingues , n'a jamais ete envisagee sous son veritable point devue. Touten parlant d'arpentage , on a dispute sur la valeur comparative des terres horisontales et des terres inclinees. Une raatiere qui etoit unlqueinent du ressort de la jurisprudence , a trouve place dans les livres des physiciens; les uns ont fait des partisans a. la me- ihode de cultellation } d'autres en ont fait a la metliode de de* •» 32« JOURNAL DE-PHYSIQUE, DECHIMIE veloppemeiit ; de maniere (pie les arj)enteurs instruits, sans s'oc- ciiper du voeu de la loi proccdent d'apres I'liiie ou I'autre de ces nietliodes, suivant qu'ils out udopte la imuiiere de voir de tel ou tel autre philosuphe (i). C'est de cettc difference de precedes de la part des arpenteurs -,ciue jesxikent les inconveniens doiit nous aliens parler. Pour •faire seutir combien il est essentiel d'y porter reniede , il suffi- roit d'etaljlir (ju'il est tel terrain , qui , mesure par un arpen- teur , se trouve avoir une contenauce doulile de celle que lui donneroit un autre arpenteur , quoique I'uu et I'autre procedas- sent reguliereraejjt dans la theorie (2). Mais quelques exeniples x)ris au hasard rendront plus sensil^les ces inconveniens. 1". Exemple. Une administration a arrete de vendre , en trois parties , le taillis d'une f oret dont la surface presente un plan incline de soixante degrcs , et qui , d'apres I'ancien mesurage , ( fait .par'developpenient) contient cent ares. EUe adjugc la premiere annee une coupe de zS ares;l'annee suivante elle en adjuge une semblable. Les adjudicataires out fait ensorte que I'arpentage se f!t par cultellation. La troisieme annee, les administrateurs veu- lent vendre une des parties qui devpoient rester , et il se trouve que tout a ete coupe les deux annees preceJentes , quoit[u'iI n'ait ete adjuge reellement que le quart du taillis chacune de ces deux annees. 2.'. Exemple. Un citoyen a vendu une monticixle de fonne demi-splierique , a. raisou de cent francs Tare ; il fait proceder &u mesurpge par un arpenteur qui suit la metliode de develop- pcnient. La monticule se trouve de la contenance de dix ares , et I'acciuereur paye mille francs. Celui-ci, quelqtie temps apres, cede cinq ares de cette monticule , au meme prix de cent francs ; p'est un second arpenteur qui opere, et il suit la metliode de cul- (l) II est bon (^'observer que la moWe des arpenteurs n" se doutent mcnie pas qu'il puisse v avoir deux manieres d operer. lis s'en tiennent sans cxamen i la nietlio.de de developpenient ijui nous a ele transiuise par les anciens. (2") Si I'inclinaisou est de soixaiile degres , la surface sera double de la base liorisoniale. Pour !c demomrer, supposons des perpendiculaires abaissceS de tous les ,f oiplp d.e la siipoificie su5 la base horisontale ; lelles I'oriueront des triaitigles TCclpngics dpnt la hy^leur est oppos^e a un angle desoixante degrcs. Elles foruie- ron't aussi , avec la snperflcie , un angle de irente degres. Le plan incline , ou la Superficic , sern done au plan liorisontal , coiume le sinus total est .lu sinus de trente degres. Or, le sinus lolal est double du sinus de Ircnte degrcs; done le flan incline de Co degrcs est au plan horjsontal ; commc dcu.x est a un. \ ETD'HISTOIRE NATURELLB. 323' tellation. La monticule entiere , d'apres son operation, ne con- tient qne cinq ares. En eli'et, la surface d'une demi-sphere se mesure par la circon- f'erence multipliee par le rayon. C'est I'operation du premier aj-penteur ( et la surface d'vm cercle se calcule par la circonfe- rence multipliee par le deml-rayon. C'est I'ojieration du second arpenteur ; I'un et I'autre , danS ce cas , suivant leur raethode respective , ont procede sujvant les regies de la theorie j mais il n'en resulte pas moins que le premier acqu^reur perd cin([ cents francs; ou, ce qui est'peut-etre encore pis , qu'il Ini fait avoir un f)roces , tant avec le vcndeur, qu'avec celui a. quiila voulu ceder a moitie de soh acquisition. ' ' La difference des mesures de developpertient k chiles de cul- tellation est rarement aussi sensible que dans les deux cas qui viennent d'etre rapportes; mais cette difference est toujours plus ou moins considerable , suivant le degrc d'inclinaison des ter- rains (i), et les acquereiirs , les vendeurs , les echangistiis , les copartageans sont ou font toujours des dupes , suivaut qu'ils employent tel ou tel arpenteur. ' 3', Exernple. Un ci-devant arcHeveque de Rlielms yetidit , en iy4^, la coupe du bois de la Gorze , au jiays Messin. L'arpeh- tEtge, fait par developpement, portoit sa contenance a 1062 ar- pens 9 perches. Les adjvidicataires , se flattant qu'on trouverolc moins de contenance par la cultellation , firent mesurer d'apres cette methode le bois qu'ils venoient d' exploiter : on n'y trouva que 94"^ arpens 45 perches ; ce qui presenta ime difference de ii3 arpens 74 perches. Cela donna lieu i\ une contestation qui fut terminee en faveur de I'archeveque , enisuite d'urie decisioa de I'academie des sciences (2). Ces exemples sont plus que suffisans pour faire connoitre les nombreux inconveniens auxquels donnent lieu la concurrence (1) Cetle verite, a laquelle le vulgaire fait peu d'atlenlion , a fixe les regards des honimes inslruits , dans les temps les plus recules. Polybe avoit remar([u6 que quoique Megalopolis eiit de tour cinquante stades ) et que Lacedenione n'en eiit que quarante-huit , cette derniere ville etoit cependant une fois plus grande que I'aulre. (2) L'academie autorise la methode de cultellation , dans les cas seulement oil la difference de la base a la supcrficie n'excedc pas cclle de 100 u io3 , encore est-ce d'apres la seule consideration que I'on passe aux arpenteurs une erreur de 5 arpens sur 100. Cette decision se trouve rapporiee en entier dans I'l/isiniction sur le hois de marine , par Telles d'Acosta. 3=4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE de deux nictliodcs dans, Ja pi-atique de I'^irjieiitage. Peut-^tre eii previendroit-on fiuelc|ue.s-u])s , si dans les contracts on convenoit' que I'arpentage des fonds mens pqur connoitre, retendue de leur siiperjicie , et pour la » decrire et la tracer sur un plan 33. Cette definition est claire j elle n'est contredite par aucun des geometres connus. Mais I'estimable auteur du Cours complet d' Agriculture 3 encore fixe I'acception du mot arpentage d'une maniere plus precise : dans I'arpentage , dit-il , on ne considere que les sur- faces (a). Et Noel Cliomel , dans son Dictionnaire economique , avoit ^it ayant lui : « Tarpent est une mesure de la surface des terres ". (1] Encyclopedie inethoditjiie , agriculture. Voyrz arpentage. (2) Surface est ce qui se prcsente a I'oeil : on considere la surlace conime la limiic , ou la partie exterieure dun solide. « Superficie est la meiue chose que surface », Encyclopedie methodique. II. ET D'HISTOIRE NATURELLE, 32.5 S. I I. Fonctions des arpenteurs ; Joh qui les astre'rgnent ^ mesurcr les surfaces satis avoir d^ard a la valeur coinparaiive des ter/aias. XJn arpenteur, mesiir^ur de terrs , terrac mensor , suivant Oiomel , dans son Dictionnaire ecunomique , « est un homine »> instruit de la partie de la geoiuetrie quL eiiseigae ti. raesurer les » surfaces ■>■>. Suivaut Diiliamel Du Monceau (i) , « c'est iiii horame , qui » etant instruit de la jiartie de la geonietrie qui enseigne a ine- »> sni'er les surfaces , fixe Vetendue des terres par arpens ». Les legislateursn'ontrien change a la destination ancienne des arpenteurs. SECONDE PARTIE. Examendu principe fondamental de la mdthode nouvellement introduite ( de cultellauon ) . cc L'arpentage , disent les auteurs de I'Encyclopcdie , est encore •> plus I'art de reconnoitre , de partager et A'dvaluer un champ , »> que celui d'en manjuer la position , de le mesurer et de le » diviser ». , Si Ton se rappelle ce qui a ete dit plus haut^ sur l'arpentage et sur les fonctions de ceux qui pratiquent cet art; si Ton n'a pas perdu de vue que rien n'a e::e avance gratuitement h. cet egard , ciu'au contraire , tout a ete puise dans retyinologie des mots dans ieur acception constante , et dans I'esprit des lois , on sera ^tonn^, sans doute , de tronver dans I'iincyclopedie un pareil principe. Qu'il ine soit permis de demander a celui qui le met en avant, quel est le grammairien , Tagronome, le geoinetre ou le jurisconsulte qui a dit que l'arpentage etoit I'art d'eva/uer un champ ? Jusqu'a present les ecrivains qui se sent elev^s centre le sys- terae de cultellation , sans s'occtq^er du principe qui vient d'etre rapporte, se sont atLiches a detruire les consequences ([ue Ton en tire : ils ont alta_ycz arpenteurs, TomeF. GiiRiUlNAL an. 7. Tt 32 sente une surface double du ])recedent. Cependant , corame 35 les tiges desplantes croissent pdrpendiculairement i I'liorison, 33 il n'eutrera , dans I'ua. et 1' autre terrain , que cent pieds d'ar- » bres , eloignes les una des autrea k la distance d'un m^tre. 33 Done un plan incline ne vaut pas plus qu'un terrain hori- 33 soutal egal a sa Imse ; done I'arpenteur doit mesurer la base ?3 d'un terrain incline , et non sa surface 33. Nous ne reviendrons pas sur le princIpe mii sert de base k ce raisonneraent. Nous en avons suffisainment demontre lafaussetej mais exaininons lea manieres dont le's plantes croissent. De V accroissement des plantes en gdnSral. Les plantes regoivent d_e la nature deux principales nourri- tures : la premiere rient des liuineurs de la terre, poropees par ET D'HISTOIRE NATURELLE. 32.7 Ics sn^olrs cles clievelus de la raciiie ; la seconde ylent des in- fluences de la liiiniere ct de I'air atmospheriquc (1). A circonstance egale,ui]e plante recolt d'aiitant plus de nour- riture, que ses racines sout environnees d'un plus grand volume de tcrre vegetale, et qu'elle est exposee a ime plus grande masse d'air et de luiriiere. Cela pose,il s'agit d'abord de savoir si les plantes d'un terrain incline , eloignees , par exeinple , d'un metre I'une de I'autre, pris sur la surface , ont chacune une portion de terre vegetale aussi considerable que cbacune des plantes placees a la meme distance sur un terrain liorisontal? On est convenu que la surface d'un terrain incline de 60°, AB , fig. 1". , est double d'un terrain egale a celui (jui lui sert de base , A C. On conviendra sans doute aussi que chaque partie du terrain incline est double de cliaqiie partie correspondante du terrain liorisontal. Or, chaque metre carre de celui-ci , cor- respond a deux metres carres de celui-1^. Chaque carre occupe par une des six plantes abc d ef, que je suppose produites par iin terrain incline , aura done la meme surface que chaque carre qui nourrit une des trois plantes g h i , croissantes sur un ter- rain liorisontal egal a la base. Conime nous parlons de deux terrains d'egale qualite , si nous Supposons un quart de metre d'epaisseur a la terre vegetale , k I, qui recouvre I'un et I'autre terrain , chaque plante de terraia incline jouira d'un quart de metre cujjique de terre vegetale , ainsi que chaque plante de I'autre terram. Les uns et les autres recevi'ont done , par les racines , la m^me quantite de jiourriture. Ceci acquerra un nouveau degre d'evidence, si I'on observe que ([uelle (|ue soit la forme d'un terrain qui nounic uii arbre, ses racines s'etendent tonjours en tous sens dans la couche de terre vegetale qui I'environne. Les arbres memes qui sont naturelle- ment pivotans , tel que le chene , ne poussent que des racines Laterales dans un terrain jieu profond ; et ces racines sont hori- sontales , descendantes ou ascendantes , suivant que la couche vegetale se trouve dans I'une ou I'autre de ces positions (2). (il Voyez les belles experiences dc Tessicr et Senebier , sur les cffels de la lamiere dans la vPi^eiatioii. (2) K Les racines se deioiirnenl de leur route premiere pour se porter du C(jte .» oil elles trouveront une iiourritnre plus abomlanie.... Cest la raison pour ■ ■-» laquelle les luiiricrs , les noyeri , les oxmcaux^ piantcs le long des grandes » routes , vont alfamer dans les champs , les subsiances des moissons , ii plus de Tt2 328 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE Cette tendance des racines h. s'emparer de la terre v^ge- tale est telle , suivant Tessier ( i ) , ([ue lors([ii'une ])lante est voisine d'une terre phis nievible que celle ou elle vegetc , ses racines se portent vers le terrain qui est le meilleur (2), Voyons maintenant si les plantes d'un terrain incline de 60° , resolvent anssi de Fair et de la liimlere la ni^me nonrriture que celles qui couvrent un terrain plus egal a. sa base , lorsque les unes et les autres sont placees a la nignie distance prise a la superficie. Les plantes , comme les animaux , absorbent line partie de I'air atmospherique qui les ehvironne 5 mais les plantes dif- feient des aniinaux , en ce que ceux-ci depouillent I'atmos- phere d'une partie de son ga;?; oxigene , tandis que les plantes le d('pouillent d'une partie de son gaz azote. Tout le monde salt que Fair en general estun fluide elastique qui presse les corps en tout sens. II resulte de son elasticite qvi'il exerce son influence sur chaque partie laterale d'un corps isole corame sur sa partie su- perieure. C'est done en raison des surfaces , et non en raisoa des bases qu'il inline sur les corps. Un terrain incline de 60 degres regoit done le double des influences de Fair que u'en revolt un terrain horizontal egal a sa base. Six vegetaux plantes sur un are de terrain incline de 60 oy recevront done chacun autant d'influence de Fair que chacun des trois que Fon plantera sur un terrain egal a. la base du premier. Quant i la lumiere , il est inutile de dire que la quantite de rayons que recoit un corps, est en raison ilirecte de sa surface. II seroit superflu aussi d'indi(|uer les consequences que Fon doit en tirer en faveur des terrains inclines. II suit evidemment de ce qui vient d'etre dit que si Fon plante six vegetaux sur un terrain incline de 60° de la contenance superficielle de six metres carres , chacun de ces vegetaux, recevra la meme nourriture , et vaudra conse- » dix loises de distance ». (RoziEa, Cours complet d'Agricnl litre. ^\oyez racine. ( 1) Voyez , Encyclopedie TnetJiodiijue , agriculture , premier discours par Tessier. (3) Le ni^me agrononie ( ibid) assure que les racines de noyer et de la vigne s'insinuent da.iiS Ic tuf blanc , pour arriver a un amas de bonne terre place* derriere. ET D'HI S T OIRE NATUR E LLP. 829 queminent i-peu-pres autant que cliacun de truis aiitres ve- getans plantes dans iiii terrain Jiorlsontal qui seroit de la con-^ • tenaiice de trois metres. Aiusi , de deux clioses I'une : ou vous planterez sur le ter- rain incline de 60'' le douljle des sujets que sur terrain plus egal a sa base (1) et alors cliaque arbre du premier ter- rain , vaudra chaque arbre du second (^Voyez fig. premiere), ce qui fbrmera un double produic pour le premier ; ou vous plan- terez , sur le terrain incline , la meme quanttte d'arbres que sur le terrain plat , et leur croissance sera a-peu-pres double , ce qui donnera encore le meme resultat (^Voyez fig. 2.). Cela paroitra sans doute Ibrt etonnant aux personnes (uii compareront un cuteau aride , depouille de terre vegetale , a une jjlaine voisine bien cultivee , bien amendee ; inais au moyen de cette comparaison , on ne seroit pas mieux fonde k me con- tredire, que je ne le serois moi-meme a pretendre que les ter- rains inclines produisent en general beaucoup plus que les terres plates, parce qu'un seul are des riches coteaux qvii avoisinent la Seine , la Loire ou le Rhone , en vaut cent des plaines arides de la ci-devant Champagne , ou des landes de IBordeaux. Des grands v^gdtaux. Nous avons vu que la perpendicularite des arbres etoit la base fameuse sur laquelle on appuie le systeme de cidtel- lation. La plupart des grands vegetaux poussent a. leur collet plu- sieurs brins en forme de toulFe. II en est de plusieurs brins comme de plusieurs lignes par- tant du meme centre : il peut y en avoir une de perjiendi- culalre ; mais par cette seule raison , les autres sont incli- iiees. Aussi voit-on les arljustes , les arbrisseaux et les taillis de toute espece, jeter , en sortant de terre, nombre de tiges qui s'eloignent les unes des autres , a mesure qu'elles croissent et grossissent. Toutes sont plus ou moins inclinees sur I'hori- son , et quelf|ues-unes sont perpendiculaires au terrain incline qui les produit. L'arguraent ci-dessus rapporte ne leur est done . pas applicable. II est sans doute des especes d'arbres dont le principal brin , (1) Les auteurs de I'Encyclopedie conviennent que ion doit moins espacer les arbres (jue I'on pUnte sur ua terrain incline. 33o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE s'elevant k im certain ar^e, poin]ie toute la nonrritiire des racines, laisse avi-dessous de lui les branches laterales et les affanie ; mais cette tige , dans ies terrains inclines , n'est point per- pendicnlaire a I'horison ; je conviens qii'tUe Test rarement aussi a la snrl'are inclinee ; sa direction ])artage Tangle forme par la perpemlicnlairo sur la snrl'ace ( P'oyez lig. i et 2. ). C'est un fait certain qne j'oijserve tons les joiirs dans les Monts Pyre- nees , au centre des(|uels je travaille k cet ecrit. II pent etre vrai qne les tigcs de quelques vegetaux tendent naturellenient a la perpendicularite ; mais dans les coteanx et dans les nion- tagnes , deux causes s'opposent k cette direction ; la premiere est le poids de la terre siiperieure qui force la jeune tige k s'incllner ; la seconde vient du plus grand espace et de la plus grande qvianlite d'air et de lumiere que la plante trouve du cote oppose au coteau ; c'est de ce cote qu'clle s'etend et se dirige de la meme maniere que les arbres de llsiere semblent fuir' le massif auqnel ils appaitiennent , pour porter toute leur croissance vers le champ voisin. Cependant comme les arbres sont loin d'etre absolument per- pendiculaires aux surfaces inclinees , il s'ensuit qu'ils sont un peu ijlus resserres sur uri coteau que sur iiiie terre horison- tale de contenance egale ; mais , nous le repetons , la nour- riture est la nieuie et ])roduit les memes effets. Si les tiges , dans iin terrain incline se trouvent plus rapprochees , elles peuveiit acquerir raoins de diametre ;- mais elles s'elevent beaucoup plus, et cet avantage indemnise bien le proprietaire de ce (|ue les tiges peuvent perdre en grosseur. Au reste , la tige n'est pas la seule chose a considerer dans les arbres ; les branches forment aussi une partie de leur valeur, et si elles croissent parallelenient au terrain (p^oyezfig. 1 et 2) , nul doute qu' elles ne trouvent beaucoup plus d'espace , qu'elles neiurissent consequemment s'etendre davantage sans s'entrelacer avec les branches des arbres voisins , sur un terrain incline que sur celui qui lui serviroit de base. POur savoir qxielle est effectivement la direction des branches sur un terrain incline , il nous suflira de copier ici Valmont de Bomare (1). cc On pent , dit ce naturallste , observer tons les fours un phe- » nomene singiilier renrarque par Dodart, et dont la veritable 3? cause paroit encore inconuue.... C'est le parallellsme au plan (i) Dlctionnaire d'hisloire Jiatitrelle. Voyea arhres. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 331 » d'oii sorteut les tiges qu'affecte toujours la base des touifcs » d'arbre. Cette affectation est si constante, f[ue si iin arbre sort » d'un endroit ou le plan soit d'un cote horisontal, et de I'autre »> incline k I'liorison , la base de la toiiffe se ticnt d'un cote hori- » sontale , et tie I'antre iuclinee h. riiorisonautant que le plan 3). Les auteurs de I'Encyclopedie ont fait la meiue oljserva- tion (i). Ce sont sans doute tons ces faits qui ont porte Pllne le nalii- raliste a dire que dans un plan incline , il falloit nioins de dis- tance eutre chaque arbrc (2). De la visne. En avouant la perpendlcularite de la tige d'un certain nombre de plantes, on doit conveiiir qu'im blen plus grand nombre s'en ecarte , tels que les volubiles , les vignes , les liannes , les ha- ricots , etc. Cette assertion n'est contredite par aucun naturaliste , par au- cun cultivateur. Si Pline , et apres lui les auteurs de L'Encyclo- pddie ^ ont assure qvie dans un terrain rampant, les plantes doivent etre moins espacees ; c'est sur-tout a la vigne que ce precepte doit etre a^jplique. En effet , il ne faut qu'ouvrir les yeux pour se convaincre que le tronc tortueux de la vigne ne s'eleve pas perpendiculairement a I'liorison , et que ses pampres I'ampans s'etendent d'autant plus qu'ils trouvent a couvrir un plus grand espace de terrain, quelle que soit sou inclinaisou. Des prds. Dilferentes especes de gramen font la plus grande partie de riierbe des pres (3). Les gramens ont les racines rampantes (4). Elles suiventconse- ■quemment les ditfi&rentes inclinaisons du terrain qui les nourrit. Le chaume s'eleve depuis six jusqu'a douze pouces , il re- tombe alors , et pour peu qu'il trouve de la terre ameulilie , il pousse des racines par tons les nosuds qvu la touchent (5). (i) Voy=2. V Encyclopedie methoditjiie , forets et bois. Voyez branches. (2) Ergo plurimum intererit hac in qucestione terra in (fua sereimis , in ijuantiim arboras ejuas(jue alat. Jam per se colles minora qiicenmt inter- valla. P1.1N. lib. 17, (hap. 12. (3) yoyKz\M Elemens d' Agric^ilture , par Duhamel du Monceau , tome i , liv. 9 , chap, a , et le Cours cgmvlei d'^^griculture de Rozier, Yoy. Gramen, [A) Ibid. (5) Ibid. 332 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE La tige ties ])lantcs qui composcut Ics pres n'approche done de la perpendiculariie cjue dans la premiere croissance. Mais la f'anne , qui forme le plus grand produit des pres , est toujoiirs rainpante et recourliee. l3e la disposition des grainens, il resulte que leur produit k circonstances egnles , est en raison de la superlicie du terrain . qu'ils occupent. S'il existoit quelque doute i\ cet egard , le te- moignage des fanneurs sulfiroit pour les fiiire disparoitre. Mais sous l>eaucoup de rjpports , les terrains inclines sont plus avan ageux aux prairies que les terrains plats. Tons ces t'aits sont trop evidents povir ne pas avoir ete observes par ceux;- luSines qui veulent que les superficies inclinees ue produis'-nt pas plus que les bases. AussiCliomel fait-il uue excep- tion en faveur des pres et des autres terrains qui nourrissent de petites plantes. Nous avons yu plus hautquel'arpeiiteur fbrestier est du niejne avis, Des plantes cerJales et legumineuses. Si Ton seme, dans un terrain incline, ^^ne mesure determinee de bled, et que dans un terrain plat ^gal a sa base, on en seme une meme tpiantite , nul doute que cliaqiie grain du premier terrain sera etabli sur une plusgrande etendue que chaque grain, de terrain plat. Cela convenu , il nous sidUt de copier ici ce que Ton trouve dans le Dictionnaire d' Agriculture de Rozier.(Voyea semailles'). « L'experlencG et 1' observation ont suffisamment pronve que...' « les plantes etanl plus rapprochccs , elles sont toujours foibles, M elancees , languissantes et peu productives. Or, si dans un. 3J champ seme epais , tons les grains germent et pous'sent ii-la- 33 fois , les raclnes , au lieu de s'etendre et de se ramifier, se 35 rencontrent , s'entrelacent, et se nuisent reciproquement 33 Que les cultivateurs fassent un instant taire leurs prejiiges ; >3 qu'ils arrachent, au mois d'avril , la plante de froment (lui 33 occupe le plus d'espace ; qu'ils la coiriparent ensuite a celle :i3 ciui dans un champ en prend le moins , ils verront que le di.i- 33 metre des racines chevelues de I'une , est devix ou tro;s fois 3) plus consideral)le que 1' autre. lis verront (|ue la semence etiiit 33 repandue a la distance de quatre a cinq pouccs , tons les grains 33 germent, poussent, talent et epient,tandis que quanil la plante 33 se trouve serree, elle est plus expos^e aux accidens et beaucoup )3 moins productive 33. TuU est tcUement persuadd que la production duLled est pro- porlionpee ET D'HISTOIRE NATURELLE; 333 |>drtioiinee aux surfaces , qu'il conseille de labourer par sillons , pour eteadre la superficie des chauijis. Quant a la quantite respective que produisent les deux especes de i'onds , interrogez les laboureurs , ils voiis dlroiit : « dans Ii » plaiue nous recueillous plus de g,=rbes , mais les gerbes four- •» nissent plus de grains dans les coteaiix ". Yoila done encore I'experience d'accord avec la theorie. Ce que Ton dit du bled-froment s'applique naturellement i toutes les autres especes de bled^ tels que le sirrazin qui se jilait particullerement dans les coteaux liumides; I'orge^ quo Ton cul- tive avec succes jusques dans les rochers , etc. Quant aux plantes leguinineuses , telles que les ycsces,les pois, les pois quarres, les lentilles , etc. , personne ne pretendra , sans doute , qu'elles croissent perpendiculaireinent a I'liorison. Et il est evident que leurs produits sont-en ralson du terrain qui les nourrit, quelle que soit la position. Hen estde mtine dcs pommcs de teire , etc. D'apres tout ce qui vient d'etre dit, nous nous croyons auto- rises i poser en principe qu'un terrain incline doit produire autant qu'un terrain horisontal d'egale surface ; mais ce principe, ainsi quetous ceux qui sont relatils a Tagriculture , ne doit pas ^tre trop generalise. II est des circoastances f[uiin{Iuentsi piiissain- ment sur la nature et valeur des terres , que ce qui est vrai dans un canton , est souvent une absurdite dans le canton voisin. Peut-etre , dira-t-on, que la cultellation ne doit s'apjiliquer qu'aux terres d'une inclinaison considerable. Mais je demanderai ce que c'est qu'une inclinaison considerable ? a quel degre elle Commence? Lorsqu'on rauradeterminee , ilfaudra s'occuper des circonstances qui empirent ou ainoindrlssent les inconveniens d'une forte inclinaison ; et comme elles varient a I'infini , il faudra convenir qu'il est impossible d'etablir d'une maniere pre- cise les rapports de produits et de valeur qui existent entre lui terrain plat et une terre d'une inclinaison quelconque. Mais je vais plus loin , et je suppose que Jes terres inclinees de toute espece valent inGniment nioins que leur base. Eh bien, je dis que I'arpenteur devroit encore appliquer les mesures sur ces surfaces telles rpi'elles se rcpresentent. Ce sont ces surfaces que les parties ont sous les yeux. Sont-elles trop inclinees , ou bien sont-elles submergees k defaut d'une ])ente conv«nable ? L'acquereur saura le f'aiie observer au vendeur , et le prix sera fixe en consequence. Ainsi , dans un terriroire dont les fonds ordinaires valent com- piunenient mille fraurs Tare , on ne donneia , par exeniple , que Tome V. Q ERMIJ^TAL an 7. Y t ■i'H JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE moltie de ce prl^ il'mi coteau dont la culture a ete negligee , et dout la terre aura ete entrainee par les causes plnviales. Nous devoiis conclure , de tons cf s fails , que , dans I'agricul- ture, I'arpentage des terrains doit etre faite par developpeiuent , et non par cullellalion. Notfi dii redacfeur. Le geographe ne pcut que suivre la methode de cul- tellalion pour lever des cartes. REMARQUES SUR L'INCENDIE DE L'ODEONj Par B.-G. S A G E , professeur et d'lrecteur de la premiere dcole des mines. J_i'effet des incendies est relatif a I'intensite du feu ; intensite qui depend de la quantite et de la nature des matieres combus- tibles. L'incendie est prompt, actif, inextinguijjle, si les bois sont resineuXj s'il se trouve des corps empreints d'huile , parce que le leu les reduit en partie en air inflammable , lefjuel enflanime par I'accp.s de I'air atniosplierique , ne peut etre eteint par I'eau qui ne fait qu'etendre et deplacer la flamme ; aussi I'eau ne peut avoir d'eflet dans un incendie, que lorsque le bois s'est charbone. On dit qu'a I'Odeon le feu s'est manifest^ dans una lose oul avoisinoit le ricleau ou toile du tlieatre ; il s est done communique aux decorations et aux chassis en sapin qui les porte. Le graml \olume d'air contenu dans la salle de I'Od^on, a servi pendant un temps d'aliment au feu, qui a decompose une partie des bois et des huiles , les a reduits en fumee et en air inflammable , lecjuel s'est repandu dans toute la salle de I'Odeon. Des que I'air atmos- pherique s'y est introduit , il s'est mel^ avec le gaz inflammable qui a brule avec explosion. De la I'ebranlement et la chute de la cliarpente du toit de I'Odeon , et le feu qiu a du se manifester par-tout ii-la-fois, puisque I'air inflammable occupoit toute la cajiacite de la salle. Le soufre , qui bruloit encore dans certaines parties de I'Odeon trois jours apres l'incendie, a pu faire croire que c'e'.oit un des auxiliaires de la malveillance ; je fus moi-meme etonne de la quan- tite de soufre que je voyois dans differens etatsjmais ayantbien I: ET D'HISTOIRE NATURELLE. 335 observe , Je reconnus qu'il ne se inanliestoit que 1^ ou il y avoit evi beancoup de lattes, de hois do cliarpente et de platras In-ules, comme dans les corridors , en face du peristyle de FOdeon , dis- foses a. quatre etages et dans reinplacement de deux escaliers en ois, qui se trouvoient vers le niilievi de la salle. Je vis que le soufre se sublimoit sous forme d'une poussiere jaune, et que dlverses scorics en offroieiit de cristallise ; mais la ilus grande quantite se montroit a I'etat de ibie de soufre calcaire jleudtre, friable, qui s'enilammoit en decrejiitant, des qu'il avoit le contact de I'air , il repandoit en meine temps une odeur de I'oie de soufre decompose ; ce qui me fit connoitre qu'il s'etoit forme du pyrophore calcaire par la decomposition du platre , lequel est , comme on sait , forme d'acide du soufre combine avec de la terre calcaire. Get acide , a I'aide du feu, s'unit avec le principe inflammable des charbons , et forme le soufre qu'oa trouve i I'etat de pyrophore ou de foie de soufre calcaire charbo- neux , dans les restes de I'incendie de I'Odeon. J'ai fait connoitre, il y a vingt ans', que ce qui rendoit le char- bon de tourbe pyrophorique , etoit la portion de selenite ou pierre i platre que les tourbes de France contiennent. Durant la carbonisation de ces tourbes , I'acide sulf'urir[ue de la selenite, 8e combinant avec le principe inflammable du cliarbon de tourbe, forme du foufre et un pyrophore calcaire. J'ai trouve , en visitant I'incendie de I'Odeon , Monette , arclii- tecte du departement et du bureau central , qui m'a dit avoir observe , dans les restes de I'incendie dedeux spectacles ,1a meme odeur de foie de soufre, et les memes effets qu'a I'Odeon. Cette production du soufre , par la calcination en grand des platras , est un fait constant, confbTme a ce que j'ai decouvert, il y a vingt ans, et qui est confirme par ce funeste evenement. Essai des mati^res retirees de I'incendie de I'Oddon. Boulon de fer calcine , entremele d'ardoises et de briques en partie vitriliees. Carreau en briques hexagones, altere par le feu , mele de sco- ries poreuses noires , et d'une matiere terreuse jatmatre friable. Scories martiales noiratres maminelonees et briliautes dans la cassure. Scories martiales cellulalres d'un brun-rougeatre, recouvertes d'une espece de frite blanche compacte. Ardoises en partie vitrifiees. Terre calcaire et gypseuse , friable , empreinte de pyrophore Vv 2 336 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE._ oiifoie de soxiirecliarboneux qui Ini donne iiiiecniileur hlenatre; cette terre , qiioif[ne peiictree d'eiii , eCant retiree de dessous leg decoinhres , repaiidoit iiae odeur de f'oie de soiifie decompose , el laissoit la trace d'uae luiuiere violette , produite par la com- bustion du soufre. Cette terre, goutee, imorlme une saveur le<2;erement styptlque. Exposee k la flamme d'uue bougie , le soufre qu'elle renfenne brule d'une maniere sensible. Un carreau en brique , sur lequel etoit dessus et dessous de cette terre colorec par le pyrophoi'e , avoit eprouve assez de feu pour etre en partie vitrilie. Platras en partie decomposes , penetres de foie "g- 4 i ^u metal , par le feu tie la lumiure j //j-e::.- du iiielal par le leu, dela lalumiere. Page 244, ligne 17, I'airmephitique , /(je3.- airatniosplierique. L E T T R E DE VASSALLI-EANDI A J.-G. DELAMETHERIE, Surle galvanisme , et sur I'origine de I'dlectricitd animale. V ous me demandez men opinion sur le galvanisme , c'est-a- dire , sur la, cause des contractions musculaires , qui s'excitent lorsqu'avec un corps conducteur du fluide electrique on touche en raeme temps les nerfs et les muscles d'un animal vlvant , ou mort depuis peu de temps. Quelle est la nature de I'agent qui produit ces commotions ? Est-ce le lluide electrique excite ou mis en mouvement par le contact ou leger frottement des metaux , ou autres corps hete- rogenes ? Est-ce I'electricite propre de I'animal , que le corps conducteur communic^ue d'une partie a une autre du corps orga- nise ? Ou bien est-ce un fluide different de I'electiicite? Voila des questions que je ne crois pas encore decidees par aucvme ET D'HISTOIRE NATURELLE. 33/ experience vraiment decisive, quoiqiie Ton ait beaiicoup eciit k ce snjet. J'ai ete un des premiers a recevoir le Meaioire du D. Galvani , dont le noiu a de justes titres a la celebrite , et apres avoir repete avec succes ses experiences, anxquelles j'en ai ajoule c[uelques-r lines des mieiines , j'ecrivis ([u'il ialloit atteudre quelqne preuve plus demonstrative pour etablir une theorie solide, ct je suis en- core a present dti nieme avis. En elf'et , apres avoir lu les expe- riences delicates et ingenieuses du profcsseur Volta , (pie j'ai repetees en grand nombre avec les memes resultats, on est jiorte a croire avec lui , que les contractions musculaires sont excitees par I'electricite des metaux , ou des corps heterogenes qui servent de conducteur, et que par conse([uent on ne voit auciine elec- -tricite animale dans les pliejiomenes observes par Galvani, les- quels dans cette theorie ne prouvcnt autre chose, sinon que les animaux sont des electrometres plus sensibles a la moindre eiec- tricite que tons les autres electrometres. Les experiences que j'ai faites avec mon electrometre a bandes d'or , paroissent conlirmer cette opinion , puisque les mohidros atonies de cire a cachcter , de cliocolat lacie siir cet iiistru- inent , etc., y donnent une electriclte senslljle;et eUe no mauque jamais de s'y manif'ester par le Irottement , pour ainsi-dire inseu- elble , qui ajieu lorsqu'on prend un petit baton de cire a cacheter, quelle (pie soitla legcjreteet la delicatesse qu'on y employe. D'oii Ton pourroit aisement croire que les animaux sout des electro- metres sensibles a I'electricite excitee par le contact ouleger irot- tement des corps ht^tt^rogenes. Mais si, coinme je I'ai ecrit au prol'esseur Volta ^ les contractions musculaires sent causises par i'electricite qui s'excile dans les me'taux par le contact, pourquoi ii'ont-elles pas lieu, lorsqu'onlroite le metal qui touche les nerf^ ou les muscles avec un corps non - conducteur ? Dans ce cas , I'electricite est pourtajit plus forte , et malgre cela on n'obtienjt aucune contraction. Cependant on avuquei'cjleciricite artilicieUe plus I'orte , soit positive , soit negative, excite des contractions. . ' Je pourrois encore ajouter d'autres reflexions a ce sujet , mais je ne me propose pas ici d'examiner la question j je passe a la theorie de Galvani , perlectionnee par son neveu Aldini. II y a quelqvie temps que ce dernier m'ecrivit que son oncle avolt la reponse h toutes les objections de Volta ; j'espere qu'il achevera cet ouvrage , et que les sciences physiques seront dans cette partie dedomraagees par Aldini, de la perie qu'elles vieniient de faire du D. Galvani. Suivant la theorie de ces deux savans prof'esseurs , le corps animal est une espece de boviteille de Leyde , oix de carreau ma- 338 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE gique : il y a exces d'electricite dans ime partie et def'aut dans une charges de la Ijoutcillede Leydeetdes carreaux magiques ; comme iln'y a que lesseiils corps conducleurs de I'electricii.e qui servent pourdeo.harger laboiileiile de Leyde , Ics inemes corps seiilement servent aiissi pour exciter les contractions ninscuiaires. Or, comme laljoiiteillcde Leyde apres quelqiies decharges ne donne plus de signes electriques , de m^ine I'animal , apres avoir souff'ert plu- sieurs contractions, demeure immobile. La nature so sert du pas- sage de I'electricite pour operer les divers mouvemens , et peut- ^tre ni^me pour la perception. Cette theorie simple, quoique appuyee par la plus grande ana- logic , et par beaucoup de plienom^nes electriques , manque pourtant encore d'evidence ; car si on compare le corps animal h la bouteille de Leyde lorsqu'on approclie Tare condncteur k la boule qui comnumique avec I'interieur de la bouteille, tandis que I'autre extremite de cet arc en touche la partie exterieure , on voit les corps legers s'elancer de la boule a Tare ; le meme phenomene de\Toit avoir lieu dans la l)outeille de Leyde ani- niale , si je puis me servir de cette expression 5 (sependant , quoique le D. Valli^ le prot'esseur Eandi et plusienrs'autres ayent ecrit qu'ils ont observe des mouvemens electriques dans I'expe- ricnce de Galvani , comme il s'agit d'une experience qui exige la plus grande delicatesse , et que la moindre haleine agissant s;ir les corpuscules legers , peut tromper I'observateur , je vous diral francliem^nt que j'ai repete plusieurs fois cette experience en changeant I'appareil , en faisant usage de feuilles d'or , et d'autros corps tres-legers , et je n'ai jamais pu m'assurer qu'il en resultat des mouvemens electriques. Que faut - il done con- cbire ? f'aut-il dire que le fluide qui produit les contractions mus- culaires , n'cst ni I'electricite metallique , ui animale, mais un autre fluide different, dont nous ignorons la nature ? Je n'oserai pas indme avancer cette ])roposition ; car n'ayant point Yexperi- mentum crucis de Bacon j^our dissiper mesdoutes, je nepuis pair consequent rien decider sur le galvanisme. Neanmoins si j'avois inie opinion a emettre , je serois porte a croire que les contrac- tions musculairessontprodnitespar le mouvemcni de I'electricite animale dirigee par les corps condticteurs de I'eloGtricito natu- relie ; car , sans alleguer en preuve de cette opinion les I'aits innombrables puljlies par les D. Gardini , Bertholon , Cotugno , Galvani, Aldini, Valli, Eandi, Giulio, Rossi , Volta , etc, j'ob- serverai seulement que dans la nature , chaque corps changeant eon etat cliiuiiquc , change aussi §ji capacite propre a coutenir le ET D'HISTOIRE NATU RELLE. 339 fluide electrique , et meine bien souvent 11 change de nature par rapport a I'electricite , comme on le voit dans les oxides metal- liques. Or , pulsfjii'll n'y a ancun doute que I'air , dans la res[)l- ration , et les alluiens , dans la digestion , ne changent d'etat chimique , Us changeront done aussi de capacite pour le fluide electrique. Read a deinontre que I'alr, dans la respiration , perd son electrlcite natvirelle : j'ai prouve ailleurs que les urines don- nent une electrlcite negative, et j'ai fait voir plusieurs Ibis aux D. Gerri J Garetti , et aux eleves ile medecine et de chlrurgle , que le sangtire desveines, donne, dansmonappareil electrom'etri- que, (decritdansleVe. vol. deV ^cademie des Sciences de Turin) une electrlcite positive ; done I'electricite naturelle de I'air et des ali- mens reste dans certalnes parties du corps en abondance , tandls que dans le nieme corps 11 y a d'autres parties qui n'en ont pas la quantite proportlonnee ^ leur capacite. Les secousses elcctri- ques quedonnentla torpllle,le gimnote, les anguilles , les chats, les rats , etc. , conllrment mon assertion : ranatoiuie exacte de ces anlmaux nous expliquera la ralson de ce pltenomene , tout coninie I'anatoniie de la torpille,qul m'a ete conimuniquee par Spallan- zanl ( 1 ) , fait voir de quelle maniere cet animal donne des secousses. SI, a tons ces faits , on ajoute que dans la torpllle les nerfs exprlment I'electricite contenue dans les muscles , ainsi qu'il est deinontre par I'experience , la theorle de Galvani doit acquerlr la plus grande probabilite ; car on pent bleu dire que si on ne remarque point de mouvement electrique en ap])rochant le con- ducteur du muscle on bien du nerf , c'est parce qit'une leiere compression est necessalre pour operer le passage du fluide elec- trique animal, ainsi qn'on I'observe dans la torpllle qui , sans une legere compression de ses muscles , ne donne point de secousse. EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CRELL AJ. -C. DELAMETHERIE, Sur la decomposition du sel sedatij" , ou acide boracique. J E suls enfin parvenu , apres plusieurs essals , a decom- poser le sel sedatlf : j'ai en un reslducharbonneux considerable, lequel detonne avec le nitre. II me reste a determiner de quelle nature e^tle sel qui reste apres que ce charbon est separe. Je vous le marqueral aussitot que mes travaux seront linis. (i) J'espere que ([uelquami se fera un plaisir de publier les nianuscrits tris- importans de ce grand homme , qui n'onl pas encore vu le jour. OBSERVATIONS m£teorologiques, faitesI r A R B U V A R D , astronoine, 1 ■; THERM OMETRE. B .\ R M E T R E. I ■ M A X I M U M. M I N I M U M. A Mtdi. M A X I M U M. Mini MUM. A Midi, ■ a ih.is. -1- n,7 a yii.m.— 7,5 -f- 9,5 a 7". m. . . 17. 9,! a ih.i s.. .17. 7,8 ^7- 8,5 1 a ih.s.. + ",i a 7h.m..4- 6,7 H- lo,i a jh.is... 17- 7,6 a 7h. m. . . 17. 6,5 I7. 6,8 3 a niitfi.. -|- 8,7 a 7h. m.4- 7,1 + 8,7 a ih. s.... 17- 9,° a 7\ ra, . . 17- 8,4 ^7. 8,7 4 a niidi. . + 10,8 a yh. m.4- 6,7 + 10,8 a midi.. . . 18. 1.3 a yh. m.. 17.11,8 18. 1,3 y 6 a ih.is. + 11.7 a yh. m4- 3,3 -i- 1 1,6 a midi.. . . i8. I.J i 8h.is.. i8. 0,9 18. 1,3 a ih.i s. + M,f a 7li.m..4- 6,3 4- 13,3 a 7h. m. . . 18, 1,1 a I'^.fs. .. IS. 0,7 18. 1,1 a midi... -|- a ih.i s. + 8 1 -1- 81 a ih. s.. . 18. 1,7 a 7h. m. . 18. 1,4 18. 1,5 IS. 3,0 7 8 7,4 a 6'\im,4- 1,1 6,7 a 8''. m. . . 18. 3,' i I'^.js... 18. 1,7 9 a ih.i s. + 8,8 a 7!'. m.4- 4,y 4- 8,6 a 7h. m. .. 18. ",! a ih.is. . . iS. 1,1 18. 1,1 lo a jli.-i s. + 9,8 a yh r S.4- «,4 + 9,8 a 9I1. m. , . 18. 1,° a 7''.is. . . 18. 1,6 18. 1,0 I I a il-.is. 4- 10,1 a 6h.jm.+ 5,3 + 9,6 a 6h i m. 18. 0,6 a I'l.is, .. 17.11,1 17. II,; 11 i ih.^s. + S,f a 7h.>.4- ;,o + 7,5 i i'>.-' ^.■• 17- 11,3 a 7h i ra. . 17. 9.8 17. 10,8 '! i ih.is. + 7,1 a 6h.im.4- 1,5 + «,4 a 8''. m. . 18. 1,3 a 7h.i s.. iS. 0,8 18. 1,1 I4 a ih.f s. H- 8,9 a 6'\im.-|- 1,1 + 7,^ a 7l'.ini. . 18. 1,0 a i''.i s. . . 18. 0,1 18. 0,8 M a midi. . + 4,9 a 6li.|in.4- 0.8 + 4,9 a miJi... 17. 11,8 a 6h.i m.. 17-11, J 17. II, 8 16 a 4''-T s. 4- l,f a 6'' jm. — 1,1 + 1,4 a jh. m.. 18. 0,5 a mill!.. . . 18. 0,1 18. 0,1 I7 a midi,. + 1,6 3 6h.jm. — 0,1 + 1,« a midi.... 18. 1,1 a Ih.i s.. . 18. 0,9 18. 1,1 18 a midi. . + 1,5 I 6\{m.— 1,7 4- 1,5 a 6h. m. . 17- 1 1,6 a 111. s. . . 17.11,3 17.11,5 I9 a jh. s.. 4- IjO a 6\jm.— 0^8 4- 1,9 a 6h. m. . . 17. 9,3 a 3''. s.... 17- 9,7 17. 9.6 lo a ih. s.. 4- i,7 a 6h.ini.— 1,5 + 3,5 a ih. s. . . . 17- 11,6 a 6h. ni. . 17.11,5 17. 11,6 il k ih.is. + f,4 a 6h.im.4- 1,5 4- 4,1 a 8l'. m... 17- 10,8 a 3h. s... 17.10,5 17-10,9 11 a ih.-i s. 4- 4,9 a 6h4in.4- 0,8 + 4,1 a 6h.im. 17- 11,0 a Ih.is.... a i'\'s... 17.10,8 17. 10,9 2-i a ih. S..-4- 5,8 a 6h.im.4- 1,0 4- 5,7 a 6hi|n.. 17- 9,0 17- 5,5 17- 6,0 14 a midi. . 4" 1,0 a 6'\^;m.-{- 0,5 -t- 1,0 a ih.i s. . . 17. 4,3 a 6h.im. 17- 3,9 17. 4.1 If a ih.is. 4- 5 5 a f''ira.-- 3jO 4- 5,4 a jh.i s.. 17- 8,0 a 6h.i rn.. 17. 6,6 17. 7,6 !;■ a ;h.i s. 4- 5,1 .\ 6\im.-- 0,4 + 4,1 a midi.. . . 17- 8,8 a 6''.im... 17- 8,5 17. 8,8 1- a midi.. 4" 1.4 a y^-\^'^' — 0,^ -^ 1,4 a eh. m. . . 17- 8,6 a ih. s.. . 17- 7,8 17. 8,0 18 .1 midi. . 4" ?,i a 6h. "1 ■ — 1,5 + 3,8 a 3h.ls... 17- 7,« a 6''. m. . 17. 6.9 17- 7,6 19 a midi.. -\- 7,9 a 6h. m.-|- 0,5 -1- 7,9 a 6h. m.. 17- 9,6 a I'^.im. . 17. 8,7 17- 9,5 50 a midi. 4" 7)5 a Jb.iS.4- 1,5 + 7.5 ^a midi. .. 17- 5,0 a b^. m. . . 17. 5,1 17- 5,9 RECAPITULATipN. Plus crrande elevation du mcrciire 18.5,51 le 8 Moiiidie elevation du mercure 17. 3,91 le 14 Elevation moyenne 17. 9,61 Pill"; grand degre de chaleur "I' 1 3,5 'e ^ Moindre dcgr^ de chaleur — 1,7 Ic 18 Chaleur moyenne -1- 5,9 Nombre de jours beaux 3 de couyerts 11 de plnie y de vent 1 j A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS. Ventose an vii. Hyg. io;,o 88, J 91,0 89,0 88,7 loo,o 100,0 i>i>.y 7S5 78,0 71,0 75>o 1U° 75.° 73.0 8+,o 88,0 87,0 8«jO 8f,J 84.0 71,0 7«,o 8ojO 78>J Vents. S. S. S. fort. S. fort. S-E. S. N-O. O. O. O. S-S-E. N-O. N-E. Calme. N-E. N. O. Calme. Calme. N-N-E. N. N. N-O. N NO. Calme. N-N-E. N. N. Calme. s-s-o. POINTS LUNAIRES. i Pleine Lune. Lunc perigee. Equin. descend. Dcrn. Quart. Nouv. Lune. Equin. ascend. Lune apogee. Dern, Quart. VARIATIONS DE L ATMOSPHERE. Quelqucs eclaircis par intervallcs. Assez beau versmidi; forte averse et grand vent a 1 hcures soir, Pluie par intcrvalles ; beau ciel dans la soiree. Quelcjues nu.iges par intervalles. Ciel charg(5 dc nuagcs et trouble. Meme temp». CicI couvert !e matin ; nuageux vers midi ; beau le soir. Ciel nuageux; brouillard le matin ; gclee blanche. Ciel couvert ; pluie fine une partie du jour. Brume dans la matinee ; cjuelcjucs (Eclaircis le soir. Couvert et brouillard cpais le matin ; quclques nuatres le joir. Pluie dans la matinee, er brouillard. Ciel couvert et brouillard ; b;au ciel dcpuis lo heutcs du matin. Quisiques nuagcs ; brouillard et gelee blanche. Ciel nuageux, Ciel couvert ; neige par intetvallc> I'aprcs-mldj. Ncigc dans la nuit et presqu:; tcu e la journ(W Meme temps. Beau ciel Ic matin jusqu'a 7 heures ; quelqucs eclaircis le soir. Couvert, assez beau vers midi. Couvert et brouillard epais le ma'in. Brouillard consiJ;rable jusqu'a midi ; beau ciel Ic soir. Quclques eclaircis. La terre convene de nclge; neige dans la joutnce. Le matin ciel couv. et brouil. beau ciel aprcs le coucher du soleil. CicI convert; brouillard et gelce blanche ; eclaircis le soir. Ciel a demi-couvert par intervalles. Ciel trouble et nuageux route la journee. Couvert le matin ; assez beau vers midi et le soir. Ciel nuageux et charge de vapeurs avant midi ; assez beau le soir. RECAPITULATION. de gelee 7 de tonnerre o de brouillard 8 de neijc . 4 Le vent a fo-.iffle du N 4 N-E 4 E o S-E 1 s y S-O I 4 N-O 5 fois r. GERMINAL c« 7. •3-12 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE NOUVELLES LITTERAIRES. PlanteS grasses de P. J. Redout^ , peintre du Museum national d'Histoire iiaturelle , decrites par A P. Decandolle , nieni- bre de la Society des sciences naturelles de Geneve. 1'^. Livraison. Chaqtie livraisoii de cet ouvrage sera composee cle six planches impriinees en couleur avec tonte la peif'ection possible , et de six I'euilles de texte , impriinees sur papier velin. Les exemplaires , petit in-folio , sont clii meine format que VHerbier de la France , par BuUiard. Prix de chaque caliier J2. francs. Grand in-folio , snr nom de Jesus , dont il n'a ete tire que cent exemplaires , 3o francs. ' A Pari^, chez A.-J. Dugour et Durand , libraires , rue et niaison serpente. « La slrigularite des formes qn'offrent les plantes grasses , 35 dit I'auteur , la beaut^ des flevirs dont qiiclques - unes sont 33 parees ; les circonstances extraordinaires de leur vegetation j Dj tout a contribue k attirer sur elles les regards des botanistes. ■>■> Mais rimpossibilite de dessecher ces plantes , d'en former des « herbiers, et par consequent de les etudier dans le silence et le y> loisir du cabinet, et de les comparer ensemljle , a depuis long- » temps ele sentie par tous ceux qui se sont livres a I'etude du » regne vegetal ». Ce sont ces motifs qui ont determine les estimables auteurs de cet ouvrage. On connoit tous les talens de Redout^ pour rendre la nature avec la plus grande verite. DecandoUe a fait les descrip- tions avec le plus grand soin. Ses phrases sont en latin et en fran^ais. La description de chaque plante est sur une feuille separee , et chaque planche ne contient qu'une plante ; ensorte que le lecteur aura la liberie de les arranger suivant le systeme qu'il pr^ferera. C'est ainsi que deyroient etre faits tous les grands ouvrages do botanique. * ET D'HISTOIRE NATURE LLE. * 343 i(2 Thysique rdJii'Ue en tableaux ralsonnSs , ou Vrograjnme du cours de Physique fait a I'EcoIe polytechnique , par JE. Barruel, examinateur des Sieves de la meme ecole pour la chimie et la physique , i vol. grand inl\. A Paris, cliez Baiulouin , imprimeur du corps legislatif et de rinstitut national, etc.; se trouve chez Oljeliane, a I'Ecole polytechnique. La physique est si eteiulue , que c'cst sans doute rendre im ^rand service a ceux qui s'en occnpent, que de lour en presenter les resultats sous un coup-d'oeil clair et precis. C'est ce que fait I'auteurdecet ouvrage,dans Tingt-un grands tableaux ou il gon- sidereles diverses projirietes des corps jsavoir : VStendue, Vimpd- netrabilitd ,\d^ mobilite yY inertie , la gravitd , \a porosite , la so- noriie , XaJfinite,\\caloricite , YdlectricitS , V elasticity , Ja soli~ clitS , la liquidite , Xs. gazeitd , la capillaritd , V h^is^rometricile , la metdoricite , la cristallisabilitd , la clarte ( c'est I'objet de I'optique), le magndtisme,\e galvanisme. Piusieursdeces tableaux sont sub-divises, ce qui en tonne trente-huit. Chacuu presente les principaux phenomeiies des objets qu'il traite. Tableau de comparaisoii pour conno'itre les poids decimaux ct I'dgalitd des poids de marc. Prix un franc , un vol. in-24. A Paris, chezBelin, imprimeur-libraire , rue Jacques, n". 22, Ce petit talsleau est fait pour fkciliter les rapports des nou- veaux poids avec les anciens. On ne sauroit trop multiplier ces sortes d'ouvrages. Cours d' Arithmctique decimal e , ddmontrde analjtiquement, en parallele avec I' arithmctique vulgaire , avec I'application aux nouveaux poids et mesures et h. toutes les operations de com- merce et de finance , depuis I'addition jusqu'iY .I'extraction des racines carrees et cubiques , contenant huit tables de reduction des anciens poids et mesures de tous genres en nouveaux , et des nouveaux en anciens ; six figures representant des mesures de capacite et agrairesjune methode nouvelle et facile pour le cal- cul des interets , et des interets des intcrets ; la maniere de cal- culer les interets des fonds d'avance d'un compte courant , sans le secours ducalcul par eche](|^et les regies de societe et d'al- liage. Pour f'aire mieux ressortir d'une part la simplicite et I'uni- f'onnite des principes du calcul decimal , et de I'autrela diffusion et la divergence de I'arithmetique viilgaire , on a resolu les pro- blemes suivant I'un et I'autre systeme. Oviyrage utile aux citoyens de tous les etats , par Lewal , sous- Tvf/ jO^TRNAL DE physique, DE CHIMIE.etc; chei k la coinptabilite natlonale. A Paris, chez Besse , iinprimeur, place Maxibert , 11°. 41 • 1 vol, in-8. I.e litre de cet ouvrage incUque assez les nomljreux avantages qii'il renf'enne. Nous ajouterons seulemeiit qu'il est fait aveo IJeaucoup de precision el de clart(5. TABLE Df S ARTICLES CONTENUS DANS CE CAHIEH. 1 ABLEAU analytique de la monographie cles saxifrages des Pyrenees^- par Philippe Picot-Lapeyrouse. Page 261 ObservaCioiis sur line argille feld-spat./iieler ici , ce que j'ai suffisaniincnt proiive ailleurs (i); savoir , que la chaux n'etoit nuUement existante dans la pierre calcaire , quoique ce soit avec une partie des principes de la matiere calcaire que la chaux a etc fbrniee par la calcination, ]c diiai que dans cette operation , qui n'est qu'une torrel'action lonf;,-tenqis soutenue , il est evident f|ue le fen calo- rique s'est fixe lui-meme dans les residris de la matiere qn'il a dunaturee. D'apres cette consideration , on ne doit plus douter qu'il ne se fixe aussi , mais plus ou moins , dans les autres ma- tieres , lorsqu'elles sont f'ortement exposees a son action. De menie que de I'eau liquide , sounuse k Taction du feu calorique , a fair lihre , n'en peut rt'unir et conserver dans sa masse qu'une quantite veritahlement limitee , quantite qui la met en ebullition ; de meme atissi il y a un terme posltlf dans la (piantire do feu qui peut se cuaiuler et se lixer dans un corps quclconf|ue. Ainsi , dans la calcination de la matiere calcaire , les residus fixes de cette calcination, c'esL-a-dire , les masses de chaux viue, C|ui fornient ces residus, sont charges d'une quantite abondante de fen ([ui s'y est fixe, et qui s'y trOuve au tenne de la plvis grande cumulation que la nature de ces resi^ius puisse admettre. Les chimistes d'abord ayant pense que le feu calorirpie divisoit tout ce qui est separable , et que sans se fixer lui-tneme dans avicune des matieres sur lesquelles il agit , il separoit jusrpi'au dernier terme , les principes de' tonte espece de compose soumis il son action : ensuite ayant fait atteindre aux residus de la craie calcinee par le degre de feu qu^on emy^loLa ordiuairement pour cette calcination, le terme ou ces residus ne pcnvont plus fixer davantage de feu dans leur substance ; ils en ont conclu que ces meines residus, c'est-a-dire , que la chaux vive etoit une ma- tiere simple , qu'elle etoit constaminent existante dans la nature et qu'elle faisoit la base de la craie. L'erreur clans laquelle on s'est laisse entratner a cet egard , vient de ce qu'on n'a pas fait attention que le feu calorique se fixoit lui-meine dans les corps denatures jiar son action; et que lorsipi'un corps en contient par cette voie, toute la quantile dont il peut ^tre charge , il n'en peut acquerir davantage. En expo- sant ce corps a une plus longiie et sup-tout k une plus forte (0 Voycz mcs Mimoires de Physique et d'llistoire naturcUe , p. 16 a 25* ET D'HISTOI RE NATU REL LE. 35i action du feu calorique , il parolt f|ue_non-seulement il ne s'y fixe plus de i'eu , mais meme qn'a. la fin il perd nne grande partie de celui cpii s'y etoit fixe, et (jii'alors il recoit unc alteration d'nu autre ordre. Voyezles Opuscules chimiques de BaumS, pag. 41, n". i4- Que Ton reflechisse bien snr I'iinportance de cette considera- tion , et Ton sentirasans doute tonterinilucnce (pi'elle doit avoir dans les conse(|uences cpi'on pent tirer des residtats d'un grand noadjre d'operations chiniiijues. Passons a une autre consideration qiu pourra nous fbnrnir nne nouvelle preuve de la fixation du feu dans les corps fortement exposes a son action. En parlant de la metallisation , dans vaesMemoircs de Thy. sique et d'Histoire naturelle (pag. 353. ), j'ai dit , cc Unir a certains composes terrenx apjjropries , nne quantitd » de feu carbonique asscz ahondante pour conslitucr I'etat metal- s' llque, est nne operation qne la nature salt faire , que I'art a " iinite sans le savoir, et qu'il est parvenu a executer «. En effet , I'art, au moyen du feu calorique intense de nos fourneaux de forges , parvient k combiner avec des matieres fixes composecs terreuses , on avtc les residns.ijxes de divers composes , une telle abondance de feu (|ui s'y ^xe dans I'etat carbonique , qu'il metallise reellement ces matieres. Ceux ce- pendant c[ui font ces operations , croyent ne faire autre cliose qu'extraire des matieres sur lesquelles lis operent , des metaux qui y existoientdeja. lis ne font pas attention que par I'operation (ju'ils emploient , ils favorisent la fixation et la cumTilation de la matiere du feu, dans un compose qu'ils ontredult a I'etat propre a se combiner avec cette matiere ; et qu'enlin ils mettent ce compose dans le das dp contracter une union intime avec Ijeau- coup de feu , qui s'_y fixe dans I'etat carbonique , en sorte que par cette voie ils parviennent a le irausfonner en uii veritable metal. C'est 1^ veritablement ce qui arrive tons les jours dans cer- taines operations des chimistes , et dans nos fourneaux de fonte. Le fer, par exeraple, est un metal que riiomme forme avec des matieres qui n'en contiennentnullement , mais qiii sont dans un etat propre a pou\oir y etre assez facilement transformees. Cette metallisation est si facile f|u'on reussit meme a former du fer avec presqiie toutes les matieres composees conjiues, lorsqu'on en pent oljtenir des residus fixes. Ceux cpii formeut ainsi du fer , s'imaginent^ comme je I'ai deju dit, ne faire autre cbose que de X 352 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE retii-er et purifier ce metal qu'ils supposent que la nature a elle- nieiae i'oraie et cache dans ces diflerentes matieres ; et coinine il est peu tie substance coinposee , avec laquellc ils n'aient pu en Ibnuer , quoique ])liis ou uioins , ils ont dit que le far etolt re- pandu par-tout dans la nature, que c'etoit lui qui coloroit tousles corps, que le sang lui devoitsa couleur rouge, etc. : malheu- leusemeut pour I'hypothese , on a fait du f'er avec dii lait , ce qui a beaucoup dluiinue la valeur de cette partie de la theorie recue. > J'ose le dire ; le fer , oljtenu par les operations connues pour en former, n'etoit pas plus contenu dans les matieres sur les- quelles on a opcre , que la sule et les cendres obtenues apres la combustion n'etoientcontenues dans les matieres qu'on abrulees. J'ai deji fait voir {^Memoires de Physique. §. Sao. ) , que les pyrites et les minerals n'etoient que ties matieres qui avoisi- noient I'ctat metallique, et auqliel il ne manque, pour y arriver, que les circonstances propres a en faire eKlialer certains priucipes ttes-peu fixes, et ensuite tpie I'addition de la quantite dc feu lixe carbdnique necessaire k la metallisation. C'est done Toperation meme de la nature ( paragr. SaS.) que Ton imite , ei^grillant d'abord les minerals, ce qui en fait dis- siper le soutW, ou d'autres matieres volatiles, que I'tjtat de metal ne peut admettre en combinaison Intime ; et ensuite en cumulant sur ces matieres , et en combinant avec elles, par le moyen d'une longue fusion dans nos fourneaux , et de I'addi- tion du charbon qui fournit son feu fixe , en cumulant, dis-je , line quantite considerable de feu qui s'y fixe dans I'etat de feii carbonique , on les transforme complettement en mtJtaiix. La fusion ne reduit les chaux, ou oxides metalliques , que parce qu'elle fouridt ik ces matieres la circonstance , I'etat et le moyen qui peuvent leur faire acquerir assez de feu lixe pour changer ieur combinaison et les metalliser. Si, a la plupart des chaux ou minerals metalliques , il faut joindre, en les fondant , certaines matieres abondantes en feu fixe, pour alder ou oljtenir leur metidlisation , il sulfit qu'il y ait certaines chaux nietalli- f[ues ( celles, par exemple , de mercure , d'argent , d'or , etc. ) , qu'on ait pu revivifier ou reduire sans addition , pour ([u'il soit evident que c'est uniquement a la fixation du feu dans ces ma- tieres , qu'on doit leur metallisation. Si certaines chaux metalliques nc peuvent etre retablies dans I'etat de metal par la simple acion du feu calorique , mais sont reduites lorsqu'en les soumettant a cette action , on les a melan- gees avec des matieres abondantes en feu fixi carbonique , comine ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 353 comme du cliarbon, des resines , des liuiles , etc. C'est appa- remment parce que I'etat de cos chaux exige un feu plus dense , pour pouvoir etre combine avec lours parties , et que le feu calorique , tel que nous I'employons ordinairement , n'attein- droit pas lui seiil ce degre. Qii'on rellecliisse bien a ce qui arrive reelleraent aux inatieres qu'on ajoute et qu'on melange avec les chaux raetalliques qu'on vent reduire, on sentii'a qu'il n'y a que le feu lixe de ces ma- lieres ajoutees , qui vient se combiner dans les chaux metalli- ques, et que ce ne sont pas les matieres ellesniemes qvu se conibinent dans les chaux en question. Ainsi du cliarbon , ou des resines , ou des huiles, qu'on melange avec des matieres a m^talliser , ne viennent pas, conservant I'integritedeleur nature, se combiner avec les substances a metalliser. Ces memes matieres abondantcs exvfeu fixd carbonique , se decomposent , pendant leur exposition , a une forte action du calorique .; en sorte que leur feu fixe quitte alors la base qui le fixoit , se trouve neces- saircment libre dansl'instant meme du changement qu'il eprouve, et pendant qu'il est encore tres-dense , il passe et se fixe de rechef dans la substance a metalliser , qui se trouve alors dans un etat propre h. pouvoir se combiner avec lui , et en recevoir I'etat metallique. La metallisation des minerals , ce que d'autres appellent leur reduction, , s'opere exactement par la meme voie que la reduc- tion des chaux metalliques. C'est de part et d'autre , la trans- mission dans ces chaux metalliques , ou dans ces minerais, d'une quantite de feu carbonifjue , qui se degage drnjlux de reduction , c'est-^-dire , des matieres ajoutees dans le fourneau de fonte , Ta se fixer dans le mineral incandescent et en fusion , et a la fin le porte h. I'etat metallique. Le perfectionnement graduel de la metallisation se fait sentir d'une maniere evidente dans les differentes fontes que I'on fait subir au fer , a raesure qu'on le forme ; et la cause connue , qui le transforme lui-meme en acier , qui n'est qu'un fer perfec- tionne , suffit pour faire sentir le fon dement de tout ce que je viens d'rxposer. Les chimistes n'ont pas manque de s'appercevoir eux-m^mes de la fixation du feu dans les matieres dont je parle, lorsqu'on les soumet aux operations que j'ai indlquees ; mais les expres- sions qu'ils employent pour rencbe ce qu'ils ont observe , chan- gent les idees que I'on doit se former de ce qui a verltablement lieu a cet egarcl. Par exemple , ils disent a cette occasion que lo fer a avec le Tome V. FLOREAL an']. Z a 354 JOURNAL I5E PHYSIQUE, DE CHIMIE carbonne une si grande afiinite, qu'il Tenleye aux matieres qui peuveiit hii enfbiunir , et que par sa coinbinaison avec le car- bone , le fer se transforine en acier (i). Pour complotter leur idee , il f'aut qu'ils disent encore que les minerais de i'er , par exemple , out tan t d'a f finite avec le carbone , que quand on en a fait dissiper parle grillage tout ce qu'ils con- tiennent de volatil , ils peuvent alors se combiner a I'aide des moyens connus avec une.quantite de carbone sutHsante pour les transformer en fer: ce sera sans doutcune assertion tres-fondee. Mais qu'est-ce done que le carbone dus chimistes I ' C'est precisement ce que Sthal \\ovava.o\\.phlogistique, etqu'il a mal defini ; c'est c6 que d'autres ont nomine principe injlamma- ble , sans s'appercevoir ou reconnoitre suftisamment f[ue ce prdiendu principe , n'est qu'un etat particulier de la matiere du feu ; c'est enfin ce que je nomnie feu fixJ , parce que c'est reel- letnent la matiere du fen lixee dans les corps. Mais comine le feu (jui est fixe dans les corps , pent s'y trouver sous deux mo- difications tres-dilferentes par I'effet de son etat decombinaison, j'ai appel(5 feujixd carbonique , celul qui est la base de toute combustibilite , el feu fixe acldfique , celui qui est la cause de toute salinite ([uelcon(|ue (2). D'apres les faits relatifs a la metallisation , ;i la calcination calcaire, et a d'autres qite je viens de citer , je crois etre fonde a con dure , Que \efeu calorique a nud , c'est-a-dire , exerqant son action par la voie seche , n'agit sur les corps , comme instrument sim- plement mecanique , que lorsqu'il n'attaque point I'etat de com- binaison des principes de ces corps , c'est-a-dire que , lorsque s'introduisant seulement dans les masses resultantes de I'aggre- gation ou de I'agglutination des molecules essentielles , il mo- difie simplement ces masses , soit en les dllatant , soit en les liquefiant, Soit en volatilisant leurs parties. Mais lorsque le feu calorique a nud s'introduit entre les prin- cipes constituans d'un compose quelconque, et qu'il en altere I'etat de combinaison , separant et faisant exlialer ceux qui sont vola- tils , il me paroit evident , d'apres les faits ci - dessus cites , qu'alors le feu calorique n'agit plus uniquement coranie un ins- trument simplement mecanique , puisqu'ii 'se fixe lui-meme dans (1) Rapport a I'institut, des experiences de Clouet, sur la conversion du fer en acicr, par Guy I on , page 5. (2) Vojei rues Mimoires de Pliysique , page i44 •» '7ii ET D'HISTOIRE NATURELLE. 355 les residus de tout genre du compose qu'il a denature, et qu'il f'ui-ine avec ces residus un ou plusieurs composes nouveaux. Noiis allons voir que le meme feu calorique , agissant par la yoie humid e , offre des resultats analogues, c'est-k-dire , S-peu- pres semljlables. SECONDE PARTI E. De r action dufeu employe comme instrument chimique par la voie liumide. Je vais essayer de faire connoitre un instrument employe continuellement par les cliicnistes , instrument dont ils ne peu- vent se passer, sanslequel ils ne peuvent faire aucune analyse , et cependant qu'ils meconnolssent tellement qu'ils attribuent a d'autres causes les resultats de son action et de ses facultes. Cet instrument est li matiere du feu , agissant non a nud , mais iiar la voie huiriide dans toutes sortes de dissolutions et dans les fer- mentations intestines. Dans une science quelconque , lorsqu'une erreur (fut-elle I'unique), s'introduit dans ses principes fondamentaux , I'in- fluence de cette erreur porte necessairement sur la iheorie entiere. Toutes les consequences alors sont defectueuses , je puis meme dire fausses, quoique pouvant etre etaLlies par des hommes d'un grand merite et d'un jngement tres-solide ; en un mot , S^uoiqu'on ne puisse pas dire d'elles qu'eiles sont le fiuit d'uri aux raisonnement. En elfet , quelque juste que soit par-tout le raisonnement , quelque fondees que soient toutes les conse- quences qu'un raisonnement juste force d'etablir , ces conse- quences seront toutes erronees , si la base d'oi\ I'on part repose sur une erreur. II est done possible qu'une theorie physique , par exemple , soit erronee dans toutes les ■consequences qu'elle force de tirer des faits memes que I'on considere , sans qu'aucun des raisonnemens , qui etablissent ces consequences, sdft veri- tablement faux. Dans la theorie chimique , maintenant la plus accreditee , quelques-uns des principes fondamentaux de cette theorie sont sans doute dans le cas d'exiger un nouvel examen ; 1". Parce qu'on ne sauroit mettre trop d'attention et trop de soins 'k s'assurer du fondement des principes d'ou Ton part ]iour raisonner , quoique dans toute theorie , le raisonnement soit Z z 2 356 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE reellement appuye sur la consideration d'une quantite de faits quelconques (i) ; 2°. Parce qne , dans les differens ouvragcs de physique que j'ai pulilies, je crois avoir fait voir que quf.l:jues-uns des prin- cipes fondanicntaux de la theorie cliiinique, malatenant accre- ditee , etoient non-seulement tres liypotheLi(|ues , mais meme mollis vraiseuiblables et moins confonnes a ce qu'indique la generalite des faits , que ceux que je suis parvenu a decouvrir. Sans vouloir rappeler ici les objections esseiitielles que j'ai faites contre ics principes fondamentaux dela the.irle chiiuique, actuellement doniinante (a) , oljjcctious ([ui subsistent et cou- servent toute lenr force , puisqu'on ne les a pas detruites ; je dirai c|ue I'iugeuieux roman des attractions de composition , c'est - a - dire , des attractions electives , public par le celebre Bergmann , n'eut pas ete imagine par lui , si cet habile chimiste se fut doute que les elt-mens des corps n'ont en eux-nieines au- cune tendance k la combinaison ; eti sorte qu'ils ne suhissent reellement cet etat de ge:ie et de inodiiication de leurs facultes , que lorsqu'une cause etrangereles y contraiut. J'ai fait une demonstration assea rigcuireuse de ce principe , pour qu'on ne' puisse le rehiter solidement, et j'ai fait voir que si I'attraction universelle , demontree par Newton , peut etre la cause de I'asaregation des molecules d'un grand nombre de corps , cette attraction n est jamais la cause essentielle qui opere les combiuaisoiis. Mais les pliysiciens , domines par I'oplnion ancienne que les Clemens des corps tendent eux-m^mes k se comlnner les uns avec les autres, n'ont pu jusqu'a ce jour entrevoir la cause reelle des combinaisons premieres , ni des fliits organiques les plus essen- tiels ; et par consequent ils n'ont pu s'appercevoir de celle qui porte les principes des corps a se degager , lorsqu'ils sont enchai- nes par la comljinaison. Ainsi la cause des fermentations et des dissolutions a du necessairement leur echapper. II a done fallu imagir*r , a la place de cette cause qu'ils n'ont pu connoitre , des (i) Toujours dire qu'on ne parle que d'apr^s les faits ! qu'esl-ce qui ne sait pasqu'en con^deranl les faits connus , on peut cependant imaginer une theorie tres-fausse? Ne sait-on pas que la soliilite d'une theorie depend necessairement de celles des bases de raisonncraent qui l,i fondent ; et qu'enlre une hypolh^se specieuse et un piincipe tres-fonde, rhonune entraine par des prejuges non de- tiuils, pourra preferer I'hypothcse. (a) Vojexma Refucalion de la cheorie piieumatique , page 4Sa. ET D'HISTOIRE NATUR ELLE, ojj liypotlieses pour rendre raison des falts oljsery^s , et Ton sent Lien que les plus ingeiiieuses de ces hypotheses ont du etre ac- cueiUies; c'est ce qui est en effet arrive : voil^ I'etat des choses. L'ancienne chimie s'etoit fbrinee sur les dissolutions une idee entiereincnt fausse. On croyoit que ce qui se passe entre un dissolvant en contact avec un corps qu'il dissout, n'e'ioit autre chose que le resultatde la tendance qu'ont les parties integrantes des deux corps a se combiner ensemble ; et Ton pensoit' que la chaleur qui se manifeste pendant les changemens qu'opere la dissolution , etoit uniquement due a la reaction des parties. La chimie moderne et adniise n'a redresse aucune de ces er- reurs. Les chimistes , qui en sont partisans , toujours domines par I'ancieTine idee d'une pretendue tendance a la combihaison entre les principes constitutifs du dissolvant et ceux du corps a dissoudre , I'ont accommodee a leurs idees particuUeres ; et ils ont meme encheri a cet egard , en ajoutant au prejuge existant, celui des attractions electives. Je crois avoir presente dans raes Memoires (i) siir les disso- lutions en general, et particulierement sur la tendance qu'ont les principes constitutifs des decomposes a se de>. page iii. 358 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE niiennes, j'ai tlu les faire connoitre ; et je dois continuer cette entieprise, parce que je crois que cela peut etre utile. Maintenant je vais done essayer de pronver que dans toutes les dissolutions et- dans les fermentations , le feu ([ui est fixe dans les matieres qui subisserit cos actes cJiiiniques, est le principal agent des mutations (jui s'y executent. Je vais ensuite faire reinarquer que ce feu qui se trouve dans un etat partlculier, qui lui donne cette faculte ^ est un instrument que les chimisteseai|iloient dans leurs operations par la voie liumide, sans le connoi re , attri- buant tous ses efiets a d'au^tres causes supposees; qu'enliu , cet instrument, qui est le m^me dans le fond que le calorique i nud , ii'est pas iion plus uniquement mecanique. Pour ramener a cette consideration fondamentale dont on s'cst si fortement eloigne , il faut rappeler que le feu qui. est fixe dans les corps , n'y est jamais dans son etat de rarit^ natu- relle, (lu'il nc pourroit pas etre fixe s'il y etoit dans cet et it ; el qu'k I'instant de son degagement, il ne jxiurroit pas se trouver dans I'ctat de feu calori(|ue , comme il s'y trouve toujours , si dans son etat fixe , le feu n'etoit fortement rcsserre , condense , et dans un etat de compression extreinement considerable. Je crois avoir suffisamment deyeloppe ailleurs (i) ^^ fondement de cette verite , pour qu'il ne soit pas necessaire d'y revenir ici. D'apr^s la consideration qui precede , et dont j'ai donne d'amples developpemens dans mes ouvrages , il est evident que le feu qui est fixe dans les corps, y doit etre, selon I'eiat de la corabinalson des principes de chacun des corps qui en con- tiennent , tantot la base de toute combustibilite ( tel est celui (jue je nommejeu fixt^ carboiiique ) , et tantot le radical de toute espece de salinite (tel est celui que i's^^eWeJhuJix^ajidifique). Or , comme il est connu qu'il n'y a de dissolutions possibles qu'entre des matieres dont au molnsuneestveritablement saline, c'est-i-dire , contient Aufeujixe dansl'etat acidijique , il n'est done plus permis de douter que ce ne soit principalement la matiere du feu qui agisse dans toutes les veritables dissolutions. En effet , ce feu imparfaitement fixe dans les acides , dans les alkalis , dans les liqueurs vineuses ou spiritueuses ; enlin dans les matieres savoureuses et odorantes , s'y trouve doue d'uue ten- (i) Vo_yez Jans mes Memoires de Physitjuc et d'Hiitoire naturelle , le 6« meruoire , page i3i , qui traite de la maiiere du feu. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 3% dance si grande au degagement , et si facile a s'elfectuer , qu'il n'a besoin que dii contact d'une autre matiere qui , par ^a na- ture, peut favoriser refi'ectuatioii de sa tendance , ou ses progres dans une moindre concentration, et qui devient pour lui vine .provocatrice utile a son degagement (i). Alnsi, lorsqu'onniele un acide avec une autre matiere provo- catrice du degagement de son y^z^ acldifique, dans I'instant meme du melange ou du contact mntuel dcs deux matleres en question, et sur-tout dans celui on I'une de ces matieres penetre entre les parties de I'autre , il se fait aussitot un changement dans I'etat de comhinaison des principes des deux matieres dont il s'agit , une desunion totale de ces memes principes ; enlin , un degage- ment reel d'une partie desfluides elastiques aiiparavant combines , et sur-tout d'une partie du feu fixe qui est alors necessairement change en feu calorique. II se fait aussi , a la faveur de cette desunion , des principes des deux matieres niises en contact , une ou plusieurs combinaisons nbuvelles , que les circons- tances ou I'abondance de certains principes favorisent necessai- rement. Ces combinnisons nouvelles sont prouvees , i°. parce qiie les resultats de I'acte chimique de Ja dissolution , ne sont pas la separation subsistante de tous les principes auparavant com- bines ; 2°. parce que les composes qui sont produits par suite de Facte de la dissolution, ne sont jamais les resultats de I'nnion de la totalite des principes , qui constituoient auparavant les deux matieres melangees ou mlses en contact, puisqu'une partie de ces principes s'est exlialee ou degagee pejidant la penetration de ces deux matieres; 3°. parce qu'enfin on ne pent reproduire k volonte les deux matieres en question, et dans leur quantite premiere , qu'en sacriliant une ou plusieurs autres matieres qui puissent par leur destruction fournir le complement des prin- cipes necessaires pour les retablir. Vojez dans mes Mdmoires de Physique le 5. i34. II est done evident , d'apres ce qui precede , que I'actlon du feu par la voie humide , c'est-a-dire , par la voie des dissolu- tions , est a tres-peu-pres la meme tpie celle du feu par la voie seclie , c'est-i-dire , par celle des combustions , des calcina- (1) Voycz en enlier , dans mes Memoires de Physique et d'Hiitoire natu- relle , I'arti pag. i5a , qui traite i,\x feu acidifiqne. 36o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tions , etc. piiisque dans I'un et I'autre cas, il se fait des des- tructions de comljinaisons existantes , et presqu'en merae temps des combiiiaisons notivelles. Dans toutes ces operations ( les dissolutions , les combustions , les calcinations , etc. ), Ton peut assurer que si, d'urie part le feu divise les corps et en separe des parties . en agissant comme instrument mecanique ; de I'antre part, en se fixant plus ou moins abondamment , et se combinant avec une partic des prin- cipes des corabinaisons qu'il a changees , ce meme feu forme aussitot des corabinaisons particu.lieres qui n'existoient pas au- paravant. Tels sont les resultats de Taction du feu , soit parla voic seclie, soit par la voie humide , resultats qu'on ne sauroit solidement contester. > . , I,e compte que Ton doit necessairement tenir des effets du feu que je viens de mcntionner , prouve que le feu, soit par la voie seclie , soit par la voie liumide, ne doit jamais etre employe pour faire Tanalyse d'un compose quelconque , c'est- ;\ - dire^, pour en s^parer et en presenter k part les veritables principes cons- tituans. Mais, disent les cliimistes, dans les analyses que nous faisons maintenant , nous decouvrons avec certitude les veritables com- posans des substances que nous analysons ; en sorte que nous pouvons assurer qu'en analysant des substances vegetales , ou des substances animales , nous parvenons a connoitre tres-posi- tivement la quantite.de carbone , d'liydrogene , d'azote et d'oxi- gene, dont chacune de ces substances est composee, nous de- couvrons en meme temps les premieres complications , ou les premii^res tuiions de ces principes', d'oii resultent I'ammo- niac , le nitre, I'liydrogene carbone ou sulfure, etc. etc. De meme nous parvenons a connoitre , en analysant des substances minerales , combien elies contiennent de parties , soit de silice , soit d'alumine , soit de fcarbonate de chaux , soit de tel ou tel oxide , etc etc. Et moi je me crois tres-fond^ a assurer que rien de tout cela n'est exact , et que toutes ces pretendues analyses sont autant de faits mal jug^s, puisque pour les faire, on a employe Taction du feu , tantot par la voie seclie , tantot par la voie humide , et presque toujours par Tune et par Tautre dans le cours des ope- rations qu'il a fallu executer pour les terminer. Conclusion. . ET D'HISTOIRE NATU R ELLE. 36t Conclusion. Qiiand les chlmistes feront leurs analyses , sans alterer la Substance a analyser par le feu caloriqiie amid, et sans f'aireusane d'aucune matiere saline , c'est-a-dire de I'actiou du i'eii par la vole humide ; eniin qnand ils n'employeront que des instrumens doiit Taction sera uniquement inecaniqiie ; alors je croiral que les produits de leurs analyses etoient veritablement contenus dans les matieres qu'ils auront analysees (i). QUATRIEME MEMOIRE Sur la matiere verte qu'on trouve dans les vases remplis d'^au , lorsqu'ils sont exposds h, la lumi^re , de meme que sur les conjerves et tremelles , considerees relativementa leur nature et a leur propriety de donner du gaz oxigene au soleil; Par Jean. Senebier, Bibllotliecaire de Geneve. S. V. Des animalcules observes dans la matiere verte. J E remarqiterai d'abord que , quolque le nombre des especeS d'aninialcules , observes dans la matiere verte , soit assez grand, il est cependant borne i quelques -unes qui sont plus communes que quelques autres. On doit aussi faire attention que Ton ne trouve pas dans le meme temps toutes les esp^ces; on ne les voit souvent que les unes apr^s les autres , mais il y en a pourtant qui sont penna-. nentes jusqu'k uncertain point. J'ai eu I'occasion de remarquer, en suivant ces observations , que les plus grosses especes d'animalcides sont les moins nom- breuses : cette analogie s'observe dans les autres animaux. (i) Si apres tivoir lii ce Memoire , et suffisamraent roedite tout ce qu'il coii- tient ,1'otiprend la peine d'exariiiner en enlier, dansmes Memoires de Physique et d'Histoire nuturelle , rartii:le page 3i6 , oil je traite de la thaorie des corps bruis , 1)11 sera in.viiablcment frappe par la force des raisons qui appuyeni 1^ theorie vpie j'ai publiee. Tome /^. F L 11 E A L ^« 7. A a a 8<)2 JOURNAL OE PHYSIQUE, DE CHIMIE Enfin , si Ton a cru que quelques espi^ces se cliangeoient en tl'autres, par des metainor])hoses qui ii'etoient pas celles des iiisectes,quoi([ii'on aitvoulii loscomjiarcr, il lue paroit (|Xi'on s'est tronipe , p.irce qii'on ii'a pas vu rpi'mie cspcce succedoit a line autre , et c[u'elle ne paroissoit la ineine que parce (]ue la race perissante etoit rcmplacee par iiiie iiouvelle qiii se nianil'estoit. On ne soupconneroit pas que les mesanges se cliangent en lii- rondtlies , parce que celles-la quittcnt notre pavs quand celles-ci y arrivent. On ne s'est persuade que les clienilles se metamor- phosoient en papillons , qu'apres avoir vu que les mernbres du pajDillon etoient encaisses dans ceux de la chenille. Entre les animalcules observes avec la nuitiere verte , il y en a de globulaires transpai^ens , sans couleur ; ils sont tres-petits , mais ils ne sont pas ceux dont la petitesse est la plus reniar- quable , ils me paroitroient seulement la preceder. J'ai vu avec ceux-ci des animalcules a pinces dans leur partie anterieure , des anguilles de divcrses esp^ces , diflerens polypes i cloche , plusieurs animalcules i\ tourbillons, des rotiferes. Les plus petits globules me semblent I'espece d'animalcules la nioins nom- breuse , mais la plus constante. Les animalcules , qui ont la forme d'une navette , sont pour I'ordinaire ceux qui sont les plus abondans. Le nombre des animalcules, observes dans la nieme goutte avec la matiere verte , est assez varie ; il est tres-commun d'en observer pluieurs especes dansle meme moment. Pour avoir un grand nombre d'animalcules vivans sous les yeux , il ne faut pas exposer le vase ou est la matiere verte au frand soleil. Est-ce la clialeur ou la lumiere qui les tue ? Je sais ien que les vases restes dans Tombre a cote du soleil , en con- tiennent beaucoup , et qu'il n'y en a quehpefois point , ou du moins qu'un tres-petit nombre dans les vases exposes directe- ment au soleil, quoique la matiere verte y donne dugazoxigene , et qu'elle y soil tres-vigoureuse. II ne i'aut pas perdre de vue dans cette recherche, Tine remar- que qui me paroit tres - propre i\ rapprocher les dif'ferentes ob- servations faites snr la matiere verte ; c'est que les animalcules , observes dans un temps , ne sont pas toujours ceux qu'on y observe dans un autre : on voit passer des families, qui sont au bout d'un certain temps remplacees jKir d'autres ; aussi Ton pcut ^tre etonnej en voyageant dans le nieine pays a diverses reprises, de rencontrer des habitans qu'on ne connoissoit pas. ■ Je ne veux faire que deux observations relatives aux opinions de Ingenliouzs. II me semble d'abord que parce qu'on voit des ET D'HISTOIRE NATURELLE. 363 corps ronds ou ovdides, animus dans I'eau oii se trouve la ma- tiere verte , 11 ne s'ensuit pasnecessairemeiit qii'ils en soyent tin6 fartie iiiteorante ; Iciirs gerines poiiri'oieiit ^tre contenus dans eau elle-iueiiie ; ils pourroient y etre amenes par I'air , et il est bien viaiseiiiblable qu'ils arriveiit de cette rnani^re , puisqu'ils ne naissent [kis dans les vases lieniietiqiiement clos. La ressem- blance exterieure des corps, qvii se meuvent spontaneraent avec ceux qui n'ont pas ce mouvement, ne sauroit prouver leur iden- tite. Si ce ^enre de mouvement leur est une propriete caracte- ristique, comment vivent - ils dans une immoliilite absolue ? et si le repos leur nuit , comment ne perisseiit - ils pas quand ils soiit forces ti le garder ? Ingeuhouzs, dans ses Vermischten schr'iften , pag. \5i. , paroit croire que les gloljules deviennent des lilets mobiles : il n'y a rien de contra dictoire dans celte opinion. Les inetamorphoses des inscctes oflrent des phenornenes plus difliclles a concevoir ; mais pour rendre cette opinion probable, il auroit I'allu marquer le temps ou ce changemeiit s'opere , comment les globules s© changent en filets, comment ces filets f'orment la raatiere verte , sur tout quand on n'y voit aucun filet, comme cela arrive c|uel- quelois. II I'alloit faire connoitre la duree du temps nectssaire pour produire ce changement , ses phases , I'iniluerce de la clialeur et du f rold , s> s clrconstances; mais il faut I'avouer , tout ccla seroit encore a faire : au moins je n'ai pu rien remar- quer qui fiat propre ii resoudre ces questions ; aussi j'ai pense qu'il pourroit arriver rpie ce changement ne se fit pas , et que chaque espece d'anlmalcules , distinguee par sa forme , piit etre toujours la meme , sans souffrir d'alteration dans la figure de ses individus; de nianiereque la disparution de quehpies especes , et I'apparition de nouvtlles apres les autres , fut un remplace- rnent d'animalciiles qui avoientperi par d'autres qui venoient de naitre. Je n'ai jamais vu les gloljules s'allonger; copendant, s'ils prenoient cet alloftgement , on pourroit en remai-quer dans un grand nombre observes souvent, quelques-uns qui souffriroient cette alteration , sur-tout quand on observe avec des vcrrcs qui grossissent beaucoup , et dans de petits verres de montre, oii il est possible de parcourir aisemeiit le chanij) des observations. J'ai prouve en 1781 dans le Journal de Physique , qu'il ne Se formoit point de matiere verte dans I'eau bouiflie , fcnnee par le mercure , et j'ai eu I'occasion de voiis qu'il pouvoit y avoir des animalcules dans I'eau , quoiqu'il n'y eut point de matiere verte , et quoique I'eau fut exjiosee k I'air. L'liistoire meme des coraux ne peut rendre vraisemblahle cell© A a%9 ?64 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE de la matlere verte , consideree comrne nne iiiche d'animalcules , puisijue ceux du corail fbrment eux - memes leurs etuis qui sont des brandies rameuses ; tandis fjite dans I'hypothese de Ingen- honzs, ils seroient des tubes droits comnie Ics conlerves. Dansles coravix, on voit les ouvertures d'ou le polype pevit sortir ; mais dans les conferves et la matlere verte , tout seroit rigoureuse- mcnt clos : au moins dans les confervas, je n'ai jamais appergu I'apparencc meme d'une ouverture. Eufin , pour donner una idee des animalcules que j'ai eu roc- casion de reiuarquer , en etudiaut la matiere verte , je vais les decrire coinme je les ai observes , en les caracterisant suivant la m^lhode de MuUer dans son Histoire abrSs;Se des Vers , dont la premiere partle est destinee a ceile des animalcules d'inl'usions. MoNAS CELATiNOSA. Est-ll orbiculairc on spherique? c'est ce qii'il est tres-dii'ficile de decider ; mais 11 est le plus petit des animalcules mlcroscoplques : c'est un point d'une substance qui paroit gelatineuse. On le trouve comnninement dans toutes les eaux , ou il y a eu quelque substance vegetale ou animale mace- ree , et il y fourmille. On I'appergolt dans les infusions de vingt- quatre heures , et meme plutot , quoiqu'il n'y ait aucune pour- riture ; on le d-ecouvre rneme dans les eaux qui paroissent purcs , et qui ne laissent reinarquer aucune apparence de ma- tiere verte. MoNAS Pi.uviscui.us , petits grains spheriques , transparens : 11 y en a de differentes grosseurs. On observe dans le milieu une f)etile ligne arquee , qui est verte ; leurs mouvemens sont vacll- ans et rapides : on les trouve pendant tout le mois de mars. Ou leur volt quelquefois recouvrir une goutte d'eau , comine si leur reunion y formoit une pellicule verte ; en general on les observe sur-tout au printemps dans les eaux marecageuses. MoNAS HYALiNA. C'est vcrltablemeut un point tres-transpa- rent; sa figure est ontre la spherique et I'ovo'ide. On voit ces animalcules se reunir quelquefois en masse en se rapprocliant , d'autres fois lis errent separes. On les oliserve souvent aux bords des gouttes qui s'evaporent , ou Us perlssent ; leur mouve- ment est blen comme dit Muller , treniuLus ; 11 commence avec lenteur , et 11 devient ensulte plus vif. On en remarque quelque- fois deux qui clieminent ensemble ; mais Us sont reunis alors de cette maniere , parce qu'ils se multipllent par division. Les masses formees par ces animalcules , que leur Instinct rassenible sans doute, se separent au premier mouvement , a. la plus legere agi- tation de I'eau , comine je I'ai souvent oljserve, On trouve ces ET D'HISTOIRE NATURELLE. 3(55 animalcules dans totites les eaux; ils sont plus rares dans celles qui sont les plus pures. MoNAS TERMo. Ce sont des globules dans un mouvement con- tlnuel ; on les trouve dans les infusions vegetales et animales. MoNAS LENS. On en voit quelriuel'ois deuxcliemLner ensemble; ce sont des points presque spheriques , accoUes : ils ont un mou- vement tres-vif. Le baron de Gleicher a trouv^ ces gloljiiles ao- coUes dans I'infusion de bled , de meine que plusieurs de ces monas dont je -viens de parler. On voit par-la que ces espcces d'animalcules ont une organisation qui leur pennetde vivredaus difierens milieux; ce n'est pas que les eaux croupissanteSj les difl'erentes infusions vegc-talesj la inaticre.verte dans I'eau , n'of- frent bien des rapports de ressemblance , mais ils en ont aussi plusieurs qui les distinguent ; et tandis que la plupart des pois- sons d'eau douce perissent dans I'eau salee , oti dans les eaux impures , on volt ici une foule d'animalcules , vivre dans toutes sortes d'infusions et d'eau. Nous aureus encore plusieurs autres exemples de ces animalcules qvd vivent dans des eaux reellement trds-dilierentes. Vorvox GLOBULUS. II est dlx fois plus gros que ces monas: sa forme est ovoide , sa substance vesiculaire ; il est plus obscur dans sa partic posterieure, son mouvement est une rotation sur lui-m^me : on le trouve dans presque toutes les infusions ve- getales. VoLvox piLUiA. II a ses intestins verts, et il vit commune- ment dans I'eau ou il y a de la lentille de marais. Je joins ici la notice de divers animalcules verts, ou qui ont quelques parties ^■ertes , quoiqu'ils ne se trouvcnt pas comraunement avec la matiere verte , afin qu'on puisse juger s'ils en sont des parties mtegrantes. VoLvox GLOBATOR. Uu petit globule vert diaphane , plein de petits globules assez verts : I'age le blanclilt ; il roule autour de son axe, et il se trouve assez gros pour etre appergu a I'oeil nud. Ces petits globules , renfermes dans le gros , sont des petits qui sortent par une fente f'aite a la peau ; on le trouve pour I'or- dinaire dans les eaux oil il y a de la lentille de marais , de meme que dans les infusions vegetales et animales. La plupart des ani- malcules verts doivent leur couleur aux debris du parenchyme des vegetaux dont ils se nourrlsseut. EnCHELYS VIRIDIS AKTICE SUBCYLINDRACEA rOSTICE TRUNCATA. Elle est opaqvie dans sa partle anterlcure , comme je I'ai vu sou- 36(J JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE vent, quoiqu'il y ait des naturalistes qiii la representent enti^- rement opaque ; elle existe dans les eaux gardees , de ineine que diverses autres esp^ces de ces eiichelys. Enchelys fusus. Aninialcnle cylindrique , dont les deux extre- luites se terniiueut enpoiutes; ou le trovive dans les eaux les plus pures. Ekchelys punctifera. Elle est verte comme une autre espece qvi'on trouve avec elle dans les eaux inarecageuses. Ekchelys pyrum liabite les eaux gardees. Vibrio serpektulus jVequalis , utrinque subacuminatus existe dans les iiil'usions vegetales et les eaux stagnantes , de nienie que le vibrio TORTUOSUS GELATINUS , VIBRIO INTESTINLM , VIBRIO UTRICUrUS, VIBRIO CYCNUS. MuUer, en ])arlant du vibrio bipckctatus , dit qu'il est con- fervis rnax'im^ affinis , vegetabUia animalilius iungens ; niais il ne dit pas (|u'ils soient une uieme chose ; il dit encore que le tremelle d'Adaiison pent etre appele vibrio geniculatus , et 11 aioute, et nostra conferva vitalis did potest vibrio continuus. MuUtr prit le vibrio lunula et le vibrio armatus pour des morceaux de conserves, parce qu'il n'y apper^ut aucun niouve- ment; mais il les vit ensuite se mouvoir : ils sont verts. II dit ^ leur occasion : Reperi quacdam specimina , in quibus maieries granulosa viridis , metnbranula contenta, centruiri verstis se sub- duxerat , vcl membranula simul medium versiis , uti membra- nulac post ejectionem pulveris seminalis in conjervis contracta ^rat ; utrdque extremitate penitus vacua et /lyalina : mira ana- lo"ia et vicinitas regni aninialis et vegelabilis. On trouve cet animalcule dans toutes les eaux oii il y ade la lentille de marais. Je remarquerai ici que la plupart des animalcules verdatres se rencontrent dans les eaux oii il y a des plantes vertes qui leur aervent de iiourriture , et qui concourent aiiisi h. leur coloration , comme je I'ai deja dit : il est vrai ((ue la matiere verte se forme dans les luatieres animales pourrissantes , qui ne sont pas vertes j mais peut-etre cette matiere, qui est un vegetal microscopique , se developpe-t-elle pour servir d'aliment aux animalcules verts qu'on y voit. Le Cyclidium glaucoma s'observe dans les eanx les jdus pu- res , renfermees dans des vases depuis plusi(?urs inois. Le Cyclidium orbiculahe , milium et rostratum se ren- contrent dans toutes les infusions vegetales. Le lioLPODA cccULLUs est ranimalcule a. bee de Spallanzani j ET D'HISTOIRE NATL'RELLE. 3^7 il se volt , comme le Kolpoda RE^E , dans les Infusions Ycs.9-^ '-^^ chanx pure. SEPTIEME EXPERIENCE. Pour avoir cette derniere dissolution tout-^-fait cxempte de C c c -i 38o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE sulfate de cliaux , je I'ai concentree a dillerentQS reprises , et j'cn ai ainsi encore separe 3 grains de sulfate de cliaux qui repou- deut i 1,02 d'eau pure. En contimxaiit revaporatlon , et lais- saiit ref'roidlr la dissolution , j'obtins enfiji de Cres - beaux cristavix de sultiite deinagnesie; alors , ayant ajoute de I'eau en quantite snfllsante , pour les redissoudre compiettement , en tenant la dissolution bouillante , j'en ai preciplte la magnesie avec le carbonate de potasse. Le carbonate de magnesie , ainsi obtenu , apres avoir etc h'lcn lave et Seche , pesa 26 grains , et apres I'ayoir bien calcined , la magnesie pure i'ut r^duite an poids de 10,41 grains. D'apr^s les resultats de cette analyse, 100 grains de cette pierre calcalre contiennent , Chaux 5. . . 25,84 ■\ 6. . . 4,93 V 3i,,7c> 7. . . 1,02 ) Magnesie 7 • . io,4^ Oxide de f'er. ^ .... 4 • • 1 Acidc carbonique. .. . 1 4^ Eau 2 12 97,20 PePte 3,80 100. Malgre le peu d'action qu'ont les acides sur notre pierre cal- caire , et lapropriete pliospliorescente qu'elle possede^ quandon la racle dans I'obscurite, il suffit de donner un coup-d'oeil a ses jjrincipes constituans , et les comparer a ceux obtenus par Saussure le jeune , de deux varietes de dolomies (les seules analyses que je connoisse de cette esp^ce de marbre), pour se convaincre que no!re pierre calcairen'estpasune dolomie comme je I'avois d'abord soupconne. En elFet , dans I'analyse d'une de ces dolomies , le citoyen Saussure trouva sur 100 parties 44*29 de chaux, 5,86'd'argllle , 1,4 de magnesie, 0,74 de I'er , et 46,1 d'acide carbonique ; et dans une autre variete decouverte a Saint - Gotliard par Bel- levue , et qiu a lapropriete d'etre un peu elastique, il trouva sur 100 parties , cliaux 32,2 , mica naturel 3 , argille et f'er 17,5 , magnesie 0^02 , acide carbonique 4^),38 ; au contntire , si je compare men analyse a celle I'aite par le cel^bre Klaprotli , du ET D'HISTOIRE NATURELLE. 38i spath magnesien , du taberg dans le wemclaiid (i) , qui a anssi la propriete de ii'etre pas sensiblement attarpie par les acides quand il est en masse, j'y trovive une parfaite concordance ; car ce cliiiniste a decouvert sur xoo parties de ce spath , Carbonate do chaux 7^ Carbonate de niagnesle aS Oxide de fer 2. 100 Le-chimiste de Berlin ne rapporte point ici separeinent la quantite d'acide carbonique, et d'eau contenue dans les denx tcrres ; mais on trouve , par le calcnl , que 70 parties de carbo- nate de chaux , en contiennent 33 de chaux pure , et que iS de carlionate de magnesie en contiennent lodeniagnesie pure, d'oii je puis conclure que cette analyse du spath magnesien du taberg est tout-i-fait concordante avec la mienne , et que par consequent la pierre calcaire, dont j'ai doniie ici I'analyse, n'est autre chose qu'un marbre spathique magnesien. Le spath magnesien ne sera done plus regarde parmi nous pour une rafete mineralogique, comuie il est encore ailleurs ; et j'ai cm que cette consideration , jointe a la particuliere disposition de cette pierre dans une montagne granitique jjonrroit attirer uu moment I'attention des chimistes et des geologues. (i) Beitrage rur cheni. kenntnin etErst. Band. 5.3oo. Chemisclie untersuchang der bitter-spaths. 382 JOURNAL DE PHYSIQaE, DE C H I M I E Histoire natureUe dc la montagne de Saint-Pierre de Maes- tricht , parU. FAUJJS-S.iiNT-FoND^ adininistrateur ct pro- Jesseur de gcologie an JMusetim national d' histoire natureUe de Paris. .A- Paris , chez H. Jausen , inipiLtueur-libraire , rue des Saints-Peres , ii". 1195. Cet oiivrnt^e, compose d'une carte topographique des lienx, et de cinquantc-f|uatre ])laiiclies jiravees par les meilleurs artistes , d'apres les dessins de Mcrechal , peintre d'lilstoire iiaturelie du Janliu national des plantes , et aiitres hahiles desslnateurs , pa- roit regulierement le premier de chafpie mois par caliier de six planches avec Icvirs descriptions , savoir; In-f'oiio , sur pap. vel. nom de Jesus, prix 16 fr. par cahier. In-rpiarto , sur beau pap. lia , nom de Jesus, 8 fr. SECONDS LIVRAISON. E X T n A I T. La seconde livraison de ce bel ouvrage , n'est pas moins soi- snee que la premiere. I-es parties tipographiques et les gravures sontf'aitesavec grand soin. La premiere planclie, quiestlasixieme de I'ouvrage en n'y comprenant pas la carte generate de ccs mon- ta Les OS maxillaires , et autrcs qui sont a decouvcrt en parlie r) dans cette pierre, sont plutot I'ossiles que ]ietrifies. lis out des » rapports, quant a leur e'at , c'est-a-dire , par leur couleur, " leur durtte, et leur ])hysionoiriie, s'jI est ])ermis d'eniployer M ici cette expression , avcc les os f'ossiles (|u'on trouve dans " les carrieres de Montmartre, jires de Paris. Mais ceux de " Maestricht ont leur contexture plus scrree , ]ilus compac'e ; 33 Jeur couleur est d'un brun jauuatre j'lus fonce , et en nitiue » temps plus \if". La racine osseuse des dents est pesante et tient 33 un ])eu de la petrification. L'email a conserveuncpartie de son » poll a I'cxterieiir; mais la cassure , dans cette jtarlic de la dent, » est terne , quoitpie tr^s-coiupacte et tres-fine. Le temps, sans » I'avoir alteree, I'a nxjanmoins rendue assez iragile pour etre >3 hrisee avec un peti d'cflort. " L'enseniMe et les dispositions de cette tete ]iourroient f'aire « croire , an jiremier asjicct , que les os maxillaires sont a-]icu- >3 pres dans leurs portions natnrclles ; niais un exanien ]-lus at- » lentil' ne pcrmet pas de doiiter (ju'i He n'ait eprouve le ])lus >' erand derangement dans son organisation premiere , c'cst-a- " dire , que la plupart des os n'aient ete deplaces , et cela nest « pas etonnant ; car Tanlmal etoit niort naturellemeiit ou accl- =1 dcntellement , et se trouvant au I'ond de I'cau , scs chairs ont 53 du etre la proie des animaux marins voraces, qui auroientde- >■> pouille ses muscles en tiraillant Icurs attaches dans tons les 35 sens , de maniere a separer plusieurs des jjarties du corps ; 3-> que des saLles soient ensuite \enus se deposer ct s'accumuler en 33 grandcs masses sur les restes reunis ou disperses de ce grand 33 animal, ct Ton aura des resultats analogues a I'etat actuel des 33 choses, et a la position dans laquelle se troiivent ses ossemens 33 au milieu des sables diircis qui composent la montagne de 33 Saint Pierre. 33 II est possible aussi , et cette livpotliese pent etre egale- >3 mcnt admise, que le cadavre de I'animal dont il est question , 33 apres avoir perdu ses chairs , ct avoir flotte quelque tenq.s au 33 niilieu des eaiix , ait ete cntrainc jiar Taction il'nn courant 33 rapide dans les sables nioyvans , paimi des debris de tortues et 33 autres animaux qu'on tronve reunis dans les environs , ct con- 33 fondus avcc des coqriilles iiombreuses d'especes diverses , qui 3' n'ont pas pu vivre et se pro^ager au milieu d'une telle con- 384 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE M fusion clans cles depots de sable d'une si grande enaisseur, ac- » ciiniules pele-mele par I'effet de quelque grand deplacement. « 1". En considerant de pres , soit sur I'original , ■ soil sur la « gravure qui est parf'aitenieut exacte, les os de la niuchoire de » cctte tete , celni qui se presente en dessus est une portion frac- 55 tnree d'os maxillaires tres-bien conservesdans ce quiresie^d'un " pied quatre polices six lignes de longueur , qualre pouces de 33 largeur. 11 est arnie de quatre grosses dents bien conservees , 33 de la racine desqiielles sort une autre petite dent sccondaire 3) trt's-sinsjidiere, dont 11 sera parle dans le temps. II nianque k 33 celte portion de machoirg trois autres dents dout on voit les » alvt^oles. » 2°. Immediateraent au-dessous de cet os maxillaire fracture , 33 qui est pose diagonalement sur la pierre , on voit un second 33 os de la niaclioire superieure, dispose en long, et comine dans 33 sa place naturelle , entier et pariaitenient conserve , h. Fex-^ 3> ception de quelqucs dents qui ont ete rouipues. 33 Cet os maxillaire inferieur a trois pieds neuf pouces de 33 lon^tieur : sa largueurdans le milieu est de quatre pouces six lignes. 33 Les dents sont au nombre de quatorze. 33 L'email des plus erandes a deux pouces trois lignes de lon- 33 gueiu' ; leur circonlerence, pres de la racine, deux pouces sept 33. lignes : la longueur des "petites dents auxiliaires , placees dans 33 la racine , un pouce six lignes. 33 Toutes ces dernieres ne sont pas autant en evidence , et ne 33 inontrentqu'une pointe plus oumoins grande ; raais j'ai reconnu 33 cette dimension dans une des secondaires , qui est entierement 33 ;\ decouvcrt dans une racine separee , et horsde I'alveole : on 33 trouve cette dent gravee dans une des planches, 33 L'on voit d'une maniere distincte dans toute la partie in- 33 lerieure de I'os maxillaire , les petites ouvertures de forme 3j oblongue, qui servent a I'insertion des nerfs , au nombre de 33 onze disposees sur la meme ligne ; tandis que vers I'extreuiite 33 de I'os ducote du museau de ranimal, lespetites insertions rap- 33 procliees et tres-niultipliees , occupent prcsque toute la sur- 3) face de cette partie de i'os dans un espace de dix pouces de 35 longueur environ. 33 3o. Immediatenient au-dossouS de I'os maxillaire , dont 11 33 vient d'etre fait mention , il en existe un second u-peu-])res }> de la m^me forme et longueur , mais un peu moins bien con- 33 servtf. ET D'HISTOI RE NATURELLE. -385 w serve. On y compte treize dents apparentes : les autres sont » recouvertes et cacliees par des portions d'os. On voit k cote » deux dents separees hors de leurs alveoles , dont les pointes » se correspondent. » 4°. Un quatrieme os majuUaire , qui semble f'aire le com- « pleinent de la machoire , est place longitudinalement au-des- » sous des autres , mais un peu plus enfonce dans uu sens ren- " verse , et en opposition avec le reste. Oti y compte sept dents ; » les autres sont cachees. 3> 5°. Un OS recourbe et adherent a celui du n". 4 » qui paroit ■>■> former un prolongement de I'os maxillaire dans le palais do 3> I'aniinal , est araie de plusieurs dents beaucoup plus petites » que les autres ; ce qui a fait dire a Camjjer, que cet animal » devoit avoir plusieurs dents dans le palais. On en distingue » quatre qui sont tres-apparentes : il paroit qu'lly en a six k sept » au plus. L'email de ces petites dents a le meme fond de. cou- » leur ; mais elles sont simples, c'ost-a-dire , qu'elles sont de- 3> pourvues de dents secondaires dans la racine, tandis que les 3> principales ea bnt. 3J II paroit , d'apres ce que nous venons de dire , que les os « qui coraposent la machoire de ce siiigulier animal , sont reu- » nis pour la plupart dans le m^me bloc , non dans leur position. » naturelle a la verite , mais ayant eprouve des deplacemens qui » tiennent necessairement aux causes qui ont enseveli les restes » de cette tete , dans la profondeur des sables , a I'epoque d'une » revolution diluvienne. Cependant , comme un de ces os maxil- « laires est parfaitement conserve, et que saforme est des mieux » caracterisee , il est possible , ainsi que nous le lerons voir dans 3> la suite ,, d'obtenir des donnees exactes sur la grandeur de cette » teteetde celle de I'animal. » Quelques vertebres se trouvent jetes confusement avec d'au- » tres portions d'os dans ce bloc. On y remarque atissi deux >» echinites qui y sont adlierentes ». Tome V. FL ORE AL an 7. P d d 'i 38(5 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE DISSERTATION PHYSIOLOGIQUE Sur la nutrition des fcetns consideres dans les maiamil'eres et dans les oiseaux j Par J.-B.-F. Leveili-e , membre des sociStes de medtc'uie , medicate d'cmulation , philomntique et d' histoire naturelle . de Paris ; de celle d'agriculture du departement de la J^i^vre , et de celle de mi^decine , chirurgie et pharmacie de Bruxelles , etc. Propc moJum bratorum archxi , se habcnt instar huraani. Van-Helmomt. A Paris , chez Villieh , libraire, rue des Matliurins , n". 396. E X T n A I T. i-j'AUTEUR a d'abordl'aitquelques reflexions sur le principe vital; il prouve ensuite que les mammiferes et les oiseaux consideres dans I'etat de foetus , ne peuvent se nourrir de la liqueur de Tamnios , et que leurs organes gastriques sent dans une inaction Farfaite. II repond aux f'aits par lesquels on a cru pouvoir etablir opinion contraire. Son opinion est que Voiseau, considt^rS dans I'etat de/cetus, se nourrit de la meme manikre que le foetus des mammifores. Nous avons demontre, dit-il , par des I'aits anatomiques , toute la fausset^ des ideas physiologiques des anclens , qui pre- tendoient que les foetus se nourrissent de la liqueur de I'ainnios , soit en I'aisant usage de leurs organes gastriques, soit simplement par absorptioil cutanea. Nous avons egalement fait voir le peu de validite des observations qu'ils citent en leur faveur, etnous pouvons dire avoir completteineiit detruit I'inccrtitude de quel- ques modernes , qui ont ecrit que les organes gastriques et le cordon ombilical se partageoient cette importante fonction. Ce- pendant , quelqu'estiinables que soient les travaux de Haller , il importe beaucoup de detruire I'opinion qu'il a emise dans son excellent ouvrage sur la formation du poulet. Les faits avances par ce savant pliysiologiste , ne pouvant etre contestes qu'ii t * E t D'HISTOIRE NATURELLE. 38/ i'aide cVautres f'aits plus authentiques , nous avons pense qu'il etoit important d'etvicller avec soin les differentes parties du poulet etde ses dependances.C'estle fruit de nos recherclies que nous allons exposer ; puissent-elles se trouver confbrmes k celles qu'il convient de f'aire pour les constater veritables ! Nous divi- serons cette troisieme partie en deux grandes sections. Dans la premiere , nous donnerons la description des substances conte- tiues dans la coquille de I'cBuf , leurs usages et les changemens qu'elles ^prouvent pour devenir propres a la nourriture du nouvel individu qui fait I'objet de nos recherches ; la seconde , contien- dra I'expose des membranes qui enveloppent le poulet , et sa maniere de vivre comparee h celle du foetus des mfimuiiferes , et qui est absolument la meme. Description des substances contenues dans I'aiuf; leurs usages et leurs changemens pendant I' incubation. On a, de tous les temps , connu sous le nom A' albumen cette liumeur transparcnte , cristalloide , visqueuse et tenacc , qui en~ vironne le iaune de I'ocuf. La reunion plus ou moins intime de ses molecules, etablit des differences qui permettent d'en recon- noitre trois distincts, non-seulement quantala conslstance , mais encore relativement aux enveloppes qui les separent naturelle- ment. Le premier est le plus exterieur ; il fut connu d'ffarvee , qui le regarde avec raison comme le plus tenu, le plus liquide; et il n'est pas , selon Vicq-d'Azyr , une humeur sereuse tres-lim- pide. II forme la couche exterieure , au milieu de laquelle flotte librement le second blanc , les chalazes, \e jaune et le follicule ou la cicatricule, Le second ajbumen est l>eaucoup plus abon- dant , plus consistant que le premier , et raoins que le troisieme. II constitue cette grande masse qui environne le jaune , et qui est plus considerable vers deux points opposes. Le troisieme blanc est iramediatement suspendu dans la sul>stance m^me du second, II represente deux corps isoles , semblables par leur consistance, et situes, non pas aux deux poles du jaune , comme I'ont pcnsd tous les physiologistes avant nous , mais de maniere a diviser les circonferences de ce globe en deux segmens de cercle de longueur trds-inegale (i). (i) Une remarque qu'il seroit important de verifier, est celie d'Arislote , qni dit dans son Histoire des Animaiix , que les ovipares terrestres donnent des sans les separer, vous verrez aussitdt ce dernier corps s'appliqucr contre le fond du Vase , tandis que le premier representera un spberoide qui sera , pour ainsi dire , suspendu sous I'eau , et que vous pourrcz faire flotier a volonte par-tout oil vous desirerez le porter : et vous ne douterez plus que I'un de ces corps ne soit plus leger que I'autre. D'ailleurs , personne n'ignore que le jaune flotte libremenl dans I'interienr des albumen. Si, an contraire , on dechire la mem- brane vitelline , la substanqe contenue s'etend dans le fond du vase , s'y aglutine niemfi , et ne flotte plus;; ce qui porle a croire que dans cet etal d'expansion , elle est plus pesante. D'oii vient ceite'difference ? Nous I'allribuons au mode de compression exercee d'abord tres-regulierement par le fluide ainbiant; en second lieu , a la dlvisibilite des molecules du jaune , qui permettent tonjours entr'elles I'interposition d'une plus ou moins grande <|uantile de molecules aqueuses : enfin a I'immeabilite de I'albumen , dont toutes les parties sont etroi- lenient unies. O i pent done conclure que c'est a la figure globeuse du jaune , a Bon immiscibilite dans I'eau au moyen de la membrane qui I'enveloppe , el a la compression reguliere operee par ce fluide, que Ion doit la plus grande legerete de ce corps \ enfin c'est par son defaut d'expansion qu'il dcvient moins pesant que Talbunicn , au milieu duquel il flotte libremenl. (i) Harvee a le premier distingue dtux albumen ; ce que n'avoientpas fait les plivsiologisle savant iui. Aristote appelle ceite masse generale ra t» uv >,ivK(t}^u , ovi alhitudo : ovi albns li<]Uor,W\n. Hist. Nat. ovi candidiim , CeUe; ovi albor , Pdllad. ; enfin ovi albu/nai albtimentn?n , Apitius; sans dome du mot grec A£i/Ko», emprunie d'Aristote. Anaxagoras dil tfiiias yxXu^ lac avium ; el de- puis Fab. d'Aquap. albumen. rjO- ET DMIISTOIRE NATURE I, LE. 309 ■Albumen moyeri. Situe ou enveloppe par le precedent , mais plus abondant et plus consistant que lui; contenu dans une poche membraneuse qui lui est commune avec le troisieme albumen qui occupe son iuteiieur , entourant le jaune lorsque Tinculjatlon n'a pas lieu , et s'en isolant complettement lorsqu'elle s'opera pour se porter aft point du jaune , oppose plus ou moius dl- rectement a cclui qui correspond a. la cicatricule. Albumen central (1). Situe plus prolbndement et dans I'inte- rieur du precedent ; divise en deux parties tres- eloignees dans I'etatde non-incubation , tres-rapproch(5es et confondues pendant ce travail de la nature'. L'une et I'autre plus opaques, d'un vert plus f'once , et plus consistantes , ont pour axe deux cordons membraneux, dont I'un existe toujours, et dont I'autre man(|ue quelquelbls. II est rare qu'on les observe dans des ceui's deja an- ciens; car alors ils sontmaceres et detaches du jaune. Des chalazes (2). La description du troisieme blanc nous fait connoitre ce que c'est qu'une chalaze. Ce nom vient de ce que Ton avolt cru distinguer des tubercules plus ou raoins nombreux, semblables k de la grele, autour de ces cordons axdides qiie nous avons dit s'observer dans le centre de chaque portion de ce troi- sieme blanc. Ces tubercules grandinlformes n'existent pas tels au'on les a decrits; ils sont meme difliciles k distinguer. Ils sont us ^ la consistance plus solide de ce troisieme corps, et aux nombreuses tortious de ces cordons dont il a deja ete plusieurs ibis question , et qui semblent etre d'une texture tres-homogene , lorsqu'on les examine avec un peu d'attention. Ceci doit sul- fire pour prouver combien exprime peu ce mot chalaze , qu'il est important de rejeter de la nomenclature anatomique. Les deux portions du troisieme blanc ( les chalazes ), ne sont pas entierement isolees l'une de I'aiitre ; une legere trainee albu- mineuse leur sert de moyen d'union. liCurs rapports avec le jaune ne sont pas les memes qxxe ceux indlques par tons les au- teurs meme les plus modernes. Elles ne sont pas situees a deux (1) C'est ce qu'on a toujours appele chalazes , chalascf , grandines vel iractus alhutiiinosi ^ coliimnce aJhtiminosce. ^Ippendix ulbiitn'/iis , Libav. et Vicq d'Azyi ; crilin ligantfTu snspcnsetus du jaune, \ia\-&''A7.si ^ elc. etc. (ayLa description des cJialazfs nVtant yuire (jue la continuaiinn de telle (Ju troisicnie blanc , holis avons du ia (aire siuvre immediatenient , afin quo ja connoiss. nee exacte nous instruisc plus prnniptL-ment des changcniers qui ont lieu pendant I'incubalion, et des usays gcncraux de toule la masse albiimineuse. ^90 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE poles oppose de ce globe , niais divisent sa circonfurence en deux ' segniens dont la difference d'etendue est tres-remarquahle , et est dans la proportion de quatre -vingt ^ cent. On ne pent done pa3 dire, d'apres cette observation , que cliaque chalaze repond k cliaque extreinite de Toouf'. En effet, on les trquve toujours sur Ics cotes. On lit par-tout que ces corps sont fixes d'une part c\ la mem- brane cxterieure generale, et de I'autre au globe du jaune, et qu'ilsvf'ont les fbnctions de ligamens siispenseurs. II n'en est pas ainsi , i°. parce que cette fixite nous empecKeroit de concevoir leur deplacement spontane observe par Haller, et que nos expe- riences ont conlirme sous les yeux du citoyen Deyeux , qui a l>ien Toulu prendre quelqu'interet a ce travail ; 2.°. parce que dans la dissection du pouiet, la membrane g^nerale et exterieure est tres-eloignee desdeux chalazesreunies , encore existantes, entre- croisees et tres-visibles; 3°. parce que I'extremite du cordon cen- tral de ce corps, la plus eloignee du jaune, est arquee , flottante librement, nullement tendue ; circonstance qui nous determine encore plus a croire qu'iln'y a pas de ligamens suspenseurs. Chaque portion de l''albumen dont il s'agit, est traversee par un cordon auquel on n'a pas encore fait attention , et qui , jus- qu'alors , n'a encore ete decrit que par nous. De ces deux cor- dons, I'un est purement membraneux, tors sur lui-menie , et contiwu a la membrane du jaune , dont il se detaclie aisement par la dissection , par I'anciennete de I'oeuf' ; et il manque sou- vent : le second est veritablement vasculaire , tors sur lui-memk , et figure comme un cordon ombilical. II est continu et fait corps avec la membrane du jaune; on ne peut I'isolersansrompre cette enveloppeparticuliereetcomiijuniquer dans la cavitequicontient la substance vitelline. On I'observe constamment dans les ceufs qui ne sont pas assez anciens pour n'etre pas couves avec succ^s. Autrement, il est comme macere et se detaclie. C'est a cette se- paration et acette desorganisation , produite par le temps , que nous attribuons I'insucces de I'incubation. C'est ce conduit (lui nous decouvre le point de communication entre le jaune et I'albumen. Sa structure vascidaire n'est pas equivoque , si , apres I'avoir cimne transversalement, or. I'observe al'ooil nud , comme nous I'avons fait en presence de Ciivier, ou arme d'une foiltle len- lille microscopicpe. Quelquefbis nous I'avons vu injecte d'une liqueurr jaune , et sur ce point nous reclamons encore le tcmoi- ouace de Beyeux.' L'extremite libre de ce cordon est comme penicillee et divls^e en une infinite de filamens tres - petits ,. qui peuvcnt etre pris pour les ramifications du tronc principal , ET D'HISTOIRE NATURELLE. Sgi destinees a former arttant de su^oirs propres h. pomper la partie la plus iluide cles substances alljumineuses. La structure et les connexions dift'erentes de ces deux cordons , nous font deviner lequel des deux doit s'approcher de I'autre , et quelle force d'ab- sorption determine ce deplacement. Des changemens qu'^prouvent les tro'is albumen pendant I'in' cubation. En admettant ce qui est reconnu de tous les physiolo^istes , que le jaune devient plus Iluide dans I'osuf incube , et cju'il au- ginente de quaiitite, nous devons croire (|ue cette operation ne pent se f'aire sans I'addition d'une substance aqueuse ou albu- niLiieuse , qui ne peut s'introduire que par le conduit dont on vient de donner la description , et nous sommes deja portes a croire que I'albumen ne deviejitpropre i nourrirle foetus, qu'au- tant que sa partie la plus fluide est al)Sorbce , qu'autant qu'elle se mele avec le jaune dont elle separe les molecules , et est , avec lui , pompee par les vaisseaux de la membrane du jaune , dont la reunion fait absolument I'office d'un placenta. Cette idee nous donne celle de plusieurs plienoinenes que nous concevons tres- bien , mais dont I'experience ne peut nous rendre temoins. Eu effet y est-il en notre pouvoir d'exposer sous nos yeux , et a un degre convenable d'incubation un albumen et un jaune depour- vus de leur coquille ? pouvons-nous decouvrir le modus ageudi de la nature , pour operer la communication de ces deux subs- tances f qui s'assurera du premier effet de la tonicite des vais- seaux absorbans ? Telles sont les difflcultes que rencontrera tou- jours I'observateur. Si nous ne pouvons rien avancer sur le premier elan de la force vitale dans I'embryon , il ne nous est pas possible de meconnoltre les effets d'un agent sans lequel il n'existe point de reproduction, quel que soit le corps organise que I'on consid^re. On ne peut nier que I'oxigene ne joue le plus grand role dans le developpe- ment du foetus ; mais cet element de la vie existe-t-il dans I'albu- mine , ou bien est-il absorbe pendant tout le temps que dure Tin cubation ? on peut aussi se faire les memes questions , relati- vement ^ la presence du calorique. Ce fluide se degage-t-il , ou est-il absorb^ pour se combiner ensuite avec I'oxigene ? S'il est chimiquement demontre que le blanc de I'oeuf expose ti la cha- leur de I'eau bouillante, ne se durcit que parce (ju'll y a une excessive absorption d'oxigene , on pourra se persuader, par la coniioissance des analogies , qu'il y a une veritable absorption 393 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CH.IMIE dans rincubatioT! ; car on salt que I'albumine se concrete tr^s- sonvent, lors(|ne les oeul's sunt coiives avec trop d'ardeur,. Nous avons a ci'er plnsieurs exenijiles do ce genre; nous en sommes rcdevahles an cltoyen Parnientier , a qui nous ne saurions trop teuioigner de reconiioissance poiir Tempressement avec lecpiel il nous a fburni tout ce qui etoit necessaire lI nos experiences. Des physiciens celehres , nos contemporains , sont ])artages d'opi- nion sur ce point, et I'lialjitude que nous avons de les prendre pour guides , ne nous peruiet pas encore de prononcer sur unc question aussi belle, ct aussi diilicile k resoudre. II est cependant vm fait tres-constant, qui serableroit prouver en f'aveur du calorique , et de sa combinaison avec I'oxigene , c'est la liquidite augmentee du blanc de I'oeuf" dans le premier instant de I'incubation ; c'est sa plus grande tenuite qui le rend necessaireraent propreii etre pompe par le canal (|ue nous avons dc'couvert. On pent done soupconner , avec quelque raison , que ce canal chaiie le stimulant principal de tons les organes quidoi- vent etre mis en action , que ce puissant stimulant (^Voa:igene) , combine avec le calorique dissolvant de I'albumine , penetre dans la substance du jaune , et est repris par tous les vaisseaux san- guins qui recouvrent la surf'ac'e de la membranQquirenvelo"ppe, d'ou il semble qu'il n'est plus guere possible de douter du pas- sage du blanc d'oeuf dans la capsule du jaune. 1". Cette derniere augtnente de capacite ; 2". I'albumen diminue insensiblement ; 3". la sribstance vitelline devient plus fluide ; 4°- I'epoque ou cette augmentation n'a plus lieu , est celle ou le blanc n'existe plus. Ce travail de la nature nous eclalre egalement sur co change- nient de position de I'albumen, qui, d^s le premier instant de I'incubation , se porte vers ce point du jaune preciseraent op- pose a la cicatricule. II nous demon tre que I'absorption, n'ayant lieu que dans un seul endroit, c'est-la que doivent se diriger les liumeurs qiii doivertt etre poinpees ; il nous apprend encore que le jaune augmentant de volume , doit detruire cet adosseinent de Talburaen au-devant de la cicatricule, s'en debarrasser, et pa- roitre enti^rement a nud , pulsque c'est une masse contenue qui tlevient insensiblement plus volumineuse que le corps contenant. Ceci fait encore que les membranes , qui enveloppent cet albu- men, jouissent de toute leur tonicite,reviennentsur elles-memes, acquierent plus d'epaisseur ; alors les vaisseaux se dessinent h I'oeil observateur , et deviennent propres ^ charier le sang et les autres liquides. L'allmmen lui-meme paroit plus solide a mesure qu'il diminue , et si I'absorption continue, il ne presente bientot plus E T D ' H I S T I R E N A T U R E L L E. 093 plus qu'un flo^on meinl)raneux clans le centre Juquel est le canal ahsorbant, desoiganise eteii parlie detruit. Partni ces membranes, on observe d'autres flocons qui ont une apparertce calcaire. Si , d'apres les rapports connus du second et du troisienie al- bumen avec le canal al)S(irl)ant , nous pouvons nous rendro rai- son du mecanisme qui le fait disparoitre a nos yeux , comment expliquer le changement de nature du premier, qui n'a aucune communication avec les deux derniers ? cst-il aboorbe par d'au- tres vaisseaux, et quels sont-ils ? . NousdecouvrironspeiU-etre les usages de ce premieralbumen, ■ en considerant qu'il est fluide, nourrissant et leger ; qu'il envi- rpnne totalemeut le potilct ; qu'il a tons les caracieres d'un pre- mier lait destine a luie ])remiere absorption, et iconcourir pour un jnemier develo])peinent. Ce premier albumen est absorbe , selou nous , par une veliie que nous nommons ineii'inn;o car- diaque , qui d'une part se pcrd dans la veiue cave , proclie son insertion dans le sinus puhnonaire du coeur , et de I'autre envoie des ramifications aussi noniljreuses que deliees sur la membrane gen6rale. Cette veine ne peut-elle pas k elle seule faire des fonc- tions analogues il celles du jaune? etpeut-etre pourroit-on se persuader que son usage est d'absorber ce premier albumen , et de le convertir pour la premiere nourriture du poulet, si Ton a soin d'observer que c'est le premier vaisseau que Ton distingue , lors meme que la coque du jaune en est encore totalement de- pourvue. , Du iauiie et de ses usages. / o _ • II est impossible d'avoir sur le jaune d'ceuf des notions plus exactes, plus complettes et plus precises que celles que nous de- vons aux travaux de Victi-d'Azyr , et de tous les physiologlstes cel^bres qui font precede , et parmi lesquels ii faut sur-tout com- pter Malpighi , Haller et Bonnet. Enveloppee dans sa membrane propre , entouree de sidistances albumineiises , cette masse clobulevise est plus voisiiie de la grosse extremite de la coquille que de la petite. Dansl'etat ordinaire , elle floitelibrement a I'in- terieur de I'albumen , au milieu duquel elle n'est pas suspendne par des ligameps , comme on I'a pretendu jusqu'ici. Elle est ar-. rondie , et dans roeuf fi-ais elle est divlsee en deux hemispheres , au moyen d'une lignemembraneuse qui disparoit promptement, e-t qui souvent se porte d'un prolongement albuinineux a I'autre. Nous avons une fois observe cAte ligne dirlgee trans versalement aux deux poles du jaune, environner ce globe de toutes parts , Tomer. FLOR^AL an 7. Ece 394 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE et diviser la cicatricule en deux inoities tres-clistinctes. Un jaune rendu solide par Tcaii houillaiite , est reconvert d'une ecorce plus ou mollis epaisse , elasti([ue, transparente , etqui a la plus parfaitc analoj^ie avec Talbumen. Le centre est plus mou , d'lin jaune plus clair , visqueux , et ressemlile tres-bien ;\ la crenie que lournit le lait. Una trolsieine substance est interinediaire j elle est plus janiic, seche, ct conirae larineuse. Cette disposition ne se distingue pas dans unc masse vitelline que Ton observe dans I'eau I'roicle ; seulement sa consistance devient plus solide. C'est avec le plus grand soin que nous avons. examine tons les moyens d'union de la membrane vitelline avec la sutjstance- qu'ellc contient. Dans rceui'non incuh^ , il n'existe qu'un simple adossement sans prolongcment mcmbranenx, ou vasculaire ap- parent. Dans le cas contraire , cettte mend)raiie distendue laisse appercevoir des lignes jaunes , (jui se ramifient a I'infini comme les branches d'un arjjre , et qui se confondeiit avec les vaisseaux sanguins. Haller et Vlcq-d'Azyr ontprisces lignes pour un ordre de vaisseaux particuliers , connus sous le nom de vahseaux: ■jaiines , en leur donuant pour tronc ce cordon principal (|ue nous avons appele vitello-intestlnal , ct que ces physlologlstcs celebres out pris pour un conduit. Nous ne pouvons admetlre ces vaisseaux jaunes , malgre les autoritcs que nous cilons ; nous nous en rapporterons done aux reclierches soignees que nous avons faites , et dont les resultats nous ont paru suffisans pour nous decider. En eft'et , dans les derniers jours de I'Liicubatioii , et meme lorscpie le poulet est ^clos , il est facile de s'assurer de I'exlstence de cette disposition vasculaire ; c'est aussi dans deuS etatssi voisins que nous avons itiutLlement tente de la decouvrir. En toiichant leg^rement, avec le bout du-doigt , cette substance encore contenue dans son enveloppe et plongee dans I'eau, ces stries se detachent sous f'orine de plaqties larges, minces, lauiel- lees, tres-lcgeres, et qui surnagerit lorsqu'on les met i nud. Elles simvdent la sulistance parenchimateuse, (pii n'apu^lre absorbee, et il est difficile de les delayer dans une nouvelle eau qu'elle ne colore point. Dans les endroits ou ces plaques ont ete enlevees , la membrane est transparente, et Ton ne distingue d'aKtreappa- leil vasculaire que celui qui cliaiie Ic sang. Dans ce cas, s'il exis- toit reellement des vaisseaux jaunes , il seioit aussi facile de les distinguer que les vaisseaux sanguins ; on pourroit en ouviir quelques-uns avec la lancette , et en extraire le fluide cntenu qui les distendroit suffisamment pour favoriser cette operation. On pourroit le voir circuler aussi- bien (pie le sang , et s'en pro- curer une certaiiie quantite. Le ligament que Ton prenoit pour ET D'lIISTOIRE NATURE LLE. 395 tin conduit etant le ironc principal tie ces vaisseaux , seroit lui- ineiue gorge , disicndu, colore, et ime ligature faite u-propos , dissiperoit tous les doutes. Rieii de tout ceci ne s'observe ; la nature senible se refiiser a. touteepreuvede ce genre. Les recher- clies particulieres n'ont etc couronnees d'aucun succcs; ce qui nous porle a. dire que si nous ne pouvions pas rejeter entl^rement cet ordrede vaisseaux, nousaurions aumoins de fortes presonip- tions contre son existence. Nous ne savons pas encore quels sont les moyens d 'union de toutes les molecules du jg.une entre elles ; et quels qu'aient 6t6 nos efforts , nous ii'avons jamais pu obtenir les plus legeres notions propres a. nous eclairer sur un point aussi impor- tant (i). . Pour ce qui concerne les usages du jaune , nous pouVons dire qu'il sert de nourritiire au poulet pendant tout le temps de Tin- cubation , et meme quelcjues jours apres. Voici les raisons qui donnent lieu a celte ]iropositlon. Cette sujjstance , contenue dans une membrane particuliere , forme, tant que dure I'incubation , .un corps lUstinct de I'oiseau , qui kii-meme est renferme dans une capsule sejiaree , qui est la poclie des eaux. II n'y a de com- (i) I.orsqu'on jelte dans un v.ise une masse vitelline dcbarrassee de sa mem- brane proprc , et lorsqu'on la couvie d'une coiiclie d'eau plus ou moins conside- rable , on n'observe ricn qui soit digne de rcniarque. Mais en agitantle tout, assez fortcment pour diminuer la forre de cohesion dcs molecules entr'elles, on les dissout ; et I'eau cessant d'eire linijiide, devient laitcuse. C'esi alory qu'en laissant le tout en repos pour qnelqucs insians , le liquide rcilccliit une coulour dun rouge ties-iendre. Cttle nappe rose n'cxis'.e plus dcs I'instanl que tout ie jaune est dissous ; et tant (ju'il ne I'cst pas , J'intensite de cette couleur est tenue , et on l.n fait diminuer pardeji^res, en raison que Ton incline peu-a-pca le vase , de nianiere a nieure enliercnieul a nnd la masse restanle du j^iine. Ceue experience a ete variee ei repetee un assez grand nombre de fois. Nous I'avoiis Successivement constatee sous les jeux de De_yeux, Fourcroy et Cuvier. Ce fait, qu'il lie faut pas meitre sur la li^nc de ceux qui apparticnnent a Hasscnfratz , nous a paru digne d'etre rccueilli , malgre sou peu de rapport avoc notre travail. Nous n'avons pas cbercbc a I'explitjuer , et nous laissons ce soJn aux physiciens , qui sont plus liabilucs que nous a faire des experiences sur la luiniere. Cependant il est didicilc dene p;is se |ierDictlre quelques qiics;ions, ot de ne passe demander, i°. pourquoi n'avons-noiisque I'idee de I'eau el 3u corps jauiie , lorsque ce dernier n'est pas en dissolution ? 2°. Pourquoi , Inrsque la dis- solution a commence , la lumiere doublenient rcfrnctee , nous donrc-t-ellc I'idee du rouge ? 3°. Pourquoi Ce pkeMoniene n'existe-t-il plus lorsque la dissolution du jaune est complete 7 Nous tious propnsons de donner une suite a nos reclierclies surce plie'noinene , <]ui n'a pas encore Me observe ; tt ptui-elre ne somnies-nous pas cloignes d« eroire que c'est le produit dune veritable cooibinaison chiniique. E ee a 396 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE municatlon qu'iui moyeii des vaisseaux omplialo - niesenteriqnes qui etablisent uiie jiarite eiitre les rapports du foetus des 111am- mlf'eres avec la matrice qui Ic contient. Mais il u'en est plus de meme lorsque le terine de I'lncubation approche ; ie jaurie de- vient una partie integrante de Tanimal par son entree dans I'ab- doinen , et le foetus des mainmiferes est eiitierement separe de rorsiane c|ul fournissoit a sa siibsistance. II existe alors une dif- ference essentielle entre ces deux etres ; run ne peut exister s'il n'est alaite par sa mere , juscjii'ik ce que ses organes gastriques aient acquis assez de force pour digerer une nourriture plus con- sistante ; I'autre a dans luL - meme des- sources analogues qui ne lul sont pas fournies par sa mere ; il peut vivre plnsieurs jours sans manger, quoiqu'on le voie , aussitot apres sa naissance, recevoir les alimens que lui prepare sa mere, ou s'en procurer sans son secours. l.'experieiice est en faveur de cctte derniere assertion. Nous avons vu des poulets nouvellement eclos , et prives de nourriture, vivre trois , quatre, cinq et meme six jours. Vicq-d'Azyr a exlirpe le jaune a deux autres j I'un a sur- vecu liuit jours , et I'autre un mois entier a cette cruelle opera- tion : d'ou Ton peut conclure que , si d'apres les faifes propres ;i "Vicq-d'Azyr , le jaune n'est pas d'une utiiite premiere pour la nourriture du poulet nouvellement eclos , les experiences que nous avons repetees plusieurs fois , le rapproclient en quelque sorte des manimiferes , en constatant une espece d'alaitement qui supplee au defaut de forces sufiisantes des organes gastriques, pour digerer la totalite des alimens necessaires au maintien de la vie de ce nouvel individu. Enumeration des membranes qui enveloppent les fastus des oiseaux. On a dej^ beaucoup ecrit sur la formation du poulet : un grand nombre d'ouvrages nous fait connoitre son histoire , inais aucunne donne vine notice exacte et comparative des membranes qui I'enveloppent. Lisez Fabrice d' Aqua pendente , Harvee, son commentateur et souvent son critique , Maitre-Jean, Malpighi , Blasius , etc. etc. ; que Ton jette un coup - d'oeil sur les figures qui nous sont parvenues , on sera sans doute etonne de ne rien trouver de conforme a ce que nous montre la nature. Eu par- courant les reclierclies minutieuses de Haller , celles de I'lnfati- gable et laborieux Vicq-d'Azyr, on ne desirera rien sur tout ce qui concerne la formation des differentes parties du poulet ; on en peut dire autant de I'excellent Memoire de Monro , sans pour ET D ' H 1 S T I R E X A T U R E L L E. 397 tela (\ue nons soyons plus instruils siir la maniere d'etre de I'oiseau dans sa cotjuille, etsur les iricmbranes qui I'envelojipent iiiirnediateineiit. Ell donnant ici le poulet pour cxemple , on ne pent bion dis- sequer ses membranes, si on ne le prend au quinzieme Jour de I'incubatlon. II faut alors briser sa coqaille vers le gros Ijoiit , ou Ton rencontre un espace rempli d'uir , et plonger le tout dans une cuvette rein])lie d'eau , pour observer sans peine tout ce qui se piesente. Cost vin corps ovale , dout le Icptns forme la ^rosse extremite , et le blanc de Foeut' la petite; I'lin et I'autre sont se- pares et distlncts ])ar I'mterjiosition du jaune qtii , d'une part , re tient au foetus qu'au moyen des vaisseaux omphalo- mesentc- riques , et du pr^tendu conduit que nous croyons devoir noinmer ligament vitello intestinal; ettpii, de I'autre doit ses connexions intimes avec le second blanc au canal absorbant , et a la mem- brane soycuse qui enveloppe le troisieme. Le nonibre des enve- loppes , dont il s'agit, etaiit asstz multiplie , et chacvine d'elles ayant des rapports bien dlstincts , iious avons cru necessaire de les designer par des notns particuliers. Ainsi nous appellerons sacciforme cette membrane qui enveloppe le poulet et ses an- nexes ; leucilyme celle du second blanc; entero - chloriljme ^ celle qui de la precedente va se conf'ondre avec la poclie des eaux , en recouvrant le jaune et les intestins ordinairement non contenus danslebas-ventre ; chloriIyme[i) , la membrane imme- diate du jaune ; enlin , chorion et amnios , celles qui contieanent le poulet et ses eaux (2). JDe la membrane sacciforme ( en forme de sac J. Nous avons donne ce nom a une poche sans ouverture, qui est I'enveloppe exterieure et commune de toutes les substances incul^ees. Sa iace exterieure tapisse une grande etendwe de la coquille , dont elle est plus oil mains separee vers le gros bout. Dans I'oeuf frals , elle recouvre le premier blanc , et dans Tceuf" incube, elle contient une humeur dont la couleur varie , et qui senible avoir quelques rapports avec la liqueur de I'amnios. Ses connexions sont, d'une part, a. la poclie des eaux sur la (1) La difficulle que nous avons eprouvee a trouver des nonis proprcs k carac- teriser les membranes que nous avions a designer , nous fait craindre de n'avuir pas parfaiteinenl reussi , et nous engage ainviter les anatomistes a en rechercher de meilleurs. (2) Nous avons cru devoir conserver ces noras consacres tie tout lerops. 3y8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ligne convexe tracee par le Jos du poulel. EUes out lieuaumoyen de pelits vaisseaux tres-fins qid se ramifient k I'inlini , et cjni ne soiit c|ue les dernieres divisions de branches plus considerahles, doiit le troiic constitue une veiiie que nous uoininons me/iingo- cardiaque. De I'autre part , cette nieniljraiie se replie evidem- Dient sur elle-ineme, et fhniie une cloison egalcment vasculaire , composee de deux feuillets , (jvie nous sonimes parvenus a sepa- rer, en comniuiiiquant dans I'intericur de la capsule qui con- tient le second albumen, et avec laquelle elle adhere et se con- fond cntiercnient. De la membrane lt.ucily mt:. Nous entcndous par leucilyme I'enveloppe du Llanc, des mots grecs M^Koy , allnuwy et uX'jua. involucrum. Cetre membrane n'est que la continuation de la pr^cedente ; elle resulte de I'ecartement des deux feuillets , qui par leur reu- nion formoient la cloison dont il vient d'etre parle. Elle figure parfaitement une capsule , dont le diametre le plus grand cor- respond i la partle posterieure du jaune, et dont la capacite di- niinue en raison progressive de I'incubation. En se repliant entre le jaune et le blanc , elle se divise en deux feuillets , dont I'un est cxterieur , et dont I'autre degenere en u-ne cloison perforce dans son centre , et qui separe ces deux substances. Cetle cloison , que nous nommerons perforce , pour la distinguer de la prece- dente , a des connexions intimes avec la membrane cotonneuse , qui est propre au troisieme blanc , avec le canal absorbant et la capsule du jaune k la formation de laquelle on la voit reellement concourir. Cette membrane' vasculaire est tres-mince , se distingue tres- f'oiblement dans I'oeuf non incube ; elle est alors st^paree de la premiere par Talbvunen cortical, et elle enveloppe le nioyeu que i'on voit s'ecoulcr sous i'orme huileuse , des qu'on la declare par lam beaux. L'albumen le jdus intericur est plus solide que le precedent , doiit il forme pour ainsi le noyau. Une capsule soycuse ou co- toneuse recele cette substance extremement visqiieuse. On ne lui reconnoit pas de caractere vasculaire; elle se prolonge dans son albumen propre , et se confond avec I'cxtremite penicillee du canal absorbant. [A examiner encore davantage). De la membrape entero-chlorilyme. C'est ainsi que nous appellerons cette membrane formee par ET D'llISTOIRE NATURELLE. 899 le femllet exterieur cle la precedente. EUe enveloppe la capsule till jaiine et les intestins, nou compris dansl'ahdoirien du poulet peiifiant rincuLalion. Des mots ultfo,, intest/num , y^ rx an y^^mtc, , vitellum , et u-ku^a. , iiivoLucrum. Cette enveloppe contient dans son interietir le jaiine et les in- tCstins du poulef. EUe a sa surface exterieure baignee par cette eau qui rcinplacc ralbumen cortical. Ses coiniexioj]S sent avec l,i circonl'ereuce de la cloison nfr/p- ree 1 et avec le f'euillet exterieur de la leucU^ine. Elle se iiorte de-la jusqucs sur les cotes de la poche des eaux , et s'y unit si intimement , cju'il est difficile de I'en-separer sans dechirure. Elle est tres-distincte de toutes les autres , et n'est pas moins facile ti decouvrir. Un caractere qui lui est paniculier , c'est de n'^tre parsemee d'aucun valsseau san2,uin. On fait la meme re- niarqiie ralativeinont a la cloison- perforce , et ^ la texture de la poche des eaux. An lieu do se confondre avec les cotes de I'aninios , nous I'a- vons suivie deux fois jus(|ue sur le dos du poulet, ou elle se re- plioit sur elle-meine, formoit une cloison composee de d(yix feuillets etroitement unis , et qui, exactement separes , condui- soient dans la poche des eaux. Mais cette disposition se presente tout au plus deux fois sur cent. De la membrane chlorilyme. L'etymologle de chlorilyme est tk S>, x^<^f't, w £'a",«<«j c'est-u-dire, ovi vhelli bnolucium , enveloppe dvi jaune. Cette niendjrane fut connue de tons les temps : elle est lisse , transparente , solide dans I'ceuf non incube ; elle est vasculaire dans I'oeuf incube ; c'est elle en un mot qui contient la substance du jaune. Ses rapports sont avec la precedente , qui la recouvre iramediatemcnt sans I'interposition d'aucun e substance. Elle r^pond au blanc , dont elle est separee , par la cloison per- force : a I'oppose, elle offre un leger enfoncement, dans lequel est loge le poulet recourbe sur lui-merae. Ses connexions se font avec le second et letrolsieme albumen, an moyen du canal absorbant que nous avons decrit , et avec lequel sa propre substance seconfond. EUes ont encore lieu avec le poulet au inoyen de quatre vai«scaux, deux veineux et deux arteriels plus petits , qui viennent , des mesara'iques et des hypo- gastriques , se distribuer sur toute la surface. Elles se font ega- lement au moyen d'un petit cordon , que Vicq - d'Azyr et quel- ques autres physlologistes ont pris pour un conduit , et que nous 4do journal de physique, de ciiiimie noinmoiis ligament vitcllo-intest'inal , ou suspenseur Ax\ jamie , parce que nousn'avons jamais pu nous convaincre ([u'il futcreux. En ef'fbt , Fair injecte dans la coque du jaune, n'a pas conimu- iilque de ce pretetidu canal, dans la ]30rtion d'intestin auquel il est adherent. Injecte entre denx ligatures , ce flulde elasti(jue n'a pasdavantagepenetre de I'intestin dans la membrane chlorLlyme. Enfin , la maceration dans les liqueurs color^es , no nous a pas plus instruit, et la compression de cetto capsule nc teint pas en jaune ce pretendu canal , et encore uioins sa portion intcstinale correspondante. Ce ligament suspenseur et les vaisseaux sanguins dont il vient d'etre parlc , Torment une espece de cordon ombilical, qui res- semhle parfaitement a celui des mammif'eres par ses f'onctions , qui sont absolument les niemes. Les veines absorbent la li({ueur nutritive , contenue dans la nieftibrane chlor'ilynie , comme celles du ])lacenta des niamniileres absorljcnt le sang depose dans lea sinus de la matrice. La dltference existe dans les routes que ce sang parcourt. Dans les oiseaux , il est pompe par des veines dont les troncs sont des divisions des mesaraiques ; il est charie dans la veine-porte , et de-la. dans le foie; en sorte que catte cir- culation se rapproche beaiicoup de ccUe des animaux qui res- plrent. Dans les seconds, la veine oinljilicale depose ce sang dans la substance du foie , dans la veine hepaticjue et dans la veine cave. Dans le premier cas , la vesicule du fiel est gorgee de Ijile, et dans le second , on pent presque dire (|ii'il n'yena pas. D'ou la necessite de faire en grand des experiences suiviessur lesang de la veine-porte ventrale. Une autre difference separe encore icl les mammiferes des oiseanx. Ceux-ci out, avous-nons dit, un cordon omliilical : mais que devient-il? Au dix-neuf et vingtiemc joui-s de I'incubation , il renti-e dans le bas-ventre de ces animaux avec toute la masse du jaune , de sorte que le poulet eclos n'en presente plus de ves- tige. Cettc disposition est d'autant plus necessaire , qu'ai)res la naissance ces vaisseaux out encore icontinvier leurs fonctions pendant quelques joiirs , tandis qu'il n'en est pas ainsi des mam- miferes. Le jaune introduit , le volume du poulet est augmente ; son abdomen est tres-renfle, I'ouverture abdominale se retrecit , la poche des eaux n'a plus de capacite suflisante pour contenir une masse aussi considerable; elle serompt, les drganes pulmo- naires sont mis en contact avec I'air contenu vers le gros bout de la coquille , il y a respiration. Alors la force vitale acquiert plus d'energie , les niouvemens ont lieu , les membres se deve- loppent , et cctte agitation suflit pour briser la coquille et faci- liter ET D'HISTOIRE NATU RE LLE. 4ot liter la sortie de ce iiouvel etre. Son bas-ventre paroit alors tres- volmniiieTix, et dans le milieu on decouvre las lambeaiix des membranes chorion et anuiios , qui se detaclient et tombent sans laisser aucune trace de fosse ombilicale. Aussi, dans cette grande classe d'animanx , ne distingne-t-on jamais d'omljiiic ; ce qui lions fait croire jiisqn'ici f[u'on pent diviser les animaux a sang rouge , et qui vivcnt dans 1' air , en ombiliques et en non ombViques. Cette observation est d'accord avec I'examen des parties exte- rieures et interieures comparees ensemble (i). T)es membranes choriok et ahikios. Ces membranes ne sont distinctes que vers I'ouverture abdo- minale pur oil sortent les intestins et les vaisseaux dont nous avons parla. Par-tout ailleurs on les trouve si etroitement unies , qu'on ne pent les separer. h-lles forment une poche semblable a celle quicontient le foetus des mammiferes, inais qui en differe, parce qu'il n'y a aucuues connexions avec le placenta et le cor- don omliilical non renferine dans son interieur dans les oiseans. Ses connexions sout de cliatpie cote avec la membrane entero- chlorilyme, et son origine ne paroit etre que Fexpansion de la peau et du peritoine. C'est sur les parois abdominales que nous sommes parvenus constammenta diviser cette membrane en deux, dont la plus interieure faisoit corps avec la peau et I'epiderme , tandis que la plus exterieure se reflechissoit dans la cavite abdo- minale , oil nous I'avons separ^e entierement du foie et de tons les endroits environnaiis. Sa texture est aussi sans reseau vascu- laire apparent. Telle est, autant que nous avons pu le faire , I'histoire suc- clnte et graphique de t#utes les membranes f|ui enveloppent tou- tes les parties contennes dans I'ceuf , an quinze et dix - huiti^me jour de rincubation. EUes forment pir leur arrangement, i". une caviie particuliere pour le I'oetus et les eanx qui le baiguent ; 2°. une pour le jaune en entier et pour les intestins du poulet , (i) Enconiinuant nos reclierches sur les quadrup^des ovipares, sur les serpens! les poissons , les insecics , c!c. , pou!-eire trouverons-nous d'autres caracieres bien tranches qui nous pernieltront d'elablir d'autres divisions aussi simples et aussi nalurelles (jue ces deux (|ue nous proposoiis aux savans. II est besoin raenie de s en occuper avec sjin , car la seclion des animaux ovipares est si voisine des vivipares dans ceri.iiui gerires, cju'il cxisie une espiice de nionstrnosile de rapprocher les uns des auircs des etrcs que la nature nionlre si differens, et par leur structure , el par Icur organisation. Tome /^. F L ORE A L «« 7. T f f 4oi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE auxquels on pent joindre tons les vaisseaux qui les accompagnent liors dii has - ventre ; i". une pour la masse vitelline ; 4"- une pour le troisieme albumen; 5°. une pour le second; 6°. une der- niere tres-etendue , propre a reunir toutes les autres , et avec elles toutes les substances dlfferentes cpx'elles renl'erment. Structure des mem branes. Dans I'ceuf inculje , le sang , qui des arteres hypogastriques , revient au coeur par deux voies distinctes , soit en ^larcourant la veine meningo-cardiaque , soit en rentrant dans le bas - ventre , au moyen des vcines que nous nommerons v'ltello-port'i ques , ne se distribue pas egalement il toutes les membranes. On eij voit dont I'organisation vasculaire est tres-prononcee , tandis qu'a cote de ceiles-lil , on en decouvre d' autres cpii ne sont pas par- courues par la plus legere sirie sanguine. Parmi les ])remieres on compte les memlirancs saccijorme , leucilyme , chlorllyme : et parmi les secondes \a poche des eaux , la membrane entero~ chlorllyme et la cloison perforde. Cette dilierence n'est cepen- dant qu'illusoire. Une texture vasculaire se decouvre pa f- tout , et il existe des moyens fort simples de la constater. II ne s'agit que de couper les unes et les autres par land^eaux , et de les plonger daus une cuvette remplie d'eau. Les plus legers mouve- niens suflisent pour operer un developpement parikit,et le grand art consiste a les bien retirer, afin de les rendre f'avorables a I'ob- servation. Pour cet elfet, on interpose sous I'eau, entre la mem- brane et le fond du vase , un morceau de verre blanc ; sur sa Surface superieure on fixe , avec Tongle on a I'aide de tout autre instrument , un angle de ce lambeau mcmbraneux ; puis en sou- levant perpendiculairement la surface di^ vene , pen - a. - peu ce lambeau se developpe et se presente completement etale , lorsque le corps transparent est tout-a-fait retire de I'eau. On pent en- .suite , comme nous I'avons fait, placer cet objet sous unelentille niicroscopique dont le foyer est de 6 millini. reux sur les memljranes qui ne nous out laisse djstinguer aucune strie sanguine; ils out Icms troncs et ieurs ra- ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4o3 mlficatlons , et des inilliers peuvent se compter siir une surface do 5 millim. En un mot le tissu ccUulaire paroit presque ue pas exister. Corollaires gSneraux. Dans cette derniere partie de notre travail , nous avons eu pour Ijut unique de detruire I'opinion dePIaller , sur la nutrition des oiseaux , et pa^ificulieremeiit du poulet, au moven des organes eastrifjues. Nous avons cm nepouvoir mieux y parvenir cni'en don- nant' I'liistoire de toutes les substances qui servent k sa nourri- ture , ccUe de leurs changemens et des enveloppes qui spnt pro- pres a chacune d'elles , et de prouver de liotre mieux que ces foetus se nourrissent de la m^me mani^re que ceux des mammi- feres Si notre objet est a-peu-pres rempli , "nous pouvons oser deduire les corollaires suivans. ^^ Premier corollaire . L'oeuf IncuLe est compose de la cicatricule , du Jaune, de trois albumen distincts, d'un canal absorbaut , de cinq membranes, de vaisseaux sanguins et sei't-ux. Second corollaire. Le troisi^me nlbumen est dlvise en deux parties reuiiies par uit proloiigement albumineux tres-mince ; leur disposition n'est pas auxdeux poles opposes du jaune, I'un et I'autre ont pour centre un cordon contourne ettor* sur lui-m^me, dont Tuii est membra- neux et I'autre vasculaire. Troisieme corollaire. I] existe une communication entre la masse albumiueuse et, la. capsule du Jaune , au moyen de ce conduit absorbaut. Quatrieme corollaire. Le jaime n'a pas de ligament suspenseur, il flotte librement dans I'interieur du blanc. Cinquieme corollaire. La masse albumlneuse perd de son volume , en raison du temps de rincubation, et celul du jaune avigmente ; ce qui semble de- jnontrer qu'il y a absorption d'une cavit^ dans une autre. Sixieme corollaire. Le premier albumen n'ayant aucime communical,ion avcc lea Fff a ^o4 JOURNAL DE PH YSI QUE, DE CHIMIE deux aiitres , on presume qu'il est aljsorbe par les vaisseaux cle ■la membrane sacc'iforme. Septidme corollaire. Le jaune joint k son augaientation de volume une tres-grande fluiJite ; il est absor^e par I'appareil vasculaire qui i'orme sa tu- niquc propre. ^ ,,,, Hiiltieme corollaire. 'L'experience prouve qu'il n'y a pas de vaisseaux jaunes ni de valvules a I'interieur de la membrane chlorilime. Neuvi^/ne corollaire . Le poulet , considere comme foetus, est enveloppe d'une mem- brane propre qui le separCi^lu jaune avec lequel il a des con- nexions , et du blanc avec lequel il n'en a ancune , et dont il est tres-eloigne. Dixi^me corollaire. Tontes les substances destinees a la nourriture de ce Joctus , 8ont contenues dans des capsules distinctes et separees de lui. Onzidnie corollaire. 11 existe une parfaite analogic entre les vaisseaux du jaune et ceuxdu placentajles premiers sontau jauneceque les seconds sont a la matrice , a I'exception de la difference qui existe dans la circulation. Douzi^me corollaire. Contre le sentiment de Haller , I'albumen nc communique pas dans la poclie des eaux , ne les separe jamais, et le poulet ne iait aucun usage de ce fluide pour sa nourriture. Treiziime corollaire. Le fcBtus des mammiferes ne se nourrit que par le cordon om- bilical : il en est de meme de celui des oiseaux. Parallele entre les phdnomenes de la gestation et ceux de I' incubation. D'apr^s les faits nombreux que nous venous d'enoncer et les Verites nouvelles auxquelles ils ont donne lieu , quels rapproche- mens heureux ne viennent pas Hatter I'imagination fertile du Baturaliste et du physiologiste ! Quelle analogic svd^lime entre ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4o5 la maniere d'etre du foetus des oiseaux et celle du foetus des anl- niaux a mainelles ! Par-tout la nature impriine ce cachet qui la fait reconnoitre; sa marche est toujours la meme , et son mode de f'aire presente seul des differences. Ici c'est line mere- qui , apres avoir con^ii , communique h. son fruit et partage avec lui le principe vital qui I'anime , lui iransmct des sues parf'aitement (^labores, necessaires a son develi)ppement et indispensibles pour sa nouriiture. La , c'est nne matiice impiegnee , jetee an liasasd sous la forme d'unoeuf; elle contient toutes les substances jno- pres k faire vivre rembi-yon qui s'y trouve renferme ; elle est pourvue de tout ce qui doit concourir a la formation du sanir qui , comme dans le premier cas , est seul utile pour Ic develop- pement parfait du foetus , jusqu'a ce qu'il puisse faire usage des organes particuliers et multiplies que la nature doit faire con- courir pour sa conservation. D'un cote , c'est une matrice qui va toujours en augmentant de volume jusqu'au tenne heureux de raccouchement; c'est un organe qui, chaque jour , rei^oit une ])lus grande quantite de substances nutritives , parce que le pro- duit de la conception , devenu plus fort, en consomme davantage : c'est un placenta qui les absorbe ; c'est un cordon vasculaire (lui les transporte; enfin , c'est un foie dans lequel ils subissent, sans doute , une nouvelle elaboration a. nous encore inconnue , avant de depbser dans chaque partie du foetus sesprincipes generateurs. D'un autre cote , c'est un albumen aBondantdont les parties les plus fluides , les j)lus tenues sont absorbees par les extremites capilldires et presqu'invisibles de petits vaisseaux , dont la reu- nion forirle un canal , au moyen duquel elles sont transportees dans la substance du jaune qui devient plus susceptible d'etre absorbee par d'autres vaisseaux secondaires. On volt ce fluide sereux , emprunte de la masse albumineuse , convertir le jaune en un lalt salutaire que cliarieiit ensuite les veines mesaraiipies et la veine-porte ; enfin , que le foie elabore en seci etant la bile qui est deposee dans lavcsicule destinee a la recevoir. Ailleurs, le foetus partage la nourriture de sa mere, dont les besoins de- viennent souvent pressans, tantlls que le poulet contenu dans la coquille, trouve dans I'albumen et le jaune, de quoi subsister pendant un temps donne et tr^s-regulier dans tous les cas. Ne voyons-nous pas le foetus des mammiferes recevoir un sang arte- riel qui a inonde les poumOTis de la mere ? A la verite , il est foi- lilement oxlgene ; mais assez pour animerun etre delicat, et trop foible pour recevoir immediatement tout fair vital (ju'il doit un jour consumer. Ne voyons nous pas cette oxigenation se faire dans I'oeiif ? Les effets de rincubatioj|i ne determinent - ils pas 4o6 JOURNAL DE THYSIQUE, DE CHIMIE I'absorption d'une certaine quantite de calorique ? Ne mettent- ils pas le "^nz oxigene en contact avec les iluitles combines qui doivent I'onuer le sang ? De-la, meine absorption par les veiues , du jaiine , (pii sont ordinairement plus rouges que les arteres dans Icsciueiles le sang paiolt plus noir. Et si , dans la premiere partie dc ce Menioire , nous avons pu soupi^onner le Ibie du foetus des maininilercs tenir lieu des organes gastriqucs et respi- ratoires , ne pourrions-novis pas les reconnoitre dans le jaune chez les oiseaux , puisque , chez eiix , le fbie nous senible dejii s'acquiiteT des fbnctions qui lui sont propres, lorsque la respira-, tion s'opere ? Telles sont les conjectures seduisantes que ne peut manquer de sus£&rcr la conuoissance actuelle de ce canal absorbant et de ses usages. 11 est unique dans son espece , et il avoit re^u le noni de Ligament suspenseur du jaune. Peut-etre avons-nous abuse des hypotheses; on nous lepardonnera. Nous n'avons pas oublie qu'il est besoiii d'observer davantage , de murir nos idees , et d'eviter les ecarts de Timagination. Tableau gSneral et analytique de tout ce que cet ouvrage peut prt^setiter de iieiif et d'inconnu jusqu'a. nous. Les anatoniistes n'avolent pas encore etabli d 'analogic entre la position du foetus dans leurs matrices respectives. Aucun n'a observe cette difference entre I'organisation du foiedms le foetus des mammiferes et dans celui des oiseaux j cette abondance de bile dans la vesicule du liel de ces derniers , et son absence ])rescpie totale dans ceile des premiers ; la non-exis- tence de la veine ombilicale , et la presence d'un cordon oinbi- lical proprement dit , contenu dans I'abdomen du fcetus des oiseaux. Jiisqu'icion a fait peu d'attention aux organes dumouvement, dont Taction semble etre nuUe dans les animaux qui n'ont pas respire , ou du moins est tres-foible , si nous devons nous en rap- porter aux experiences c[ui nous sont propres. Nulle part Ic mecanisnie de la nutrition du poulet se trouve developpe ; nous avons decrit des jnembranes nouvelles ; nous • avons, les premiers, fait part des rapports qui existent entre le poulet et les substances destinees pour le faire vivre pendant tout le temps de I'incubation. Nous avons detruit les idees erronees que Ton avoit sur les valsseaux jauncs et sur le ])retendu canal qui , de la capsule dii jaune, comuiuni(|ue dans le tube intestinal. Nous en pou- E T D ' II I S T O 1 R E N A T U R E L L E. 407 vons dire autant des pretendiies chalazes qui ne sont autre cliose que deux portions albumineuses , dont la reunion , operee i)ar I'iiiculiation ou par rebuUition , constitue ce qvie nous nonimons notre troisieme allnunen , albumen central. A nous appartient la decouverte de ce canal aljsorhaut oul nous expli(|ue comment le blanc ]iput diminuer de volume pen- d.int I'incubation , etre transfere dans la corpie du janne pour I'etendre , et le rendre plus susceptible d'etre absorbe et d'etre entraine dans le torrent de la circulation. Eniiu , nous avons Jcte qrielques idees nouvelles sur le mecanisme que la nature eia- ploye pour cxpulscr de sa coquille I'oiseau parfaitement deve- loppe ; nous avons trac^ une esquisse de la maniere dent il respire, et Ton peut a present expliqvier sans peine ces cris du jioulet qui ont fait croire k Haller et i beaucoup d'autres pliy- siologistes non moins celebres, que cet animal faisoit usage de ses organes pulmonaires pendant la duree de I'inculiation. II ne I'aut pas non plus oublier la note de la jvige Gn , qui contient I'enonce d'un phenomene constant. C'est I'aspect d'une couleur rose , provenant d'une double refraction de lalumiere, a mesure que la substance vitelline se dissout dans I'eau. Si ce travail , qui nous a coute beaucoup de peine , lixe I'at- tention des physiciens et des anatomistes , il doit reclamer leur indulgence. Nous ne le regardons nous-memes que comme uue ebauche ; et en novis determinant a le pulilier , notre unique but est de recutillir les jucreraens dil'ferens qu'on en portera. C'est le seul moyen de f'aire marcher la science : et nous sommes jaloux de teinoigner d'avance combien nous serons satisl'aits des avis utiles c[ue s'empressent de donner i\ la jeunesse , des hommes eclaires qui ne savent que I'aider et jamais la decoura^er. NOTE SUR LES ANIMAUX MORT-NES; Par Herhoi-dt. JLe Journal Medico chirurglcal Avl prof. Todc, vol. 3.cli. 3, i Copeidiague , 98 en allcmand , annonce une decouverte impor- Unte. Ilerholdt a tiouve, en ouvrant des cadavres d'animaux mort-nes , la cavite du tambour remplip de la liqueur de I'aui- 4o8 JOURNAI, DE PHYSIQUE, DE CHIMIE nios et de plilegine ( eau vlsfjiieuse ) : ce liulde sort , apres la naissance , par le conduit aiitlitii:", et est remplace par I'air atinos- plieri(jue. Cette decouverte I'a iiiduit a supposer que la li(pieur de rauinios s'introduisoit egalenient dans le tuyati de la respira- tion , et le reni|)lissolt taut (pie I'enf'ant n'etoit pas encore ne. Des experiences faites ;\ I'Ecole veterinaire , ont confirme cette hypothese. Ordinairenient la nature fait ecouler cette liqueur , quelquefois il I'aut employer le secours de I'art. L'enl'ant ne peut respirer liln-einent que lorstju'll en est del)arrasse. Ilerholdt pense que cet accident produit plus deniortsapparentesqu'on nele croit coinnmnenient ; il ne siifiit done pas de rincer le gosier de I'en- faait , il faiit lui donner une attitude qui facllite I'ecouleinent de la liqueur. L'auteur a eu le bonlieur , cette annee , de rappeler a la vie douze enfans sur ti'eize qui se trouvoient en pareil cas. Les professeurs Abildgaard et Wiborg ont confirme I'experience par I'ouverture de cinq chiens non encore ncs. NOTE SUR LE GLASS-CHORDj Par Beyer. i-iE glass - chord est une espece de forte -piano , qui , an lieu de cordes ordinaires, a des cordes de verre : c'est ponrquoi Franklin lui donna ce nora de glass-chord (i). Ces cordes sont de petites bandcs de verre ou cristal , lesquejles sont attachees sur deux especes de chevalet. Une des extremitesest frappee par des petits marteaux garnis de soie. Ces marteaux sont souleves par les tou- ches du clavier. Les bandes , pour les tons graves , sont minces et ont peu de longueur. Leur epaisseur est plus considerable pour les tons aigus , ainsi que leur longueur. Les avantages de cet instrument sont , i". d'avoir des sons plus melodieux que ceux du piano ordinaire; 2°. il n'a pas besoin d'etre accorde de nouveau; 3°. il est tres-portatlf. L'auteur vient d'en etendre le clavier ^ quatre octaves. (1) Glass ^ verre en anglais , cliord ■, corde. LETTRi; ET D'HISTOIRE NATURE.LLE. 4°9 L E T T R E A J.-C.Delamethf.rie , auteur du Journal de Physiqtie , pour servir de reponse au meinoire de Dispan , sur I'acide des pais chiches ; Par D E Y E u X. J-/ANS le dernier n". du Journal deThysique , vous avez insere uii Memoire de Uispan fds , sur I'acide du pois chiche. D'ajires la lecture que je vieus d'en I'aire , je vois que ce cliiniiste n'est point de mon avis sur la nature de cet acide. II pense qu'il dif- i^re essentiellcnient de I'acide oxalique auquel je I'avois cnni- paie, et qu'il I'aut lui donner le nom de cicer'ique , parce qu'il a des proprietes qui ne resseuiblent pas a. celles des autres acides vegetaux. Si j'ai comniis une erreur , ilest juste qu'elle soit rectifiee ; et , k cet egard, jedevraisavoirle plus giand gre a Dispan de me I'avoir fait coniioitre ; niais les experiences que ce cliiniiste rapporte pour combattre mon opinion , sont-elles assez exactes pour ne laisser aucuns doutes sur la justesse des consequences qu'il a tirees ? C'est ce que je ne pense pas : on jugera si j'ai raison, d'apres les details dans lesquels je vais entrer. La premiere iois que j'eus occasion d'observer I'exudation du pois cliicke , je f'us singuli^rement surpris de sa saveur acide. Curieux de connoitre quelle etoit sa nature, je lis d'abord plu- sieurs experiences qui , je dois en convenir , ne me procurerent pas les eclaircissemens que je clierchois ; cependant , a force de les repeter et sur-tout de les varier, je commen^ai a entrevoir I'esperance de reussir. Pour arriver au but verslequel je tendois, je sentis la necessite de me procurer une assez grande quantite de I'acide dont il s'agit , alin de pouvoir lui i'aire suliir diflerentes combinaisons. Mais a quelprocede falloit-il avoir recours pour I'obtenir le plus pur possible? Apres bien des essais infructueux , je m'arretai a. celui que j'ai indi(jue dans mon Memoire , qui consiste a immerger dans (le I'eau distillee, les tiges de la plante, en prenant des pre- cautions, pour que , pendant cette operation , elles ne soient ni froissees ni rompues , et sur-tout qu'elles ne sejournent pas dans I'eau plus de temps cpie celui necessaire pour les plonger et les retirer. Cette operation , quoique longue et ennuyeuse , est tou- jours celle quim'asemblemeriter la preference, parcequej'ai rg- To/ae r. FLOREALfl/j;. Ggg ^10 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE manjne qu'elle remplissoit mes vues , et que I'eau qae j'obtenois liiiissoit par devenir tellenieiit acide que , non - seulement elle roiigissoit la teinttire do tournesol et le syrop de violette , mais qvie iiieme aussi elle faisoit ei'f'ervescence avec le carbonate de potasse. I-e ])rocede auquel a eu recours Dlspan , est assurement bicn dlilereiit de celui qiie je viens de citer. II consiste a frapper uii linge Jin avec des tiges de pois cliiche assez forteraent , et a-peu- pres, ce sont ses expressions, comnie onferoit un meuble dont on voudroit oter la poiissilire. II lave ensnite ce linge dans une suttisante quantite d'eau , et ilnit par la concentrer , au moyen d'une evaporation menagee. ■ Je demande maintenant s'il estpossible de croire que I'acide obtcnu par le proced^ de Dlspan , puisse ^tre aiissi pur que celui que j'ai retire? Non, sans doute, et a cet egard, je suis sur qu'on sera bientot de inon avis, lorsqu'on voudra f'aire attention que la per- cussion assez lorteque Dispan emploie pour iinpregner son mor- cean de linge d'aclde , sulFit pour dechirer une portion du tissu de la plante, et mettre par consequent en evidence, d'autres fluides composes , qui venant a se separer avec I'acide , s'atta- client avec ce dernier au linge , et ensuite sont emportes par I'eau qui sert a faire le lavage. Cet inconvenient dont je m'etois aussl apperru , lorsque , dans mes premiers essais , pour obtenir I'acide qiie je desirois , j'avois employe des moyens k-peu-pres analogues a celui de Dispan , m'avoit determine ^ preierer I'iinmersion dans I'eau a tout autre precede. Aussi ma liqueur acide , toutes les fois que je la con- centrois jusqu'a moitie par une evaporation lente , ne changeoit- elle presque pas de couleur , et conservoit-elle la plus parfaite transparence. II paroit qu'il n'en a pas ^te de meme de celle de Dispan , car il assure que par I'evaporation elle a acquis tine couleur citrine tres- belle. Une difference aussl remarquable doit deja faire pressentir que son acide n'etoit pas , a beaucoup pres , aussi pur que le mien , et elle lui fournit la reponse ^ la question qu'il fait : poiirquoi V acide qu'il a obtenu jaiinit-il , brunit-il , noircit-il memc par I'evaporation au soleiL ou a une chaleur de 35 degres , landis que les goutelettes de I'acide qui se manij'estent sur la plante , conservent la diaphandite la plus parfaite ? En effet , ilestfacile de concevoir que si les goutelettes d'acide dont se trouve recouverte la plante , conservent leur diapha- ndite et ne' se colorent pas , quoiqii'exjjosees long-temps au soleil ♦ • ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4«l le plus ardent, c'est que I'acide qui produit les goiitelettes n'est mele avec aucun corps qui puisse en alterer la ])urete. Comme c'est dans I'interieur de cliaque poil de ^t plante , du moins sui- vantmon opinion , que cet acide se forme , et comme la , il n'y rencontre pas de substance avec laquelle il puisse former de comljinaison , il n'est pas etonnant qu'il en sorte pur, et que, en se conceutrant ensuite par la chaleur dn soleil , il n'acquiert pas de couleur comme relui quia ete obtenu par la percussion de la plante qui , dans ce dernier cas , je le repete , etant tonjours froissee en partie , doit permettre a I'acide de se meler a des corps etrangers. Apres avoir prouve que i'acide sur lequel Dispan a opere n'a pas du etre le merae , par le fait de son precede , que celui que j'ai obtenu , on ne sera plus etonne du pen de ressem- blance qu'il y a entre les proprietes de son acide et cellos du mien. Ce cliimiste a employe tous les moyens pour s'assurer que le sien n'etoit pas de I'acide oxalique , et , a cet egard , je dois dire que les preuves fju'il adoiineesparoissentsans replique ; j'ajouterai meme qu'on doit lui avoir obligation d'avoir pousse aussi loin, qu'il I'a fait , un travail qui , sans doute , a exige de sa part l)eaur- coup de temps , et qui suppose des connoiisances chimiques tres-etendues Mais si jamais I'occasion de reprendre ce travail se presente a lui, je I'engage a repeter mon procede , et je crois pouvoir I'as- surer que , s'il le suit avec exactitude, il obiiendra les memes re- sultats que ceux enonccs dans mon Memoire. II verra, entre autres choses,que si, avantde cancentrer I'eau distillee dans laquelle il aura sculement immerge , et sur - tout sans les laisser sejourner , un grand nombre de tiges de poij chiche garnies de leur cosse, dans le moment ou elles sont bien chargees de cette espece de rosee qui les recouvre ; il verra , dis-je, que s'il mele a cette eau acide , de I'eau de cliaux nou- yeliement preparee et parfaitement claire , il obtiendra un preci- pite iqui , soit qu'il se forme suljitement, soit quelques lieures apres le melange , sera un veritable oxalate de chaux; il verra aussi que s'il compare La maniere d'agir de cette eau sur les liquidesqui contiennent des sels a base de chaux avec celle d' una solution d'acide oxalique sur ces niemes llquides, il aura, dan? les deux cas , des precipites semblables dont il pourra connoitre la nature par des experitnces ulterieures , aiiisi que je I'a i fait, Enfm , il acquerra la preuve que la liqueur qui exude de I'cxtre- inite de chaf|ue poil du pois chicJic est un veiitable acide oxalique. Ggg 2 4»2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE C'estdu moins ainsi que j'aiclu I'appeler d'apres des experiences que i'ai laites avec toute I'exacCitude (pi'il a ete en mon pouvoir d'apportcr. . Avant de terminer cette lettre , je dois faire observer que Dispan , tout en admettant la presence de I'acide auqixel il a donne le nom de cicSrique , n'est pas cependant fort oloigne de croire aussi a celle de I'acide oxaiique. II rapporte menie k ce sujet une experience qu'il a I'aite , d'apres laquelle il semble con- vaincu que(ce sont encore ses expressions) on pourroit concilier son opinion avec la inienne. Cet aveu , de sa part, prouve que son acide cicerique peut bien exister independainment de I'acide oxalicpie , et que, si je ne I'ai pas reconnu le premier, c'est que mes experiences ayantete faites sexxleraentdans la vue deconnoitre la nature del'exudation des polls du pois chiclie.je n'ai pu et n'ai du la determiner que d'apres des resultats qui ai'ont paru conibnnes a ctux qu'on obtient, lorsqu'on opere avec de I'acide oxaiique. « -::^irM ^"' — =» NOUVELLES LITTER AIRES. Voyages en Syrie et en Egypte , pendant les annees 1 788 , 84 et 85. Troisieme edition, revue, corrigee etaugmentee, 1". de la notice de deux manuscrits arabes inedits qui Iburnissent des details nouveavix et curieux sur rhistoire, la population, les re- venus , les impots , les arts de I'Egypte , ainsi que sur I'etat mlli- taire, I'administration , I'etiquette cles mamelouks tcherskasses, et sur I'organisation reguliere de la poste aux pigeons. a°. D'un tableaxx exact de tout le commerce dvi Levant, extrait des registres de la chambre du commerce de Marseille. i*). Des considerations sur la guerre des Russes et des Turcs, ptibliees en 1788. 40. De deux gravurcs nouvelles , representant les pyramides et ie sphynx , auxquelles sont joiiUes les planches de Palmyre et de Balbek , et trois cartes geographiques , toutes refaltes h. neuf. Par C. F. Volney , membre de I'lnstitut national des sciences et des arts. 2 vol. in-8. A Paris, chez Z)«^o«r et i)«ra'«(/, libraires, rue et hotel Serpente. Les editions multipliees qui ont ete laites de cet ouvrage , prou- •vent I'empressenient avec lequel le public I'a accueilli. Les adtli- tions faites dans cette nouvelle edition le rendent encore plus interessant. Nons allons en extraire ce que I'auteur dlt de la poste aux pigeons , d'apres un ancien manuscrit arabe. Colombiers des pigeons de message. Ces colombiers sont etablis dans des tours construites de distanceeii distance dans toute j'auteiir donne ici I'etat des distances des colombiers- II y en avoit 4 du Calre a Alexaudrie ; 4 du Caire k Damiette ; 5 du ET D'H ISTOIUE NATURELLE. 3i3 Tetendite de I'enipire. C'est a Moiissel que Ton a commence a se servir des pigeons pour porter des lettres. Lorsque les Fatmites envaliirent I'Egypte, ils y etablirent les postes aeriennes , et lis yattacherent uusi vif interet, qu'ils assignerent desf'onds propres a une regie speciale k cet objet. Parmi les registres de ce bureau , en etoit un on se trouvoient classeesles races de pigeons rcconnus les plus propres. ' Ces lettres, appelees batdiq , contenoient I'avis pur et simple; on les attachoit sous I'aile ; elles etoient datees du lieu , du jour, de I'heurc ; on expedioit, par dupUcata ;kV axr'vieQ de I'oi- seau, la sentinelle leportoitau sultan menie qui detaclioit I'ecrit. Les pigeons bien dresses etoient hors de prix. Ces etablissemens etoient fort couteux , mais tres-utiles. On appeloit ces pigeons les anges des rois, Depuis long-temps les colombiers du Said sont detruits par suite des troubles qui ont ruine le payj ; mais ceux de la basse Egypte subsistent (en 14^0, temps oii ecrivoit I'auteur du ma- nuscrit ) , et en voici I'etat , ainsi que pour la Syrie. L'l ' ■ "" en av( Caire a Gazzah. 3 De Gazze fou Gazzah) k Jerusalem ; 3 de Gazze a Karak ; 4 de Gazze k Safiid; 6 de Gazze k Damas; 1 de Damas a Balbek; 7 deDanias a Halab;4 deHalab kBehesna;4 deHalab aRahabe j 5 de Uamas a Tripoly. La distance de ces colombiers est environ de3o milles; maisily en a de la distance de 75 milles, etmeme celle de Palmyre(Tadmour) a Raliabe etoit de 108 milles. Tels sorit les colombiers entretenug dans I'empire pour la cele- rite des depeches. Chaque coloudjier a son directeur et ses veil- leurs , qui attendent , a tour de role , I'arrivee des pigeons ; 11 y a en outre des domesti([ueset des mulcts a chaque colombier pour les echanges respectlves des pigeons. Les Rulnes , ou Miiditations sur les revolutions des empires , par Volney. a J'irai vivre dans la solitude parmi les ruines. J'iiiterrogerai les nionuniens anciens sur la s^igesse des lemps passe's. . . Je dernanderai a la sagesse des legislateiirs par qu Is iiioufs s'elevent et s'abaissenl les empires ; de quelles causes naissent lu prosptiiteet lesmalh'urs des nai ions ; sur quels principes cufin duivent s'etablir la paix des societes et lebonheur des honimes ». Chaff. IV, pag. 2,^. Troisieme edition , corrigee et augmentee du Catechisme du cltoyeu francais , parle mei'ie auteur. A Paris, chez A- J. Dugour ' et Durand , llbraires, rue et liotel Serpente. L'accueil que le pulilic a lait a ces ouvrages , les nombreuses editions qui en ont ete iaites , prouvent com bien Taiiteur a sii interesser. Dans cette nouvelle edition il a ajoute a cet interet par le soin qu'il y a donne. OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES, FAITES TAR BouvARD, astroiiome. 7- 17- 17- J,!) J. 4 i''. s.. , i*".- s.. 17- 17- ^7. 17- ^7- 17- 17- 17- 17- 17- 17- i7- 17. '•7- 4>4 «,7 ",! 8,5 3.6 4/ ,0 ic,4 9.9 45 5 3 3,1 1.4 1.3 (■A 7,0 7,7 7,7 «,4 7,0 8,0 ■1.3 8,4 f.5 6.0 7 8,8 7 4,- 4,7 8.0 4.0 ,7 3,« 5,5 7,0 .11,5 .10,5 5.! 5,5 5.9 i.5 RECAPITULATION. Wus i^rande (Elevation cJu mcrcurc 17.11,54, Ic i; Moiiidrecl^vadon clu niercure 17. 1,41, le 19 Elevation moycnnc 27 . ^,4 8 Plu'i grand dcpre de dialcur -)- itf,5, le iS Moiiidre dcgie de clialcur — j,i , le 14 Clialeur moyenne -j- 5,7 Nombre dc jours beaux 6 de couverts 14 de pluic If de vent 19 de ffcl^c 6 A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, Germinal an rii. Hyg. a miJi. 85,0 86jO 87,0 98,J 71,0 77.J 78, J 85, J 71,0 101,0 97,0 S7.0 100,5 94.; 1 00, J 84,J 84.)' 78,0 79. y 91. J 8i,J 77.0 Si.o V B N T S. E-N-E. E. N-O. S.-S.-E. S. S. fort. O. fort. N-O. O. N-E. N-E. N-N-E. N. N-E. S-E. S-E. S-S-E. N. Calme. SO. s-o. s-.<^-o. so'. N. N. S-S-E. O-S. S-S-O. S. fort S-S-E. fort. POINTS LUNAIRES. P!. L. Perigee. Equin. descend. Dern. Quart. Equin. ascend. N. L. Apogee. Dern. Quart. Equin. descend. Pleinc Lune. VARIATIONS DE L ATMOSPHBRE. Cicl trouble et nuageux ; gele'e blanclie le matin. Ciel sans nuages ; vapcurs ct b:oiiillard le matin. Beau le matin ; convert dcpiiis miJi. Brouillard considerable le matin ; ciel a dcmi couvert. Quclqucs cdaircis ; plnie a J hcures dn soir. Bean cicl ; gelee blanclie ; phiie par intervallcs le soir. Ciel couvert par intervalles ; pluic le soir. Pluie par intervalles ; grele a raidi ; queltjues Cdaircis le soir. Ciel a demi-couvert. Ciel couvert par intervalles, Mcmc temps. Ciel couveit; ncige vers midi. Quelques eclaircis dans la journcc. Qnelques nuages le matin ; couvert le soir. Ciel couvert ; quelques eclaircis le matin. Pluie par intervalles. Ciel couverr ; pluic mel^e de grele ; !c soir a j hcures tonnerre. Pluie fine par intervalles dans le jour. Idem. Beau par intervalles ; pluie mclce de grele vers midi. Pluie par averses; grand vent. Sud. Couvert par intervalles. Idem ; gicle vers midi. Couvert par intervalles. Ciel couvert. Ciel ttouble et charge de vapcurs j tonnerre ct pluie le soir. Ciel couvert; ttes-grand vent. Plusieurs averses dans la soiree. Pluie abondantc ; grosses averses par intervalles. Idem. RECAPITULATION. de grele j de tonnerre x de brouillard x de neige i Le vent a fouffl^ du N 3 N-E 5 E I S-E 6 S 4 S-0 6 1 N-O 1 fois 4i6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE,etc. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE CAHIEB. Memoire sur la matiere du feu , considerSe comme instrument chimique dans les analyses , par Lamarck. Paf^e 345 Quatrienie 31emoire sur "la matiere verte qu'on trouve dans les vases remplis d'eau , etc. , par Jean Senebieh. 36i Observations sur la teinture de mars alcaline de Sthal , par J.-M. Hadssman. 369 Sabot Drague , ou nouveau moyen de curer les ports de mer , par Bertrand. ^7^ Lettre de J.-H. Hassenfratz a J.-C. Delametherie. 3j5 Observations litliologiques et chimiques sur une espbce sin- gulicre de marbre primitif , par Napione. 877 Histoire naturelle de la montagne de S. Fierre de Maestricht , parB. Faujas-Saint-Fond. SSa Dissertation physiologique sur la nutrition des foetus considiires dans les mammift^res et dans les oiseaux ,par'Ls.^s.ii^iA. 386 I'iote sur les aniniaux mort-nes , par Herholdt. 407 — sur le glass-chord , par EsY^K. 4°^ Lettre a J.-C. Delametherie, pour servir de rSponse au mSmoire de Dispan , sur I'acide des pais chiches , par Deyf.ux. 4°9 ISIouvelles litteraires. 412 Observations mtltdorologiques ,faites a I' observatoire national de Paris , par 'Bo^jyxv.Tn. 4i4 > 4i5 :i^iiW!:iiil;:i'milil«Hiittlii j JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C H I M I E . ET D'HISTOIRE NATURELLE. m P R A I RIAL an 7. CINQUIEME MEMOIRE :' Siir la mati^re verte qu'on trouve dans les vases remplis d'eau , lorsqu'ils sont exposes a la lumiere , de menie que sur les conjbrves et tremelles , considerees relativeitienta leur nature et a leur propr-ldte de donner du gaz oxigene au soleil ; Par Jean Senebier, Bibliotliecaire de Geneve. §. V I. La mati^re verte est-elle une production animate ou vegdtale ? J.I, pent sembler , au premier coup-d'oeil , que cette question est facile a resoudre. Lorsque je I'examinai, pour la premiere fbis , je ni'etonnai moi - meme de f'aire cet examen ; mais lorsqiie je I'eus etudiee avec plus de soin , je trouvai bientot qu'elle etoit difficile a resoudre , si tant est qu'elle soit resolue. Les observa- tions de Felix Fontana doivent f'aire la plus grande impression , quoiqu'il n'en donne pas les details ; mais il annonce claireinent que la matiere verte est formee par des animaux , et que le gaz oxigene qui s'en echappe est leur ouvrage. Ingenhouzs a donne une nouvelle force a ces idees par de nouvelies observations, que j'ai f';iit .connoitre dans mon premier memoire. De sorte qu'en etudiant ce curieux sujet , j'avois sous les yeux les observations et les decouvertes de ces grands homnies , avec celles que j'avois faites et I'opinion qii'elles m'avoient fait prendre, Quoiqiie mes observations ne soient pas rigoureusement tran- cliantes et sans replique ; quoiqu'eiles n'etablissent pas victorieu- Tome V. PRAIRIAL an-j. H h h 4.i8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE sement mes soup^ons sur le caractere vegetal delamatiere vPrte, et sur la iiaUire ties animalcvilcs (|u'on y trouve , cependaiit , quand ellos ne seroient que des ubjections qui peuvciit avoir quel([ue force , elles meriteroient quelqiie attention ; je ne les aurois pasmeme publiees, si elles n'avoient pas ete d'accordavec les idees de Spallanzani, qui a peut-etre etudie mieux qu'aucuii autre naturaliste les animalcules d'infusion. Je puldierai, a la fin do ces raemoires , ([uelqueslra^inens des lettres que ce savant illustre m'a ecrites sur ce sujct , 11 y a quelqucs annees , et qu'il jn'a permis de pidalier. II y a lorCT-iemps qu'on a remarque les plus grands rapports entre les venetaiix etles aniniaux ; il estmetne peut-etre dil'ficile auL-hilosoplie exact de les distinguer d'une maniere qui ne laisse aucune incertitude sur leurs caracteres distinctifs. On trouve au moins certaines especes animales et vegetales si rapprochees , qu'on est fort embarrasse de fixer le regae auqucl elles appar- tiennentlc mieux; mais je ne A^eux point reinontcr jusques-lk pour appuyer mora opinion , je me borne aux diilerences esscn- tielles que pi'esente un tronpeau de boeufs on de moutons dans une prairie , pour les disiinguer de I'herbe qu'ils broutent. II uie paroit d'aljord difficile k concevoir que la matlere verte soit composee de tous les animalcules qu'on y appercoit , et que i'ai decrits : cette matiere devrolt varier suivant scs composants , soit qu'une seule espece d'animalcules fornult une seule espece de matiere verte ; soit que celle-ci fut composee de plusieurs es- peces do ces animalcules dont le nombre poiirroit varier. Les ruclies d'abeilles ne ressemblent point aux nids des bourdons vclus et des abeilles ma^onncs, ou aux guepiers ; de sorte que si les habitations sont les memes , ou si la matiere verte que les animalcules doivent former , est toujours seinblable , il faut en conclure fiue les especes qu'on connoit ne sont pas forniees par les animalcules dont les especes varient totijours , soit par lexir nombre , soit par leur nature ; mais il seroit bien plus difficile a iraaginer la glaire verte qui recouvre la matiere verte forineepar ces animalcules ; et Ton avoit , je pense , quelques droits a exiger que Ton apprit comment les animalcules prodviisent cette matiere vegetale , et coniinent ces differentes especes s'accordent pour travailler ensemble au ineme ouvrage , comme pour le faire toujours de la meme fagon , lors meme qu'on supposeroit les especes collai)oratrices de la matiere verte toujours semblables j ce qui est pourtant contralre k ce cpi'on a observe. II pourroit paroitre plus probable de former la matiere verte ec les animalcules verts observes dans les eaux , ou cette avec ET D'HISTOIR E NATURELLE. 419 maliere se trouve ; mais il faut reraarquer que le jiombre des animalcules verts est tres-petit , que ces animalcules verts ne sont pas communs , quo ces animalcules reunisen masse forment nue nuance verte assez foible, tandis que celle de la matieie verte est assez f'oncee , que la couleur individuelle de ces ani- malcules est a peine perceptible ; en sorte qu'iJ paroit que la couleur de la matlere verte est le produit des filets verts qui semblent etre une raatiere vegetale comme le mucus vert qui les. recouvre. Mais il n'est pas niSrae blen sillr que ces animalcules soien essentiellemeiit verts ; j'ai vu quelques-uns de ces animalcules, et en particulier des animalcules ^ tourljillons , qui ctoient verts tandis que d'autres animalcules des memes especes n'avoient pas cette couleur , d'autant plus qu'ils la perdaient quand on les isoloit dans des eaux pures ; de sorte f|ue je soupconnai que cette couleur verte etoit produite par la matiere verte dont les ani- malcules verts se nourrissent ; mais ceux qui etolent sans cou- leur etoient a jeun , ils verdissoient comme les autres en les mettant k portee des prairies microscopiques. Les roliferes n'ont point de traces vertes sur le corps , quand leurs alimens sont d'une couleur jauiie. On a trouve un petit scaral)e dont les lluides se teignent en bleu lorsqu'il se nouriit avec les feuilles du pastel, le sue rouge de I'opuntia prepare I'ecarlate de la cochenille , et la garance teint en rouge les os des animaux qui en mangent. Je ne joins pas ici les raisons generates qui me paroissent exclure les animalcules verts de la formation de la matiere verte , parce qu'on aui-a I'occasion de les voir dans la suite de ce memoire en parlantde tons les animalcules sans distinction. On a cependant cru que la mati(^re verte ^toit composee par des animalcules ; mais comme on a senti la necessite d'en li- miter le nombre , on les a bornes a des animalcules glolmlaires, et a des animalcules k filets qui ne sont pas trop caractorises • mais enfin c'est ainsi qu'on les represente , quand la matiere verte commence a paroitre. On y a joint quelques-uns de ceux que j'ai decrits accolies deux k deux , et qui se trouvent aussi dans les eaux ou il y a quelque matiere qui ferraente , ou qui se corrompt. Ensuite, quand la matiere verte est form^edepuls quelque temps, les insectes d'lngenhouzs , ou plutot les animalcules , cessent d'etre perceptil)les, parce qu'ilssont, sans mouvemens, encliain^s dans une matiere visqueuse , et entrelaces par des filets blancs , qui out un motivement arbitraire. Ensuite , pour expliquer la variete de ces animalcules qui doivent former la matiere verte , et qu'on trouve avec elle , oil I'on voit , par exemple, des ani- H h h a 420 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE inalcules "lolmlaires remplaces par des animalcules elliptiqties , et de toute autre figure , on suppose une espece de metamor- phose semblaljle k celle qu'on observe dans les insectes ; et c'est prnbaljleraent cette sup])ositlon qui a fait donner ce iiom aux animalcTiles. Cette opinion n'etoit pas , il est vrai , destituee de tout fondemeut apparent. Biiffbn I'avolt adoptee pour les vers spermatiques , il avoit menie su la rendre probable ; maisle plie- nomene cnrieux siir lequel cette opinion repose, fut etudie' par Spallanzani , et cette prctendue metamorphose lut aneaniie. Le celelire observa'teur de Pavie remarqua clairement que Buf'fon avoit confbndu les animalciiles qui naissent dans la liqueur seminale putrefiee , avec les aniraaiciiles spermatiipies , et qu'il attnbuoit mal a propos a. la metamorphose pretendue de ces derniers , quine changeciient point de formes , le devtloppement de ces animalcules nouveaux que la putrefaction I'avorisoit , comme on le voit dans les Experiences sur la gdiidration , de ce grand homme La metamorphose des animalcviles etoit encore , ainsi , un fait unique et nouveau dans leur histoire ; elle etoit sur-tout capitale dans celle de la matiere verte. II falloit done montrer, d'abord , que ces animalcules n'appartenoient point aux infusions com- munes , niais qu'ou les trovxvoit seulement dans le tissu de la membrane de cette matiere, ou dans la matiere elle-meme , ce qui est manifestement contraire aux observations faites dans tons les temps. 11 auroit ensuite ete necessaire de faire voir ces meta- morphoses dans les animalcules , les snivre dans toutes leurs phases , remarquer toutes leurs circonstanccs ; c'est au moins ainsi qu'on a dtimontre celles des insectes. II etoit bien important de s'occiiper de ce sujet ; car si ces metamorphoses ne sont pas vraies, ces animalcules dilferens ne sauroient jjroduire une ma- tiere verte parfaitement semljlable , et si la matiere verte est la meme , elle ne sauroit etre le produit de ces animalcules dilfe- rens. 11 faut pourtant le dire , au milieu de cette foide d'animal- cules dont la vie n'est pas longue , que leur vivacite place tou- jours sous les yeux , il seroit bien etonnant que des observateurs assidus n'ayent jamais remarquecps metamorphoses, ou quelque chose qui put les faire soup(^onner. On pourra dire, il est vrai, que les animalcviles observes ne sont pas ceux de la matiere verte, parce qu'un tres-petit nondne d'observateurs s'en sont occupes : iiwis si les animalcules que j'ai decrits dans le memoire precedent,, se trouvent avec la matiere verte, comme dans les infusions ouoii les a remarques , pourroit-on croire raisonnablement qu'ils su- bissent des metamorphoses lorsqu'ils sont avec la matiere verte „ ET D'HISTOIRE NATURELLE. 49.1 et qu''ils se reproduisent tels qu'ils sont dans les infusions , sans avoir su^i de metamorphoses ? D'ailleurs, comme il y a quelque temps que cette matiere verte occupe les pliysiciens , et que I'opinion de ces metamorphoses est connue , seroit-il probable que personne ne les eiit cherchees , ne les eut vues , n'cn eiit parle , etque Fontana etingeiihouzs eussent ete les seuls temoiiis de ce phenomene singulier , qu'ils ont plutot soup^onne qu'ap- per^u ? Quoi ! on n'auroit jamais vu un de ces animalcules se changer en nym plies , comme on les voit se diviser , pondre des ceufs ; on n'auroit point yu de iiymphes ? J'avoue que je ne comprends rien a cela , et qiie jene sais trouver aucune analogie entre ces animalcules et les insectes qid se metamorphosent , quoique I'on observe ces analogies tres-rigoureusement entre le& insectes soumis a cette loi. Eiifin , ces pretendues metamorphoses s'expliquent tres-bien par la succession de ces diiferentes especes d'animalcules qui se siu> cedent et qui sont essentiellement diiferentes ; comme lorsqu'un troupeau de vaclies remplaCeroit dans un champ lui troupeau de dindes , on ne sauroit soup(jonuer une metamorphose : de mt me on ne peut la croire , sans preuve, quand des volvox paroissent dans les infvisions apres les cyclidium. Si Ton considerece phenomene jdtis generalenient , on troiivera . que le nombre des animalcules, cjuel qu'il soit, est toujours trop peiit relativement aux masses vertes qui se forraent , et que ces animalcules ne sont pas plus nombreux aupres de ces masses (|u'aillevirs ; il est vrai que ces animalcules paroissent plus k leur aise aupres de la matiere verte que lorsqu'on les transporte dans I'eau pure ; sans doute ils y soupirent apres une belle prairie , comme les moutons qtii sont dans une route battue et pou- dreuse. J'ai voulu comparer plus attentivement les animalcules glolju- laires et a. navette avec la matiere verte ; mais je ne saurois voir dans les premiers les elemens de laderniere. J'ai oljserve souvent ces animalcules transparens se verdir en nageant sur la matiere verte , parce que les rayons verts qu'elle reilechit les traversent et les representent avec leurs nuaiices , et je ne pourrai conce- voir comment ces animalcules globulaires, qui sont tres-vifs dans leurs mouvemens, seroient ces grains opaques et immobiles que la matiere verte montre dans sa peUicule ; ce ne seroit pas mieux la gelee , qui est fort homogene. J'ai vu mille I'ois ces animalcules globulaires errer dans I'caii sur la inatiere verte , y entrer , en sortir ; mais je ne leur ai jamais ■vu former les franges qui bordent cette. matiere. 422 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Ell observant atireiitlveDJentles bords cle la matl^io verte,qu'on re pent croire inasll<|ues , jn devois rcinarquer siir-tout dans ces places Ics animalcules verts ambnlans , ou les globulaires , ou ceux a navette , on Ics accoUcs , sortant de leurs jnisons et y ren- traiit ; mais je n'ai pu jamais I'appercevoir j cependant on I'ob- serve tonjonrs dans les coraiix , auxqnels on les compare. ]1 faiit pourtant recoiuioitre qne plusieurs especes de corpus- cnles gloljidaires sent souvent detaches de lapellicule, et qu'ils n'ont , conime los autres brins de la matiere verte , que le niou- vement qui lenr est mecaniquement imprime. Cest ainsi qu'on voit les animalcules a toijrbillons leur communiquer ce mouve- nicnt ; mais 11 cesse avec celui des animalcules : on s'assure en- core que ce mouvement n'est pas propre k ces grains , parce qu'ils ne lout avicun effort pour eviter Taction du tourbillon , paice one le mouvement dure autant que lui , et parce qu'ils ne fuyent point les obstacles qu'ils peuvent rencontrer. Ces animalcules groupes ont , k la vcrite , une couleur ver- datre , mais on ne les voit pas long-temps reunis de la meme maniere, comme la matiere verte ; on ajiperc-oit bientot leurs mosses changer de formes , et disparoitre par la dispersion des animalcules qui les formoient , ou par leurs changemens de place , tandis que la matiere verte a une couleur beaucoup plus intense , qu'elle est immobile, et conserve sa figure , comme sa place, a. moins qu'on ne la bouge ou qu'on ne la decoupe. Avec une certaine habitude du microscope , une observation, sulvie et diverses precautions connues des observateurs , on trouve la figure des animalcules globulaires un peu dif'f'ercnte de celle desglol^ules , qui sont des parties iutograntes dc la matiere verte , ou de la pellicule , que j'ai decrite. Les animalcules glo- bidaires sont plus allonges par un bout , leur couleur est d'un blanc mat : les globules de la matiere verte sont peut-etre plus spheriques ; mais leur couleur est transparente , verddtre , et ils n'ont pas tin mouvement spontane. Ces globules ne me paroissent que des veslcules pleines d'air^ qui sont que](jticfo)is liees par des filets , comme dans le paren- chyme des plantes. II arrive j tl'ailleurs , qu'on observe dans certaines circonstances la matiere verte sans animalcules globulaires ; ceci pourroit ])rou- ver que cette matiere peut exister sans animalcules globulaires ; cependant cette previve n'est pas demonstrative , parce que si ces animalcules etoient tons Incarceres dans la matiere verte , comme ils doivent I'etre par I'hypothese , alors il seroit difficile de les voir autour d'elle j mais si on ne les retrouve pas en divisant ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4^5 CGtte matiere en tres - petits fragmens , I'observatlon tie cctte matiere devient une preuve assez solide ; j'ai sur-tout vu cela dans la matiere verte qvi est vieille , fjnoique j'apper^usse autour d'cUe des rotlferes , des animalcules cylindriqnes et ellipso'klanx. Enlin, j'ai eu I'occasion d'observer assez fieqiiemment les ani- malcules globnlaires sans matiere verte , et Ton ne peut s'emijt-- cher de reconnoilTC f[u'ils sont de la meme espece que ceux qu'on voit autour de cette matiere. On remarque pourtant des' animalcules globulaires on ellip- so'ides , qui se nieuvent dans I'eau oii la matiere verte se forme ; mais leur existence dans I'eau n'est pas une preuve qu'ils soient les createurs de la matiere qu'on y voit avec eux , a. moins d'ima- glner que tous les autres animalcules j)roduisent le meme efi'et , ce qui novis a paru tout-a-fait invraisemblable : quand I'eau ne coutiendroit pas ces glolmles vivans , I'air pourroit y porter les germes ; mais la dif'i'erence qu'on ojjserve entre ces animalcules globulaires et les globides de la matiere verte , ne peuvent laissar aucun doute sur leurs difierences , puisque ceux-la out un mou- vement propre , et que les autres en sont prives. il est evident que la fletir de rorcliis mouche n'est pas une mouche , et que le^ dentritesne sont pas des plantes,quoiqu'ils en oif'rent une inmcre assez liappante. II est vrai que les globules de la pellicuJe ne sont pas verts, maisle mucilage ([ui le&recouvre les rerdit ; les glandes railiaires ne sont pas vertes dans Ic parencliyme des leuilles, et la pellicule doiit j'ai parle pourroit bien n'elre qu'une espece de pareuchynie. On sait , enfin , que les animalcules globulaires se multiplient individuellement , mais on n'a jamais dit que les glo- bules de la pellicule se niultipliassent de meme. On a dit, k la verite , que ces globulaires se changenlent en fdets qui constituoient la matiere verte ; jo ne repete point ce que j'ai dit sur les metamorphoses; mais j'observerai qu'il y a veri- tablcmcnt des animalcules tres-petits qui ont la figure d'unboutde fil tres-lin : ces animalcules se ti'ouvent dans toutes les infusions , et par consequent dans les eaux oii il y a de la matiere verte , conime dans celles qui en sont privees. Ces animalcules en filets siiccedent ]>our I'ordinuire aux anintalcules globnlaires , ou vivent avec eux. J'ai vu de meme , souvent, «n grand nombre de ces corps elllpsoidaux , ou de ces filets, avec plusieurs globules de la matiere verte ; mais les unset les autres etoient sans mouvement propre , et par consequent ils ne pouvoient etre regardes comme les animalcules globulaires. Si les animalcules globulaires etoient des parties constituantes de la matiere verte, ou plutdt de la pellicule , on les verroit s'y 4'24 JOURNAr. DE PHYSIQUE, DE CHIMIE . - installer lorsqu'cUe se Ibrine ; mais on les voit seuieinent nager aiitour dos taches , et jaiiiais je ne les ai -vus s'y etablir, former des tuyauxpoiu" les recevoir et s'y loger. Cependant , puisi|ii'oii. voit les aniiiialcnles avec des verres , on ven-oit a, plus forte raisoii leiiis lo£^eiiieiis, s'ils s'en etoient prepares , suivant la pra- tique des insecies qui se loij^ent. Enfin , car il I'aut linir uue foissurces animalcules globulaires, on voit croitre la pellicule , les ^lets , leur nombre , celui des grains qui la forment ; elle s'etend dans toute sa circonferonce , elle suit fidelemeiit la niarche des vegetaux en vie ; au lieu que ces aniinalcvdes s,lol)ulaires (px'on a suppose changer de formes et s'a I longer, sontdes animalcules qui se niultiplioient par divi- sion. Si la niatiere verte etoit nieme comme le goniuni dont j'ai parle , on la verroit se partager , se reproduire par division ; on la verroit sur-tout clieminer en inasse , comnie cette collection d'animalcules; mais on ne decouvre rien de pareil, et elle con- serve toujours uti parlait repos. ' Je revieiis a present a un examen plus general de I'opinion sur la possibilite de faljriquer la raatiere verte avec des animalcules d'infusion , et je la considererai sous differens ^Joints de vue. J'ai toujours regarde les aniuialcides de toute espece, qu'on observe dans I'eau avec la matiere verte , comme un troupeau dans une prairie : je voyois des portions de cette matiere ou il n'y en avoit point, tandis qu'ils etoient noml^reux dans d'autres. Je les ai vus (juitter les lieux oil ils etoient pour se promener ailleurs ; on les apper^oit couvrir successivoment difl'erentes places ; mais ce qu'il y a de certain , c'